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Square El-Qods. Un peu de respect à un Prix Nobel de la Paix

Posté par Rabah Naceri le 20 juin 2017

Plaque-Qods

J’ai longtemps hésité à publier l’article que je m’apprête à écrire aujourd’hui qui porte sur quelque chose qui me tient beaucoup à cœur et qui me torture à chaque fois que je tarde à le faire. Il s’agit d’une plaque commémorative marquant l’inauguration d’un lieu hautement symbolique, le square El-Qods, par une personnalité non moins importante, Yasser ARAFAT.

Ce square est une merveilleuse réalisation située au cœur de la ville de Bgayet. Très vite, il a conquis le cœur des Bougiotes et de tous les visiteurs de passage dans notre ville. Il n’est pas très grand, certes, mais il est d’une conception extraordinaire qui ne laisse personne indifférente.
On se rappelle encore, quand il était en chantier, l’architecte-paysagiste hongroise, chargée de ce projet, comment elle suivait l’avancée des travaux et avec quels soins elle choisissait les pierres plates ou les galets ramenés des rivières avoisinantes pour les agencer tel un orfèvre qui aligne ses pierres précieuses pour fabriquer son bijou.

Je ne vais pas vous ennuyer davantage sur l’état d’abandon dans lequel a sombré ce square par la faute des responsables locaux qui n’ont même pas affecté un agent d’entretien ou un jardinier pour l’entretien des rosiers et autres plants d’ornement.
Aujourd’hui, je voudrai vous parler de cette fameuse plaque commémorative vulgairement apposée sur le mur de l’école voisine au square, et à quelques centimètres d’un tuyau d’évacuation des eaux de pluie.

Ce square baptisé « Square El-Qods » a été inauguré en 1985 par le Président de l’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine), Prix Nobel de la Paix, Yasser ARAFAT. Cette plaque vulgaire me torture et me fait très mal chaque fois que je la vois. Le drame est que je ne peux me retenir de la fixer chaque fois que je passais devant.

Avec la création de l’association El-Qods, en date de février 2017, nous nous sommes assignés l’objectif de la réhabilitation de ce magnifique square et nous avons inscrit dans notre programme la confection d’une plaque commémorative digne de ce square baptisé symboliquement du nom d’un haut lieu sacré de l’Islam et de la sommité politique et infatigable militant de la Paix qui a fait le déplacement depuis la Palestine jusqu’à Bgayet pour procéder à son inauguration.

L’appel est lancé, aujourd’hui, à toute personne pouvant nous orienter vers un vrai artiste qui nous confectionnerait cette nouvelle plaque que nous tenons absolument à remplacer ou bien un bienfaiteur qui nous la financerait.

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Le soufisme est un islam de la vie , pas un islam de la mort (Zaïm Khenchelaoui)

Posté par Rabah Naceri le 13 juin 2015

Zaim

Le canal de l’école est-il le plus indiqué, selon vous, pour diffuser cette pensée ?

Oui, absolument. Il y a l’école et il y a la mosquée.
La mosquée qui nous échappe complètement, et qui est, encore aujourd’hui, le foyer d’un discours haineux. Je ne généralise pas, mais en tout cas il en reste encore des traces. Il y a encore de l’exclusion. Il y a de l’exclusion à l’égard de la femme. Regardez par exemple aujourd’hui (référence au colloque sur Ibn Arabi, ndlr), il y avait des femmes non voilées, il y avait des femmes qui présidaient les séances. Et cela ne choque personne. C’est ça l’Algérie authentique, l’Algérie ouverte.
Vous avez dû noter aussi la présence de chrétiens dans la salle. Il y avait Monseigneur Teissier, mais il y avait aussi d’autres chrétiens qui étaient là. On a beaucoup à gagner si on pouvait relayer cette parole et réactiver cette pensée. On est assis sur un trésor. On est comme un enfant qui joue avec des joyaux, des bijoux, des perles. On est comparables à ça. Nous avons entre les mains un trésor inestimable, un trésor immatériel et spirituel auquel nous tournons le dos d’une manière complètement folle et pathologique.

Vous avez souligné dans votre conférence, en parlant du périple d’Ibn-Arabi enAlgérie, qu’il avait fait une halte décisive à Béjaïa, et vous avez précisé qu’à l’époque il fallait faire ses ablutions avant d’entrer à Béjaïa…

C’est vrai ! Béjaïa, la ville des 99 saints de Dieu. On dit qu’il en manquait un pour qu’elle devienne aussi sacrée que La Mecque. On l’appelait d’ailleurs La Petite Mecque. Et les voyageurs, les gens qui étaient extérieurs à la ville, faisaient effectivement leurs ablutions à Bir-Selam avant d’entrer à Béjaïa. Bir-Selam existe encore aujourd’hui. Ils le faisaient par respect, par révérence à cette ville sainte qui était la ville de Sidi Boumediène.
Sidi Boumediène a, certes, été enterré à Tlemcen, mais il faut savoir qu’il a vécu à Béjaïa, et c’est là qu’il a fondé son école mystique. Et Béjaïa était un immense foyer intellectuel dont le rayonnement a touché même le sud de l’Italie puisqu’on parle d’un pape qui a fait sa formation là-bas.
Des Européens venaient s’y former dans les différentes sciences. On parle d’une ville où on formait aussi bien les filles que les garçons. Personne n’était analphabète. Tout cela, c’est grâce au soufisme.
Le soufisme, c’est notre issue de secours, sinon on voit ce qui nous attend. On va droit dans le mur. Quand on parle de l’extrémisme, de l’intégrisme, de tous ces crimes, il fallait prévoir cela, il fallait être préventif. C’est comme les maladies. On ne peut pas s’exposer à tous types de virus et s’étonner de tomber malade après. Il faut un vaccin. Il faut s’immuniser, et notre immunité, c’est le soufisme. Il n’y a pas que l’aspect religieux dans le soufisme. Le soufisme, c’est aussi la musique, ce sont les arts, c’est la céramique, c’est la calligraphie, c’est l’art architectural.

