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Comment réussir un échec ?

Posté par Rabah Naceri le 13 août 2018

Bougie_Perle

Je sais que le titre vous a choqué parce qu’il suffit de ne rien faire pour échouer d’office, me direz-vous !

Eh bien, non ! Ils ont tout fait pour réussir à faire échouer la saison estivale de notre wilaya. « Ils », ce sont les pouvoirs publics avec le silence des élus (toutes tendances confondues).

Pour me faire comprendre, je vous invite à suivre le cheminement tracé et exécuté pour que la saison estivale 2018 de la wilaya soit un échec total pour cette année et pour compromettre celles des années à venir en décevant outrageusement les visiteurs qui, par réflexe, amplifieront, partout où ils iront, leur colère et leur mauvais choix concernant celui de cette année. Lire la suite… »

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Comment est né le port pétrolier de Bougie ?

Posté par Rabah Naceri le 29 septembre 2017

L’article ci-dessous retrace sommairement la construction du port de Bougie, celle qui fut Bgayet puis Bejaia. Cette documentation m’a été gracieusement offerte par mon ami Djamel Mechehed. Je dois dire que ce n’est pas le seul document qu’il m’a offert concernant notre chère ville, Bgayet, celle qui fut jadis capitale hammadite d’où sont partis les mathématiques et la bougie de cire d’abeille vers l’occident.

Que mon ami Djamal Mechehed trouve ici l’expression de ma sincère reconnaissance ainsi que celle de tous les Bougiotes.

Comment est né le port pétrolier de Bougie ?

Le port

La première idée de construction du port pétrolier de Béjaïa est venue de Gaston Thomson (né à Oran 1848-1932), Ministre du commerce en 1914 à 1915. Ils estimèrent avec son ami le Marchal Franchet d’Esperay (né à Mostaganem), que le port de Toulon devenait trop vulnérable en raison des développements rapides de l’aviation européenne (Allemagne, Italie, Angleterre). Dès 1925 ils estimèrent qu’il fallait transférer la flotte navale Française de Toulon à Bougie… ! Juste en face, dit-il.

C’est ainsi que commença la construction de la grande digue en eau profonde au port de Bougie, qui ferma la baie de Sidi Yahia au pied du Cap-Bouak.

Un grand abri pour sous-marins était prévu sous le Cap, avec deux entrées, une vers le Port, l’autre vers le large (la rade).

L’arrière-port fut construit comme base aéronavale[1] avec bouées d’ancrage pour les hydravions Goliath [2] et Cams 53.

Gaston Thomson s’est déplacé plusieurs fois à Bougie dans le cadre de l’étude du futur port.

Mais vers 1930, le scandale du Port de Bougie avec l’assassinat du comptable Treuillon par le chef de chantier Bendinelli et la disparition totale de la comptabilité brûlée dans le foyer locomotive, provoqua un scandale financier énorme. Ce scandale a provoqué l’arrêt total des travaux programmés au port de Bougie. Une partie des crédits qui étaient prévus pour les travaux au port de Bougie ont été affectés à Mers el-Kebir.
Par la suite le port ne fut qu’un relais entre Bizerte et Mers el-Kebir. De nombreux hydravions ont fait escale. C’est entre 1958 et 1960 que furent construite les installations nécessaires à la réception des pétroliers, et les premiers travaux de conduite (650km) du pétrole, de Hassi Messaoud au port de Béjaïa ont débutés en 1959, cette conduite a été achevée en août 1959, le premier décembre 1959 est parti le premier bateau-citerne de Bougie vers la France. C’est ainsi que Bougie hérita d’un avant-port qui deviendra en définitive un port pétrolier d’une grande importance, qui joue un grand rôle dans l’économie de l’Algérie.

Port pétrolier

L’importance de la situation géographique du port de Bougie, a été remarquée par l’ingénieur hydrographe Jean Pierre Lieussou qui était à l’origine du levé de dix-sept ports secondaire en Algérie, dont celui de Bougie. Dans le premier ouvrage sur les ports d’Algérie, publié en 1857, il expose sa vision de l’importance stratégique de ce levé :

«On devrait s’occuper de jeter à Bougie les fondements du grand établissement maritime destiné à commander à tout jamais la côte d’Algérie, comme Toulon commande la côte méridionale de France », et ajoute : les avantages matériels et financiers de l’emplacement de Bougie sur celui d’Alger sont grands qu’il faudrait de graves motifs politiques pour faire préférer Alger ». 

Lieussou avait prévu une jetée de Cap Bouak à l’embouchure de la Soummam.


[1] La première liaison aérienne entre Marseille et Alger a été réalisée le 26 janvier 1919.

[2] 1930-1940 : Hydravion Goliath était souvent en escale dans le port de Béjaïa.

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Références bibliographiques :

1-   Paru dans l’avenir de Bougie 2003, rapporté par Charles Hovelacque

2-   De l’autre côté des urnes, français, françaises, indigènes 1848-1930.

3-   Aperçu historique du port de Béjaia, Mechehed.D.E, El-Mersa N°37 .

4-   Le port son histoire, Mechehed D.E. El-Mersa N° 38.

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Bgayet. Histoire vraie de la table d’orientation située au Pic des Singes

Posté par Rabah Naceri le 24 juillet 2017

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Beaucoup de personnes de la wilaya de Bgayet ou d’autres régions visitent le Pic des Singes et prennent des photos souvenirs à côté de la table d’orientation mais rares sont celles qui connaissent son histoire. Comme je suis directement impliqué dans sa réhabilitation, alors je me suis senti le devoir d’apporter quelques informations la concernant.

