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Bejaia à l’époque hammadite (par Zahir Iheddadene. Décembre 2010)

Posté par Rabah Naceri le 7 novembre 2014

Cette étude retrace l’histoire de Bejaia à l’époque hammadite, époque la plus glorieuse que cette ville ait connue.
Sur le plan de l’histoire politique beaucoup d’historiens, en arabe particulièrement et notamment Ibn Khaldoun, lui ont consacré de grands développements que nous résumerons dans un premier paragraphe. Ce n’est donc pas cet aspect qui nous préoccupe.
Notre recherche et notre curiosité se sont penchées sur la ville elle-même, sa physionomie, son étendue, sa topographie, sa structure, son activité, son développement d’une façon générale. En l’absence de documents, nous avons trouvé beaucoup de difficultés a reconstituer ce que fut cette capitale, l’une, si ce n’est la plus grande de l’époque.

 Zahir IheddadeneConcernant l’histoire politique de Béjaia, il suffit de signaler, avec beaucoup de réserves, l’ouvrage de Charles Ferraud, édité en 1868, mais qui garde toute sa fraicheur, tout particulièrement pour la période hammadide. IL y a lieu de souligner, également, que Béjaia (Bhegaith) a existé bien avant Saldae qui a été fondée par Juba II, le berbère et non par les Romains comme le prétendent certains historiens.
Résumons brièvement les faits historiques.
Béjaia, la hammadite a été fondée en 461 de l’Hégire(1067), par Moulay Nacer, fils de Alenas, fils de Hammad, de la grande tribu berbère des Sanhadja, pour deux raisons essentielles : s’éloigner des attaques répétées des bandes hilaliennes et créer un port pour s’ouvrir sur l’extérieur. Cette nouvelle ville a connu immédiatement une prospérité incomparable, comme l’attestent certains écrits de l’époque que nous reproduirons plus loin. Cette prospérité n’a cessé de se développer pendant la période Almohade et Hafside jusqu’à l’agression des Espagnols en 1509. Ce sont ces derniers, avec une barbarie effrénée, qui ont détruit la ville : ses palais, ses mosquées, ses quartiers ; ils l’ont pillée, volée et détruit toute trace de civilisation. Lire la suite… »

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La ville se relooke pour recevoir Sellal

Posté par Rabah Naceri le 22 avril 2013

La ville se relooke pour recevoir Sellal dans 1. AU JOUR LE JOUR photo-de-bougie 

Les touches d’embellissement du chef-lieu, par certains endroits, rendent compte du circuit qui sera emprunté par le cortège officiel.

(Par B. CHOUALI). Décidément, les vieux réflexes ont la peau dure dans notre pays. Pourtant, on est loin de l’époque tiers-mondiste; mais hélas, ce n’est pas le cas à Béjaïa. Un constat qui saute aux yeux, notamment depuis l’annonce de la visite du Premier ministre. C’est désormais la course contre la montre à laquelle s’attèllent les autorités locales pour recevoir le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.
Le décor est planté! Rien à dire.

La population est-elle condamnée à vivre dans l’insalubrité et la pollution?

Est-ce un manque de volonté?

Est-ce une attitude délibérée que de laisser la situation se délabrer à ce point?

Ce sont des questions qui se posent dans l’ex-capitale des Hammadites, au simple citoyen, la société civile en général et les élus en particulier. Même si la propreté et le nettoiement ne sont pas l’affaire des autorités locales uniquement, étant donné que c’est aussi une question de civisme, il n’en demeure pas moins que lorsqu’on veut, on peut. Sinon, comment expliquer cet engouement sans précédent des autorités à nettoyer la ville de fond en comble. Trottoirs entièrement refaits et repeints, routes revêtues ou entièrement refaites par endroits, éclairage rétabli sur l’itinéraire prévu, murs badigeonnés, traçage des routes appliqué expressément, carrés de poubelles carrément nettoyés dans quelques endroits et même des arbustes ont été plantés pour la circonstance et au besoin arrosés sur certains boulevards.
Tel est le décor qui prévaut ces derniers jours à Béjaïa. Même si la date de la visite n’est pas encore officiellement arrêtée, on peut aisément deviner l’itinéraire de cette dernière rien qu’à voir les lieux et les places qui ont eu droit à ce toilettage de circonstance.
On accélère même les travaux des deux ronds-points de Nacéria et d’Aamriw pour faire fonctionner le jet d’eau à l’occasion de cette visite. «Espérons bien qu’ils fonctionneront à longueur d’année», soupire un citoyen blasé. Bougie, cette perle de l’Afrique du Nord a perdu un peu de sa réputation ces dernières années.
Certes, ce ne sont pas les fermetures de routes et autres blocages des administrations qui contrediront les autorités locales dans leur volonté de bien faire, mais le tableau qu’offre la ville de Yemma Gouraya au bout d’une quinzaine de jours de labeur, prouve on ne peut mieux que vouloir, c’est désormais pouvoir. Les touches d’embellissement du chef-lieu, par certains endroits, rendent compte du circuit qui sera emprunté par le cortège officiel. Est-ce que d’autres ruelles et quartiers ne sont pas concernés par cette action d’embellissement? La réponse, nous la saurons dans un proche avenir.
Pour leur part, les habitants se réjouissent de cette visite, non pas pour les projets à inaugurer ou à inscrire, mais plutôt pour l’engouement qui a gagné enfin les autorités locales pour donner un coup de balai dans l’ex-capitale des Hammadites. A cet effet, les commentaires vont bon train dans les rues et artères de la ville de Yemma Gouraya. «Si c’est comme ça que ça marche, il faut d’ores et déjà inscrire d’autres visites même d’une manière officieuse», nous déclare un groupe de jeunes du quartier Aamriw avant qu’un autre passant ne les paraphrase: «C’est dire que ce n’est que la visite du Premier ministre, alors si c’était la visite du Président qui est attendue, on aurait assisté à quoi?».
Certaines langues qui se félicitent de la visite du Premier ministre vont jusqu’à regretter sérieusement la visite programmée et promise du président de la République, car en fait, les citoyens jugent que ce n’est guère fortuit.

