A Bgayet, le patrimoine culturel se meurt

Posté par Rabah Naceri le 26 février 2016

Avec le temps va…tout s’en va

« Connaissez-vous Bgayet (qui est son nom originel ou bien Bejaia ou Bougie) ? »

Si on posait cette question à n’importe quel Algérien, on nous répondra que c’est une très belle ville côtière, accueillante et dont l’hospitalité de ses habitants est légendaire. Que c’est une ville de culture et d’histoire. Certains nous donneront même des leçons sur le passé millénaire de cette célèbre ville où chaque pierre est un témoin d’un passé glorieux et de grands évènements culturels et scientifiques.

Il n’y a pas un responsable, d’ici ou d’ailleurs, qui passe par cette ville et qui ne fait pas l’éloge de la grandeur de cette ville, de sa population et de la richesse inestimable de ses vestiges historiques qui font de cette ville et de ses environs, un immense musée à ciel ouvert.
Partons à la découverte de quelques vestiges qui continuent de résister à l’érosion du temps et au laxisme destructeur des responsables chargés de les protéger, voire de les restaurer.

La Porte des Étendards ou Bab El-Fouqqa

IndicationA partir de « Lekhmiss » (grand quartier de la plaine ou du camp inférieur de la ville), nous rencontrons un panneau indicateur lumineux qui nous guide vers le quartier historique de Bgayet. C’est une excellente initiative de la part des responsables locaux car elle vient réparer un oubli de plusieurs décennies qui nous renseigne sur le peu d’intérêt accordé au patrimoine culturel par tous les responsables du secteur de la culture et de celui du tourisme qui ont défilé depuis l’indépendance à ce jour.

Le site historique, le plus proche car il est situé au centre-ville, est la Porte des Etendards et quelques mètres qui restent de la muraille datant de l’époque hammadite. Quand on arrive sur les lieux, le moins averti des visiteurs remarquera les fissures qui ne cessent de s’élargir, des pierres qui commencent à tomber en laissant des creux sur la muraille, de vulgaires câbles électriques qui avilissent le vestige, etc… Et pourtant, on se rappelle encore les déclarations de l’ancien directeur de wilaya de la culture, Mourad Nacer, qui affirmait publiquement, par les ondes de la radio-Soummam, qu’un dossier de restauration est ficelé et adressé au ministère de la culture. Selon le même responsable, un budget conséquent est affecté à cette opération dont le lancement des travaux est imminent. Tout cela s’est passé durant les années 2000, et nous sommes en 2016 sans qu’aucun signe de restauration n’ait été constaté.
Visiblement, la seule passation de consigne qui se fait entre deux directeurs de la culture dans cette wilaya est celle de la perpétuation de l’oubli et de laxisme. Je vous laisse apprécier la série de photos qui expriment mieux que moi l’état d’abandon de ces lieux qui sont les témoins d’une grande cité et un lumineux centre de rayonnement culturel, cultuel, politique et scientifique.

Porte Foukka_01  Bab Fouqqa  Plaque

Comme le montre si bien la seconde photo, c’est une vulgaire plaque métallique complètement rouillée qui a servi de support à la mémoire patrimoniale à ce haut lieu d’histoire. C’est devant cette majestueuse Porte que le prince Moulay Nacer venait, en fin de journée, observer la beauté des vergers et des jardins de la plaine sous un magnifique coucher du soleil.

Entre un bar et un bar, une tour historique

Je me suis toujours interrogé sur le silence des élus locaux, des anciens défenseurs de la souveraineté nationale du temps du parti unique et des responsables de wilaya de la culture sur cette tour qui est encerclée par deux bars. Cette tour, pour ceux qui ne le savent pas, date de l’époque hammadite et qui servait de poste d’observation de toute manoeuvre et activités maritimes ou arrivée de navires par la mer. La mer, à cette époque, venait se jeter au pied de cette muraille.
Ces deux bars qui encerclent ce beau vestige historique ont été construit depuis l’époque coloniale. En observant les matériaux avec lesquels sont construits ces établissements, essentiellement en bois, nous devinons aisément que les gérants n’ont bénéficié que d’autorisations précaires et révocables. Autrement dit, ces deux baraquements peuvent rasés sans aucune opposition légale ou préavis règlementaire.

Tour_Hammadite_2  Tour_Hammadite

La France coloniale était dans son rôle en élaborant un diabolique programme d’effacement des repères culturels et hsitoriques pour désorienter la population autochtone dans la perspective d’un remodelage mental. Mais après l’indépendance, pourquoi nos dirigeants, surtout les grands inventeurs de l’article 120, n’ont jamais essayé de raser ces deux débits de boissons alcoolisés pour mettre en valeur cette belle tour hammadite.
Encore une énième interrogation : pourquoi tous ces directeurs de wilaya de la culture qui ont défilé dans notre wilaya dont certains sont de la région, les nombreux ministres de la culture qui claironnaient la grandeur de cette ville de culture n’ont-ils jamais initié la moindre action de réhabilitation de ce vestige historique qui feraient retourner dans leur tombe tous les savants et les nobles personnalités qui ont vécu dans cette belle cité du savoir et de la culture ?