Il y a lieu de dire que la première table d’orientation qui a existé était l’oeuvre de l’armée coloniale avec le soutien de la municipalité bougiote. Malheureusement, cette table a souffert de la maltraitance de certaines personnes, qui ne connaissaient certainement pas l’intérêt d’une telle oeuvre. Au fil des années, cette table a pratiquement disparu du socle et beaucoup de personnes ont continué à visiter le site sans se désoler de la disparition de cette table d’orientation puisque aucune trace de celle-ci ne subsistait pour leur rappeler son existence.

A la faveur du classement du massif du Gouraya en Parc National, celui-ci bénéficia d’un budget qui devait servir à sa mise en défens et à sa mise en valeur sous la direction éclairée de Monsieur Ali Mahmoudi. La réhabilitation de la table d’orientation figurait dans le projet de développement du PNG. C’est ainsi que le directeur du PNG avait contacté un artiste reconnu, natif de la ville, Nouredine Bouzidi, assisté d’un autre artiste Khoudir Bourihane pour étudier la possibilité de recréer une table d’orientation sur la base des photos, gravures et documents disponibles fournis par le directeur du PNG.

Un jour, le jeune artiste, Khoudir Bourihane, est venu me solliciter, en ma qualité de Président d’Apw (1997 – 2002), pour financer la confection de cette nouvelle table d’orientation du moment que les aménagements de la placette qui devait recevoir cette oeuvre sont déjà lancés par le PNG. Il me proposa également que les noms des lieux, sommets, crêtes, etc….soient transcrits avec leurs appellations locales, c’est à dire en Kabyle. J’ai tenu à apporter cette précision  car l’ancienne table d’orientation que les militaires français ont réalisé, tous les noms de lieux ont été arabisés:oued au lieu de assif, djebel au lieu de adrar, beni au lieu de aït, etc…
J’avoue que j’ai adhéré pleinement à cette proposition et je leur ai accordé mon accord de principe en attendant son inscription à l’ordre du jour d’une session Apw pour délibération et exécution.

L’artiste m’a suggéré la confection de trois galettes, composée de portions, pour pouvoir les remplacer en cas de destruction ou de saccage d’une partie ou de la totalité. Le coût de réalisation des 3 galettes a été évalué à 27 millions de centimes. Après l’accord de principe, les deux artistes se sont lancé dans les recherches et les enquêtes, qui ont duré des semaines, sur les lieux qui bordent le golf de Bgayet  pour actualiser les noms des crêtes, des collines, des rivières, des talwegs, etc…

L’inscription du financement de cette table d’orientation a été faite dans des délais très courts et son adoption par l’assemblée de wilaya ne posa aucune difficulté de la part des élus. La délibération a donc été rapidement exécutée et la somme, grevée d’affectation spéciale, a été versée dans le compte bancaire du PNG qui, à son tour, remettra le montant représentant les honoraires de l’artiste.

Quelques mois plus tard, l’assistant de Nouredine Bouzidi, se présenta à l’Apw pour m’informer que la table d’orientation a été fixée sur son socle et que je pouvais la voir sur site et que les deux autres répliques sont confiées à la direction du PNG.
Le lendemain, je me suis fait conduire jusqu’au site et je fus émerveillé par la belle réalisation artistique. J’ai, toutefois, relevé une anomalie que je n’ai pas manqué de signaler à l’artiste et au directeur du PNG. Il a été mentionné que cette table a été sponsorisée par l’Apw et l’Apc de Bgayet alors qu’elle n’a été financée que par l’Apw et que l’Apc est totalement écartée.
L’explication qui m’a été donnée n’était pas du tout convaincante, car subjective. Soi-disant le périmètre du PNG se trouvait dans le périmètre de la commune de Bgayet. Pour éviter d’avoir à refaire d’autres galettes aux frais de l’artiste, j’ai préféré laisser passer l’erreur.

Le clou de l’histoire.

Le clou de l’histoire, c’est lorsque le wali de l’époque (ce même commis de l’Etat, alors qu’il était Drag à Bgayet, qui a traité les caractères amaziɣ de caractères distinctifs et qui a sommé tous les propriétaires de bus de voyageurs d’effacer toute trace de cette langue sous peine de poursuites judiciaires et de mise en fourrière du véhicule) a appris la nouvelle de la fixation de la nouvelle table d’orientation avec l’amaziɣisation des noms des lieux, il piqua une crise rouge et qu’il m’a fait parvenir, par un messager, de sa ferme décision de la démolir pour la remplacer par celle des militaires français où les noms étaient arabisés.
Je lui ai fait parvenir ma réponse par le même canal que la table sera maintenue comme elle est et que personne n’a intérêt à la modifier.

Telle est l’histoire exacte de la table d’orientation que vous avez le plaisir de voir et de prendre en photo lorsque vous visitez le célèbre Pic des Singes.

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Je vous donnerai ci-dessous l’histoire détaillée de l’ancienne table d’orientation de Bougie, celle qui fut la première table d’orientation d’Afrique, telle que rapportée par notre ami journaliste M.A.H.

Installée en 1934, cette œuvre d’exception fait partie du patrimoine historique de Béjaia. Retour sur l’art spécifique de sa fabrication et la genèse singulière de son acquisition.