Regardez les zaouïas comment elles étaient construites : à échelle humaine, dans la douceur, il y avait des points d’eau, il y avait de la verdure partout… Aujourd’hui, on construit des mosquées avec du «baghli» comme on dit. On adore le «baghli».
Le soufisme est esthétique par essence. C’est l’adoration de la beauté. Aujourd’hui, on adore le ciment, le béton armé. C’est à l’image de nos coeurs endurcis. Quand on pénètre dans une mosquée, on ne sent pas d’échos divins. On est dans l’idéologie, on est dans la culture de la haine, on est dans la culture de l’exclusion. C’est la religion de l’Antéchrist (al massih adadjal qui apparaîtrait à la fi n des temps, ndlr). Ce n’est pas possible ! Il faut qu’on se ressaisisse ! Il est sidérant de voir à quel point on est tombé bas.

Extrait de l’interview réalisée par Mustapha Benfodil (El Watan du samedi 13/6/2015)

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Bejaia à l’époque hammadite (par Zahir Iheddadene. Décembre 2010)

Posté par Rabah Naceri le 7 novembre 2014

Cette étude retrace l’histoire de Bejaia à l’époque hammadite, époque la plus glorieuse que cette ville ait connue.
Sur le plan de l’histoire politique beaucoup d’historiens, en arabe particulièrement et notamment Ibn Khaldoun, lui ont consacré de grands développements que nous résumerons dans un premier paragraphe. Ce n’est donc pas cet aspect qui nous préoccupe.
Notre recherche et notre curiosité se sont penchées sur la ville elle-même, sa physionomie, son étendue, sa topographie, sa structure, son activité, son développement d’une façon générale. En l’absence de documents, nous avons trouvé beaucoup de difficultés a reconstituer ce que fut cette capitale, l’une, si ce n’est la plus grande de l’époque.

 Zahir IheddadeneConcernant l’histoire politique de Béjaia, il suffit de signaler, avec beaucoup de réserves, l’ouvrage de Charles Ferraud, édité en 1868, mais qui garde toute sa fraicheur, tout particulièrement pour la période hammadide. IL y a lieu de souligner, également, que Béjaia (Bhegaith) a existé bien avant Saldae qui a été fondée par Juba II, le berbère et non par les Romains comme le prétendent certains historiens.
Résumons brièvement les faits historiques.
Béjaia, la hammadite a été fondée en 461 de l’Hégire(1067), par Moulay Nacer, fils de Alenas, fils de Hammad, de la grande tribu berbère des Sanhadja, pour deux raisons essentielles : s’éloigner des attaques répétées des bandes hilaliennes et créer un port pour s’ouvrir sur l’extérieur. Cette nouvelle ville a connu immédiatement une prospérité incomparable, comme l’attestent certains écrits de l’époque que nous reproduirons plus loin. Cette prospérité n’a cessé de se développer pendant la période Almohade et Hafside jusqu’à l’agression des Espagnols en 1509. Ce sont ces derniers, avec une barbarie effrénée, qui ont détruit la ville : ses palais, ses mosquées, ses quartiers ; ils l’ont pillée, volée et détruit toute trace de civilisation. Lire la suite… »

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La légende de la croyante Mimouna (par Souad)

Posté par Rabah Naceri le 27 septembre 2014

Notre amie Souad a posté, dans une page facebook « C@fé des Bougiotes », une vieille légende que toutes les familles Bougiotes se racontaient chaque fois qu’une discussion portant sur la foi est lancée pour expliquer qu’en Islam tout est dans la sincérité de l’action.
Elle est tellement bien écrite que je n’ai pas résisté à l’envie, avec sa permission bien-sûr, de la reprendre dans mon blog afin de la partager avec tous nos amis qui, j’espère, nous feront part de leurs commentaires.

Bonne lecture !

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« Mimouna adore Dieu, et Dieu connaît Mimouma.’’

La légende de Lalla Mimouna

Son nom est connu dans toute l’Algérie et même au Maghreb : Lalla Maïmouna ou Lalla Mimouna. On la localise aussi un peu partout: dans l’Algérois, en Kabylie, dans le Constantinois, au Sahara, et bien d’autres régions…

La légende dit que c’est une femme pieuse qui ne parlait que son dialecte berbère. Elle ignorait la langue arabe et ne savait dire pour toute prière que ces mots: «Mimouna adore Dieu et Dieu écoute Mimouna.» Prière naïve mais prière sincère qui provient d’un cœur plein de foi et de sincérité.

Pour ne pas avoir à dire des choses désagréables, elle s’est retirée au sommet d’une montagne et vit en ermite. Elle dort dans une grotte et, le jour, assise sur un rocher, elle passe son temps à réciter sa formule: «Mimouna adore Dieu et dieu écoute Mimouna.» Le seigneur Tout-Puissant qu’elle invoque ainsi, sans fatigue, répond à ses besoins.

Elle avait chaque jour, dit la légende, sa nourriture et sa boisson de sorte qu’elle pouvait s’occuper de ses dévotions, sans avoir à se préoccuper de sa subsistance. Des gens parfois lui rendaient visite dans sa retraite et lui demandaient de faire des invocations pour eux. Elle répondait à la demande et, après avoir invoqué Dieu, elle reprenait sa litanie: «Mimouna adore Dieu et Dieu répond à Mimouna.»

Le temps passe, Mimouna prend de l’âge, mais elle récite toujours sa formule, le cœur plein d’amour et de crainte pour Dieu.
Un jour, alors qu’elle est en prière, un étranger de passage la croise :

— Bonjour brave femme, qui es-tu ? lui demanda l’étranger
— Je suis Mimouna, lui répondit-elle
— Que fais-tu ici, seule, dans la montagne ?
— J’adore Dieu, jour et nuit, en récitant «ma» prière
— «Ta» prière ? Mais il n’y a qu’une façon de prier ; mais récite-moi «ta» prière !»

Elle lui débite alors sa formule : «Mimouna adore Dieu et Dieu répond à Mimouna».
L’homme sourit et lui dit: «Non, dit-il, ce n’est pas comme cela qu’il faut prier !

