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Youcef Abedjaoui. Un artiste, un style à réhabiliter

Posté par Rabah Naceri le 22 octobre 2010

EVOCATION

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Contribution de Boualem Bouahmed

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abedjaoui.jpgC’est en secret de ses parents  sous le pseudonyme de  Youcef Abdjaoui  qu’Aliouche Youcef a entamé dans les années cinquante, sa carrière artistique.  Né le16 décembre 1932, au village Ait-Allaouane (Akfadou), son enfance sera partagée entre l’école et les travaux champêtres. La colonisation et son lot d’injustice et de misère faisait que beaucoup de garçons abandonnaient très tôt leurs études pour se consacrer à la vie active et subvenir aux besoins de leurs familles.

À 16 ans, le voilà déjà s’essayant à divers petits métiers, ferrailleur, commerçant… avant de rejoindre comme footballeur, le club fétiche de la Soummam SSSA (société sportive de Sidi-Aich). Il élit domicile à Sidi-Aich, au quartier des docs et continue à vivre d’expédients en rêvant à la concrétisation de son vœu : devenir chanteur. Ayant appris sur le tas et loin des regards courroucés des gardiens des traditions à jouer de la guitare, de la mandole, du luth, il a hâte de mettre en pratique ses connaissances musicales et de se jauger au contact de véritables maitres dans le domaine.

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BOUGIE (Bgayet). Lumière du Maghreb

Posté par Rabah Naceri le 5 août 2010

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D’autres civilisations que la nôtre ont connu des périodes de modernisation, d’innovations et de prospérité. Bien avant nous.

Le magazine français Les Echos, dans son édition de juillet-août 2010, a repris un résumé, de la grande épopée de la période hammadite sous le règne du prince En-Nacer qui a su faire de faire de Bgayet (Nacéria – Bejaia – Bougie) un centre de rayonnement économique, scientifique et culturel. L’auteur de l’article n’a pas hésité à la surnommer la  »Lumière du Maghreb ».

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Un tribunal administratif pour Bgayet

Posté par Rabah Naceri le 26 mars 2010

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J’ai parlé d’un tribunal administratif à Bgayet depuis 11 ans

J’ai lu dans un article de presse que le premier tribunal administratif d’Algérie vient d’être installé à Alger. Et dire que j’ai proposé, durant mon mandat de P/Apw 1997-2002, sur conseil de Monsieur Adami, ministre de la justice de l’époque, de transformer l’ancien tribunal de Bgayet en tribunal administratif. Ainsi Bgayet aurait gagné au moins dix années d’avance.

Mais qu’à celà ne tienne, nous osons espérer que le ministre de la justice accordera une attention à notre wilaya puisqu’un édifice existe et merveilleusement situé. Cela demandera quelques travaux de réfection et ce bel édifice sera prêt à ouvrir ses portes pour recevoir cette institution au grand bonheur de nos opérateurs économiques de la wilaya et de toute la région. De plus, cela allègera grandement le poids des dossiers qui pèsera sur l’instance d’Alger.

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Mille ans d’astronomie à Bgayet

Posté par Rabah Naceri le 6 mars 2010

Une Ville – lumière 

Elle n’éclairait pas seulement par ses « bougies » mais par les sciences et la culture. Un document à lire absolument sur le niveau atteint par nos anciennes cités

Située au cœur de l’espace méditerranéen et ancienne capitale du royaume hammadite, la ville de Béjaïa (Bougie, Bugia, Bgayet, Buzzea) – qui donna son nom aux petites chandelles et à partir de laquelle les chiffres arabes allaient être popularisés en Europe – fut, à l’époque médiévale, l’un des centres culturels et scientifiques les plus dynamiques du Maghreb. Elle était le pôle d’attraction de l’élite intellectuelle (musulmane, chrétienne et juive) qui venait y poursuivre des études, débattre des idées, faire des recherches et des observations astronomiques (1). Après la destruction de la ville par les Espagnols, au début du XVIe siècle, le relais, dans le domaine de l’astronomie, est assuré par la province. C’est l’épopée des zaouïa ou instituts de la Kabylie.

Des traités sont rédigés qui permettent aux lettrés locaux de transmettre le savoir. Le niveau de connaissances de ces lettrés du XIXe siècle, ainsi que leurs pratiques, peuvent être appréhendés en analysant le contenu de la Bibliothèque savante de manuscrits de Cheikh Lmuhub, exhumés en 1994. Les pratiques anciennes perdureront jusqu’à la formation des premiers astronomes contemporains au début du XXe siècle. La prédiction de l’apparition des croissants lunaires, l’orientation (direction de La Mecque), ainsi que la détermination des instants de prières ont de tout temps constitué la préoccupation majeure des musulmans. Or, les heures des prières, par exemple, sont en relation directe avec la hauteur du soleil, et varient suivant la latitude du lieu et la déclinaison du soleil.

La pratique de l’astronomie était donc nécessaire, et de nombreux instruments d’observation portatifs (astrolabes, cadrans solaires) furent fabriqués et développés. On verra même naître au XIIIe siècle une discipline distincte, Ilm al-Miqat (la science des moments déterminés), qui s’occupe uniquement des prescriptions religieuses liées à l’astronomie. Les travaux sur l’astronomie dans les pays de l’Islam débutent au IXe siècle en Orient (Syrie, Irak), avec la traduction de l’Almageste de Ptolémée, célèbre astronome d’Alexandrie au IIe siècle. Dès le Xe siècle, cet ouvrage est connu au Maghreb, en particulier à Kairouan. Dans cette importante ville de l’Ifriqiya (ndlr : actuellement la Tunisie), fondée en 670, ont vécu un grand nombre de scientifiques.

