L’Hocine el Warthilani (contribution de Boualem Bouahmed)

Posté par Rabah Naceri le 10 septembre 2011

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La quête du spirituel

          Sur les traces des Mouhadithines qui sillonnaient aux premiers siècles de l’hégire tout l’orient à la recherche de hadiths attribués au prophète, Lhocine El Wartilani fait partie de ces ulémas musulmans kabyles qui ont consacré leur vie à errer à travers le monde à la quête du savoir.

          Né en 1713 à Ath Warthilane et issu d’une famille pieuse, il a reçu sa première formation  dans les différentes zaouïas de la Kabylie, avant d’entamer ses pérégrinations  à travers le monde musulman pour enrichir  ses connaissances. Tunisie, Libye, Egypte, Syrie … El Wartilani se rend dans plusieurs pays musulmans  et s’initie auprès  des grands ulémas de l’époque à la Voie soufie. Il devient même l’un des maîtres de cette Voie religieuse  et reçoit l’autorisation d’initier les novices et de transmettre son enseignement. Ses voyages qui le mènent un peu partout, en plus de lui ouvrir les yeux sur les  us et coutumes des autres peuples musulmans, lui font découvrir surtout, les querelles dogmatiques qui déchirent les docteurs de la Foi. Entre les Ahl es Sunna Wa Al djamâa, les Chiites, les Soufis, les Moutazilites…tout propos, toute attitude peuvent devenir cause de graves frictions. Ainsi, un peu à cause des désagréments des voyages, un peu à cause de l’intolérance religieuse qu’il avait vue, El Wartilani  juge que « finalement il n’est bien que chez lui », dans sa Kabylie natale  où le soufisme qui n’est pas vu comme une hérésie, est vécu librement.

          Bejaïa, ville qui fascine et qui rayonne de mille feux dans cette époque trouble, est  devenue sa destination préférée. Il y passe notamment  les mois sacrés de jeûne, à cause de la ferveur religieuse qui y règne. Les querelles qui opposèrent les docteurs de l’islam en orient, suivies souvent de persécutions ne parviennent que discrètement à Bejaïa qui a ouvert grandement ses bras au soufisme. Se défendant d’être un innovateur et se  présentant comme un digne continuateur des Sohabas, il affirme que  « La vérité (Al Haqîqa) est le cœur (lubb) de la loi (al-sharî’a)  et autre chose n’est que innovations blâmables (wa ghayru dhâlika min al-bid’a) ». On y trouve dans son œuvre majeure La  Rihla, beaucoup d’éclairage sur l’islam et sur la pratique du soufisme, un soufisme qu’il veut au service de la société : « Saches que la sainteté la plus noble et la plus élevée est celle qui prend en charge les soucis et les préoccupations des musulmans. Elle est intégrée dans l’héritage prophétique sur terre, dans la défense de la religion, la sauvegarde de la Voie, la maîtrise du savoir et du travail » note-t-il dans son livre.

          Fruit de ses multiples pérégrinations, La Rihla est un essai où se côtoie la géographie, l’ethnologie et la religion. Dense, riche en observations et en analyses cette  œuvre  a été pour le colonisateur français un document de référence pour la compréhension de la société algérienne.  Al wartilani  a aussi été un excellent commentateur de plusieurs textes de son époque, il a  notamment  commenté  la  célèbre « El Wadhifa » de Sidi Yahia El Aidli. Il  meurt en 1779, en laissant à la postérité l’image d’un  ibn Batouta kabyle qui a livré d’intéressants  témoignages sur son époque.

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Bgayet-Amalou. Zaouia Sidi Ahmed Ouyahia date du IXè siècle

Posté par Rabah Naceri le 25 juillet 2011

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L’enchanteresse distille le savoir et étale son charme légendaire

          (Par L. Beddar). Avec ses paysages multiples et merveilleux, riches d’histoire et de légendes, de culture et d’anciennes architectures inégalées, la Zaouia de Sidi Ahmed Ouyahia dans la commune d’Amalou est à la fois un lieu de culte et un berceau de la renaissance.

          En la regardant de nuit à partir d’Ighil N’tala, d’Aït-Djemhour ou d’Ighil Igueni, les trois villages qui la surplombent, on la voit comme une merveille aux lumières tamisées et scintillantes qui attirent vivement le regard. Fondée par Sidi Ahmed Ouyahia au IXe siècle, elle est parmi les lieux de culte les plus célèbres de la région. Son concepteur était un homme religieux que la population vénère et adule encore pour ses qualités de saint ayant beaucoup contribué à l’ensemencement de la foi dans la région. Cette école coranique où sont enseignées des sciences islamiques depuis des siècles, fonctionne encore grâce aux aides des particuliers qui lui donnent sans compter dans l’optique de garder encore en vie un monument du savoir qui constitue un repère qui intéresserait sans nul doute les générations futures. Située au centre de la ville d’Amalou, à l’entrée sur un grand fronton est écrit en arabe et en gros caractères, «Zaouia Sidi Ahmed Ouyahia».