«J’ai toujours prié de la sorte, dit la pauvre femme, bouleversée à l’idée de ne pas être en conformité avec la religion.»
«Ne t’inquiète pas, dit l’homme. Si tu veux, je vais t’enseigner la prière…»

La brave femme, encore plus inquiète, demanda: «Dieu me pardonnera-t-il d’avoir ainsi prié toutes ces années de retraite ? Je ne savais pas comment procéder et je ne sais pas la langue arabe !»
« Assurément Dieu te pardonnera, dit l’homme, puisque ta foi est sincère !»

Il s’assoit à côté d’elle et lui enseigna la prière, en lui répétant les formules pour qu’elle ne les oublie pas.
«Voilà, lui dit-il, satisfait. Tu sais maintenant prier correctement !»

Quand l’homme se lèva pour partir, Mimouna a appris la prière.
«Va, lui dit-elle, que Dieu te récompense pour la peine que tu t’es donnée pour moi !

— Fais des invocations pour moi, dit l’homme». Et il s’en est allé.
Aussitôt l’étranger parti, elle veut retourner à ses dévotions. Maintenant qu’elle a appris la façon correcte de prier, elle n’a plus besoin de ressasser sa formule: «Mimouna adore Dieu, Dieu répond à Mimouna».

Elle s’assoit à sa place habituelle et s’apprête à réciter les formules enseignées par l’étranger. Mais voilà que les mots s’emmêlent dans sa tête, elle n’arrive pas à les aligner et puis même les mots dont elle se rappelle, elle finit par les oublier.

«Mais que faut-il dire ?», se demande-t-elle. Elle regarda autour d’elle, dans l’espoir de revoir l’étranger qui lui a appris à prier, mais il a disparu !
«Mon Dieu, mon Dieu, gémit-elle, pourquoi cet homme est-il venu ? J’étais paisible et j’adorais mon Créateur, le cœur plein de foi, et voilà qu’il surgit et qu’il me dit que ma façon de prier n’est pas la bonne ! Il m’a appris sa façon mais je l’ai oubliée !» Elle se tord les mains : elle ne peut pas rester sans prier. Elle a le besoin vital d’invoquer le Seigneur pour lui témoigner sa foi ! Sans prière, elle est comme morte.

Puisque Mimouna a oublié la prière de l’étranger, elle ne peut que retourner à la sienne. Même si elle n’est pas correcte, elle exprime toute sa foi et son amour pour Dieu, Dieu lui pardonnera certainement son étourderie. «Mimouna, commence-t-elle, Mimouna…».

Et elle s’arrête : elle a oublié l’autre moitié de sa prière ! Elle tente de retourner à la prière de l’étranger, mais maintenant elle en a même oublié les premiers mots. Elle a oublié également sa formule ! Elle lève alors les mains au ciel et, dans un mouvement de colère, lance cette injonction : «Ô mon Dieu, cet homme m’a embrouillé l’esprit, embrouille sa route ! Fasse qu’il ne trouve pas son chemin ! Fasse qu’il reste prisonnier de la montagne jusqu’à ce que je retrouve ma prière !».

A ce moment-là, l’étranger qui s’apprêtait à quitter la montagne, se met à tourner en rond. Il lui semble que l’espace s’est refermé sur lui et il n’arrive pas à trouver son chemin ! «Que se passe-t-il, se demande-t-il, j’étais pourtant sûr de ma route, cette brave femme m’a bien orienté, je ne comprends pas pourquoi je me suis perdu !».

Il tourne ainsi toute la journée, passant et repassant inlassablement par les mêmes lieux. Désespéré, il décide de retourner auprès de Mimouna qui saura, peut-être, le guider. L’étranger retrouve Mimouna, pleurant, accoudée à son rocher.

«Qu’as-tu ? lui demande-t-il, tu étais bien quand je t’ai laissée.»
Elle le regarde et lui dit sévèrement : «J’ai oublié la prière que tu m’as enseignée et j’ai également oublié ma formule, de sorte que je ne peux plus invoquer le Seigneur Tout-Puissant !»

L’homme a aussitôt un soupçon: «Mimouna, ne m’aurais-tu pas lancé une malédiction ?»
– «Oui, dit la pieuse femme qui ignore le mensonge, je t’ai lancé une injonction !»

L’homme devient pâle.
«Tu as dû me maudire de t’avoir embrouillée !»
– «J’ai demandé à Dieu d’embrouiller ta route comme tu as embrouillé mon esprit !»

– «Pardonne-moi !» dit l’homme
– «Je te pardonne, dit Mimouna, mais rappelle-moi la prière !»
– «Je vais te rappeler ta formule, dit l’homme»
– Mais tu m’as dit qu’elle était incorrecte»
– «Que non ! dit l’homme. Ta façon de prier est très correcte puisque Dieu agrée tes invocations. Continue à la réciter, continue à adorer Dieu à ta façon, ô Mimouna, qu’importent les formules puisque, pour Dieu, seules la foi et la sincérité comptent !
Mimouna retourne donc à sa prière : ‘’Mimouna adore Dieu et Dieu connaît Mimouma.’’»
Et l’homme, comme par enchantement, retrouve son chemin.

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Tin-Hinan, Reine ou Roi ?

Posté par Rabah Naceri le 26 juin 2014

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Son squelette a été découvert en 1925

Tin-Hinan, une reine ou un roi ?

Reine mythique des Touareg Ahaggar, devenue figure légendaire et incontournable de l’identité berbère, Tin-Hinan n’a pas fini -encore aujourd’hui – de livrer tous ses secrets.