Surplombant la ville de Béjaïa, le mont Gouraya fascine le regard, par son ampleur et sa crête décharnée de calcaire rocheuse, façonnée des mains de la nature. Du sommet jusqu’à la pointe du cap Noir, elle s’abaisse par ressauts successifs de sept monticules juxtaposés, que les Béjaouis appellent «Sebâa Djebilat».

L’un d’eux est le Pic des singes, puissant piton en forme de coupole, qui domine la mer de 430 mètres et dont la masse imposante émerge des profondeurs abyssales, où il plonge d’un trait. Du plateau des ruines, où s’achève la route carrossable issue de la ville, s’ouvre un chemin facile qui mène à ce promontoire remarquable.

De ce poste de dune, où l’on trouve une table d’orientation, les alentours paraissent écrasés ; le vertige surprend le flâneur. Un panorama impressionnant s’offre à l’œil envoûté. D’un côté, la mer insondable ; en contrebas, les trois caps du Carbon, Noir et Bouack et la vallée des singes ; de l’autre côté, l’immense golfe de Béjaia, que bordent l’élévation et la raideur de la chaine des Babors.

Par beau temps, le regard s’étend au-delà de l’extrémité orientale du golfe, à plus de cent kilomètres, vers Jijel. Une initiative touristique Longtemps inaccessible, le «pic des singes» doit son nom aux multiples quadrupèdes qui y trouvaient refuge.

Table En 1924, après la constitution du Parc national de Gouraya, Félix Borg, alors président du syndicat d’Initiative de tourisme de Bougie, et également maire de la ville, eut l’idée de rendre ce pic accessible aux touristes. Pour la réalisation de ce projet le maire reçut le soutien de Victor Boutilly, alors directeur du service des Eaux et forêts en Algérie, qui cherchait également à promouvoir les points les plus pittoresques des parcs nationaux du pays. Ce dernier chargea M.Lafage, inspecteur principal du service des Eaux et forêts à Bougie, de diriger aussi bien le décapage du sommet que l’ouverture du chemin d’accès à ce piton, à partir du plateau des ruines.
Les coups de mine pour ce travail difficile commencèrent en 1924. Quelques années plus tard, Félix Borg, qui œuvrait toujours avec son syndicat pour favoriser le tourisme dans la région, songea à agrémenter la plate-forme du pic d’une table d’orientation paysagère. Cette petite construction à vocation touristique devait permettre aux excursionnistes d’identifier le paysage contemplé par une simple lecture directe.

Pour financer sa fabrication, il s’adressa au Touring-Club de France, association dont le but principal était de développer le tourisme sous toutes ses formes. La commande du disque de lave émaillée ne s’effectua pas sans difficultés. À maintes reprises, Félix Borg fit photographier un tour d’horizon pour rendre le travail du dessinateur possible, mais les tirages manquaient systématiquement de netteté à cause du ciel, toujours brumeux, de la région. On dût, alors, faire appel à Jacques Bouteron, géomètre à la Direction du service topographique à Alger. Dessinant, enfin, un tour d’horizon parfait, ce dernier permit en 1933 son report sur un disque en lave émaillée, confectionné par la manufacture Seurat de Saint-Martin, près de Riom, dans le Puy-de-Dôme, en France. Réputée pour son savoir-faire dans ce domaine, cette manufacture réalisa notamment la «première » table d’orientation en lave émaillée et fabriqua aussi celle destinée à la terrasse du magasin La Samaritaine de Paris.

Le Touring-Club de France chargea Fernand Bouscasse, son délégué à Bougie, d’offrir la table d’orientation au président du syndicat d’Initiative de la ville. Une cérémonie d’inauguration eut lieu le 16 mai 1934, devant une foule considérable et en présence du sous-préfet de Constantine, M. Richardot. La table d’orientation du pic des singes fut la première à être installée en Algérie, et même sur le continent Africain !

Aujourd’hui disparue, une plaque commémorative, en marbre blanc, fut posée sur le parapet clôturant le Belvédère, pour immortaliser les participants à ce projet audacieux. Le pic des singes devint, alors, une destination prisée des touristes, autant que le cap Carbon ou le fort Gouraya. Une rénovation discutable.

Après l’indépendance de l’Algérie, la table d’orientation, malheureusement délaissée, subit de multiples détériorations. Malgré sa dureté, la lave de Volvic fut en grande partie cassée. En 1999, la wilaya de Béjaia entreprit son remplacement, et le Parc national de Gouraya se chargea de la réparation du chemin qui y mène. Par précaution, la wilaya commanda trois nouvelles tables à l’artiste Nouredine Bouzidi. Ce dernier voulait que ses œuvres soient «des tables actualisées et améliorées». Il les a enrichies de noms de localités qui n’existaient pas à l’époque coloniale, ou qui ont été rebaptisées depuis. Il retranscrit, également, les indications topographiques en berbère, avec lettres latines.

Malgré l’initiative louable de la wilaya, et la bonne volonté de l’artiste, la table établie actuellement au pic des singes ne parait pas égaler l’originale par sa qualité de fabrication et son esthétique. A la différence de l’ancienne oeuvre, faite d’un seul bloc d’un mètre de diamètre de lave émaillée, la nouvelle fut fabriquée par juxtaposition de «dalles de sol», sectionnées en huit secteurs circulaires, émaillées, dessinées et scellées sur le socle. Il en résulte des joints trop visibles et un assemblage peu soigné, de l’aveu même de Nouredine Bouzidi.