La suite du massacre arrivera bientôt…

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« Le rêve fait avancer la réalité » (citation de Mhamed Hassani)

Posté par Rabah Naceri le 4 février 2016

J’ai reçu d’un ami canadien un joli poème sur le soldat inconnu suite à la petite polémique qui est née après une publication d’un journal électronique, Bejaia-Infos.com, où il serait question de la démolition d’une statue qui n’était pas digne du soldat inconnu (voir mon article plus bas).
J’ai également inséré un commentaire de la même personne dans lequel il nous fait part se son rêve pour la nouvelle statue du soldat inconnu.

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J’ai rêvé d’une nouvelle statue à Bgayet :
Alors ce soldat inconnu serait un poète sans autre arme qu’une plume à la main, qu’une poignée de livres dépassant de la poche de sa blouse et chaussé d’une paire de souliers crottés avec de la paille collée, les cheveux au vent, et l’autre main tendue vers l’horizon de la mer, une main prête à recevoir la manne nourricière de la lumière… une statue qui représente un jeune roi, poète et laboureur… à ses pieds gisent un uniforme, un casque et des armes qu’il vient de quitter… Les décrocheurs sont des déserteurs.
P.M.M.

Soldat_inconnu

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La vérité sur la statue de la discorde

Posté par Rabah Naceri le 29 janvier 2016

Statue_Bgayet

Une petite polémique, reprise par les réseaux sociaux, a cours ces jours-ci à Bgayet suite à une information donnée par le journal électronique local, Bejaia-Infos. Cette information traite de la démolition prochaine d’une statue se trouvant au niveau de la Plaine (Lekhmiss), soit à la fin de l’avenue Benboulaid et au commencement de l’avenue Moulay Nacer.

Les commentaires de certains citoyens, hostiles à tout changement, avancent que cette statue fait partie de la mémoire Bougiote et que sa démolition est qualifiée d’atteinte aux symboles de la ville. Certains autres ont accueilli avec joie cette décision de démolition car elle ne représentait rien du tout pour la ville de Bgayet.

Histoire de cette statue

Aux premières années de l’érection de Bgayet au statut de wilaya, le wali de l’époque, Cherif Meziane, a demandé au sculpteur Zizi, natif de la wilaya, de confectionner en urgence trois œuvres sculpturales pour le chef-lieu de wilaya. C’est ainsi que trois statues ont été réalisées dans des délais très courts dont l’une a été fixée au carrefour du 19 mai 81 (cité Nacéria), la seconde à la place Medjahed et la troisième au carrefour de l’avenue Benboulaid (celle qui est appelée à être démolie).

La statue du carrefour du 19 mai 81 a été démolie pour construire un superbe jet d’eau qui a embelli la rue de la Liberté et le carrefour Nacéria. Celle de la place Medjahed a également suivi pour céder la place à la construction de locaux et d’une vespasienne qui sont, malheureusement, tous fermés dont personne ne connait les raisons sauf pour les décideurs qui ne veulent rien dire.

Rares sont les sculpteurs, et tout autre artiste, qui accepteraient de réaliser des œuvres dans la précipitation et sans inspiration. Sans prétendre prendre la défense de notre sculpteur mais c’est ce qui est arrivé à Monsieur Zizi. Et pour l’anecdote, il parait que la wilaya de Bgayet n’a pas honoré les honoraires de cet artiste à ce jour.

Concernant toujours cette statue, j’ai écrit, il n’y a pas longtemps, un article dans ce même blog en disant que cette horrible masse de béton ne représentait rien du tout de l’histoire millénaire de celle qui fut jadis la capitale hammadite et le centre de rayonnement culturel et scientifique de toute la méditerranée.
Je reste convaincu que si l’on organisait une pétition pour sa démolition au niveau de la wilaya de Bgayet, le premier à la signer est le sculpteur lui-même et moi en deuxième position car cette horreur semble signifier que notre ville n’a commencé à exister que depuis la guerre de libération nationale et que nous sommes en manque d’artistes; de sculpteurs, d’architectes, etc…

Et pourtant, notre wilaya recèle des sculpteurs de renommée mondiale dont Abdeslam GRAÏNE, réalisateur du buste de Abderahmane Bouguermouh et celui de Mouloud Mammeri, pour ne citer que celui-ci.

De mon point de vue, il serait intéressant de lancer un appel d’offre nationale pour l’étude d’aménagement de cette placette qui marque le premier point d’accueil de tout visiteur dans cette capitale. Il est impératif que l’œuvre qui sera retenue soit porteuse de toute la charge symbolique de la grande histoire millénaire de cette ville, du rôle qu’elle a joué pour les sciences, les mathématiques et des grands débats religieux qui eurent lieu durant le règne du prince Moulay Nacer.

Je conclus donc en disant à mes frères et soeurs de Bgayet que nous n’avons pas le droit de tomber dans le piège ridicule de la stagnation et de la médiocrité que certains cherchent à tout prix à nous y enfermer pour toujours.

Bgayet pour tous et tous pour Bgayet.