Tin-Hinan, Reine ou Roi ? dans 3. CULTURE & EDUCATION Tin-Hinan  (Par M.Aziri). Plus de 15 siècles après sa disparition, elle remplit son univers de fantasmes et aiguise bien des curiosités scientifiques. 82 ans après la découverte du tombeau dit de Tin-Hinan à Abalessa (73 km à l’ouest de Tamanrasset), les «doutes» sur l’identité réelle du personnage inhumé ne cessent de hanter la communauté scientifique. Des incertitudes que des chercheurs du Centre national des recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) appellent à dissiper.trans dans 3. CULTURE & EDUCATION

  De nouvelles fouilles et des tests ADN s’imposent, selon eux, pour identifier le squelette découvert en 1925. Il va sans dire qu’un tel «projet» paraît hautement risqué pour les «gardiens du temple». La légende et le mythe fondateur des Touareg survivront-ils cette fois-ci à l’implacable vérité scientifique ? Abalessa. Vendredi, 9 novembre. La caravane de préhistoriens, invités de marque du colloque international sur la préhistoire maghrébine (organisé à Tamanrasset du 4 au 9 novembre), marque sa dernière halte. Le voyage au bout de l’Askrem, entamé la veille, prend fin, non sans émotion, sur ces terres d’Abalessa, l’ancienne capitale du Hoggar, au pied d’un des plus grands monuments berbères, le tombeau «présumé» de Tin-Hinan. Le monument funéraire se dresse devant ses scrutateurs, gorgé de mystères. Quelques-uns des grands noms de la recherche préhistorique algérienne, Malika Hachid, Abdelkader Haddouche et Slimane Hachi, pour ne citer que ceux-là, font les précieux guides pour leurs collègues du Maroc, de Tunisie, de France, d’Espagne, de Belgique, d’Italie… émerveillés et insatiables. L’histoire et la mémoire des lieux, chacun y est allé de ses certitudes et de ses doutes pour la conter. Au sommet du mausolée, et devant l’assistance disposée en cercle dans une chambre mitoyenne avec celle abritant la «sépulture» de Tin-Hinan, Malika Hachid et M. Haddouche plaidaient avec force arguments la reprise des fouilles pour déterminer avec précision le sexe et l’identité du personnage inhumé dans la fameuse chambre n°1. M. Hachi, directeur du CNRPAH, objecte fermement. «Mais en quoi serait-il important de le savoir ?», fait-il mine de s’interroger. «Nous sommes ici, dit-il, dans un site archéologique qui abrite un mythe fondateur qui structure toute la société». «Il faut laisser de côté le mythe», déclare-t-il, lui «donner sa chance de survie» et ne pas se substituer à la société qui est la seule, d’après lui, à savoir s’il faut laisser vivre ou mourir la légende.

Abalessa et la polémique des scientifiques

  Le débat, plutôt l’échange entre les deux chercheurs, s’enflamme. Malika Hachid répliquera du tac au tac : « C’est un travail purement scientifique. Il s’agit de reprendre des fouilles et des études anciennes, car si on suit la légende et la tradition orale, on a affaire à un mausolée abritant une femme, mais si on suit l’archéologie et l’anthropologie, on a une version qui n’est pas aussi précise. C’est pour cela qu’il faut reprendre toutes les fouilles, étudier de nouveau le squelette, envisager une reconstitution faciale, et des analyses ADN pour savoir si c’est un XX ou XY, un homme ou une femme». Face à un tel assaut, M. Hachi ironise : «Tin-Hinan, femme ou homme, mon Dieu, en quoi serait-ce important ?!» «Ah si, répond Malika Hachid. C’est important, surtout pour une femme archéologue comme moi !» Le mythe, rappelle-t-elle, était déjà à la base des recherches menées jusque-là. « On range de côté le mythe» Tin Hinane, on a un squelette et on ne sait pas à quoi il correspond. Il y a un doute. Un doute que Marie-Claude Chamla, qui a étudié le squelette, a clairement exprimé. Sur le plan purement archéologique, anthropologique, physique, il y a nécessité de reprendre les fouilles, surtout à la lumière de nouvelles études comme celle de l’architecte de l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), Karim Arib, des gravures découvertes à la base du monument et aussi en exploitant le fonds documentaire inédit qui nous a été légué par Félix Dubois. Grand reporter et explorateur, Félix Dubois (1862-1945) était présent sur les lieux en 1903 bien avant les premières fouilles entamées en 1925 par la « mission » franco-américaine conduite par Maurice Reygasse (directeur du musée de préhistoire et d’ethnographie du Bardo) et l’Américain, le comte de Prorok. Une mission qui fera longuement sensation vu la valeur et l’importance de la découverte. Tin-Hinan, la «reine mère» des Touareg Ahaggar, venait de renaître de ses cendres. Les deux archéologues découvriront dans la chambre d’inhumation le squelette attribué par la suite à Tin Hinan. Les ossements reposaient, d’après les premières descriptions faites par Reygasse, sur les restes d’un lit en bois sculpté. Le squelette en bon état de conservation était couché sur le dos, orienté vers l’Est, les jambes et les bras légèrement fléchis et la tête coiffée de plumes d’autruche. 15 bracelets en or et en argent, des perles d’antimoine, des perles de métal, un anneau et une feuille d’or, des perles rouges, blanches et colorées, des graines de collier, deux poinçons en fer… et autres objets précieux et moins précieux ont été découverts sur et autour du squelette. Des bijoux d’inspiration sahélienne, selon Malika Hachid, et un trésor funéraire d’une valeur inestimable, pesant 7 kilos d’or. Une telle découverte ne laissa personne indifférent. Le comte de Prorok s’est arrangé, d’après Reygasse, pour obtenir discrètement de Paris les autorisations nécessaires pour transférer le squelette et les objets funéraires aux Etats-Unis. Officiellement pour les présenter dans les universités US. Des chercheurs pour Camps crieront au «vol». Sa chevauchée à l’Ouest, Tin-Hinan l’effectuera sous l’appellation «d’Eve du Sahara» que de Prorok lui choisira.

Une reine berbère à New York !