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Histoire de Yemma Gouraya (par Malek Aït-Hamouda)

Posté par Rabah Naceri le 17 janvier 2012

Histoire de Yemma Gouraya (par Malek Aït-Hamouda) dans 1. AU JOUR LE JOUR Gouraya-300x55

par M.A.H

     On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Voilà enfin un chercheur Bougiote qui vient d’élucider l’histoire de Yemma Gouraya voir l’article ci-dessous de la Dépêche de Kabylie du 29 juillet 2006.

     En effet, M. A.H, vient de découvrir l’existence d’une Qubba (Taqqubet) où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La DDK rapporte que le « fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qubba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur… ».

gouraya.jpg     Pour appuyer cette découverte, on peut signaler que la même politique coloniale avait été appliquée ailleurs en Kabylie durant la guerre de libération. Ainsi, chez les Iflissene Umellil, la plupart des camps militaires français avaient été érigés sur des sanctuaires et qubbas anciens. La qubba  de Sidi Yussef (arch des Imzallen) avait été rasé au bulldozer pour installer le camp 636 ; celle de Timezrit pour installer un radar et un cantonnement.

     Comme ces sanctuaires étaient souvent situés au sommet des collines, l’armée coloniale faisait d’une pierre deux coups : elle installait des miradors pour surveiller tous les villages, et en même temps elle détruisait la mémoire collective et les saints protecteurs qu’étaient ces tiqubtines (pluriel de qubba). L’ironie du sort est que même dans l’Algérie indépendante, islamistes et salafistes aidants, ces sanctuaires séculaires non seulement n’ont pas été reconstruits, pis encore, ceux qui avaient épargnés par l’armée coloniale ont été profanés, incendiés (comme celui de Sidi Abderahmane à Alger), ou détruits à l’explosif (comme taqubbat de Sidi Amara, près de Sidi Ali Bounab).

     Cette découverte de Taqubbat de Yemma Gouraya nous renvoie à l’histoire et en même temps elle nous interpelle sur notre patrimoine et nos croyances. On connait toutes les tentatives récentes de diviser les Kabyles, RCDistes et FFistes, les uns Kabyles et les autres Imrabdhenes. Pourtant, Mouloud Mammeri dans l’introduction de son livre « Cheikh Mohand a dit », il nous réconcilie avec notre passé. Je vais me permettre d’utiliser quelques extraits de cette introduction qui explique bien la spécificité de l’islam kabyle, et comment les croyances séculaires amazigh se sont superposées avec le maraboutisme.

     Avant la colonisation française, en Kabylie autonome, régnait du point de vue religieux la confrérie rahmania. Cette confrérie est née en Kabylie ; elle est un mélange entre la tradition amazigh gouramienne (avant l’islam) et le mysticisme islamique (soufisme d’Ibn Arabi de Cordoue).

     Mouloud Mammeri considère la Rahmania comme tant l’église nationale des Kabyles. Cette confrérie a été fondée vers 1774 par Sidi M’hamed ben Abderahmane el Guejtouli el Djerdjeri, né dans un petit village des Ath Smaïl, près de Boghni. Après sa mort, en 1794, succèderont successivement Ali Ben Aïssa pendant 43 ans (jusqu’en 1836), Belkacem Ou Elhafid des Babords, puis Hadj Bachir, Lalla Khedidja (la veuve d’Ali Ben Aïssa), Mohamed Ben Belkacem Nath Anane (des Ath Zmenzer), puis à partir de 1884, Sidi Hadj Amar, un des chefs de la résistance de 1857 à la conquête coloniale française. Pour succéder à Sidi Amer, réfugié à Tunis, après la défaite de 1857, les Kabyles choisissent comme maître de l’ordre Mohand Ameziane Ihaddadene de seddouk… »