Les faits eux-mêmes confirment l’inadéquation du matériau utilisé : un exemplaire de la nouvelle table a déjà été cassé et remplacé en 2003. L’adoption d’une solution inappropriée pour la rénovation de la table proviendrait sans doute d’un choix trop précipité. C’était oublier qu’une telle réalisation exige un investissement concerté et une fabrication minutieuse ! Il est fort dommage également que l’on ait occulté la valeur patrimoniale que revêt la table d’orientation du Touring club de France. Avoir une table offerte par cette association de renom est une reconnaissance pour l’exceptionnel site panoramique dont bénéficie la ville. Une distinction dont Béjaïa pourrait encore s’enorgueillir. C’est donc une restitution à l’identique qu’il aurait fallu réaliser tout en actualisant les noms de localités. Il viendra sûrement un jour où la question de cette restitution se posera et s’imposera alors le recours à la lave de Volvic et au savoir-faire unique de ses usines d’émaillage.

Peu de gens connaissent l’histoire de cette œuvre d’art que nous venons de relater. Que les touristes de passage au parc national de Gouraya ne manquent pas de faire l’ascension du pic des singes, ils y découvriront un des plus beaux panoramas d’Algérie ainsi que la nouvelle table d’orientation qui leur rendra compte de la totalité du paysage. Sur la même route qui mène au site, une visite de l’écomusée du Parc leur permettrait de redécouvrir, sous une des vitrines de la salle d’exposition, l’ancienne table mutilée du Touring Club de France, que le directeur du PNG a eu la bonne idée de conserver.

La fabrication de la lave émaillée

Les tables d’orientation installées par le Touring club de France étaient en lave émaillée de Volvic, généralement de forme circulaire d’un mètre de diamètre et scellé sur un pied en béton. Leur fabrication était assurée par des usines se trouvant dans le département du Puy-de-Dôme. Table_6
D’abord extraite des carrières des volcans d’Auvergne, la lave était tranchée en scierie. Travaillée en un seul monolithe, cette pierre était ensuite émaillée. Un dessin en couleurs était reporté sur le disque, le tout était cuit à plusieurs reprises. D’une très longue longévité, la lave émaillée reste la meilleure solution pour fabriquer des tables d’orientation. Elle est totalement inaltérable par le gel, les acides et les rayonnements solaires. Elle résiste aux rayures et aux chocs des cailloux qui ne laissent que de petites traces au point d’impact. Seule une agression violente à la masse ou au burin peut l’altérer.

Les tables d’orientation du touring club de France en Algérie

C’est au début du XXe siècle que le Touring club de France prit la décision d’installer des tables d’orientation dans des lieux réputés pour la beauté de leur panorama. Les premières d’entre elles furent établies par cette association en 1903. Elle en réalisa près de 168 à travers le monde jusqu’en 1970. En Algérie, la table d’orientation du pic des singes fut la 119e à être installée. Trois autres tables furent ensuite établies à Aïn N’sour dans le massif du Zaccar en 1936, à l’ermitage du Père Foucauld à l’Assekrem dans l’Hoggar en 1939 et à Constantine sur l’esplanade du Sidi-M’Cid en 1952. D’autres encore furent érigées par l’administration des eaux et forêts, notamment au col de Chréa, près de Blida. Grâce à leurs sites isolés, les tables de l’ermitage du Père Foucauld et d’Aïn N’sour sont toujours bien conservées contrairement à celle de Constantine qui est partiellement dégradée.

M.A.H
Sources : Fond d’archives du Touring Club de France au centre des Archives contemporaines à Fontainebleau.

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Quelques vérités sur la menace de la délocalisation de l’Orec

Posté par Rabah Naceri le 14 juillet 2017

1997 – 2017 : 20 ans après, voilà que la structure Orec revient sur la scène publique.

J’ai lu, sur une page facebook, une publication de notre ami Boualem Chouali, que je salue au passage, que l’Office Régional des Examens et Concours (par abréviation O.R.E.C) est, encore une fois, menacé de délocalisation… et toujours vers Sétif.
J’ai dit « encore une fois » parce que cette structure a failli être délocalisée vers Sétif en 1997. Une manœuvre diabolique a été menée dans le plus grand secret qui aurait mis la population bougiote devant le fait accompli.

Je m’explique !

Une bâtisse aménagée pour recevoir cet office a été préparée par les autorités sétifiennes. Mieux que cela ! Une villa luxueuse, au centre-ville, a été libérée pour être mise à la disposition du directeur de l’Orec dès que la manœuvre sera finalisée.

A cette époque, j’étais Président de la fédération de wilaya des associations de parents d’élèves, fédération nouvellement créée. J’ai eu cette information presque par accident, car il faut dire que cette wilaya a et aura toujours des femmes et des hommes intègres et jaloux de leur wilaya.
En urgence, nous avons provoqué une réunion extraordinaire du Bureau de la fédération avec un seul point à l’ordre du jour : la menace de délocalisation de l’Orec.

Nous avons donc décidé d’adresser une correspondance urgente au wali et une autre au ministre de l’éducation nationale. Dans l’une comme dans l’autre correspondance, nous avons laissé planer des menaces de réaction des parents d’élèves et des citoyens de la wilaya si cette ignominie venait à être accomplie. Comme réponse habituelle de nos administrateurs, on nous a fait parvenir, par personne interposée, que l’Orec ne sera jamais délocalisé et qu’il n’y avait pas lieu de nous inquiéter outre-mesure.
Il y a certains détails que je préfère taire pour le moment mais si la conjoncture m’y oblige, je dévoilerais tout au grand public.