La reine berbère sillonnera en post-mortem plusieurs Etats dont celui de New York. Et ce n’est que suite aux «vives protestations» des autorités coloniales que le trésor d’Abalessa a été restitué au musée du Bardo. Le docteur Leblanc, doyen de la faculté de médecine d’Alger, était le premier, sur demande de Maurice Reygasse, à réaliser la première étude anthropométrique sur le squelette d’Abalessa. Le squelette qui mesure entre 1,70 et 1,75 m est, d’après Leblanc, celui d’une «femme de race blanche». Il se basera dans ses conclusions sur les caractères du crâne, la dimension réduite du sternum et des côtes, la forme et la dimension du bassin et l’aspect des os longs des membres. Leblanc signale aussi que les vertèbres lombaires et le sacrum présentent des lésions manifestes avec déformation sur la cinquième lombaire. Autrement dit, Tin-Hinan «boitait». En recoupant avec les «sources historiques», notamment Ibn Khaldoun, on conclura rapidement que le squelette était vraisemblablement celui de Tin Hina. D’après Ibn Khaldoun, les ancêtres des Touareg, les Berbères Houara, appelaient Tin Hinan, Tiski «la boiteuse». Le patronyme «Tin-Hinan» signifie, selon l’analyse linguistique réalisée par Dida Badi, chercheur au CNRPAH, «celle des campements». Mais tout n’est pas aussi parfait. Le «fabuleux destin» de Tin-Hinan est vite assiégé par les doutes. Après Gabriel Camps, les travaux de Marie-Claude Chamla et Danilo Grébénard ont installé définitivement la «légende» Tin-Hinan dans une intenable posture. Pour cause, le squelette est, selon eux, celui d’un homme. Mais comment expliquer dès lors la présence de la parure féminine ? Dans ses mémoires éditées en 1968 sur les Populations anciennes du Sahara et des régions limitrophes, Marie-Claude Chamla conclut que les «restes étaient ceux d’une femme à caractéristiques masculines» et ajoute que «si les objets découverts dans la tombe n’étaient pas spécifiquement féminins, nous aurions opté pour le sexe masculin» et ce d’après les «caractères du crâne et du squelette, âgés entre 40 à 50 ans, moyennement robuste», écrit-elle.

Squelette d’homme, parure de femme

Presque à la même période, un autre chercheur, Grébénard en l’occurrence, avance une thèse moins « indulgente » pour le mythe. Dans son article consacré à l’étude du mobilier funéraire, il écrit ceci : «(…) Le mausolée renferme un personnage certainement de sexe masculin, dont l’inhumation est à la fois datée par le Carbone 14 et par une empreinte de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin le Grand, émise entre 308 et 324 après J.-C». Il va plus loin dans son interprétation du «mythe fondateur» des Touareg. Pour lui, la «légende de Tin Hinan est une création récente, 200 à 300 ans, conjoncturelle, créée par les Touareg Kel Rela pour des raisons d’ordre politique, afin de conserver le pouvoir et leur suprématie sur tous les Kel Ahaggar. Elle est donc totalement étrangère au tombeau et au personnage qu’il contenait». Cependant, il n’y a pas que le sexe du personnage qui donne encore des migraines aux scientifiques. Le monument d’Abalessa renferme d’autres troublants mystères. Le site, «mal fouillé», selon les archéologues algériens, peut encore révéler — si les recherches reprennent — de précieuses indications pour comprendre aussi bien l’histoire et la servitude initiale du monument. A ce sujet, note Malika Hachid, les archéologues ont avancé deux hypothèses.

Part de légende, part de vérité

Il s’agit pour la première d’une « sépulture qui a reçu le squelette du personnage dit de Tin-Hinan puisqu’on ne sait pas qui sait».

La deuxième, le «monument a d’abord été un fortin», une sorte de petite «tighremet» qui abritait l’Aghlid local (roi) (qui) à sa mort y a été inhumé, transformant l’endroit en un mausolée. L’étude de Aribi, explique-t-elle, rend les choses plus claires. Les plans développés par l’architecte font ressortir qu’il y a d’abord eu une petite forteresse liée à un habitat de plaine où on venait se réfugier dès qu’il y avait une menace. Pour savoir par qui le site a été sacralisé, «une question d’anthropologie culturelle», il faudrait, selon Malika Hachid, reprendre les fouilles. Les reprendre à la base… du monument, propose-t-elle, où «rien n’a été déplacé». «C’est là, fait-elle rappeler, que je suis tombé sur la gravure du cavalier, du chameau et des deux inscriptions libyques. Une gravure datant du IIIe siècle». Une découverte «importante» car elle vieillit d’un coup le site d’un siècle, alors que la datation radiométrique de la lampe romaine et de la tunique en cuire rouge qui recouvrait le squelette le situait entre le IVe et Ve siècles de l’ère chrétienne. A peine cet exposé des motifs terminé, le préhistorien M. Haddouche (ex-DG du Bardo et de l’OPNA) vole au secours de sa collègue au CNRPAH, en mettant en avant le «problème d’ordre chronologique» que posent les 14 chouchets — monuments funéraires — découvertes autour du tombeau d’Abalessa. Leur datation doit être revue, selon lui. «Si les chouchets, explique-t-il, étaient implantées sur le versant du fortin, cela cause un problème d’ordre chronologique, car le fortin a été construit avant. De nouvelles fouilles nous permettront de savoir si celles-ci avaient été islamisées». Ce qui renvoie à une toute autre époque le règne de Tin Hinan. Les enjeux historiques prennent tout leur sens. Les enjeux politiques aussi. La réaction épidermique de Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, aux propositions des deux chercheurs en dit long sur le « souci » qu’a l’establishment à préserver le mythe, même au détriment de la dérangeante vérité scientifique, reléguée au second plan. «On ne joue pas avec la mémoire», commentait Slimane Hachi. La «mémoire», c’est d’abord celle des tribus touareg de l’Ahaggar, descendants de Tin-Hinan et de Takama, qu’il incombe de protéger contre les « pourfendeurs » de mythes. La légende n’en est pas moins belle pour autant. Le père de Foucault — qui recueillera au début du siècle les récits des Touareg de l’Ahaggar — rapportait la légende sublimée de Tin-Hinan. C’est celle d’une femme venue avec sa servante Takama de sa lointaine contrée du Tafilalt, sud du Maroc, soumettre les Isabaten, la population autochtone qui vivait dans l’Atakor, et fonder son royaume sur la voie des caravanes. Autrement, on n’en sait que peu de choses sur elle, sur son vécu ou son règne. Peut-être faudrait-il juste se satisfaire du souvenir exalté d’une femme qui du désert en a fait une légende.