     Ce Mohand Ameziane plus connu sous le nom de Cheikh Aheddad, celui-là même qui, en 1871 allait mobiliser 100 000 combattants pour répondre à l’appel du bachagha Hadj Mohand Aït Mokrane (El Mokrani) lors du soulèvement contre l’ordre colonial. » … Mohand Ameziane, âgé alors de plus de 80 ans , était non seulement considéré comme le chef institutionnel de l’ordre Rahmania, mais également comme agourram supérieur… »

« … On sait  que dans les premiers temps de l’islam, c’est-à-dire en gros jusqu’à la chute des Almohades à la fin du XIIIème siècle, les Imazighen avaient tenté d’échapper aux rigueurs de l’orthodoxie musulmane par l’invention de doctrines nouvelles (Ibn Khaldoun nous apprend que les Imazighen avaient apostasié douze fois le VIème et le XIVème siècle !). Ainsi, les Kharédjites de Tihert  avaient fondé le premier Etat véritablement national ; les Ketama (de Bougie) avaient créé le troisième khalifat fatimide panislamique après celui des Omeyyades et des Abassides et fondé l’université d’El Azhar au Caire ; les Almoravides (de marabout) avaient créé un empire amazigh ; les Almohades avaient réalisé l’apogée à la fois de l’histoire et de la pensée de ce temps… »

     Mammeri dit qu’au départ le mouvement Almoravide est créé pour « s’opposer aux actions de plus en plus entreprenantes de la Reconquista hispano-portugaise sur les côtes nord-africaines… ».

« … Le nom kabyle du marabout (amrabed) est une forme berbérisée du terme arabe (mrabet), lui-même doublet populaire du classique mourabit ; d’où est sorti almoravide. Mais au Maroc, il a gardé son nom originel : le marabout c’est agourram ; le terme, évidemment anté-islamique, désigne surtout un personnage doué de pouvoirs plus magiques que religieux. Il ne gère point le domaine du sacré qu’il manipule les forces supranaturelles… »

     Le maraboutisme serait né dans le sud-ouest marocain : Targa Zeggaghet ou le Rio de Oro des Espagnols ou l’actuel Sahara Occidental. « …Très vite , le maraboutisme avait annexé les pouvoirs, le statut et les valeurs des anciens agourrams… ». « … A leur arrivée en Kabylie au 16ème siècle, les marabouts (presque tous les Imazighènes du Sud-Ouest marocain) trouvèrent dans la région les conditions sociologiques et culturelles semblables à celles de leur pays d’origine. A cette date, le maraboutisme a déjà accompli sa mutation en agourram… ».

« … La baraka du marabout est un pouvoir surnaturel, il opère des miracles et, pour cela, il est le lieu à la fois des espoirs et de toutes les craintes : on attend (ou on redoute) de lui autant que Dieu, parce que, quoi que marabout, il n’en est pas moins homme : il est plus proche de nos manques, de nos misères et de nos vœux… »

Hocine Ukerdis.

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La Qouba de Yemma Gouraya

     Selon une récente étude, Yemma Gouraya aurait bel et bien existé. La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs ouvrages inconnus chez nous.

fortgouraya03.jpg     Avec les découvertes récentes de M. M.A.H, architecte de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Paris, la Vilette, résultats de nombreuses, longues et fructueuses recherches en France, complétées par un travail au niveau du Parc National du Gouraya de Bejaia, c’est un mythe, une certitude historique qui vient de s’écrouler : contrairement à ce que l’on tenait pour définitivement établi, définitif et prouvé, le fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qouba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur, dont le coup de foudre pour Bejaia, ses vestiges et saints est aussi sincère que profond.

     La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs inconnus chez nous. Elle se situe dans la lignée des grandes héroïnes nationales qui, à chaque grande invasion, se dressent devant l’ennemi. Il y a eu la Kahina contre les Arabes, Gouraya contre les Espagnols aux côtés de Arroudj dit Barberousse, Fadhma n’Soumer contre Randon le Français… Le mythe de l’absence de tombe est ainsi levé.

     Avec la destruction, par les Français en 1833 de la qouba, pour édifier le fort, c’est la tombe qui est rayée de la carte et que la mémoire collective a fini par oublier. Aujourd’hui, la superposition entre la place forte militaire et le spirituel — les pèlerinages remontent probablement à bien longtemps — est essentielle pour la bonne compréhension d’une légende qui a cessé d’en être une, dès lors qu’elle a fait une entrée fracassante dans l’histoire.

     Monsieur qui nous a fait l’exclusivité de sa découverte, prépare une exposition-annonce  de l’évènement avec présentation de toutes ses preuves scientifiques pour septembre. IL nous promet d’autres surprises encore. Les mythes finissent toujours par épouser, d’une façon ou d’une autre, l’histoire expurgée des approximations de pseudo-historiens aux vérités qui ne résistent guère aux analyses sérieuses. La balle, désormais, est dans le camp des historiens, les vrais…

Mustapha Ramdani. Dépêche de Kabylie

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Place Ifri. La place oubliée

Posté par Rabah Naceri le 16 juin 2010

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          La place Ifri, dans la ville de Bgayet, se situe au bout de la rue de La Liberté. Cette vaste esplanade était occupée autrefois, pendant des années, par des commerces de vêtement, de chaussures, de mercerie, etc… dont les prix défiaient toute concurrence. Il est vrai que cette place commerciale était d’une laideur incroyable par les énormes feuilles de plastique noir qui servaient de séparation entre deux activités mitoyennes et les feuilles de tôle rouillée qui servaient de toit. La mairie de Bgayet de cette époque a pris précipitamment la décision de les déloger pour aménager cette placette sans avoir préparé le nouveau lieu de remplacement. Par la force, ces commerçants ont été déplacés vers un lieu aussi lugubre situé à proximité du stade scolaire. Promesse leur a été donnée par l’assemblée de leur affecter des espaces dans le marché couvert d’Iheddadene.