Quelques mois plus tard, je fus élu Président d’Apw. Là, la chance passe de mon côté.
Très rapidement, j’ai chargé la commission éducation-formation d’ouvrir le dossier Orec et de nous faire des propositions d’actions pour redynamiser cette structure que nous débattrons en session.

On a découvert que des blocages dus aux lenteurs administratives (inconscientes ou volontaires ?) sont à l’origine de la fragilisation de cet organisme et qui sont exploitées pour continuer de militer pour sa délocalisation vers Sétif. J’ajouterai que certains cadres de l’éducation ont prêté le flanc à cette sournoise démarche de délocalisation sous le fallacieux prétexte que les conditions ne sont pas réunies pour la mise en fonction de cette structure régionale.

La question de l’Orec a été inscrite à l’ordre du jour d’une session Apw. Les débats, je me rappelle très bien, ont été houleux car je maitrisais le sujet, vu mon expérience dans le mouvement des parents d’élèves, et tout l’intérêt que je portais à cette structure.
Nous avons délibéré pour l’octroi d’une première enveloppe financière qui lui permettra d’acquérir les équipements informatiques et la commission éducation-formation a été chargée d’encadrer cet organisme pour conclure un contrat avec le centre de formation professionnelle pour la réalisation de travaux d’aménagement de chambres pour les correcteurs ainsi que toutes les autres commodités nécessaires au confort des examinateurs.
J’ai bonne mémoire que nous avions débloqué, au cours d’une session en 1998, une enveloppe de 145 millions de centimes après étude de la fiche technique présentée par le responsable de l’Orec.

Je vous fais l’économie de certains détails lors de la visite du Secrétaire général du ministère de l’éducation qui est l’actuel premier ministre lorsqu’il est venu inspecter l’état d’avancement des travaux et de déclarer l’ouverture officielle de cet organisme. Je dois ajouter que tout a été mis en branle pour qu’aucune correction du Bac ou du Bem ne se fasse à Bejaia. C’est pour vous dire que notre wilaya a, de tout temps, été la cible pour une destruction et que parfois le ver se trouve dans le fruit (elfahem yefhem).

Suite à l’intérêt affiché par notre institution et au suivi quotidien de son implantation dans notre wilaya, l’idée de sa délocalisation a été abandonnée jusqu’à ce qu’elle réapparaisse aujourd’hui avec la publication de cette information sur une page facebook.

Nous ne nous tairons pas devant toutes ces menaces qui pèsent sur notre wilaya qui compromettent gravement son devenir proche et lointain.

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Quelles résolutions pour cette fin du mois du patrimoine 2016 ?

Posté par Rabah Naceri le 20 mai 2016

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          Le mois du patrimoine culturel vient de tirer sa révérence ce mercredi 18 mai 2016. La presse nationale a rapporté les nombreux et riches programmes organisés à travers le territoire national pour célébrer ce mois qui met en valeur notre richesse culturelle et qui a le mérite de lever quelques voiles sur l’histoire millénaire de notre Afrique du nord.

           Des conférences débats, des visites guidées, des expositions-photos, des émissions radiophoniques, etc…ont été organisées, ici et là, à travers certaines wilayas où de nombreux établissements publics ont participé à l’exécution de ces programmes qui ont, malheureusement, tendu vers le côté festif que scientifique. Pour preuve, toutes les universités n’ont pas été associées à la réflexion et aux suites scientifiques à accorder à la célébration de ce mois culturel. Et pourtant, l’Algérie, dans son ensemble, se présente comme l’un des plus grands musées à ciel ouvert du monde dont de nombreux trésors historiques sont laissés aux oubliettes et d’autres trésors archéologiques demeurent inconnus ou bien sommeillent plusieurs pieds sous terre risquant même d’être détruits ou pillés.

          Au cours de ce mois du patrimoine, j’ai assisté, au même titre que d’autres citoyens de Bgayet, à une conférence sur « Bejaia, capitale des Lumières » animée par Monsieur Abderahmane Khellifa, un spécialiste d’histoire et d’archéologie. De nombreuses et pertinentes questions furent soulevées dont celles de la récupération des manuscrits sur les mathématiques, le droit musulman… les pièces d’or, les pièces archéologiques, etc… volés par les Espagnols lors de leur sauvage attaque de la capitale hammadite vers 1510, sans oublier l’incendie criminel de la bibliothèque de la ville où plus de 10 000 ouvrages ont été réduits en cendres. Malheureusement, à ce jour, aucune initiative ne fut prise pour essayer de récupérer ces richesses qui appartiennent à la ville ni par la direction de la culture de cette wilaya, ni par le ministère de la culture.

          Les deux questions qui ont souvent été soulevées, à plusieurs occasions, mais sans jamais avoir de réponse sont celles de l’inexistence d’une faculté d’histoire et d’anthropologie à l’université de Bgayet alors que de très nombreuses découvertes archéologiques ont vu le jour ces derniers mois et le silence des pouvoirs publics à dépêcher une équipe de chercheurs en archéologie pour statuer sur chaque site découvert. Toutes les réponses données à ces deux questionnements demeurent vagues et pas du tout convaincantes. Certains conférenciers fuient même ces questions en laissant deviner que les décisions « sont bloquées en haut ».

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« Je veux montrer que nous sommes une civilisation urbaine depuis l’antiquité », dit A. KHELIFA.