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L’histoire de Yennayer (par Karim Younès)

Posté par Rabah Naceri le 10 janvier 2016

Yennayer

YENNAYER 2016/2966 :

une date, un symbole, une tradition, une histoire, une identité, une fête, un repère, une mémoire

Le 12 du mois de janvier nous célébrerons, d’est en ouest, du nord au sud comme le firent nos aïeux, Yennayer. Ce sera le 2966ème anniversaire de la fondation par Chechnaq 1er prince de la tribu berbère (ou libyque comme l’énonce les grecs) des Mechaouech, originaire des régions du nord de l’Afrique, de la XXII dynastie pharaonique d’origine numide(ou libyque).

Menés par leur prince, les numides s’installent victorieux, au bout d’une énième bataille, dans les vastes territoires de l’Egypte qu’ils unifient puis s’élancent dans la conquête de tout le Proche-Orient. Ils envahissent la Palestine, libèrent Jérusalem en l’an -950, s’emparent des trésors du temple de Salomon et fondèrent la XXIIème dynastie pharaonique, portent leur prince Chechnaq sur le trône qui règnera 21 ans.

C’est une réalité historique évoquée dans les écrits bibliques où Chechnaq apparait sous le nom de Shishak …. Je retiens cette explication, nonobstant les autres hypothèses greffées autour de la question de cet anniversaire, qui sont, certainement, intéressantes à étudier …

Cette date sera décrétée l’an zéro du calendrier numide connu sous le vocable de Yennayer dont l’historique lexicale le fait correspondre au mot latin de l’époque romaine « maitre du monde » au plan militaire, politique et linguistique, Ianiarus, Janvier comme le seront Abril à (avril), Sutambar à September (septembre) ou Dujember à Décembre (décembre) etc…

« Yennayer prend, toute sa dimension dans la relation qui l’unit au travail de la terre, le cycle des saisons, célébrés par des rites et coutumes qui témoignent d’une communion étroite entre les éléments naturels, le monde des morts et des vivants, que l’on qualifierait aujourd’hui de fusionnelle » écrit Laakri Chérifi, enseignante et chercheuse.

C’est donc une fête « populaire, familiale, à connotation agraire, traditionnellement célébrée à travers le Grand Maghreb » note Abdelkader Dehbi.,(in lequotidienalgerie.org › Culture du 5 janvier 2014).

Les réjouissances qui durent depuis cette date marquent l’importance de ces évènements, la fierté et le sommet de la puissance numides. Elles immortalisent nos heures de gloire, notre grande place dans la civilisation appelée Égyptienne, dont nous avons largement contribué à la fondation et à la consolidation.

Yennayer fait partie de notre passé, et c’est le passé qui a enfanté le présent, comme une mère qui met au monde ses enfants. Renier ce passé revient à renier sa mère.

Le repas préparé pour cette célèbre fête, (Amenzu Yennayer dans certaines régions, Ras el 3am dans d’autres), est différent d’une région à une autre. Le couscous, en Kabylie surtout, à la sauce rouge généralement agrémenté de viande de la bête sacrifiée (asfel), de la volaille, mélangée parfois à la viande séchée (achedluh ou aqedidh).

A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou des crêpes (achedhlouh, tighrifine, achebbadh).

A Constantine c’est la Trida tadjine et poulet fermier (ou fettat) qui est privilégié.

A Oran et tout l’ouest du pays c’est le cherchem, un plat à base de blé dur, de fèves, de pois chiche et autres légumes secs qui est de tradition. D’autres plats sont préférés dans le grand Mahgreb qui symbolisent l’abondance alimentaire.

A Beni-Snouss, la fête de Yennayer se distingue par l’organisation du carnaval d’Ayrad, (le lion) qui a des origines lointaines dans l’histoire de cette région située au sud-ouest de la wilaya de Tlemcen. « Ce carnaval, qui constitue une fête populaire séculaire des Beni-Snouss, comporte des rituels aussi nombreux que mythiques. Ses origines sont tirées de l’histoire ancienne, du temps des guerres et des batailles que se livraient les autochtones, les Romains, les Numides et les Pharaons ». (Lire La verveine fanée, de l’anthropologue Saridj Mohamed)

Je vous le souhaite à vous, qui me lisez, à tout le peuple algérien et à tous les peuples, qui, en connaissance ou par tradition, célèbrent le Nouvel An amazigh, bonne fête, Assegass Amegaz.

P.S : Sur la photo : Le village berbère de Beni Senouss dans la wilaya de Tlemcen (Algérie)

Karim Younes

Photo de Karim Younes.

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Le Campus « Abudaw » fait sa toilette.