          L’Apc de Bgayet a affirmé, lors d’une émission radio Forum-Soummam, qu’un grand centre commercial en R + 1 sera érigé sur la place Ifri. L’intervenant de cette émission a rassuré les citoyens de la ville que le projet serait incessamment lancé avec un délai de réalisation relativement court. Une décennie s’est écoulée sans que le projet ne voit le jour et pendant ce temps, cette belle placette, qui peut facilement, avec un bon aménagement, rivaliser avec la place du 1er Novembre (ex: place Gueydon), est en train de se détériorer de jour en jour menaçant même les magasins situés en dessous.

          A une époque, on a même parlé de l’installation d’un téléphérique qui assurerait la navette entre la ville et le plateau du Gouraya. Cette nouvelle a séduit tous les Bougiotes qui voyaient en ce moyen la fin de leur calvaire pour monter vers Yemma Gouraya ou le Pic des singes. Malheureusement, cette nouvelle a fondu comme du chocolat au soleil. Finalement, aucun projet n’a vu le jour pas même la préservation de cette place de la dégradation.

          Avec cette passivité des autorités locales, Bgayet s’enlaidit en laissant cette énorme place abandonnée et les commerçants délocalisés s’apprauvissent de jour en jour car ils évoluent dans un espace non conçu à cette activité.

          A quand donc la prise en charge de la place Ifri pour mettre à la disposition des familles Bougiotes et des visiteurs des espaces accueillants et attrayants ?

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Sites historiques : enfin la restauration

Posté par Rabah Naceri le 20 février 2010

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La wilaya de Bgayet a obtenu des crédits pour la restauration et la consolidation des sites historiques comme le Fort de Yemma Gouraya, Fort Sidi Abdelkader, Kouba de Sidi Yahia Abou Zakaria, Bab El Fouka, Porte Sarazine, Kouba de Sidi Touati, le site de Tiklat et la Qalâa des Beni Abbas.

(Par Amina). Le Mirhab de la Mosquée Ibn Toumert sera également réhabilité. Les sites culturels et historiques qui ont fait de cette ville la perle du Maghreb, et qui témoignent encore du passé glorieux de cette région seront protégés. Ayant constaté que ces repères culturels et historiques ont été laissés quasiment à l’abandon, les pouvoirs publics ont promis leur prise en charge immédiate. Chose qui a été faite, puisque dans une première phase, la wilaya a pris des arrêtés portant inscription des sites comme le Fort de Gouraya, la Casbah, la Porte Sarazine, le Fort de Sidi Abdelkader etc… à l’inventaire du patrimoine culturel.

La même mesure a touché également la Qalâa des Beni Abbas dont tout le monde parlait auparavant sans jamais prendre de mesures concrètes. C’est maintenant chose faite puisque ce site recevra un Mausolée du Cheikh El Mokrani ainsi que des travaux de réhabilitation. Et c’est précisément du concret qui intervient en seconde phase puisque la wilaya de Bgayet a obtenu des crédits pour la restauration et la consolidation de ces sites historiques avec l’appui de la Ministre de la Culture.

casbah.jpgSi le séjour d’Ibn Kheldoun à Béjaia est connu de tous, le passage d’Ibn Toumert l’est beaucoup moins. C’est à son retour d’orient vers 1117-1118 qu’Ibn Toumert s’arrêta à Béjaïa où il déploya des activités de prédication en langue berbère. Il dispensa son enseignement à la mosquée Rayhana pour ensuite aller s’établir à Mellala ou il mit au point une stratégie qui allait changer le cours de l’histoire du Maghreb. Pour en revenir aux projets, la wilaya de Bgayet vient également de faire inscrire le projet de réalisation d’une bibliothèque de wilaya qui sera réalisée au centre ville. C’est au total près de 40 milliards de centimes qui sont consacrés en 2010 pour le secteur de la Culture

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Bgayet l’enchanteresse !

