Lettre à Romano PRODI

La marche européenne est arrivée samedi 18 mai 2002 à Bruxelles

Les quatre marcheurs citoyens pour l’Algérie de Massinissa sont arrivés hier à Bruxelles.

Organisée en vue de sensibiliser l’opinion européenne et internationale sur les exactions à huis clos en Kabylie, cette marche s’est achevée ce samedi 18 mai.

Cette action a eu le mérite de retenir l’attention de la presse ainsi que des élus.

Partis le 05 mai 2002, les marcheurs volontaires ont parcouru une grande boucle de près de 850 kilomètres passant outre des conditions climatiques souvent difficiles.

Les villes traversées:

Grand Duché du Luxembourg : Luxembourg, Esch-sur-Alzette, Pétange
France: Longwy, Verdun, Longuyon, Etain, Châlons-en-Champagne, Clermont-en-Argonne, Ste Menhould, l’Epine, Reims, Château-Thierry, Meaux, Bobigny, Paris, Senlis, Compiègne, Arras, Watterlo, Lille, Roubaix, Tourcoing.
Belgique : Courtrai, Gand, Bruxelles.

Dès leur arrivée à Bruxelles les 4 marcheurs soutenus par une soixantaine de sympathisants se sont dirigés au bâtiment du Consilium européen où ils ont remis une lettre destinée au président de la Commission européenne.

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La lettre remise à M. Romano PRODI

Fédération des Citoyens pour l’Algerie de Massinissa

Espace Antinéa

37, av. Bogdan Politanski

F-54810 BRUXELLES

Monsieur R. PRODI Président de la Commission européenne

Place Robert Schuman

Bruxelles.

 

Monsieur le Président,

La fédération des Citoyens riche de sa diversité, composée d’intellectuels, de travailleurs, de chômeurs, d’étudiants, d’hommes et de femmes, dépassant les clivages partisans, philosophiques, religieux et territoriaux, effectue une marche pour l’Algerie de Massinissa.

Cette marche citoyenne a pour objectif d’appeler l’opinion européenne et internationale pour s’élever contre le massacre des populations Kabyles à huis-clos.

Depuis le Printemps 2001, devant la forfaiture institutionnalisée  un mouvement contestataire s’est étendu bien au-delà de la Kabylie pour s’opposer à la mise en faillite de l’Algérie qui vit trois crises : une crise socio-économique, une crise institutionnelle et une crise identitaire. Le pouvoir, pour des raisons politico-culturelles, a dépoussiéré la vieille carte du « complot extérieur » où une main étrangère en veut à l’Algérie et favoriserait une tentation séparatiste Kabyle.

Depuis l’assassinat de Massinissa Guermah, jeune lycéen de 17 ans, dans l’enceinte de la gendarmerie, des jeunes ont affronté à mains nues les services de répression. Depuis, d’autres Massanissa sont tués. La Kabylie n’en finit pas d’enterrer ses morts, de panser les blessés.

Il a fallu attendre un an de représsion féroce, enregistrer quelques 120 morts par arme de guerre et environ 3000 blessés (la liste ne cesse de  s’allonger), dont certains sont handicapés à vie, pour que le Président Bouteflika s’adresse au peuple un certain 12 mars.

Un discours qui n’a convaincu  ni les citoyens ni la classe politique. Stimulé par l’opportunisme politique, le Président Bouteflika a dû reconnaîtreTamazight langue nationale, mais lui refuse le statut de langue officielle.

Faux privilège. Il ne procède pas d’une avancée politique mais d’un projet bien poiticien : faire participer la Kabylie aux élections législatives du 30 mai prochain.

La population consciente des enjeux que représentent ces élcetions est convaincue que c’est une énième manoeuvre pour péreniser un système obsolète et violemment décrié.

La Kabylie est de nouveau accusée de « violences menaçant la stabilité du pays », d’utiliser  des « méthodes non civilisées », de porter des « revendications insensées ». Ecrasant sous leurs pieds les problèmes des âarchs en Kabylie, devant la question palestinienne, le pouvoir algerien cache mal cette pulsion anti-kabyle. La répression se déchaîne contre des manifestants pacifiques. De nouveau la Kabylie brûle et à mesure que les jours passent, profitant de régler le problème kabyle à huis-clos, le pouvoir s’enfonce dans un climat de violence : assassinats, tortures, enlèvements, violations de domiciles.

Voilà le quotidien des populations qui continuent courageusement à exprimer leurs revendications sous un climat de provocations et terreurs généralisée.

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