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Bon à savoir

Posté par Rabah Naceri le 17 juin 2011

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Les petits nouveaux du Petit Larousse

Soixante personnalités et 3.000 mots font leur entrée dans l’édition 2012.

          (Par Mohammed Aissaoui. Figaro). On se demande par quelle magie, chaque année, les dictionnaires intègrent des centaines de mots nouveaux et n’en retirent aucun. Il y a quelques jours, Le Robert illustré avait fait connaître sa nouvelle livraison, avec, entre autres, l’arrivée dans ses pages des mots «twitt», «cougar», «cacou», etc. Hier, c’est Le Petit Larousse 2012 qui a montré à quel point il a fait peau neuve. Le résultat est impressionnant: 3 000 mots nouveaux (c’est-à-dire qu’il faut compter, en plus des termes, les nouveaux sens et expressions). Ajoutez à cela les soixante personnalités qui font leur entrée dans le prestigieux dictionnaire créé en 1905 par le lexicographe Claude Augé. Pour la partie des noms propres, c’est toujours un événement qui n’est pas sans rappeler la cérémonie des Césars et autres palmarès : avoir son nom dans la petite encyclopédie est une consécration.

De DiCaprio à « Belgitude »

          À ce petit jeu, Le Petit Larousse 2012 consacre des personnalités dans tous les domaines : les sciences, l’art, la politique… Le critère de sélection ? «Ce sont des emblèmes de la créativité, de l’engagement ou de la pérennité d’une action unanimement saluée», expliquent Carine Girac-Marinier et Jacques Florent. Saluons donc, entre autres, pour ce qui concerne la littérature, le cinéma et les spectacles : Roberto Alagna, Mathieu Amalric, Jacques Audiard, Chedid (Louis, le père, et Matthieu, le fils, y entrent ensemble en compagnie d’Andrée Chedid), Didier Daeninckx, Leonardo DiCaprio, Charlotte Gainsbourg, Claude Hagège, Marek Halter, Stéphane ­Hessel, Dany Laferrière, Edouardo Mendoza, Pierre Michon, Marie NDiaye, Denis ­Podalydès, Ruth Rendell, Raùl Ruiz, Kristin Scott ­Thomas, Patti Smith, Lambert Wilson…

Quant aux mots nouveaux, ils proviennent de tous les horizons, notamment de la francophonie, on notera les étonnants «belgitude» (définition : ensemble de valeurs culturelles propres aux Belges) ou encore «virelangue» (qui définit un groupe de mots difficiles à articuler, exemple donné : «Il reste treize fraises fraîches»).

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Visite historique Bgayet, âge d’Or et de Lumière

Posté par Rabah Naceri le 3 avril 2011

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Bgayet (Berbère), Vaga (phénicien), Saldae (romain), Naciria (au temps du prince Nacer), Bougie, Bugia, Buggea, Béjaïa (arabe) est réputée pour avoir été le lieu de naissance des bougies et de diffusion des mathématiques et des chiffres arabes en Europe.

bgayetnaceria1.jpg          (Par Nadia Agsous). Point de contact entre le Maghreb et l’Europe, Bgayet a entretenu des relations commerciales et diplomatiques avec Pise, Gênes, Majorque, Catalogne, Marseille, Venise. Lieu de dialogue inter-religieux, elle a réuni des savants musulmans et chrétiens. Centre d’enseignement supérieur, elle était connue pour ses institutions de renommée, telles que la Grande Mosquée, Madinat El’Ilm, l’Institut Sidi Touati, la Khizana Sultaniya. Et il a fallu attendre 2007 et notamment la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» pour que l’histoire de cette ville-lumière soit rendue publique grâce à l’exposition organisée par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) en collaboration avec le Groupe d’études sur l’histoire des mathématiques à Bougie médiévale (Gehimab).

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Enseignement de la langue Amazigh à Bgayet

Posté par Rabah Naceri le 3 janvier 2011

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          Aujourd’hui, la wilaya de Bgayet ne compte que près de 300 enseignants de Tamazight dans les trois paliers, ce qui ne couvre qu’à peine la moitié des effectifs des élèves.

(Par Cherif Lahdiri). A Bgayet, la corporation des enseignants de Tamazight ne couvre qu’à peine la moitié des effectifs des élèves. Le déficit en encadrement pédagogique est criard. Pourtant, l’enseignement de cette langue ancestrale accueille incontestablement un vif engouement dans les collèges et lycées. «Pourquoi j’aime Tamazight ? Et bien c’est pour connaître la culture de mes ancêtres», dit fièrement Abderrahmane, 12 ans, élève de 2è année, au collège Mouloud Feraoun d’Akbou. Si ce brillant élève originaire de Aïn Defla parle aisément Tamazight, c’est surtout grâce à l’école. Ses parents étant arabophones, à la maison, on ne parle qu’arabe dialectal.