Posté par Rabah Naceri le 10 février 2009

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(Par MC.Zirem). C’est une cité magique, qui nous ouvre les portes de la tolérance, de la beauté et de l’ivresse. Hier comme aujourd’hui, Bgayet, demeure la perle de la Kabylie. C’est une ville d’histoire et de civilisation. Béjaïa a un passé prestigieux. La vieille cité qui a accueilli des savants illustres, comme Ibn Khaldoun, a , de tout temps, été un carrefour du savoir. L’époque hammadite est un repère important dans cette épopée des arts et de la culture. Cité antique, la ville avait vu le passage et le brassage de nombreuses civilisations. Bgayet est aussi un territoire de la bravoure et du combat. Les Romains, les Espagnols, les Français venus en conquérants ont souvent fait face à une résistance farouche de la part des habitants de cette région que le grand chanteur Cherif Khaddam appelle l’âme de la Kabylie. Bgayet est une ville où il est agréable de vivre, surtout en dehors de la saison estivale où elle est submergée par des foules de personnes venues, des quatre coins d’Algérie et d’ailleurs, pour se bgayetfeuille.jpgdétendre en toute tranquillité. Au printemps ou en automne, Bgayet respire le bonheur et offre une exquise tolérance si rare, une hospitalité singulière et une magie captivante. La mer est alors un spectacle à contempler, du côté du port où tant de bateaux donnent le goût du voyage à toute une jeunesse avide d’aventures. Du côté de Tichy, des Aiguades ou plus loin de Boulimat, c’est aussi la nature en fête. Les vagues bariolées de la grande bleue font des clins d’oeil presque sensuels à ces montagnes du Babor ou Yemma Gouraya, la sainte et gardienne de la ville et de toute la région. Du haut de l’impressionnante falaise qui l’abrite, Yemma Gouraya veille sur le présent et l’avenir de la cité enchanteresse. Oui, cette ville est tel un aimant ; elle ne laisse pas le visiteur sans le retenir d’une façon ou d’une autre. Peu de personnes résistent aux charmes de la vieille cité et reviennent dans cette citadelle du bonheur. Une fois ne suffit pas. C’est carrément un théorème mathématique : si vous passez à Bgayet, vous êtes condamné à y revenir, tôt ou tard. Et les retours dans cette cité de la connaissance n’en sont que plus beaux. On se sent alors familier des lieux, des ruines qui témoignent des profondeurs historiques de la région et on va alors au fond de soi-même. N’est-ce pas là, le but véritable de tout voyage ? Bgayet s’est considérablement agrandie mais, malheureusement, la ceinture de constructions qui entoure la ville s’est souvent faite dans une certaine anarchie. Pourtant, il fallait respecter ce décor naturel exceptionnel où l’oued Soummam se déverse dans la Méditerranée en formant une espèce de delta fertile. Mais, dans cette optique, Bgayet ne fait pas exception et a subi les tares de l’absence d’un plan d’urbanisation adéquat. Malgré tous ces désagréments que provoque l’homme dans la ville de Béjaïa, la cité magique, garde encore sa splendeur ancestrale. C’est l’une des plus belles régions du pays. Un pays si beau, si merveilleux !

Mais …

… Mais le laisser-aller des citoyens et des pouvoirs publics laissent certains endroits infréquentables. A Iheddaden, par exemple, précisément au boulevard Krim Belkacem, une décharge a pris place au coeur de la cité des 600 logements. Celui qui passe par cet endroit se pose nombre de questions, sans pouvoir trouver de réponse.Tous les riverains du quartier passent inévitablement par-là, puisque l’arrêt des bus est juste à côté. A une centaine de mètres, il y a même une clinique médicale privée. Cette situation perdure depuis quelque temps, sans que personne ne fasse quelque chose pour mettre fin à cette anarchie d’un autre âge. C’est d’abord aux citoyens d’être un peu plus civilisés, en respectant davantage l’environnement, puis c’est aux autorités de ne pas être démissionnaires face aux affaires de la cité. Béjaïa, ou Bougie comme appelée un jour, mérite d’être une ville propre. C’est le minimum qu’on puisse faire à Bgayet ainsi que pour toutes les autres villes du pays.

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Gouraya : classé patrimoine national

Posté par Rabah Naceri le 21 janvier 2009

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 Culture

«Il faut que les élus locaux accordent plus d’attention à la culture», a fait remarquer M.Mourad Nacer, directeur de la culture.

(Par Arezki Slimani). Après des années de disette induites par les événements du Printemps noir, la Basse Kabylie a renoué, peu à peu, avec l’animation et le fait culturel dans toute sa dimension. Ces deux dernières années auront été dans ce sens pleines d’enseignements. Toutefois, 2008 aura été l’année la plus animée.

L’édition, la musique, le cinéma, le théâtre et le patrimoine suscitent régulièrement l’intérêt des dsc00723.jpgpouvoirs publics et l’attention d’un mouvement associatif plus entreprenant que jamais. Des festivals, des colloques, des rencontres et des semaines culturelles sont au menu, un peu partout, à travers la wilaya. Le secteur de la culture a incontestablement amorcé une dynamique nouvelle. Sur le plan régional et national, la culture de Béjaïa a été exposée à Batna, Khenchela, Relizane, Sétif et Illizi. Des chanteurs, des plasticiens, des dramaturges et des cinéastes sont associés aux tournées qui offrent de plus, des espaces pour faire connaître les traditions culinaires et certaines branches de l’artisanat. À son tour, la capitale de la Soummam a reçu de nombreuses délégations culturelles.