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Une stèle pour Saïd Mekbel

Posté par Rabah Naceri le 8 août 2013

Une stèle pour Saïd Mekbel dans 3. CULTURE & EDUCATION stele

(Par Moussa Ouyougoute). Le moment est historique. Et pour cause ! La République algérienne vient de reconnaître l’un de ses illustres fils : Saïd Mekbel. Journaliste et billettiste de talent, arraché à la vie par la horde sauvage un jour de triste mémoire, le 3 décembre 1994. Et c’est le bureau d’études Synapse architectes de Bgayet, qui a été retenu pour la réalisation de la stèle. Le buste du journaliste disparu sera, quant à lui, réalisé par l’artisan sculpteur de Tazmalt, Chebbi Mokrane.
En effet, le wali, Hammou Ahmed Touhami, et le président de l’APW de Béjaïa, Mohamed Bettache, ont déposé, hier, la première pierre pour la réalisation de la stèle à la mémoire de Saïd Mekbel, et à travers lui, à tous les journalistes victimes du terrorisme islamiste. Le coût du projet : 10 millions de dinars : une délibération de la précédente APW de Bgayet. Le Comité mémorial Saïd-Mekbel, composé de journalistes de l’Association des journalistes de Bgayet (AJB), d’élus et de membres de la société civile, est donc sur le point de gagner son pari relatif à l’élévation de cette stèle. Il faut dire que le projet avait séduit tous les élus, à leur tête ceux de l’APW. Lesquels ont sensibilisé, à leur tour, le wali de Bgayet lors du déjeuner offert aux journalistes le 3 mai 2011. Le chef de l’exécutif avait donné son accord et promis d’appuyer le projet. Le président de l’APC de Bgayet y était, pour sa part, favorable d’autant que le projet allait être financé par le budget de la wilaya. Pour la symbolique, les journalistes avaient tenu à ce que les financements soient publics.  Mais le projet n’a pas été un long fleuve tranquille. Il avait accusé beaucoup de retard. Initialement, il devait être réalisé par l’APC de Bgayet. Conséquence de ce retard. Le wali avait décidé d’écarter du projet les membres de l’exécutif communal et de le confier à l’administration locale d’autant que le terrain avait été dégagé. La Direction des domaines à Béjaïa ayant fait un geste. Elle avait procédé au transfert de propriété du terrain au profit de la municipalité. Pour rappel, l’idée du projet est née le 2 mai 2011. Les journalistes venaient de se constituer en association. Ils voulaient célébrer la Journée internationale de la presse en rédigeant une déclaration afin de participer au débat en cours sur le métier de journaliste, marqué par l’absence d’une organisation à même de défendre ses intérêts moraux et financiers.
Pour la symbolique, ils avaient voulu déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Saïd Mekbel et lire la déclaration. Seulement, il avait fallu faire appel au frère du défunt pour retrouver la sépulture tellement elle n’avait aucun signe distinctif. C’est là que Mohamed Bessa, aujourd’hui directeur de com., avait suggéré l’idée de réaliser un buste. Comme les journalistes avaient soumis le projet à débat, il y a eu l’implication de tout le monde, élus, membres de la société civile, etc. “On est passé d’un buste à une place aménagée ; on a tablé sur une délibération de 500 000 dinars, on a eu 10 millions de dinars. C’était inespéré, tellement on ne voulait pas de financements privés bien que beaucoup de patrons étaient prêts à financer le projet”, a rappelé, hier, un confrère.

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Bougie, port maghrébin (1067-1510) par Dominique VALERIAN

Posté par Rabah Naceri le 29 juillet 2013

  Bougie, port maghrébin (1067-1510) par Dominique VALERIAN dans 3. CULTURE & EDUCATION correspondances

 

Frontières et territoire dans le Maghreb de la fin du Moyen Age :

les marches occidentales du sultanat hafside.

Dominique VALERIAN est agrégé d’histoire, ancien membre de l’Ecole française de Rome de 1998 à 2001, maître de conférence d’histoire médiévale à l’Université Paris I Panthéon – Sorbonne et membre de l’UMR 8084 « Islam médiéval : espaces,réseaux et pratiques culturelles ».
Sa thèse soutenue à l’Université de Paris I en décembre 2000, a porté sur « Bougie, port maghrébin (1067-1510) ». Son travail actuel a pour objet les ports musulmans, principalement maghrébins, à la fin du Moyen Age et les conséquences économiques, sociales et politiques de leur insertion dans l’espace méditerranéen.

Ce travail s’attache à suivre l’émergence progressive, dans le Maghreb médiéval, d’une conscience du territoire. Par delà la distinction traditionnelle entre dâr al-Islâm et dâr al-harb, on voit en effet s’affiner, chez les géographes d’abord, une définition de régions qui s’individualisent au sein de l’espace islamique, avec un sens le plus souvent politique.
L’exemple de la région de Bougie (Bijâya), marche occidentale du territoire hafside à partir du milieu du XIIIe siècle, montre le glissement sémantique du mot thaghr, qui dans ce contexte finit par définir, chez Ibn Khaldûn notamment, une région frontière à l’intérieur du dâr al-Islâm, une province qui se distingue des autres par une autonomie périphérique accordée par le pouvoir central. Lire la suite… »

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Plus la rebellion que le terrorisme (contribution de B. Medjahed)

Posté par Rabah Naceri le 1 février 2013

Plus la rébellion que le terrorisme.

 

Les premières lectures des appels d’un gouvernement à des interventions militaires étrangères sur son propre territoire peuvent accorder du crédit aux raisons invoquées. Mais, les deuxièmes lectures permettent de comprendre qu’en réalité, les vraies raisons ne sont pas avouées.