On peut citer le célèbre astronome et astrologue Ibn Abi Ridjal (m. 1040), connu en Europe sous le nom d’Albohazen (ou Aben Rajel) (2). Il aurait assisté à des observations astronomiques faites à Baghdad en 989. Son principal ouvrage, Kitab al-Bari fi Ahkam al-Nudjum (L’Ingénieux en astrologie judiciaire), fut traduit en castillan pour le roi Alphonse X (vers 1254), et de là en latin (fig.1), en hébreu, en portugais, en français et en anglais. Ce remarquable ouvrage a joué un rôle important dans la diffusion de l’astronomie et de l’astrologie musulmanes en Europe. Suite à l’attaque des Hilaliens et à la ruine de Kairouan en 1057, l’élite savante de cette ville, et de l’Ifriqiya en général, est allée s’établir à Mahdia (Tunisie), la nouvelle capitale du royaume ziride, et à la Qal‘a des Béni Hammad (près de M’sila, en Algérie). C’est à Mahdia que travailla le grand astronome Abu l’Salt Umayya, qui rédigea au début du XIIe siècle un traité d’astronomie et une Risala fi `Ilm al-Asturlab (Traité sur l’usage de l’astrolabe). Cependant, suite à la menace toujours incessante des Hilaliens, c’est en 1067 que le prince al-Nasir transfère la capitale du royaume berbère des Hammadites de la Qal`a vers Béjaïa.

Cette ville profita ainsi de l’exode de l’élite savante de la Qal’a, parmi laquelle de nombreux mathématiciens. Elle fut dotée de beaux monuments et récupéra aussi des œuvres d’art provenant de la Qal’a. Elle devint alors une cité florissante. Plus tard, la Reconquista chrétienne, qui mettra un terme à la civilisation musulmane andalouse, va favoriser l’immigration de nombreux savants andalous à Béjaïa, parmi lesquels de nombreux astronomes et mathématiciens venus de différentes villes, notamment de Murcie, Séville, Valence et Jativa. En plus des facteurs déjà cités à l’origine de l’arrivée de l’élite savante à Bougie, cette ville, avec son port très actif, avait la particularité d’être un point de passage obligé sur la route Occident-Orient, notamment pour l’accomplissement du pèlerinage de La Mecque ou pour poursuivre des études.

Par ailleurs, la tolérance et le dynamisme des princes de Bougie, ainsi que la qualité des relations officielles nouées avec les républiques chrétiennes méditerranéennes (Gênes, Pise, Marseille, Venise, Catalogne, Majorque) qui conduisirent à la signature de nombreux traités (traités de paix, traités de commerce, traités sur les biens des naufragés, etc.), vont jouer un rôle majeur dans le processus de transmission du savoir musulman, mais cette fois-ci de Bougie vers l’Occident chrétien. C’est à Bougie, par exemple, que le fils d’un marchand italien, Leonardo Fibonacci (1170-1240), considéré comme le premier grand mathématicien de l’Occident chrétien, bénéficie d’un enseignement « admirable » (mirabili magisterio), selon son propre témoignage, en science du calcul et en algèbre. Il s’initie au système de numération, aux méthodes de calcul et aux techniques commerciales des pays de l’Islam. Il apprend à calculer les latitudes et les longitudes. De retour à Pise, c’est lui qui va faire connaître les travaux des musulmans et stimuler la renaissance des études mathématiques en Europe.

Bien avant Galilée

Bougie était célèbre par le niveau de son école. De nombreux astronomes célèbres y ont vécu et travaillé à l’époque médiévale. Les débats y étaient intenses. Citons un exemple de controverse : dans la classification faite par deux savants de Bougie, l’astronomie n’est pas intégrée à la même discipline ; pour Ibn Sab`in l’astronomie fait partie de la physique tandis que pour Ibn Khaldun, elle appartient aux mathématiques. Quelques connaissances et concepts de l’astronomie, profondément ancrés dans les esprits de cette époque et véhiculés au quotidien, nous donnent une idée du haut niveau d’instruction. Par exemple, dès le XIIe siècle, de nombreux lettrés de Bougie étaient convaincus de la sphéricité de la Terre et de l’énormité du Soleil (Ibn Sab’in, Ibn Khaldun, Ibn Sa’id, al-Gubrini et d’autres).

Par ailleurs, les instruments astronomiques ont atteint le haut degré de complexité et de perfectionnements que nécessite toute spécialisation. À Bougie, de nombreux spécialistes, tel al-Burji (1310-1384), assurent l’élaboration de ces instruments. Selon le témoignage d’Al-Idrisi (1100-1166), célèbre géographe du roi normand Roger II de Sicile, il y avait à Bougie toute une industrie « d’étranges et exceptionnels appareils ».

Parmi les réalisations de premier plan qui ont marqué la ville, citons les observations astronomiques d’Abu l’Hassan Ali et l’établissement de tables astronomiques par Ibn Raqqam (3). L’astronome marocain Abu l’Hassan Ali, originaire de Marrakech et grand voyageur, « a ajouté aux connaissances qu’il avait acquises celles des plus savants hommes des seules contrées où les sciences fussent alors cultivées avec succès ». Il s’exprime ainsi : « Nous avons écrit en encre rouge les noms des villes dans lesquelles nous avons été, et dont nous avons observé nous-même la latitude. »

De par son propre témoignage, nous savons qu’Abu l’Hassan (mort en 1262) se livra à des observations astronomiques à Bougie. Il observa la hauteur du pôle et détermina la longitude et la latitude de la ville (36° 5’). Il effectua le même travail, avec une précision bien supérieure à celle des anciens, pour 40 autres villes de l’Andalousie et de l’Afrique septentrionale. Il consigna ses observations dans un ouvrage magistral Jamiou al- Mabadi wa l’Gayiat fi `Ilm al-Miqat (Collection des commencements et des fins). Ce traité est divisé en quatre parties : la science du calcul, l’utilisation des appareils, et les études pour acquérir connaissance et puissance créative. L’ouvrage fut traduit partiellement au XIXe siècle par J. J. Sedillot, orientaliste et astronome français, qui affirme que « ce traité est le plus complet qui ait été composé sur ce sujet par aucun astronome de la nation musulmane ». L. A. Sédillot achèvera l’œuvre de son père en effectuant la publication, en 1841, du Mémoire sur les instruments astronomiques des Arabes.