Posté par Rabah Naceri le 29 avril 2016

Khelifa   Un cours magistral sur l’histoire de la ville de Béjaïa que propose Abderrahmane Khelifa dans son nouveau beau livre « Béjaïa, capitale des lumières », édité chez Gaia éditions. Découvrez l’histoire des dynasties les plus influentes, les savants, la vie politique, religieuse et économique d’une cité qui a marqué la Méditerranée.

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- Votre beau livre Béjaïa capitale des lumières publié aux éditions Gaïa est un important travail de recherches documentées. Vous aviez consacré combien de temps à la constitution de cet ouvrage ?

Je travaille depuis plus d’une dizaine d’années sur les grandes villes du Maghreb central, des villes qui furent des capitales, comme Constantine, Tlemcen et Alger. Il était normal que Béjaïa soit de celles-là. Elle a été la capitale d’un royaume et la deuxième capitale de l’Afrique du Nord à être sur la Méditerranée après Mahdia, en Tunisie.

Il faut dire que la richesse de son histoire m’a demandé beaucoup de temps à confectionner ce livre, amasser la documentation et les photos et les agencer pour en faire un livre. Je peux dire que je l’ai commencé en 2012 après la sortie de mon livre sur Tlemcen, c’est-à-dire près de quatre ans. Mais je dois dire que c’est actuellement le plus volumineux de mes livres. Lire la suite… »

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A Bgayet, le patrimoine culturel se meurt

Posté par Rabah Naceri le 26 février 2016

Avec le temps va…tout s’en va

« Connaissez-vous Bgayet (qui est son nom originel ou bien Bejaia ou Bougie) ? »

Si on posait cette question à n’importe quel Algérien, on nous répondra que c’est une très belle ville côtière, accueillante et dont l’hospitalité de ses habitants est légendaire. Que c’est une ville de culture et d’histoire. Certains nous donneront même des leçons sur le passé millénaire de cette célèbre ville où chaque pierre est un témoin d’un passé glorieux et de grands évènements culturels et scientifiques.

Il n’y a pas un responsable, d’ici ou d’ailleurs, qui passe par cette ville et qui ne fait pas l’éloge de la grandeur de cette ville, de sa population et de la richesse inestimable de ses vestiges historiques qui font de cette ville et de ses environs, un immense musée à ciel ouvert.
Partons à la découverte de quelques vestiges qui continuent de résister à l’érosion du temps et au laxisme destructeur des responsables chargés de les protéger, voire de les restaurer.

La Porte des Étendards ou Bab El-Fouqqa

IndicationA partir de « Lekhmiss » (grand quartier de la plaine ou du camp inférieur de la ville), nous rencontrons un panneau indicateur lumineux qui nous guide vers le quartier historique de Bgayet. C’est une excellente initiative de la part des responsables locaux car elle vient réparer un oubli de plusieurs décennies qui nous renseigne sur le peu d’intérêt accordé au patrimoine culturel par tous les responsables du secteur de la culture et de celui du tourisme qui ont défilé depuis l’indépendance à ce jour.

Le site historique, le plus proche car il est situé au centre-ville, est la Porte des Etendards et quelques mètres qui restent de la muraille datant de l’époque hammadite. Quand on arrive sur les lieux, le moins averti des visiteurs remarquera les fissures qui ne cessent de s’élargir, des pierres qui commencent à tomber en laissant des creux sur la muraille, de vulgaires câbles électriques qui avilissent le vestige, etc… Et pourtant, on se rappelle encore les déclarations de l’ancien directeur de wilaya de la culture, Mourad Nacer, qui affirmait publiquement, par les ondes de la radio-Soummam, qu’un dossier de restauration est ficelé et adressé au ministère de la culture. Selon le même responsable, un budget conséquent est affecté à cette opération dont le lancement des travaux est imminent. Tout cela s’est passé durant les années 2000, et nous sommes en 2016 sans qu’aucun signe de restauration n’ait été constaté.
Visiblement, la seule passation de consigne qui se fait entre deux directeurs de la culture dans cette wilaya est celle de la perpétuation de l’oubli et de laxisme. Je vous laisse apprécier la série de photos qui expriment mieux que moi l’état d’abandon de ces lieux qui sont les témoins d’une grande cité et un lumineux centre de rayonnement culturel, cultuel, politique et scientifique.

Porte Foukka_01  Bab Fouqqa  Plaque

Comme le montre si bien la seconde photo, c’est une vulgaire plaque métallique complètement rouillée qui a servi de support à la mémoire patrimoniale à ce haut lieu d’histoire. C’est devant cette majestueuse Porte que le prince Moulay Nacer venait, en fin de journée, observer la beauté des vergers et des jardins de la plaine sous un magnifique coucher du soleil.

Entre un bar et un bar, une tour historique

Je me suis toujours interrogé sur le silence des élus locaux, des anciens défenseurs de la souveraineté nationale du temps du parti unique et des responsables de wilaya de la culture sur cette tour qui est encerclée par deux bars. Cette tour, pour ceux qui ne le savent pas, date de l’époque hammadite et qui servait de poste d’observation de toute manoeuvre et activités maritimes ou arrivée de navires par la mer. La mer, à cette époque, venait se jeter au pied de cette muraille.
Ces deux bars qui encerclent ce beau vestige historique ont été construit depuis l’époque coloniale. En observant les matériaux avec lesquels sont construits ces établissements, essentiellement en bois, nous devinons aisément que les gérants n’ont bénéficié que d’autorisations précaires et révocables. Autrement dit, ces deux baraquements peuvent rasés sans aucune opposition légale ou préavis règlementaire.