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Monuments et sites historiques : restauration ou pure démagogie ?

Posté par Rabah Naceri le 12 octobre 2008

Nous lisons aujourd’hui un article de A. Amina qui nous redonne encore une énième fois l’espoir de croire que cette fois-ci c’est la bonne mais sans pour autant chasser totalement la petite pointe de doute ancrée en chacun de nous à force de consommer des promesses non-tenues.

Dans le même ordre d’idées, je me pose l’éternelle question pourquoi les autorités locales et nationales n’élaborent pas un programme global de restauration de tous les sites et monuments historiques de la wilaya de Bgayet (Bejaia), à savoir :

  • Le fort de Yemma Gouraya qui dépérit de jour en jour

  • Bab El Bahr (Porte Sarazzine) qui commence à perdre son charme pour des raisons que nous connaissons tous

  • Les vestiges historiques de grandes valeurs qui sont totalement oubliés comme l’aqueduc de Toudja, Tiklat, Gueldamane, etc…

  • Le célèbre château de la Comtesse (qui peut rentrer dans le patrimoine des richesses de notre wilaya) qui est en train de se détériorer à vue d’oeil et devant l’indifférence coupable des élus et des responsables de l’exécutif de wilaya. Tous les concernés se sont murés dans un silence qui en dit long malgré les nombreux écrits de presse (?)

  • Etc…

 J’ose espérer que ces autorités associent les associations concernées comme l’association de défense des sites et monuments historiques, Gehimab et d’autres encore.

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Patrimoine historique de Béjaïa :

Un programme de restauration en cours

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Les études de restauration des monuments historiques inscrites au profit de la wilaya de Béjaïa sont en cours de réalisation. Dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine et la réhabilitation des sites historiques classés, et vu son importance capitale, la citadelle de Béjaïa est l’objet d’une étude de restauration.

Lors de la visite d’inspection effectuée au niveau de ce site par le wali en compagnie du P/APW et P/APC de Béjaïa ainsi que le directeur de la culture, le responsable du bureau d’études retenu a insisté sur la nécessite de procéder en premier lieu aux opérations de nettoyage, désherbage et déblaiement du site pour pouvoir établir un diagnostic et garantir ainsi une conservation rigoureuse du patrimoine. Une procédure pour le choix de l’entreprise spécialisée sera entamée ces jours-ci.

Une décision de renforcer la bibliothèque de la casbah a été prise lors de cette visite par le wali qui a demandé aux responsables de préparer une liste composées des besoins en matière de livres recherchés et souhaités par les adhérents. Par ailleurs, au niveau de l’ex-tribunal de Béjaïa et dans le cadre de sa restauration et son aménagement en annexe de l’Ecole des beaux-arts, le premier responsable de la wilaya a instruit le responsable du bureau d’études à l’effet de réviser l’étude en vue d’y intégrer le volet ayant trait au drainage des eaux pluviales que reçoit le site, dans le but de protéger l’édifice contre les inondations. Il faut dire que l’on a déjà constaté des fissures sur le mur suite aux infiltrations des eaux des dernières pluies. M. Hamid Ferhat, président de l’APW, a montré la disponibilité de cette assemblée élue à apporter sa contribution à la restauration de ces sites historiques et aux différents projets visités, notamment la proposition du wali d’utiliser l’esplanade du musée Bordj Moussa au profit de la jeunesse et ceci en organisant des soirées musicales et projections de films sur grand écran.

La délégation a été sollicitée par les commerçants de l’ex-marché public situé au niveau de la place Philippe. Ces derniers ont interpellé les autorités locales et se sont inquiétés sur le projet de reconstruction de ce marché historique prévu auparavant, et dont les travaux sont actuellement à l’arrêt suite aux dernières découvertes archéologiques. Cette situation sera débloquée, d’après le wali, étant donné que les recherches effectuées par les spécialistes sont terminées. Une réunion pour la reprise des travaux sera programmée incessamment avec tous les concernés. Un autre projet a été retenu dans le cadre de la sauvegarde du patrimoine historique et culturel de la ville de Béjaïa. Il s’agit de la conservation de Bab el Bounoud (bab el fouka). Classée patrimoine national le 17/11/1903 (JO n° 7 du 28/1/1968), cette porte a deux ouvertures dont l’une présente un danger réel pour ceux qui empruntent ce chemin.

En effet, on remarque une fissure profonde sur celle-ci et qui constitue une menace permanente pour les habitants de cette ancienne ville d’après le président de l’association de la sauvegarde du patrimoine culturel et historique de Béjaïa qui a proposé au wali carrément la fermeture de cette porte ou l’interdiction d’accès. Des experts se déplaceront afin d’étudier et d’évaluer le danger que peut provoquer ce site, a annoncé le wali. Une proposition pour une éventuelle inscription pour le classement des autres sites historiques et naturels que compte la wilaya sera formulée au ministère de la Culture, nous apprend-on à la wilaya. Il s’agit par exemple de la grotte féerique d’Aokas, des cascades de Kefrida et de la forêt d’Akfadou ; ceci pour une meilleure prise en charge et protection de ces vestiges historiques et sites naturels qui témoignent encore aujourd’hui des fastes de la longue histoire de Béjaïa.