C’est en 1266 que l’astronome Ibn Raqqam (mort en 1315) quitte son Andalousie natale pour se rendre à Béjaïa et s’y initier à l’astronomie. Vers 1280, il composa son célèbre ouvrage al-Zij al- Shamil fi Tahdib al-Kamil suivant la tradition de l’école initiée par le célèbre astronome andalou Arzachel (mort en 1100). Cet ouvrage comprend trois parties : la première est un abrégé du traité Al-Zij al-Kamil fi at-Ta`anim d’Ibn al-Haim (composé vers 1205-1206). La deuxième partie est une production d’Ibn Raqqam lui-même. Quant à la troisième partie, elle est consacrée aux tables astronomiques (Zij) permettant de prédire différents événements célestes (les éclipses, les passages des planètes…). Il serait intéressant par la suite de vérifier si ces tables conviennent vraiment à la latitude de Béjaia. Une copie de Al-Zij al-Shamil est répertoriée sous le numéro 249 au musée al-Kindili (Istanbul).

Plusieurs lettrés qui ont vécu à Bougie étaient versés en géographie. C’est le cas d’Ibn Sa’id al-Magribi (1214-1286) qui a composé un ouvrage de géographie en se basant sur les traités de Ptolémée, d’al-Idrisi, d’Ibn Fatima et d’al- Khawarizmi. Il fit accompagner les lieux les plus importants de leurs longitudes et latitudes. Ce qui le distingue de ses semblables est l’intérêt qu’il porte à l’Europe et aux pays non musulmans. L’oeuvre d’Ibn Sa’id semble avoir eu un impact très au-delà de la région. En effet, plusieurs chapitres de l’ouvrage d’Abu al-Fida’ (1271-1331), largement inspirés de celui d’Ibn Sa’id, ont été traduits et publiés en Europe.

Le métaphysicien Ibn Sab’in (1216-1270), disciple du grand astrologue al-Buni (m. 1225), est célèbre pour avoir répondu aux questions philosophiques que l’empereur Fréderic II de Hohenstaufen avait adressées au sultan almohade al-Rashid. Lors de son séjour à Béjaïa, il a composé un ouvrage sur l’utilisation de la Zayriya (instrument pour l’astrologie inventé au Maghreb au XIIe ou XIIIe siècle). Sous la forme d’un tableau circulaire, la pratique de cet instrument nécessite une bonne connaissance en astronomie.

Le célèbre philosophe catalan Raymond Lulle (1232-1316), adepte de l’astrologie, a effectué de nombreux voyages à Bougie. Il y aurait étudié les mathématiques vers 1280. C’est cependant son voyage de 1307 qui va être remarquable car, à cette occasion, eut lieu la seule discussion méthodique de Lulle avec un savant musulman dont il reste un compte-rendu. Cette discussion n’aura été possible que grâce à la bonne volonté des Uléma. Les travaux de Lulle à Bougie demeurent cependant difficiles à appréhender. Il semble qu’il ne se soit intéressé sérieusement à des travaux musulmans « que sous l’influence d’une certaine tendance missionnaire intellectuelle ». D. Urvoy considère que son univers scientifique va être dominé essentiellement par deux aspects qui peuvent sembler sans liens : l’importance des techniques maritimes, et surtout cartographiques, en Catalogne, d’une part, et un attachement important à l’occultisme (dont la pratique va se développer au XIVe siècle), d’autre part. De fait, Lulle va se limiter en mathématiques aux problèmes des figures spéculatives et, en astronomie, à la nature des corps célestes et aux jugements astrologiques.

Ibn Khaldun (1332- 1406), grand historien et philosophe maghrébin, enseigna à Béjaïa en 1365 et 1366. Dans ses écrits, il nous fournit de précieuses informations sur la transmission de la connaissance astronomique depuis l’Antiquité jusqu’à son époque. Imprégné par les idées de Ptolémée, Ibn Khaldun a montré dans Les Prolégomènes un niveau élevé de savoir en astronomie. Fidèle au dogme aristotélicien, il place la Terre au centre du monde (géocentrisme), et reprend en gros l’idée des huit sphères cristallines (celles des planètes, de la Lune, du Soleil et des fixes), des cercles excentriques et des épicycles. Cependant, il s’interroge sur leur véritable existence. Rappelons qu’un autre savant de Bougie, le cosmologiste Ibn ‘Arabi (1165-1240), expose un système différent du précédent (3). En plus des huit sphères cristallines, il ajoute une neuvième, la sphère environnante. Cette dernière, animée d’un mouvement de rotation (24 heures), entraîne avec elle toutes les autres sphères. Ainsi le mouvement de chaque sphère se décompose en deux : un qui lui est propre, appelé mouvement naturel, un autre qui lui est imposé.

Ibn Khaldun a consacré dans les Prolégomènes deux chapitres au problème des conjonctions de Jupiter et de Saturne. Concernant la forme de la Terre, Ibn Khaldun dit : « Dans les livres des philosophes qui ont pris l’univers pour le sujet de leurs études, on lit que la terre a une forme sphérique. » Toutefois, la sphéricité de la Terre était une idée admise, non seulement par Ibn Khaldun, mais aussi par de nombreux savants de Bougie, tel Ibn Sabin, bien avant Galilée. Un autre géographe important est l’amiral ottoman Piri Reis (1470-1554). Arrivé à Bougie vers 1495, c’est depuis cette ville qu’il part en expédition chaque été. La plus remarquable de ses oeuvres est la carte géographique du monde qu’il a établie en 1513 (peu de temps après la découverte de Christophe Colomb en 1492) et qui comporte, entre autres, les côtes de l’Amérique latine et de l’Afrique occidentale.

D’une très grande exactitude, cette carte montre que la technique de cartographie était très avancée à cette époque. Un peu plus tard, en 1521, il rédige un ouvrage intitulé Kitab-i-Bahriye (Le Livre de la Marine), qui comprend des descriptions et des dessins de la Méditerranée (villes et pays côtiers), ainsi que des informations sur les techniques de navigation et sur des sujets connexes, tels que l’astronomie nautique. Ses séjours lui permirent d’obtenir des informations précieuses grâce à ses discussions avec les captifs portugais et espagnols, dont certains avaient participé aux expéditions de Christophe Colomb. Rappelons qu’à cette époque les armateurs bougiotes pratiquaient la course (piraterie) avec beaucoup d’audace.