Le gouvernement Malien a beaucoup fait dans la diplomatie ou alors dans une confusion volontaire, bien calculée. Il désigne un ennemi, une cible, mais en réalité en vise une autre en complément.
Mais, cette autre cible est plus importante. Il ne s’agit pas tant de combattre le terrorisme que la rébellion. Engager les troupes contre le terrorisme est une opération ex centrée par rapport à la manœuvre principale qui est celle de mater la rébellion.

Pourquoi le gouvernement Malien était il si pressé de faire intervenir la France et les troupes de la « cédéao » alors que l’Algérie avait défendu la thèse d’un dialogue politique avec les représentants des populations du nord et s’était même entretenu avec ces derniers pour les engager dan ce sens ?

Le gouvernement Malien a depuis longtemps été contraint à rencontrer les représentants du nord qui lui reprochaient d’avoir négligé leur région sur le plan du développement. C’est à chaque fois l’Algérie qui est sollicitée pour une médiation destinée à éteindre le feu, d’autant que certains des représentants voulaient absolument se différencier du sud en réclamant l’autonomie de « l’Azawed« .

Cette fois ci, le niveau des revendications est monté d’un cran. Le MNLA a réclamé l’indépendance et a profité de la déstructuration de l’armée Malienne pour occuper militairement la région qu’il revendique. Mais, en réalité, il y a d’autres mouvements qui en ont profité, eux également, pour occuper militairement une partie de la région, une partie du nord, à savoir le mouvement islamiste « Ancer Dine » qui veut appliquer la « chariaa » dans tout le Mali, les mouvements terroristes Aqmi et le Mujao.

Le gouvernement Malien a démontré à travers les exactions commises sur les populations du nord qu’il a voulu se venger de n’avoir jamais pu mater la rébellion du nord. Les gouvernements des pays de la cédéao en profitent eux également pour lancer un avertissement à leurs oppositions internes qui formulent les mêmes revendications.

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FORGER UN CITOYEN ÉQUILIBRÉ. Le but de la civilisation musulmane

Posté par Rabah Naceri le 18 octobre 2012

FORGER UN CITOYEN ÉQUILIBRÉ. Le but de la civilisation musulmane dans 1. AU JOUR LE JOUR ibn-sina

Par Mustapha CHERIF

Nous continuons plus que jamais à nous interroger sur l’essentiel: l’éducation, la formation d’un citoyen équilibré, responsable et utile à son pays. La civilisation musulmane a progressé sur la base de travaux de plusieurs catégories de savants: comme les scientifiques, les théologiens, les philosophes, les mystiques et les fuqaha.
Parfois, le savant en question pouvait réunir en sa personne plusieurs de ses spécialités, comme Ibn Rochd, Ibn Sina ou Al Biruni. Les sociétés musulmanes ont connu l’âge d’or lorsqu’elles réussirent à forger un type d’homme équilibré, instruit et au comportement noble. La civilisation musulmane a été universelle, du fait qu’elle n’a rien négligé, ni la condition humaine terrestre, ni l’éducation du caractère et de l’âme, pour humaniser, élever et guider.

L’ignorance et la mauvaise intention font dire des contrevérités aux islamophobes anciens ou néo-orientalistes: que l’esprit scientifique et les progrès modernes sont étrangers à la religion musulmane. Lire la suite… »

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Histoire de Yemma Gouraya (par Malek Aït-Hamouda)

Posté par Rabah Naceri le 17 janvier 2012

Histoire de Yemma Gouraya (par Malek Aït-Hamouda) dans 1. AU JOUR LE JOUR Gouraya-300x55

par M.A.H

     On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Voilà enfin un chercheur Bougiote qui vient d’élucider l’histoire de Yemma Gouraya voir l’article ci-dessous de la Dépêche de Kabylie du 29 juillet 2006.

     En effet, M. A.H, vient de découvrir l’existence d’une Qubba (Taqqubet) où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La DDK rapporte que le « fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qubba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur… ».

gouraya.jpg     Pour appuyer cette découverte, on peut signaler que la même politique coloniale avait été appliquée ailleurs en Kabylie durant la guerre de libération. Ainsi, chez les Iflissene Umellil, la plupart des camps militaires français avaient été érigés sur des sanctuaires et qubbas anciens. La qubba  de Sidi Yussef (arch des Imzallen) avait été rasé au bulldozer pour installer le camp 636 ; celle de Timezrit pour installer un radar et un cantonnement.

     Comme ces sanctuaires étaient souvent situés au sommet des collines, l’armée coloniale faisait d’une pierre deux coups : elle installait des miradors pour surveiller tous les villages, et en même temps elle détruisait la mémoire collective et les saints protecteurs qu’étaient ces tiqubtines (pluriel de qubba). L’ironie du sort est que même dans l’Algérie indépendante, islamistes et salafistes aidants, ces sanctuaires séculaires non seulement n’ont pas été reconstruits, pis encore, ceux qui avaient épargnés par l’armée coloniale ont été profanés, incendiés (comme celui de Sidi Abderahmane à Alger), ou détruits à l’explosif (comme taqubbat de Sidi Amara, près de Sidi Ali Bounab).

     Cette découverte de Taqubbat de Yemma Gouraya nous renvoie à l’histoire et en même temps elle nous interpelle sur notre patrimoine et nos croyances. On connait toutes les tentatives récentes de diviser les Kabyles, RCDistes et FFistes, les uns Kabyles et les autres Imrabdhenes. Pourtant, Mouloud Mammeri dans l’introduction de son livre « Cheikh Mohand a dit », il nous réconcilie avec notre passé. Je vais me permettre d’utiliser quelques extraits de cette introduction qui explique bien la spécificité de l’islam kabyle, et comment les croyances séculaires amazigh se sont superposées avec le maraboutisme.

     Avant la colonisation française, en Kabylie autonome, régnait du point de vue religieux la confrérie rahmania. Cette confrérie est née en Kabylie ; elle est un mélange entre la tradition amazigh gouramienne (avant l’islam) et le mysticisme islamique (soufisme d’Ibn Arabi de Cordoue).