Posté par Rabah Naceri le 10 janvier 2016

La nouvelle année 2016 semble bien commencer pour l’université de Bgayet, plus précisément au campus d’Abudaw. Comme chacun a dû le voir, ce campus a pris une pente douce vers la clochardisation caractérisée par une prolifération de baraques de fortune qui font fonction de boutiques d’alimentation générale, de Kms, de librairie, etc…au grand mépris des règles urbanistiques et de l’esthétique.
Le reproche ne peut pas être orienté contre les jeunes exploitants de ces pseudo-boutiques qui ne cherchent qu’à gagner leur vie proprement et honnêtement pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le reproche est plutôt adressé aux élus locaux et à l’administration qui délivrent des autorisations, quand bien même précaires et révocables, à tout bout de champs sans aucune étude ou respect de l’esthétique. Par conséquent, les jeunes étudiants se trouvent contraints de traverser d’abord un bidonville-bazar avant de rejoindre leur amphi.

Au grand bonheur des citoyens révoltés par cette décadence consciente, le wali de la wilaya de Bejaia a ordonné la démolition de toutes ces baraques qui enlaidissent les entrées Nord et Sud du campus universitaire d’Abudaw et qui portent une grave atteinte à la noblesse de ce haut lieu du savoir.

La démolition a été exécutée en présence des forces de l’ordre pour parer à toute éventualité. Bien heureusement, l’opération s’est déroulée convenablement malgré quelques tentatives de perturbations.
Lorsque j’ai appris la bonne nouvelle, à mon retour à Bgayet, je n’ai pu résister d’aller constater de visu et de prendre quelques clichés comme à l’accoutumée. Ouf !!! La belle façade d’entrée est visible de la route et on redécouvre enfin les belles fresques créées par des artistes locaux. Celle-ci était, pendant des années, cachée par les tas de ferrailles et de planches déclassées bizarrement assemblées pour en faire des semblant de boutiques.

Nous ne pouvons pas ne pas rendre hommage à la décision prise par le wali pour réhabiliter l’entrée de ce centre universitaire fréquenté par plus de vingt cinq milles étudiants, toutes filières confondues. Il est vrai que l’on ne félicite pas un responsable qui accomplit normalement ses missions qui lui sont assignées, mais lorsqu’on voit de nombreux élus locaux qui versent dans le populisme ridicule en attribuant des autorisations d’exploitation commerciale, des responsables de wilaya, de hauts fonctionnaires du gouvernement, etc…qui ont rendu visite à ce centre universitaire ou qui sont passés devant et sans rien dire ni rien faire, alors nous nous arrogeons le droit et le privilège d’adresser nos sincères encouragements à celui qui a su restaurer l’ordre et la discipline.

Je vais arrêter là mon écrit pour réduire la torture que je vous impose pour me lire jusqu’au bout. J’insère ci-dessous une photo que j’ai combinée pour montrer la situation d’avant la démolition et celle d’après.

Avant-Après

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Découverte d’une grotte préhistorique à Bgayet

Posté par Rabah Naceri le 10 décembre 2015

Bougie_Ma_Ville

LA FERME D’ALI-BACHA ENFIN RÉVÉLÉE

(Par M. Ouyougoute). Les six spéléologues locaux, qui ont enfin découvert la grotte d’Ali-Bacha, sont émus aux larmes. Ils ont pu localiser la ferme d’Ali-Bacha sur laquelle des recherches ont été entamées depuis plus d’un siècle. Ils se sont empressés de l’annoncer non pas pour prétendre à une notoriété, mais pour préserver et protéger le site menacé par le béton et aussi pour le classer au patrimoine national et universel. Et pour cause ! Le béton a déjà eu raison d’une bonne partie du plus important site archéologique en Afrique du Nord, voire dans tout le bassin méditerranéen.

La cavité est devenue un vrai dépotoir, rempli de détritus et un réceptacle des eaux usées. Les spéléologues locaux, Ouazib H., Khelladi A., Benalouache Y., Boukala A., Zerkane I. et le Dr Bekli M. R., s’étaient fixé, il y a un mois, l’objectif de localiser le lieu de cette cavité. Au départ, ils ont commencé à explorer la région comprise entre Msid L’bab et Dar-Nacer. Dans une seconde phase, ils ont exploré, en vain, tous les massifs voisins. Ils ont alors changé de stratégie de recherche et décidé de vérifier tous les indices publiés par Debruge, un membre de l’Association française pour l’avancement des sciences et de la Société archéologique de Constantine, dans son article « La station quaternaire Ali-Bacha à Bougie« .

Nous sommes alors au début du siècle dernier. La piste de Debruge s’est révélée concluante. Explication : “Après une enquête fastidieuse, et en cherchant là où les autres ont échoué — d’autres chercheurs et spéléologues de la région y travaillent toujours —, nous avons enfin localisé le site archéologique sur le versant méridional du mont Gouraya. La cavité voit le jour une nouvelle fois.” Le plateau d’Ali-Bacha est situé au sud-ouest de la forêt de Tala N’Thziouine de Sidi-Ahmed, indique-t-on. Et la grotte se trouve non loin de la polyclinique, à gauche du sens unique qui mène à Dar Nacer, à 15 m, sur la rive droite de la rivière Bir el-Qanun.