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Mahmoud BOUZOUZOU : un monument

Posté par Rabah Naceri le 18 septembre 2008

Mahmoud BOUZOUZOU 

L’homme qui avait séduit les Suisses 

« Le cri du pauvre monte jusqu’à Dieu, mais il n’arrive pas à l’oreille de l’homme. »

Théologien, linguiste, islamologue, journaliste, médiateur, tel était Mahmoud Bouzouzou, connu et reconnu pour sa vaste culture et son sens du devoir.

bouzouzou.jpgHomme pieux, il n’a cessé, sa vie durant de lutter contre toutes les injustices, toutes les dérives, s’érigeant en homme respecté, même par ses adversaires les plus obstinés. Il est décédé le 27 septembre 2007 à l’âge de 89 ans. Il a été inhumé dans sa terre natale à Béjaïa. Issu de la grande noblesse, Mahmoud avait pour père Boualem El Kadi, une notoriété béjaouie qui officia en qualité de cadi, du côté d’El Kseur mais qui a été aussi une figure marquante dans le domaine des arts lyriques. Féru de musique andalouse, il a été instrumentiste, parolier et plusieurs de ses qacidate figurent dans le répertoire des artistes de renom. On raconte que l’inégalable Sadek Lebdjaoui lui doit beaucoup. Mahmoud naquit le 22 février 1918 à Béjaïa.

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Yemma Gouraya

Posté par Rabah Naceri le 4 septembre 2008

Histoire de Gouraya

On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Voilà enfin un chercheur Bougiote qui vient d’élucider l’histoire de Yemma Gouraya voir l’article ci-dessous de la Dépêche de Kabylie du 29 juillet 2006.

En effet, M.A.H, vient de découvrir l’existence d’une Qubba (Taqqubet) où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La DDK rapporte que le « fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qubba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur… ».

gouraya.jpgPour appuyer cette découverte, on peut signaler que la même politique coloniale avait été appliquée ailleurs en Kabylie durant la guerre de libération. Ainsi, chez les Iflissene Umellil, la plupart des camps militaires français avaient été érigés sur des sanctuaires et qubbas anciens. La qubba  de Sidi Yussef (arch des Imzallen) avait été rasé au bulldozer pour installer le camp 636 ; celle de Timezrit pour installer un radar et un cantonnement.

Comme ces sanctuaires étaient souvent situés au sommet des collines, l’armée coloniale faisait d’une pierre deux coups : elle installait des miradors pour surveiller tous les villages, et en même temps elle détruisait la mémoire collective et les saints protecteurs qu’étaient ces tiqubtines (pluriel de qubba). L’ironie du sort est que même dans l’Algérie indépendante, islamistes et salafistes aidants, ces sanctuaires séculaires non seulement n’ont pas été reconstruits, pis encore, ceux qui avaient épargnés par l’armée coloniale ont été profanés, incendiés (comme celui de Sidi Abderahmane à Alger), ou détruits à l’explosif (comme taqubbat de Sidi Amara, près de Sidi Ali Bounab).

Cette découverte de Taqubbat de Yemma Gouraya nous renvoie à l’histoire et en même temps elle nous interpelle sur notre patrimoine et nos croyances. On connait toutes les tentatives récentes de diviser les Kabyles, RCDistes et FFistes, les uns Kabyles et les autres Imrabdhenes. Pourtant, Mouloud Mammeri dans l’introduction de son livre « Cheikh Mohand a dit », il nous réconcilie avec notre passé. Je vais me permettre d’utiliser quelques extraits de cette introduction qui explique bien la spécificité de l’islam kabyle, et comment les croyances séculaires amazigh se sont superposées avec le maraboutisme.

Avant la colonisation française, en Kabylie autonome, régnait du point de vue religieux la confrérie rahmania. Cette confrérie est née en Kabylie ; elle est un mélange entre la tradition amazigh gouramienne (avant l’islam) et le mysticisme islamique (soufisme d’Ibn Arabi de Cordoue).

Mouloud Mammeri considère la Rahmania comme tant l’église nationale des Kabyles. Cette confrérie a été fondée vers 1774 par Sidi M’hamed ben Abderahmane el Guejtouli el Djerdjeri, né dans un petit village des Ath Smaïl, près de Boghni. Après sa mort, en 1794, succèderont successivement Ali Ben Aïssa pendant 43 ans (jusqu’en 1836), Belkacem Ou Elhafid des Babords, puis Hadj Bachir, Lalla Khedidja (la veuve d’Ali Ben Aïssa), Mohamed Ben Belkacem Nath Anane (des Ath Zmenzer), puis à partir de 1884, Sidi Hadj Amar, un des chefs de la résistance de 1857 à la conquête coloniale française. Pour succéder à Sidi Amer, réfugié à Tunis, après la défaite de 1857, les Kabyles choisissent comme maître de l’ordre Mohand Ameziane Ihaddadene de seddouk… »