Tour_Hammadite_2  Tour_Hammadite

La France coloniale était dans son rôle en élaborant un diabolique programme d’effacement des repères culturels et hsitoriques pour désorienter la population autochtone dans la perspective d’un remodelage mental. Mais après l’indépendance, pourquoi nos dirigeants, surtout les grands inventeurs de l’article 120, n’ont jamais essayé de raser ces deux débits de boissons alcoolisés pour mettre en valeur cette belle tour hammadite.
Encore une énième interrogation : pourquoi tous ces directeurs de wilaya de la culture qui ont défilé dans notre wilaya dont certains sont de la région, les nombreux ministres de la culture qui claironnaient la grandeur de cette ville de culture n’ont-ils jamais initié la moindre action de réhabilitation de ce vestige historique qui feraient retourner dans leur tombe tous les savants et les nobles personnalités qui ont vécu dans cette belle cité du savoir et de la culture ?

La suite du massacre arrivera bientôt…

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La vérité sur la statue de la discorde

Posté par Rabah Naceri le 29 janvier 2016

Statue_Bgayet

Une petite polémique, reprise par les réseaux sociaux, a cours ces jours-ci à Bgayet suite à une information donnée par le journal électronique local, Bejaia-Infos. Cette information traite de la démolition prochaine d’une statue se trouvant au niveau de la Plaine (Lekhmiss), soit à la fin de l’avenue Benboulaid et au commencement de l’avenue Moulay Nacer.

Les commentaires de certains citoyens, hostiles à tout changement, avancent que cette statue fait partie de la mémoire Bougiote et que sa démolition est qualifiée d’atteinte aux symboles de la ville. Certains autres ont accueilli avec joie cette décision de démolition car elle ne représentait rien du tout pour la ville de Bgayet.

Histoire de cette statue

Aux premières années de l’érection de Bgayet au statut de wilaya, le wali de l’époque, Cherif Meziane, a demandé au sculpteur Zizi, natif de la wilaya, de confectionner en urgence trois œuvres sculpturales pour le chef-lieu de wilaya. C’est ainsi que trois statues ont été réalisées dans des délais très courts dont l’une a été fixée au carrefour du 19 mai 81 (cité Nacéria), la seconde à la place Medjahed et la troisième au carrefour de l’avenue Benboulaid (celle qui est appelée à être démolie).

La statue du carrefour du 19 mai 81 a été démolie pour construire un superbe jet d’eau qui a embelli la rue de la Liberté et le carrefour Nacéria. Celle de la place Medjahed a également suivi pour céder la place à la construction de locaux et d’une vespasienne qui sont, malheureusement, tous fermés dont personne ne connait les raisons sauf pour les décideurs qui ne veulent rien dire.

Rares sont les sculpteurs, et tout autre artiste, qui accepteraient de réaliser des œuvres dans la précipitation et sans inspiration. Sans prétendre prendre la défense de notre sculpteur mais c’est ce qui est arrivé à Monsieur Zizi. Et pour l’anecdote, il parait que la wilaya de Bgayet n’a pas honoré les honoraires de cet artiste à ce jour.

Concernant toujours cette statue, j’ai écrit, il n’y a pas longtemps, un article dans ce même blog en disant que cette horrible masse de béton ne représentait rien du tout de l’histoire millénaire de celle qui fut jadis la capitale hammadite et le centre de rayonnement culturel et scientifique de toute la méditerranée.
Je reste convaincu que si l’on organisait une pétition pour sa démolition au niveau de la wilaya de Bgayet, le premier à la signer est le sculpteur lui-même et moi en deuxième position car cette horreur semble signifier que notre ville n’a commencé à exister que depuis la guerre de libération nationale et que nous sommes en manque d’artistes; de sculpteurs, d’architectes, etc…

Et pourtant, notre wilaya recèle des sculpteurs de renommée mondiale dont Abdeslam GRAÏNE, réalisateur du buste de Abderahmane Bouguermouh et celui de Mouloud Mammeri, pour ne citer que celui-ci.

De mon point de vue, il serait intéressant de lancer un appel d’offre nationale pour l’étude d’aménagement de cette placette qui marque le premier point d’accueil de tout visiteur dans cette capitale. Il est impératif que l’œuvre qui sera retenue soit porteuse de toute la charge symbolique de la grande histoire millénaire de cette ville, du rôle qu’elle a joué pour les sciences, les mathématiques et des grands débats religieux qui eurent lieu durant le règne du prince Moulay Nacer.

Je conclus donc en disant à mes frères et soeurs de Bgayet que nous n’avons pas le droit de tomber dans le piège ridicule de la stagnation et de la médiocrité que certains cherchent à tout prix à nous y enfermer pour toujours.

Bgayet pour tous et tous pour Bgayet.

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Le soufisme est un islam de la vie , pas un islam de la mort (Zaïm Khenchelaoui)

Posté par Rabah Naceri le 13 juin 2015

Zaim

Le canal de l’école est-il le plus indiqué, selon vous, pour diffuser cette pensée ?