Suite à l’envahissement de Bougie par les Espagnols, en 1509, tous les établissements et les monuments de cette ville furent ruinés (la bibliothèque royale, les majestueuses mosquées, les prestigieuses écoles, les palais ornés d’arabesques et de mosaïques). Ces tragiques événements entraînèrent la mort de nombreux savants et la perte de leurs travaux. Les survivants de ce désastre se réfugièrent dans les montagnes environnantes de Kabylie. Du coup, des zaouïa (institut d’enseignement religieux et scientifique), autrefois peu connues, prirent de plus en plus d’importance. L’une d’elles se trouve à Akbou (Béjaïa). Selon certains témoignages, elle serait la première des zaouïa à caractère scientifique qui se sont développées en Algérie durant trois siècles consécutifs ; elle a permis, entre autres, la diffusion de l’astronomie et de l’arithmétique.

Des astronomes dans l’ombre

De nombreux lettrés kabyles ont rédigé des traités d’astronomie. Celui d’Ash Shellati (XVIIIe siècle) est sans doute le plus important. En ce qui nous concerne, ce dernier ouvrage nous a permis, plus que tout, de lever le voile sur les travaux de plusieurs astronomes de Béjaïa, restés jusqu’alors dans l’ombre. Actuellement, ce qu’on reproche le plus à ces astronomes, c’est de s’être limités à la fonction purement utilitaire de l’astronomie (calendriers, orientation, etc.) et d’avoir reproduit, sans aucune originalité, les travaux de leurs ancêtres. Muhammed ash-Shellati a rédigé vers 1778 un traité d’astronomie intitulé Ma’alim al-Istibsar (4). Il s’agit d’un commentaire du traité de l’astronome marocain as-Susi (mort en 1679), continuateur d’Abi Miqra (XIVe siècle). Ash-Shellati écrit : « J’ai intitulé mon livre Ma`alim al- Istibsar ». « Merci à Dieu… ». Il précise ensuite son objectif : « Un ouvrage utile pour les débutants comme moi, une clé permettant d’accéder à l’ouvrage d’as-Susi, mais également d’éclairer des points abandonnés ou ignorés (par as-Susi). »

L’une des particularités de cet ouvrage est qu’il permet de répertorier les différents événements astronomiques (étoiles nouvelles, comètes, éclipses, etc.). Ainsi, Ash Shellati rapporte que, vers la fin du mois d’août de l’année 1769, est apparue une comète avec une très longue queue dans la constellation du Taureau et qui changeait de position au fil du temps. Il s’agit certainement de la comète C/1769 P1, observée également à Paris au même moment. De plus, il mentionne l’apparition d’une deuxième comète, peu de temps après, observée, cette fois-ci, dans la direction du pôle Nord céleste.

Au XIXe siècle, l’année julienne, en retard d’une dizaine de jours sur l’année grégorienne, était toujours en usage en Afrique du Nord. Elle était utilisée pour tout ce qui concerne l’agriculture et les occupations journalières, et l’on employait l’année lunaire pour sa chronologie. De nombreux traités expliquent comment passer de l’une à l’autre. Grâce à eux, les lettrés locaux pouvaient fixer exactement cette concordance et concevoir des calendriers de l’année julienne. La découverte en 1994 par l’association Gehimab d’Afniq n’Ccix Lmuhub (Bibliothèque savante de manuscrits de Cheikh Lmuhub) à Tala Uzrar (Béni Ourtilane), permet aujourd’hui d’avoir une meilleure idée sur les connaissances en astronomie qui étaient à la disposition des lettrés locaux 5.

De nombreuses familles de Béjaïa possèdent des bibliothèques de manuscrits par héritage. Mais on sait, par expérience, que les Kabyles tiennent beaucoup à leurs vieux documents de famille. Du coup, de nombreux ouvrages et documents, qui pourraient servir l’histoire de cette glorieuse cité qu’est Bougie, restent encore à ce jour dans l’ombre. Au début du XXe siècle, l’astronomie moderne fait son apparition dans les montagnes de Kabylie. En effet, c’est à l’âge de 25 ans, après un passage de deux ans à l’université Zaytouna de Tunis, que Mulud-al-Hafidhi (1880-1948) rejoint l’université d’Al-Azhar au Caire où il réside durant 16 ans. Il regagne Béni Hafedh vers 1922 et enseigne alors dans plusieurs zaouïa (Illula, Tamokra…). Il y élabora le calendrier hégirien annuel et se chargea de l’annonce du début et de la fin du mois de Ramadhan en se basant sur ses propres données scientifiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages.

Par Djamil Aissani, Mohamed Réda Bekli

Notes: 

(1) Gubrînî, Unwân al-Dirâya fî man Urifa min al-Mi’a al-Ssâbi’a bi-Bijâya, édité par A. Nouihad, Office Traduction et de Publication, Beyrouth (1969)

(2) David A. King, An overview of the sources for the history of astronomy in the medieval maghrib, 2e Colloque maghrébin sur l’histoire des mathématiques arabes, Tunis (décembre 1988).

(3) D. Aissani, Bougie à l’époque médiévale : Les mathématiques au sein du mouvement intellectuel, IREM de Rouen Ed. (1993), 112 pages. ISBN : 2-86239-049-6.

 (4) D. Aissani et M. R. Bekli, Le Traité Ma`alim al-Istibsar de l’Astronome ash-Shellati (XVIIIe siècle), Proceedings du Printemps de Cirta Eclosions Mathématiques et Philosophiques”, Département de Mathématiques Editions, Constantine, 2009, p. 1-14.

[5] D. Aissani et D. E. Mechehed, Manuscrits de Kabylie, Catalogue de la collection Ulhabib, C.N.R.P.A.H. Ed., Alger, 2009, 200 pages.