Avec cette découverte, Bougie, la ville lumière et capitale d’une région millénaire, a servi d’abri aux hommes depuis des milliers d’années. En effet, Debruge en 1902 et 1906, et plus-tard en 1927, avec la collaboration d’une équipe américaine, réalise des fouilles très fructueuses au voisinage du plateau de la Ferme Ali-Bacha, et dans une cavité située à proximité de cette dernière, il a découvert le gisement archéologique le plus important de la région. Sur ce site, Debruge a identifié deux niveaux distincts datant du néolithique et du moustérien (période comprise entre 300 000 à 30 000 années), d’où l’importance du site.

Les trouvailles semblent actuellement être conservées au musée du Bordj Moussa. Il est intéressant également de savoir que Debruge avait identifié une petite installation métallurgique, mais de période incertaine, expliquera-t-on. Malheureusement, le lieu de cette importante cavité et de tout le site archéologique en question n’avait pas été localisé. Les spéléologues espèrent que les archéologues prendront désormais le relais.

M. OUYOUGOUTE

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Non à la clochardisation de l’université.

Posté par Rabah Naceri le 1 novembre 2015

Il y a bien longtemps que je voulais crier ma colère contre cette image hideuse qui m’agresse chaque fois que je passe devant l’entrée de l’université « Abudaw » ou lorsque je m’y rends pour assister à une manifestation scientifique.
Je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde colère à la vue de ces baraques en tôle avec des pans de mur en parpaing vulgaire qui font office de librairie, d’épicerie, de gargote, etc…Ce mini-bidonville se trouve à l’entrée de l’université d’Abudaw, et ces baraquements semblent avoir été posés là, volontairement, comme pour narguer le bon sens et insulter le savoir.

Le passant ou le visiteur voit d’abord ces vulgaires baraquements avant de deviner que derrière se trouve une université fréquentée par plus de 25 000 étudiants et qui abritent de nombreux colloques nationaux et internationaux.
Nul n’est contre l’idée d’aider un ou plusieurs jeunes à avoir une petite activité qui lui permettrait de gagner sa vie  mais il ne faudrait pas que cela se fasse en violation des règles d’urbanisme et de l’esthétique.

J’étais étonné comment le recteur de l’université n’aie pas réagi contre ces atteintes aux espaces de servitude et à l’esthétique de ce haut lieu du savoir. Finalement, renseignements pris, le recteur a adressé de nombreuses correspondances à l’ancien wali de Bgayet, Hamou-Ahmed Touhami. Malheureusement, toutes ces correspondances sont restées lettres mortes comme si l’université était le dernier souci des nombreux responsables aussi bien locaux que nationaux puisque de nombreux hauts responsables du gouvernement ont visité cette université sans faire la moindre remarque sur ces horreurs qui clochardisent ce lieu des sciences et du savoir.

Je souhaite que de nouvelles mesures courageuses soient prises en urgence pour délocaliser ces jeunes commerçants en leur attribuant d’autres locaux ou d’autres assiettes de terrain où implanter leurs baraques.

Baraquement_3  Baraquement_2  Baraquement

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Le square « El-Qods », inauguré par Yasser Arafat, revit enfin…

Posté par Rabah Naceri le 4 octobre 2015

J’ai écrit dans ce même blog, il y a quelques temps et pour la seconde fois, un article pour dénoncer et par là même attirer l’attention des responsables de la commune sur l’état de dégradation du célèbre square « El-Qods ». Ce beau jardin, situé au coeur de la ville, est devenu un repère pour les Bougiotes tout comme le « square Pasteur ».
Certains de mes amis ont aimé mon initiative, en rendant public le délaissement du lieu, mais d’autres m’ont critiqué en me reprochant d’être négatif. Autrement dit, il aurait fallu, selon eux, rendre publiques que les choses bien faites car nos écrits sont lus par d’autres personnes étrangères qui vont découvrir nos tares. Logiquement, on ne remercie pas quelqu’un qui fait son travail surtout s’il est rémunéré pour cela. On remercie quelqu’un qui fait plus que ce que lui exige sa fonction car il mérite des encouragements et la reconnaissance des citoyens pour ses efforts. Mais aujourd’hui, je vais causer une entorse à ce principe en félicitant les responsables qui ont ordonné la fixation des nouveaux bancs publics dans ce jardin qui donne un nouveau look à ce jardin.

Ces bancs sont installés le soir par une jeune équipe de techniciens qui ont fait un travail très propre et irréprochable en tous points de vue. Le plus émouvant, c’était la surprise des habitués de ce square lorsqu’ils arrivent le matin, comme d’habitude, pour papoter pendant quelques heures en attendant midi. Ces personnes âgées et des moins âgées étaient aux anges en découvrant ces jolis bancs bien conçus et bien fixés. On lisait de la joie dans leurs yeux.

De mon point de vue et de celui des fidèles habitués du square, il est attendu des responsables locaux de mener à bien les tâches restantes pour réhabiliter cet espace vert et réservoir d’oxygène :

1. L’éclairage :
Il est indispensable de remettre les lampadaires en fonction aux mêmes emplacements qu’au début de sa réalisation. C’est une touche qui va contribuer à embellir ce lieu d’autant plus qu’il jouxte une école où évoluent plus de 450 élèves.