Oui, absolument. Il y a l’école et il y a la mosquée.
La mosquée qui nous échappe complètement, et qui est, encore aujourd’hui, le foyer d’un discours haineux. Je ne généralise pas, mais en tout cas il en reste encore des traces. Il y a encore de l’exclusion. Il y a de l’exclusion à l’égard de la femme. Regardez par exemple aujourd’hui (référence au colloque sur Ibn Arabi, ndlr), il y avait des femmes non voilées, il y avait des femmes qui présidaient les séances. Et cela ne choque personne. C’est ça l’Algérie authentique, l’Algérie ouverte.
Vous avez dû noter aussi la présence de chrétiens dans la salle. Il y avait Monseigneur Teissier, mais il y avait aussi d’autres chrétiens qui étaient là. On a beaucoup à gagner si on pouvait relayer cette parole et réactiver cette pensée. On est assis sur un trésor. On est comme un enfant qui joue avec des joyaux, des bijoux, des perles. On est comparables à ça. Nous avons entre les mains un trésor inestimable, un trésor immatériel et spirituel auquel nous tournons le dos d’une manière complètement folle et pathologique.

Vous avez souligné dans votre conférence, en parlant du périple d’Ibn-Arabi enAlgérie, qu’il avait fait une halte décisive à Béjaïa, et vous avez précisé qu’à l’époque il fallait faire ses ablutions avant d’entrer à Béjaïa…

C’est vrai ! Béjaïa, la ville des 99 saints de Dieu. On dit qu’il en manquait un pour qu’elle devienne aussi sacrée que La Mecque. On l’appelait d’ailleurs La Petite Mecque. Et les voyageurs, les gens qui étaient extérieurs à la ville, faisaient effectivement leurs ablutions à Bir-Selam avant d’entrer à Béjaïa. Bir-Selam existe encore aujourd’hui. Ils le faisaient par respect, par révérence à cette ville sainte qui était la ville de Sidi Boumediène.
Sidi Boumediène a, certes, été enterré à Tlemcen, mais il faut savoir qu’il a vécu à Béjaïa, et c’est là qu’il a fondé son école mystique. Et Béjaïa était un immense foyer intellectuel dont le rayonnement a touché même le sud de l’Italie puisqu’on parle d’un pape qui a fait sa formation là-bas.
Des Européens venaient s’y former dans les différentes sciences. On parle d’une ville où on formait aussi bien les filles que les garçons. Personne n’était analphabète. Tout cela, c’est grâce au soufisme.
Le soufisme, c’est notre issue de secours, sinon on voit ce qui nous attend. On va droit dans le mur. Quand on parle de l’extrémisme, de l’intégrisme, de tous ces crimes, il fallait prévoir cela, il fallait être préventif. C’est comme les maladies. On ne peut pas s’exposer à tous types de virus et s’étonner de tomber malade après. Il faut un vaccin. Il faut s’immuniser, et notre immunité, c’est le soufisme. Il n’y a pas que l’aspect religieux dans le soufisme. Le soufisme, c’est aussi la musique, ce sont les arts, c’est la céramique, c’est la calligraphie, c’est l’art architectural.

Regardez les zaouïas comment elles étaient construites : à échelle humaine, dans la douceur, il y avait des points d’eau, il y avait de la verdure partout… Aujourd’hui, on construit des mosquées avec du «baghli» comme on dit. On adore le «baghli».
Le soufisme est esthétique par essence. C’est l’adoration de la beauté. Aujourd’hui, on adore le ciment, le béton armé. C’est à l’image de nos coeurs endurcis. Quand on pénètre dans une mosquée, on ne sent pas d’échos divins. On est dans l’idéologie, on est dans la culture de la haine, on est dans la culture de l’exclusion. C’est la religion de l’Antéchrist (al massih adadjal qui apparaîtrait à la fi n des temps, ndlr). Ce n’est pas possible ! Il faut qu’on se ressaisisse ! Il est sidérant de voir à quel point on est tombé bas.

Extrait de l’interview réalisée par Mustapha Benfodil (El Watan du samedi 13/6/2015)

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Origine du nom « Bougie »

Posté par Rabah Naceri le 4 mai 2015

Bougie_Ma_Ville

Le mot « bougie » n’est apparu dans la langue française qu’au XIVe siècle, tiré de Bugaya transcription en arabe du mot Kabyle Bgayet, nom d’une ville maritime d’Algérie en Kabylie (actuellement Béjaia) qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des chandelles.

Au plan terminologique l’appellation « bougie » est réservée à un instrument fait exclusivement de cire d’abeille. Les bougies, naturellement de couleur jaunâtre, peuvent aussi être blanches si la cire qui les constitue a été blanchie par une exposition au soleil de plusieurs jours, voire semaines. Les bougies blanches ont un coût encore plus élevé que celui des jaunes, et elles sont presque exclusivement utilisées dans les palais royaux. Le mot « chandelle » est donc réservé aux instruments faits de suif.

Dès le XIVe siècle en France, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en fusion. Cette corporation était très réglementée pour éviter les falsifications : il était notamment interdit de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton.

La noblesse et le clergé s’éclairaient avec des cierges en cire d’abeille et laissaient au peuple français l’éclairage au suif. Le cierge de cire conserve les avantages de la chandelle et en élimine les défauts. Mais son prix (sous Louis XIV le coût d’une bougie équivalait au salaire journalier d’un ouvrier spécialisé soit environ 2,5 Livres) en limite la diffusion aux plus hautes sphères de la société et notamment de la Royauté.

La bougie comme telle fut développée au milieu du XIXe siècle et se distingue de la chandelle par sa matière première et par l’utilisation de mèches de coton tressé. Le tressage permet à la mèche de se courber et de se consumer : inutile alors de la moucher. La misérable chandelle commence alors à disparaître.

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