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1000 ans d’astronomie à Bougie

Posté par Rabah Naceri le 27 février 2010

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Par Mohamed Reda BEKLI et Dj. AISSANI (Association GEHIMAB)

Située au coeur de l’espace méditerranéen et ancienne capitale du royaume Hammadite, la ville de Bejaia (Bgayet, Bugia, Buzzea, Bejaia, Bougie) – qui donna son nom aux petites chandelles et à partir de laquelle les chiffres arabes ont été popularisés en Europe – fut, à l’époque médiévale, l’un des centres culturels et scientifiques les plus dynamiques du Maghreb.

astronomie003.pngElle était le pôle d’attraction de l’élite intellectuelle (musulmane, chrétienne et juive) qui venait y poursuivre des études, débattre des idées, faire des recherches et des observations astronomiques [1].

Après la destruction de la ville par les Espagnols au début du XVIe siècle, le relais, dans le domaine de l’astronomie, est assuré par la province. C’est l’épopée des Zawiya ou Instituts de la Kabylie. Des traités sont rédigés qui permettent aux lettrés locaux de transmettre le savoir. Le niveau de connaissances de ces lettrés du XIXe siècle ainsi que leurs pratiques peuvent être appréhendés en analysant le contenu de la Bibliothèque savante de manuscrits de Cheikh Lmuhub exhumées en 1994.

Les pratiques anciennes perdureront jusqu’à la formation des premiers astronomes contemporains au début du XXe siècle.

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LES DÉBUTS DE L’ASTRONOMIE AU MAGHREB : DE KAIROUAN À BEJAIA

raqqam.jpgLa prédiction de l’apparition des croissants lunaires, l’orientation (direction de La Mecque), ainsi que la détermination des instants de prières ont de tout temps constitué la préoccupation majeure des musulmans. Or, les heures des prières, par exemple, sont en relation directe avec la hauteur du Soleil, et varient suivant la latitude du lieu et la déclinaison du Soleil. La pratique de l’astronomie était donc nécessaire et de nombreux instruments d’observation portatifs (astrolabes, cadrans solaires) furent fabriqués et développés. On verra même naître au XIIIe siècle une discipline distincte, Ilm al-Miqat (la science des moments déterminés), qui s’occupe uniquement des prescriptions religieuses liées à l’astronomie.

Les travaux sur l’astronomie dans les pays de l’Islam débutent au IXe siècle en Orient (Syrie, Irak), avec la traduction de l’Almageste de Ptolémée, célèbre astronome d’Alexandrie au IIe siècle.

Dès le Xe siècle, cet ouvrage est connu au Maghreb, en particulier à Kairouan. Dans cette importante ville de l’Ifriqiya, fondée en 670, ont vécu un grand nombre de scientifiques. On peut citer le célèbre astronome et astrologue Ibn Abi Ridjal (m. 1040), connu en Europe sous le nom d’Albohazen (ou Aben Rajel) [2]. Il aurait assisté à des observations astronomiques faites à Baghdad en 989. Son principal ouvrage, Kitab al-Bari fi Ahkam al-Nudjum.

(L’Ingénieux en astrologie judiciaire), fut traduit en castillan pour le roi Alphonse X (vers 1254), et de là en latin (fig.1), en hébreu, en portugais, en français et en anglais. Ce remarquable ouvrage a joué un rôle important dans la diffusion de l’astronomie et de l’astrologie musulmanes en Europe.

astrolabe.jpgSuite à l’attaque des Hilaliens et à la ruine de Kairouan en 1057, l’élite savante de cette ville, et de l’Ifriqiya en général, est allée s’établir à Mahdia (Tunisie), la nouvelle capitale du royaume ziride, et à la Qal‘a des Béni Hammad (près de M’sila, en Algérie). C’est à Mahdia que travailla le grand astronome Abu l’Salt Umayya, qui rédigea au début du XIIe siècle un traité d’astronomie et une Risala fi `Ilm al-Asturlab (Traité sur l’usage de l’astrolabe). Cependant, suite à la menace toujours incessante des Hilaliens, c’est en 1067 que le prince En-Nacer transfère la capitale du royaume berbère des Hammadites de la Qal`a vers Bejaia. Cette ville profita ainsi de l’exode de l’élite savante de la Qal’a, parmi laquelle de nombreux mathématiciens. Elle fut dotée de beaux monuments et récupéra aussi des oeuvres d’art provenant de la Qal’a. Elle devint alors une cité florissante. Plus tard, la Reconquista chrétienne, qui mettra un terme à la civilisation musulmane andalouse, va favoriser l’immigration de nombreux savants andalous à Bejaia, parmi lesquels de nombreux astronomes et mathématiciens venus de différentes villes, notamment de Murcie, Séville, Valence et Jativa.

L’ASTRONOMIE À BOUGIE, À L’ÉPOQUE MÉDIÉVALE (XIè – XVè siècle)

En plus des facteurs déjà cités à l’origine de l’arrivée de l’élite savante à Bougie, cette ville, avec son portbgayet.jpgport très actif, avait la particularité d’être un point de passage obligé sur la route Occident-Orient, notamment pour l’accomplissement du pèlerinage de La Mecque ou pour poursuivre des études (fig. 2).

Par ailleurs, la tolérance et le dynamisme des princes de Bougie, ainsi que la qualité des relations officielles nouées avec les républiques chrétiennes méditerranéennes (Gêne, Pise, Marseille, Venise, Catalogne, Majorque) qui conduisirent à la signature de nombreux traités (traités de paix, traités de commerce, traités sur les biens des naufragés, etc.), vont jouer un rôle majeur dans le processus de transmission du savoir musulman, mais cette fois-ci de Bougie vers l’Occident chrétien.

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Jeux interuniversités. Bgayet ira à Milan !

Posté par Rabah Naceri le 17 juillet 2009

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L’université de Bgayet sera présente à Milan

volleyball.gifBgayet a de tout temps fait figure de capitale du Volley-ball depuis la célèbre équipe de la B.B (Bravoure de Bougie) avec des joueurs qui ont brillé pour leurs performances.