2. Gardiennage :
Pour discipliner les visiteurs qui viendraient passer un moment de détente, il serait nécessaire d’engager un gardien qui veillerait à la propreté des lieux et à la bonne conduite surtout que beaucoup de familles viennent occuper des bancs pour reprendre le souffle avant de continuer leur promenade

3. Poubelles :
Des poubelles sont indispensables dans ce lieu pour supprimer les bidons déchirés et les cagettes de fruits qui font fonction de poubelles.

4. Écriteau :
Je vois très bien un écriteau, à l’entrée du square, sur lequel sera écrit la date de son inauguration et le nom du président de la Palestine, Yasser Arafat, qui l’a inauguré. Cet écriteau a une très grande portée pédagogique pour les citoyens et surtout pour les jeunes qui doivent connaitre l’histoire de leur ville et apprendre à rendre hommage aux hommes et aux femmes qui font la grandeur de leur ville, de leur wilaya et de leur pays.

J’invite nos amis de passage dans notre ville de nous honorer de leur visite à venir apprécier la beauté de ce lieu et des autres lieux de détente aménagés dans notre ville.

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Avant les aménagements

Qods02  Qods03

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Pourquoi nos villes sont sales ?

Posté par Rabah Naceri le 19 septembre 2015

Dans de nombreuses provinces de Chine, le problème de l’hygiène publique est géré par les institutions de la république et par toute la société civile. Jugez-en !

Lorsqu’un enfant s’apprête à quitter, le matin, la maison familiale pour prendre le chemin de l’école, la maman lui recommande :
– « prends ce sachet avec toi et tu ramasseras tous les bouts de papier que tu trouveras sur ton passage.
Arrivé à l’école, tu remettras le sachet à ta maitresse et ta maitresse saura quoi en faire ».

La maitresse récupère tous les sachets, pleins de bouts de papier, que les élèves ont ramenés et elle les met dans une grande poubelle se trouvant dans une salle prévue à cet usage que le concierge sortira le soir.

Avant de quitter l’école, en fin de journée, la maitresse remet un sachet vide à chaque élève en leur recommandant :
- »vous ramasserez tous les bouts de papiers que vous trouverez sur votre passage et lorsque vous arrivez chez vous, vous remettrez le sachet à votre maman. Votre maman saura quoi en faire ».

Une petite histoire réelle qui nous a été rapportée par notre ami Mohand Saddek AKROUR, ancien maire de Barbacha.

Aujourd’hui, le sujet brûlant de l’actualité nationale est le problème d’hygiène publique car les villes, toutes les villes du pays, sont sales et croulent carrément sous les ordures (ordures ménagères, emballages, les fruits et légumes avariés et autres déchets…). Tout le monde en parle car la situation s’empire de jour en jour sans que l’ombre d’une solution ne soit trouvée à part quelques actions ponctuelles initiées par des jeunes dans certains quartiers où survivent encore quelques réflexes de civisme hérités de leurs ainés.

En prêtant l’oreille aux débats qui se tiennent sur ce sujet brûlant, les responsables de cette situation varient selon le camp dans lequel se trouve l’accusateur. « Ce sont les citoyens qui manquent de civisme et ne font aucun effort pour préserver la propreté de leur ville ou de leur cité. L’Etat ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen« , diront certains, un peu, comme pour dédouaner les services communaux de nettoiement et autres services concernés par la chose.
« C’est plutôt à cause des défaillances et du laxisme des services communaux qui ne font plus leur travail comme avant. Parfois, le camion-benne ne passe pas pendant deux ou trois jours. Il est normal, donc, que les décharges sauvages prolifèrent« , se défendront d’autres citoyens.

Donc, pendant que les uns et les autres se renvoient l’accusation, les ordures, elles, ne se font pas prier pour s’amonceler partout et en tout temps. Même aux endroits les plus interdits comme les écoles, les mosquées, les structures sanitaires, etc… Cette situation de désordre et d’indiscipline, soutenus par l’impunité générale, ont transformé toutes nos villes en véritables décharges à ciel ouvert.

Analysons ensemble les causes qui ont favorisé cette multiplication de décharges sauvages qui rendent nos cités invivables par les saletés, les mauvaises odeurs, la prolifération des chats, des chiens errants et des rongeurs qui ne fuient plus à l’approche des humains.

1. Disparition de la police communale.

Si vous avez bien remarqué, cette police a disparu comme par enchantement. Ce qui a laissé place au désordre qui est devenu ensuite une véritable anarchie à un point où les citoyens jettent leurs ordures n’importe où et à n’importe quelle heure. Gare à celui ou à celle qui osera faire la moindre remarque.

Et pourtant…

Art. 93. — Pour la mise en œuvre de ses prérogatives de police administrative, le président de l’assemblée populaire communale dispose d’un corps de police communale, dont le statut est défini par voie réglementaire.

Le président de l’assemblée populaire communale peut, en cas de besoin, requérir les forces de police de la sûreté ou de gendarmerie nationales, territorialement compétentes, suivant les modalités définies par voie réglementaire.