     Mouloud Mammeri considère la Rahmania comme tant l’église nationale des Kabyles. Cette confrérie a été fondée vers 1774 par Sidi M’hamed ben Abderahmane el Guejtouli el Djerdjeri, né dans un petit village des Ath Smaïl, près de Boghni. Après sa mort, en 1794, succèderont successivement Ali Ben Aïssa pendant 43 ans (jusqu’en 1836), Belkacem Ou Elhafid des Babords, puis Hadj Bachir, Lalla Khedidja (la veuve d’Ali Ben Aïssa), Mohamed Ben Belkacem Nath Anane (des Ath Zmenzer), puis à partir de 1884, Sidi Hadj Amar, un des chefs de la résistance de 1857 à la conquête coloniale française. Pour succéder à Sidi Amer, réfugié à Tunis, après la défaite de 1857, les Kabyles choisissent comme maître de l’ordre Mohand Ameziane Ihaddadene de seddouk… »

     Ce Mohand Ameziane plus connu sous le nom de Cheikh Aheddad, celui-là même qui, en 1871 allait mobiliser 100 000 combattants pour répondre à l’appel du bachagha Hadj Mohand Aït Mokrane (El Mokrani) lors du soulèvement contre l’ordre colonial. » … Mohand Ameziane, âgé alors de plus de 80 ans , était non seulement considéré comme le chef institutionnel de l’ordre Rahmania, mais également comme agourram supérieur… »

« … On sait  que dans les premiers temps de l’islam, c’est-à-dire en gros jusqu’à la chute des Almohades à la fin du XIIIème siècle, les Imazighen avaient tenté d’échapper aux rigueurs de l’orthodoxie musulmane par l’invention de doctrines nouvelles (Ibn Khaldoun nous apprend que les Imazighen avaient apostasié douze fois le VIème et le XIVème siècle !). Ainsi, les Kharédjites de Tihert  avaient fondé le premier Etat véritablement national ; les Ketama (de Bougie) avaient créé le troisième khalifat fatimide panislamique après celui des Omeyyades et des Abassides et fondé l’université d’El Azhar au Caire ; les Almoravides (de marabout) avaient créé un empire amazigh ; les Almohades avaient réalisé l’apogée à la fois de l’histoire et de la pensée de ce temps… »

     Mammeri dit qu’au départ le mouvement Almoravide est créé pour « s’opposer aux actions de plus en plus entreprenantes de la Reconquista hispano-portugaise sur les côtes nord-africaines… ».

« … Le nom kabyle du marabout (amrabed) est une forme berbérisée du terme arabe (mrabet), lui-même doublet populaire du classique mourabit ; d’où est sorti almoravide. Mais au Maroc, il a gardé son nom originel : le marabout c’est agourram ; le terme, évidemment anté-islamique, désigne surtout un personnage doué de pouvoirs plus magiques que religieux. Il ne gère point le domaine du sacré qu’il manipule les forces supranaturelles… »

     Le maraboutisme serait né dans le sud-ouest marocain : Targa Zeggaghet ou le Rio de Oro des Espagnols ou l’actuel Sahara Occidental. « …Très vite , le maraboutisme avait annexé les pouvoirs, le statut et les valeurs des anciens agourrams… ». « … A leur arrivée en Kabylie au 16ème siècle, les marabouts (presque tous les Imazighènes du Sud-Ouest marocain) trouvèrent dans la région les conditions sociologiques et culturelles semblables à celles de leur pays d’origine. A cette date, le maraboutisme a déjà accompli sa mutation en agourram… ».

« … La baraka du marabout est un pouvoir surnaturel, il opère des miracles et, pour cela, il est le lieu à la fois des espoirs et de toutes les craintes : on attend (ou on redoute) de lui autant que Dieu, parce que, quoi que marabout, il n’en est pas moins homme : il est plus proche de nos manques, de nos misères et de nos vœux… »

Hocine Ukerdis.

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La Qouba de Yemma Gouraya

     Selon une récente étude, Yemma Gouraya aurait bel et bien existé. La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs ouvrages inconnus chez nous.

fortgouraya03.jpg     Avec les découvertes récentes de M. M.A.H, architecte de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Paris, la Vilette, résultats de nombreuses, longues et fructueuses recherches en France, complétées par un travail au niveau du Parc National du Gouraya de Bejaia, c’est un mythe, une certitude historique qui vient de s’écrouler : contrairement à ce que l’on tenait pour définitivement établi, définitif et prouvé, le fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qouba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur, dont le coup de foudre pour Bejaia, ses vestiges et saints est aussi sincère que profond.

     La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs inconnus chez nous. Elle se situe dans la lignée des grandes héroïnes nationales qui, à chaque grande invasion, se dressent devant l’ennemi. Il y a eu la Kahina contre les Arabes, Gouraya contre les Espagnols aux côtés de Arroudj dit Barberousse, Fadhma n’Soumer contre Randon le Français… Le mythe de l’absence de tombe est ainsi levé.

     Avec la destruction, par les Français en 1833 de la qouba, pour édifier le fort, c’est la tombe qui est rayée de la carte et que la mémoire collective a fini par oublier. Aujourd’hui, la superposition entre la place forte militaire et le spirituel — les pèlerinages remontent probablement à bien longtemps — est essentielle pour la bonne compréhension d’une légende qui a cessé d’en être une, dès lors qu’elle a fait une entrée fracassante dans l’histoire.

     Monsieur qui nous a fait l’exclusivité de sa découverte, prépare une exposition-annonce  de l’évènement avec présentation de toutes ses preuves scientifiques pour septembre. IL nous promet d’autres surprises encore. Les mythes finissent toujours par épouser, d’une façon ou d’une autre, l’histoire expurgée des approximations de pseudo-historiens aux vérités qui ne résistent guère aux analyses sérieuses. La balle, désormais, est dans le camp des historiens, les vrais…

Mustapha Ramdani. Dépêche de Kabylie

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