Après quelques passages à vide, faute d’encadrement et de moyens, la revoilà sur le podium grâce à la volonté d’une nouvelle jeunesse jalouse de ses titres arrachés par leurs aînés et qui ont remporté la coupe d’Algérie 2008.

Aujourd’hui, c’est la jeune sélection de volley-ball dames de l’Université de Bgayet qui a remporté la coupe d’Algérie lors des 13èmes Jeux universitaires qui se sont déroulés à Alger du 17 au 20 mai dernier. Cette performance ouvre la porte, à notre sélection, à la participation aux 11èmes Jeux mondiaux interuniversités qui se dérouleront à Milan, en Italie, du 12 au 16 octobre prochain.

Le président de la ligue universitaire de Bgayet, Farid Belakhdar, lance un appel pressant aux autorités locales, aux opérateurs économiques et à tous les membres bienfaiteurs pour leur apporter l’aide nécessaire qui leur permettra sûrement de représenter dignement notre wilaya, donc notre chère et précieuse Algérie.

Tous ensemble

pour cette jeune équipe

qui fera honneur à notre wilaya !

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L’insolite utile

Posté par Rabah Naceri le 17 février 2009

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mangetout.jpg

meslunettes1.pngOn devrait demander à notre ami Salim de nous donner la recette car avec l’effritement du pouvoir d’achat des algériens, il ne nous restera que cette voie pour nous sauver de la faim d’autant plus que notre pays est devenu, depuis de longues années,  la poubelle de l’Europe !

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Un Algérien de 25 ans, qui affirme manger des ampoules, des bougies, de la sciure, des clous et avaler plus de 1.000 oeufs à la coque d’affilée, meurt d’envie de rentrer dans le Guinness des Records et de faire la fierté de ses compatriotes.

Salim Haini, alias El Akoul (le Mangeur), a pris conscience de son talent il y a huit ans au moment du Ramadan, période de jeûne et de prière de la communauté musulmane.

Il s’est rendu compte que la quantité de nourriture ingérée après le coucher du soleil ne suffisait pas à satisfaire son appétit, qui depuis, n’a cessé d’augmenter.

« J’ai bu deux barils d’huile d’olive d’un seul trait, 40 pains, 75 bols de chorba (soupe algérienne) », a-t-il raconté à Reuters. « Il m’est arrivé une fois de manger la totalité d’un agneau rôti pesant 35 kilos », a-t-il ajouté.

Ses amis et ses proches l’ont encouragé à utiliser son don et à participer à des compétitions.

« Je suis actuellement champion dans 30 wilayas (provinces) à travers le pays. Si Dieu le veut, les autorités m’aideront à partir à l’étranger et à devenir le premier Arabe à manger de cette façon dans le Guinness Book des records. »

« Ce serait un véritable honneur pour moi, pour le peuple algérien et pour tous les pays arabes. Le Livre des records n’est pas réservé aux étrangers. Tout le monde peut y accéder », a-t-il dit.

La compétition sera dure. Le record du monde du « repas le plus bizarre » est détenu à l’heure actuelle par le Français Michel Lotito. Surnommé « Monsieur Mangetout », cet homme a au total mangé 128 vélos, 15 chariots de supermarché, six chandeliers, deux lits et une paire de skis », sans déplorer aucun effet secondaire, selon lui.

Abdelaziz Boumzar, version française Marine Pennetier

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Bgayet l’enchanteresse !

Posté par Rabah Naceri le 10 février 2009

bgayetport.jpg 

(Par MC.Zirem). C’est une cité magique, qui nous ouvre les portes de la tolérance, de la beauté et de l’ivresse. Hier comme aujourd’hui, Bgayet, demeure la perle de la Kabylie. C’est une ville d’histoire et de civilisation. Béjaïa a un passé prestigieux. La vieille cité qui a accueilli des savants illustres, comme Ibn Khaldoun, a , de tout temps, été un carrefour du savoir. L’époque hammadite est un repère important dans cette épopée des arts et de la culture. Cité antique, la ville avait vu le passage et le brassage de nombreuses civilisations. Bgayet est aussi un territoire de la bravoure et du combat. Les Romains, les Espagnols, les Français venus en conquérants ont souvent fait face à une résistance farouche de la part des habitants de cette région que le grand chanteur Cherif Khaddam appelle l’âme de la Kabylie. Bgayet est une ville où il est agréable de vivre, surtout en dehors de la saison estivale où elle est submergée par des foules de personnes venues, des quatre coins d’Algérie et d’ailleurs, pour se bgayetfeuille.jpgdétendre en toute tranquillité. Au printemps ou en automne, Bgayet respire le bonheur et offre une exquise tolérance si rare, une hospitalité singulière et une magie captivante. La mer est alors un spectacle à contempler, du côté du port où tant de bateaux donnent le goût du voyage à toute une jeunesse avide d’aventures. Du côté de Tichy, des Aiguades ou plus loin de Boulimat, c’est aussi la nature en fête. Les vagues bariolées de la grande bleue font des clins d’oeil presque sensuels à ces montagnes du Babor ou Yemma Gouraya, la sainte et gardienne de la ville et de toute la région. Du haut de l’impressionnante falaise qui l’abrite, Yemma Gouraya veille sur le présent et l’avenir de la cité enchanteresse. Oui, cette ville est tel un aimant ; elle ne laisse pas le visiteur sans le retenir d’une façon ou d’une autre. Peu de personnes résistent aux charmes de la vieille cité et reviennent dans cette citadelle du bonheur. Une fois ne suffit pas. C’est carrément un théorème mathématique : si vous passez à Bgayet, vous êtes condamné à y revenir, tôt ou tard. Et les retours dans cette cité de la connaissance n’en sont que plus beaux. On se sent alors familier des lieux, des ruines qui témoignent des profondeurs historiques de la région et on va alors au fond de soi-même. N’est-ce pas là, le but véritable de tout voyage ? Bgayet s’est considérablement agrandie mais, malheureusement, la ceinture de constructions qui entoure la ville s’est souvent faite dans une certaine anarchie. Pourtant, il fallait respecter ce décor naturel exceptionnel où l’oued Soummam se déverse dans la Méditerranée en formant une espèce de delta fertile. Mais, dans cette optique, Bgayet ne fait pas exception et a subi les tares de l’absence d’un plan d’urbanisation adéquat. Malgré tous ces désagréments que provoque l’homme dans la ville de Béjaïa, la cité magique, garde encore sa splendeur ancestrale. C’est l’une des plus belles régions du pays. Un pays si beau, si merveilleux !