Ce Mohand Ameziane plus connu sous le nom de Cheikh Aheddad, celui-là même qui, en 1871 allait mobiliser 100 000 combattants pour répondre à l’appel du bachagha Hadj Mohand Aït Mokrane (El Mokrani) lors du soulèvement contre l’ordre colonial. » … Mohand Ameziane, âgé alors de plus de 80 ans , était non seulement considéré comme le chef institutionnel de l’ordre Rahmania, mais également comme agourram supérieur… »

« … On sait  que dans les premiers temps de l’islam, c’est-à-dire en gros jusqu’à la chute des Almohades à la fin du XIIIème siècle, les Imazighen avaient tenté d’échapper aux rigueurs de l’orthodoxie musulmane par l’invention de doctrines nouvelles (Ibn Khaldoun nous apprend que les Imazighen avaient apostasié douze fois le VIème et le XIVème siècle !). Ainsi, les Kharédjites de Tihert  avaient fondé le premier Etat véritablement national ; les Ketama (de Bougie) avaient créé le troisième khalifat fatimide panislamique après celui des Omeyyades et des Abassides et fondé l’université d’El Azhar au Caire ; les Almoravides (de marabout) avaient créé un empire amazigh ; les Almohades avaient réalisé l’apogée à la fois de l’histoire et de la pensée de ce temps… »

Mammeri dit qu’au départ le mouvement Almoravide est créé pour « s’opposer aux actions de plus en plus entreprenantes de la Reconquista hispano-portugaise sur les côtes nord-africaines… ».

« … Le nom kabyle du marabout (amrabed) est une forme berbérisée du terme arabe (mrabet), lui-même doublet populaire du classique mourabit ; d’où est sorti almoravide. Mais au Maroc, il a gardé son nom originel : le marabout c’est agourram ; le terme, évidemment anté-islamique, désigne surtout un personnage doué de pouvoirs plus magiques que religieux. Il ne gère point le domaine du sacré qu’il manipule les forces supranaturelles… »

Le maraboutisme serait né dans le sud-ouest marocain : Targa Zeggaghet ou le Rio de Oro des Espagnols ou l’actuel Sahara Occidental. « …Très vite , le maraboutisme avait annexé les pouvoirs, le statut et les valeurs des anciens agourrams… ». « … A leur arrivée en Kabylie au 16ème siècle, les marabouts (presque tous les Imazighènes du Sud-Ouest marocain) trouvèrent dans la région les conditions sociologiques et culturelles semblables à celles de leur pays d’origine. A cette date, le maraboutisme a déjà accompli sa mutation en agourram… ».

« … La baraka du marabout est un pouvoir surnaturel, il opère des miracles et, pour cela, il est le lieu à la fois des espoirs et de toutes les craintes : on attend (ou on redoute) de lui autant que Dieu, parce que, quoi que marabout, il n’en est pas moins homme : il est plus proche de nos manques, de nos misères et de nos vœux… »

Hocine Ukerdis.

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La Qouba de Yemma Gouraya

Selon une récente étude, Yemma Gouraya aurait bel et bien existé. La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs ouvrages inconnus chez nous.

fortgouraya03.jpgAvec les découvertes récentes de M. M.A.H, architecte de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Paris, la Vilette, résultats de nombreuses, longues et fructueuses recherches en France, complétées par un travail au niveau du Parc National du Gouraya de Bejaia, c’est un mythe, une certitude historique qui vient de s’écrouler : contrairement à ce que l’on tenait pour définitivement établi, définitif et prouvé, le fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qouba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur, dont le coup de foudre pour Bejaia, ses vestiges et saints est aussi sincère que profond.

La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs inconnus chez nous. Elle se situe dans la lignée des grandes héroïnes nationales qui, à chaque grande invasion, se dressent devant l’ennemi. Il y a eu la Kahina contre les Arabes, Gouraya contre les Espagnols aux côtés de Arroudj dit Barberousse, Fadhma n’Soumer contre Randon le Français… Le mythe de l’absence de tombe est ainsi levé.

Avec la destruction, par les Français en 1833 de la qouba, pour édifier le fort, c’est la tombe qui est rayée de la carte et que la mémoire collective a fini par oublier. Aujourd’hui, la superposition entre la place forte militaire et le spirituel – les pèlerinages remontent probablement à bien longtemps – est essentielle pour la bonne compréhension d’une légende qui a cessé d’en être une, dès lors qu’elle a fait une entrée fracassante dans l’histoire.

Monsieur qui nous a fait l’exclusivité de sa découverte, prépare une exposition-annonce  de l’évènement avec présentation de toutes ses preuves scientifiques pour septembre. IL nous promet d’autres surprises encore. Les mythes finissent toujours par épouser, d’une façon ou d’une autre, l’histoire expurgée des approximations de pseudo-historiens aux vérités qui ne résistent guère aux analyses sérieuses. La balle, désormais, est dans le camp des historiens, les vrais…

Mustapha Ramdani. Dépêche de Kabylie

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