Comme le montre si bien l’article 93 du code communal, le président de l’assemblée a toute la latitude de mettre sur pied cette police qu’il affectera à la surveillance et au rétablissement de la discipline concernant la gestion des ordures ménagères et au respect des règles d’urbanisme, etc.

Qui bloque l’application de cette prérogative ? Cela gêne qui ? Le pourrissement profite à qui ?

2. Les conciergeries

Tout le monde se rappelle ces gardiens sévères et disciplinés qui géraient les cités. Ils avaient l’œil partout et sur tout. Personne ne pouvait s’aventurer dans un bloc de bâtiment sans être interrogé et sans qu’il ait vérifié son identité et l’objet de sa visite. Aucun locataire, ou fils de locataire, ne pouvait se permettre de sortir la poubelle avant l’heure ou après l’heure programmée par les services communaux chargés du ramassage  des ordures.

Les ascenseurs, des quelques bâtiments qui en étaient dotés, fonctionnaient à merveille et les enfants n’avaient guère cette liberté d’en faire leur objet d’amusement. Aujourd’hui, aucun de ces appareils utiles pour les grandes personnes ne fonctionnent. Pis que cela, les cabines servent de vide ordures.

Tous ces concierges ont disparu, au niveau national, sur une simple note de service, laissant derrière eux des cités à l’abandon où tous les dépassements sont permis au point où des gens viennent jeter leur sac poubelle à huit heures du matin offrant ainsi un festin pour les chats et les chiens errants.

Inutile de trop disserter sur l’état des cités, tout le monde est au courant et tout le monde déplore cette situation même s’il arrive parfois, par un sursaut d’orgueil, que des jeunes organisent un volontariat qui redonne un autre look à la cité. Mais…très vite, le désordre reprend ses droits.

Qui a décidé de la mise à fin de fonction des concierges au niveau national ? Pourquoi ?

3. Programme de ramassage d’ordures

Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais je crois que l’Algérie est le seul pays au monde où le ramassage d’ordures se fait sans programme et sans horaire précis. On a remarqué que le ramassage se fait tous les jours de la semaine et à des horaires variables alors que dans d’autres pays, le ramassage d’ordures se fait par arrondissement et selon un programme arrêté et affiché pour information du public.
Par exemple, les arrondissements « A », « B » et « C », les camions poubelles passent à raison de 3 fois par semaine et à des heures fixes (20 h – 21 h). Pour les arrondissements « D », « E » et « F », ce sera à d’autres journées différentes de l’arrondissement « A-B-C » et ainsi de suite suite.

Tous les Bougiotes se souviennent pourtant que l’assemblée communale de Bgayet a organisé, il n’y a pas très longtemps, deux déplacements à la municipalité de Brest (France) pour s’informer des nouvelles techniques de gestion des ordures ménagères (ramassage, traitement et destruction des ordures). Aucun changement n’a été constaté au niveau de la ville de Bgayet, bien au contraire, les choses ont empiré au point de mettre en danger la santé publique.

Faut-il sortir des universités de Harvard ou de Cambridge pour élaborer un programme de ramassage des ordures ?

5. L’absence de civisme

Les citoyens étaient disciplinés, organisés et très soucieux de l’environnement jusqu’aux années 70-80. Puis, comme une malédiction, le désordre a commencé en relevant l’absence de l’Etat dans la vie de tous les jours marquée par la disparition des concierges dans les cités, dans les écoles, la police communale et la défaillance de l’école qui ne transmet plus le civisme. La première conséquence de cette démission est l’impunité qui se généralise pour devenir la règle de fonctionnement de la société.

Je ne disculpe pas les citoyens mais, ceux-ci interviennent en dernier dans cette chaine du civisme et de la protection de l’environnement urbain parce que l’assemblée communale, et à sa tête le maire, est garante de la bonne gestion de la ville tel que stipulé par l’article 123 du code communal que je reprends ci-dessous :

Art. 123. — La commune veille, avec le concours des services techniques de l’Etat, au respect de la législation et de la réglementation en vigueur, relatives à la préservation de l’hygiène et de la salubrité publique, en matière, notamment :
— de distribution d’eau potable ;
— d’évacuation et de traitement des eaux usées ;
— de collecte, transport et traitement des déchets solides ;
— de lutte contre les vecteurs des maladies transmissibles ;
— d’hygiène des aliments, des lieux et établissements accueillant le public;
— d’entretien de la voirie communale ;
— de signalisation routière qui relève de son réseau routier.

Illustration imaginaire (on peut s’offrir le luxe d’en faire puisque c’est gratuit)

Imaginons que la ville de Bgayet est une grande salle de classe, les citoyens ce sont les élèves, le maire c’est l’enseignant, la police ce sont les agents d’éducation, le chef de daira est le surveillant général et enfin le wali qui est le directeur d’école.
Quelle est l’ambiance qui va régner dans la salle de classe lorsque tous ces responsables cités sont absents ? Je vous laisse commenter.