Mais …

… Mais le laisser-aller des citoyens et des pouvoirs publics laissent certains endroits infréquentables. A Iheddaden, par exemple, précisément au boulevard Krim Belkacem, une décharge a pris place au coeur de la cité des 600 logements. Celui qui passe par cet endroit se pose nombre de questions, sans pouvoir trouver de réponse.Tous les riverains du quartier passent inévitablement par-là, puisque l’arrêt des bus est juste à côté. A une centaine de mètres, il y a même une clinique médicale privée. Cette situation perdure depuis quelque temps, sans que personne ne fasse quelque chose pour mettre fin à cette anarchie d’un autre âge. C’est d’abord aux citoyens d’être un peu plus civilisés, en respectant davantage l’environnement, puis c’est aux autorités de ne pas être démissionnaires face aux affaires de la cité. Béjaïa, ou Bougie comme appelée un jour, mérite d’être une ville propre. C’est le minimum qu’on puisse faire à Bgayet ainsi que pour toutes les autres villes du pays.

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Mahmoud BOUZOUZOU : un monument

Posté par Rabah Naceri le 18 septembre 2008

Mahmoud BOUZOUZOU 

L’homme qui avait séduit les Suisses 

« Le cri du pauvre monte jusqu’à Dieu, mais il n’arrive pas à l’oreille de l’homme. »

Théologien, linguiste, islamologue, journaliste, médiateur, tel était Mahmoud Bouzouzou, connu et reconnu pour sa vaste culture et son sens du devoir.

bouzouzou.jpgHomme pieux, il n’a cessé, sa vie durant de lutter contre toutes les injustices, toutes les dérives, s’érigeant en homme respecté, même par ses adversaires les plus obstinés. Il est décédé le 27 septembre 2007 à l’âge de 89 ans. Il a été inhumé dans sa terre natale à Béjaïa. Issu de la grande noblesse, Mahmoud avait pour père Boualem El Kadi, une notoriété béjaouie qui officia en qualité de cadi, du côté d’El Kseur mais qui a été aussi une figure marquante dans le domaine des arts lyriques. Féru de musique andalouse, il a été instrumentiste, parolier et plusieurs de ses qacidate figurent dans le répertoire des artistes de renom. On raconte que l’inégalable Sadek Lebdjaoui lui doit beaucoup. Mahmoud naquit le 22 février 1918 à Béjaïa.

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Yemma Gouraya

Posté par Rabah Naceri le 4 septembre 2008

Histoire de Gouraya

On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Voilà enfin un chercheur Bougiote qui vient d’élucider l’histoire de Yemma Gouraya voir l’article ci-dessous de la Dépêche de Kabylie du 29 juillet 2006.

En effet, M.A.H, vient de découvrir l’existence d’une Qubba (Taqqubet) où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La DDK rapporte que le « fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qubba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur… ».

gouraya.jpgPour appuyer cette découverte, on peut signaler que la même politique coloniale avait été appliquée ailleurs en Kabylie durant la guerre de libération. Ainsi, chez les Iflissene Umellil, la plupart des camps militaires français avaient été érigés sur des sanctuaires et qubbas anciens. La qubba  de Sidi Yussef (arch des Imzallen) avait été rasé au bulldozer pour installer le camp 636 ; celle de Timezrit pour installer un radar et un cantonnement.

Comme ces sanctuaires étaient souvent situés au sommet des collines, l’armée coloniale faisait d’une pierre deux coups : elle installait des miradors pour surveiller tous les villages, et en même temps elle détruisait la mémoire collective et les saints protecteurs qu’étaient ces tiqubtines (pluriel de qubba). L’ironie du sort est que même dans l’Algérie indépendante, islamistes et salafistes aidants, ces sanctuaires séculaires non seulement n’ont pas été reconstruits, pis encore, ceux qui avaient épargnés par l’armée coloniale ont été profanés, incendiés (comme celui de Sidi Abderahmane à Alger), ou détruits à l’explosif (comme taqubbat de Sidi Amara, près de Sidi Ali Bounab).

Cette découverte de Taqubbat de Yemma Gouraya nous renvoie à l’histoire et en même temps elle nous interpelle sur notre patrimoine et nos croyances. On connait toutes les tentatives récentes de diviser les Kabyles, RCDistes et FFistes, les uns Kabyles et les autres Imrabdhenes. Pourtant, Mouloud Mammeri dans l’introduction de son livre « Cheikh Mohand a dit », il nous réconcilie avec notre passé. Je vais me permettre d’utiliser quelques extraits de cette introduction qui explique bien la spécificité de l’islam kabyle, et comment les croyances séculaires amazigh se sont superposées avec le maraboutisme.

Avant la colonisation française, en Kabylie autonome, régnait du point de vue religieux la confrérie rahmania. Cette confrérie est née en Kabylie ; elle est un mélange entre la tradition amazigh gouramienne (avant l’islam) et le mysticisme islamique (soufisme d’Ibn Arabi de Cordoue).

Mouloud Mammeri considère la Rahmania comme tant l’église nationale des Kabyles. Cette confrérie a été fondée vers 1774 par Sidi M’hamed ben Abderahmane el Guejtouli el Djerdjeri, né dans un petit village des Ath Smaïl, près de Boghni. Après sa mort, en 1794, succèderont successivement Ali Ben Aïssa pendant 43 ans (jusqu’en 1836), Belkacem Ou Elhafid des Babords, puis Hadj Bachir, Lalla Khedidja (la veuve d’Ali Ben Aïssa), Mohamed Ben Belkacem Nath Anane (des Ath Zmenzer), puis à partir de 1884, Sidi Hadj Amar, un des chefs de la résistance de 1857 à la conquête coloniale française. Pour succéder à Sidi Amer, réfugié à Tunis, après la défaite de 1857, les Kabyles choisissent comme maître de l’ordre Mohand Ameziane Ihaddadene de seddouk… »

Ce Mohand Ameziane plus connu sous le nom de Cheikh Aheddad, celui-là même qui, en 1871 allait mobiliser 100 000 combattants pour répondre à l’appel du bachagha Hadj Mohand Aït Mokrane (El Mokrani) lors du soulèvement contre l’ordre colonial. » … Mohand Ameziane, âgé alors de plus de 80 ans , était non seulement considéré comme le chef institutionnel de l’ordre Rahmania, mais également comme agourram supérieur… »

« … On sait  que dans les premiers temps de l’islam, c’est-à-dire en gros jusqu’à la chute des Almohades à la fin du XIIIème siècle, les Imazighen avaient tenté d’échapper aux rigueurs de l’orthodoxie musulmane par l’invention de doctrines nouvelles (Ibn Khaldoun nous apprend que les Imazighen avaient apostasié douze fois le VIème et le XIVème siècle !). Ainsi, les Kharédjites de Tihert  avaient fondé le premier Etat véritablement national ; les Ketama (de Bougie) avaient créé le troisième khalifat fatimide panislamique après celui des Omeyyades et des Abassides et fondé l’université d’El Azhar au Caire ; les Almoravides (de marabout) avaient créé un empire amazigh ; les Almohades avaient réalisé l’apogée à la fois de l’histoire et de la pensée de ce temps… »

Mammeri dit qu’au départ le mouvement Almoravide est créé pour « s’opposer aux actions de plus en plus entreprenantes de la Reconquista hispano-portugaise sur les côtes nord-africaines… ».

« … Le nom kabyle du marabout (amrabed) est une forme berbérisée du terme arabe (mrabet), lui-même doublet populaire du classique mourabit ; d’où est sorti almoravide. Mais au Maroc, il a gardé son nom originel : le marabout c’est agourram ; le terme, évidemment anté-islamique, désigne surtout un personnage doué de pouvoirs plus magiques que religieux. Il ne gère point le domaine du sacré qu’il manipule les forces supranaturelles… »

Le maraboutisme serait né dans le sud-ouest marocain : Targa Zeggaghet ou le Rio de Oro des Espagnols ou l’actuel Sahara Occidental. « …Très vite , le maraboutisme avait annexé les pouvoirs, le statut et les valeurs des anciens agourrams… ». « … A leur arrivée en Kabylie au 16ème siècle, les marabouts (presque tous les Imazighènes du Sud-Ouest marocain) trouvèrent dans la région les conditions sociologiques et culturelles semblables à celles de leur pays d’origine. A cette date, le maraboutisme a déjà accompli sa mutation en agourram… ».

« … La baraka du marabout est un pouvoir surnaturel, il opère des miracles et, pour cela, il est le lieu à la fois des espoirs et de toutes les craintes : on attend (ou on redoute) de lui autant que Dieu, parce que, quoi que marabout, il n’en est pas moins homme : il est plus proche de nos manques, de nos misères et de nos vœux… »

Hocine Ukerdis.

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La Qouba de Yemma Gouraya

Selon une récente étude, Yemma Gouraya aurait bel et bien existé. La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs ouvrages inconnus chez nous.

fortgouraya03.jpgAvec les découvertes récentes de M. M.A.H, architecte de l’Ecole Supérieure d’Architecture de Paris, la Vilette, résultats de nombreuses, longues et fructueuses recherches en France, complétées par un travail au niveau du Parc National du Gouraya de Bejaia, c’est un mythe, une certitude historique qui vient de s’écrouler : contrairement à ce que l’on tenait pour définitivement établi, définitif et prouvé, le fort Gouraya n’a pas été édifié par les Espagnols au 16ème siècle ! Des preuves irréfutables recueillies dans les archives de l’armée française, notamment une carte reproduisant, d’un côté le site tel que trouvé par les Français, composé d’une qouba, d’une citerne et d’une maisonnette et de l’autre, le plan de l’actuel fort réalisé par Lemercier, bien connu à Bejaia par d’autres ouvrages militaires, ont pu être amassées par notre jeune chercheur, dont le coup de foudre pour Bejaia, ses vestiges et saints est aussi sincère que profond.

La mise en évidence de l’existence d’une qouba où repose probablement Yemma Gouraya met fin à une polémique vieille comme le temps. La légende de Gouraya fait place à l’histoire puisque son nom est mentionné dans plusieurs inconnus chez nous. Elle se situe dans la lignée des grandes héroïnes nationales qui, à chaque grande invasion, se dressent devant l’ennemi. Il y a eu la Kahina contre les Arabes, Gouraya contre les Espagnols aux côtés de Arroudj dit Barberousse, Fadhma n’Soumer contre Randon le Français… Le mythe de l’absence de tombe est ainsi levé.

Avec la destruction, par les Français en 1833 de la qouba, pour édifier le fort, c’est la tombe qui est rayée de la carte et que la mémoire collective a fini par oublier. Aujourd’hui, la superposition entre la place forte militaire et le spirituel – les pèlerinages remontent probablement à bien longtemps – est essentielle pour la bonne compréhension d’une légende qui a cessé d’en être une, dès lors qu’elle a fait une entrée fracassante dans l’histoire.

Monsieur qui nous a fait l’exclusivité de sa découverte, prépare une exposition-annonce  de l’évènement avec présentation de toutes ses preuves scientifiques pour septembre. IL nous promet d’autres surprises encore. Les mythes finissent toujours par épouser, d’une façon ou d’une autre, l’histoire expurgée des approximations de pseudo-historiens aux vérités qui ne résistent guère aux analyses sérieuses. La balle, désormais, est dans le camp des historiens, les vrais…

Mustapha Ramdani. Dépêche de Kabylie

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