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«ILS ONT TOUT FAIT POUR EFFACER LES TRACES DU CONGRÈS DE LA SOUMMAM»

Posté par Rabah Naceri le 21 août 2015

MUSÉE D’IFRI OUZELLAGUEN

«ILS ONT TOUT FAIT POUR EFFACER LES TRACES DU CONGRÈS»

Maison du Congrès Ifri

Dans le hall d’une des salles d’exposition du musée du Congrès de la Soummam, un vieil homme, assis sur une chaise, explique à une visiteuse la carte du découpage en six Wilayas du territoire de l’Algérie, à la veille du déclenchement de la guerre de Libération, en 1954.

Agsous Mohand Arab était lieutenant dans les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), dans le service sanitaire. A quelques jours de la 59e commémoration du 20 Août 1956, date à laquelle s’est tenu le Congrès de la Soummam, cet homme de plus de 90 ans est venu faire enregistrer son témoignage sur ce qu’il a vécu durant la lutte armée contre le colonialisme français. D’une voix usée, presque étouffée, il dit : «Le musée se dégrade d’année en année. Ceux qui ont gouverné le pays depuis 1962 ont tout fait pour effacer les traces du Congrès de la Soummam qui a joué un grand rôle dans la consolidation de la cohésion entre les chefs ayant pris part à cette rencontre à travers la Plateforme de la Soummam.»

Effacer les traces du Congrès ?

Tout porte à le croire, à en juger de l’état des lieux et le peu d’intérêt que portent les pouvoirs publics à ce haut lieu d’histoire. Ce 20 août 2015, des milliers de personnes effectueront leur «pèlerinage » pour visiter cette petite maison de pierre et de terre, nichée au flanc de la montagne, dans le village d’Ifri, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Béjaïa, où s’est tenu l’important Congrès qui a changé l’architecture et la trajectoire de la Révolution algérienne.

En 2014, le musée avait reçu pas moins de 18 000 visiteurs, indique un employé. Les visiteurs découvrent une maisonnette qui se détériore. Les murs lézardés, l’usure du temps et l’érosion sont perceptibles sur les gradins et les stèles commémoratives installées par les associations. Face à l’insouciance des décideurs, le site se perd. Les dalles en marbre qui couvrent les escaliers menant vers la petite maison de trois pièces qui a vu défiler les congressistes sont défoncées.
Les bancs installés en guise de gradins face à la scène où les associations communales organisent des galas, à l’occasion, sont détériorés et les structures métalliques complètement rouillées.
«Nous avons écrit à l’APC, aux services de la wilaya et à la direction du Musée régional de Tizi Ouzou, dont dépend ce site, mais nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour», déclare Rachid Yaddaden, directeur du musée, en accueillant des invités. Et d’ajouter : «En l’absence d’effectif, nous essayons, avec les agents de l’APC de garder les lieux propres et préserver ce qui existe en matière de documents et pièces historiques.» Les deux blocs qui constituent les salles d’exposition et de conférences ne paient pas de mine. Derrière ces murs décrépis, la direction du musée n’offre pas grand-chose aux visiteurs. Le fond documentaire et le nombre de pièces historiques sont insignifiants, ne reflétant pas l’envergure et l’importance du Congrès et le valeureux passé de cette région qui a donné 1500 chouhada. Depuis la dernière visite dans ce site, rien n’a changé. La salle de projection de 150 places est toujours hors service. Moisissures, infiltrations d’eau, chaises détruites… son état est lamentable. La dernière opération d’entretien engagée ici date de 2006, selon le directeur.

A 8 km du village historique d’Ifri, à Ighzer Amokrane, chef-lieu de la commune d’Ouzellaguen, le maire nous reçoit dans son bureau et s’explique : «Le site a bénéficié d’une enveloppe financière de 30 millions de dinars pour les besoins de son aménagement, ce qui suffit. Il y a deux ans, l’ancien wali a chargé le directeur de la culture de réaliser les travaux d’aménagement, mais il se trouve que ce dernier a engagé une autre étude qui a conduit la nécessité de modifier l’intitulé du projet. Deux ans plus tard, l’intitulé de l’opération n’est pas encore modifié.» Et de regretter que l’APC «n’ait pas les moyens et n’est pas habilitée pour inscrire une opération en PCD afin de maintenir un tant soit peu les structures du musée en bon état». Autant d’insuffisances dont souffre le site, comme le manque du personnel, l’inexistence d’une ligne téléphonique… Ahcen Sadki, secrétaire général de l’Organisation locale des enfants de chouhada, nous confie : «Afin de faciliter la gestion de ce musée, nous avons demandé à ce qu’il soit mis sous la tutelle directe du ministère des Moudjahidine à la place du Musée régional de Tizi Ouzou, qui ne paye même pas les factures d’électricité du site. Cette option permettrait à la direction du musée d’avoir une source permanente de financement qui servirait à l’entretien du site.» Mais, prévient-il, «il ne faut pas attendre grand-chose de ce régime ; nous devons nous prendre en charge pour sauvegarder ce patrimoine historique».

Pour le lieutenant Agsous, «il sera difficile avec cet Etat de changer. Nous avons tenté de revenir aux fondements de la  Plateforme de la Soummam et lutter contre ceux qui ont confisqué la Révolution, mais c’était trop tard».

Nordine Douici

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