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Colloque autour de Jean-El Muhub Amrouche à Paris

Posté par Rabah Naceri le 14 décembre 2010

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          (Par Hocine Lamriben). Près d’un demi siècle après sa disparition, «l’étoile qu’il portait au front ne s’est pas éteinte », dixit de lui son ami, Jules Roy. «Alors que l’Algérie est plus que jamais confrontée à son rapport avec les marges, l’altérité, sa part de différence, et ses difficultés à l’assumer, Jean El Mouhoub Amrouche fait retour par son caractère duel, sa personnalité composite », souligne l’ACB dans l’argumentaire de son programme.

          Pierre vivante de la Cité des hommes, Jean El Mouhoub Amrouche n’en fut pas moins confronté à un destin tragique. « La famille Amrouche occupa la place de l’entre-deux identitaire et culturel, renégate pour la communauté dont elle était issue, jamais assez française et totalement intégrée pour la communauté qu’elle avait désiré rejoindre », indique l’association que préside Slimane Amara.

          Catalyseur de deux cultures, Jean El Mouhoub Amrouche s’est taillé une place dans l’Olympe littéraire français de l’époque. Il en fut surtout, aspect méconnu, le porte-voix des algériens sans voix, ses «frères de sang », écrasés par le colonialisme français. Disparu peu avant l’indépendance, ce Jugurtha aux dons exceptionnels qui rêvait d’une Algérie«multiraciale qui dépassera les antagonismes de race et les antagonismes religieux », fut vite banni. Même si, l’hybride culturel qu’il incarna, se savait déjà condamné par l’Histoire.

          Le présent colloque s’inscrit dans ce mouvement de «dépoussiérisation» d’une mémoire occultée.  «Est-il temps en 2010 de reconnaître enfin l’héritage légué par Jean Amrouche, cette arche d’alliance, ce pont jeté entre deux communautés dont il désira préserver les liens alors que la haine submergeait les deux camps ? Est-il temps en 2010 de réintégrer pleinement Jean Amrouche dans la mémoire culturelle et historique de l’Algérie et de légitimer ses différentes dimensions : poète, critique, éditeur, homme de radio, journaliste, militant politique ?», espèrent les organisateurs. Et pour mettre à l’honneur ces différentes facettes de l’enfant du « pays crucifié » (Ighil-Ali), les illustres intervenants, entendent  évoquer « l’accoucheur des autres» et «la voix au service de son peuple »

          Premier à ouvrir la bal, Michel Carassou, directeur des éditions Non lieu, évoquera « Amrouche, éditeur et critique ». C’est lui-même qui a édité le journal intime de Jean Amrouche, présenté par Tassadit Yacine en 2009. Ensuite, Pierre Masson, Professeur émérite de l’Université de Nantes, tentera à travers « l’identité et son double » de mettre  l’exergue sur les fécondes échanges épistolaires entre Gide le nobélisé et Amrouche le tourmenteur littéraire.

          En collaboration avec Guy Dugas, Pierre Masson a édité en octobre 2010 la Correspondance Gide-Amrouche, 1928-1950. Universitaire et écrivaine, professeur de littérature française et francophone à Paris 8, Zineb Ali-Benali s’intéressera, pour sa part, au « poète, entre scripturalité latine et oralité berbère ». Abdelhak Lahlou,  chercheur en littératures francophone et berbère, compte s’appesantir sur « poésie et enfance ou le chant profond de Jean Amrouche ».

          Dans le même registre, le poète Ben Mohamed évoquera, quant à lui, Jean Amrouche, son « aîné ». Alors que le psychanalyste et écrivain, Nabil Farès exhumera «Le livre qui manque », le romancierAnouar Benmalek, portera un regard sur un « écrivain déchiré ».

          Et pour clôturer  les travaux du colloque,  il est prévu des lectures, par Cathérine Labbé et Belkacem Tatem, de textes de cet algérien universel, «fils d’une double vérité », d’après Jacques Berque.

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Bugia. La destruction d’une cité des sciences et de culture par les Espagnols

Posté par Rabah Naceri le 15 novembre 2010

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Cette gravure m’a été gracieusement envoyée par notre ami Djamal Mechehed (membre actif de notre association GEHIMAB). Il l’a découverte tout récemment au cours de ses recherches de documents dans le cadre du projet e-corpus de la bibliothèque virtuelle de la méditerranée. Que Djamal trouve ici mes remerciements les plus sincères ainsi que ceux de tous les scientifiques, chercheurs et amis de Bgayet.

En observant d’assez près cette gravure qui retrace la grande bataille qu’ont lancée les Espagnols en mai 1671, nous relevons la précision dont a usé l’auteur pour réaliser cette oeuvre qui est, à mes yeux, d’une grande valeur historique. Au premier regard, nous avons l’impression que l’image a été prise par avion alors qu’à cette époque (1671), on était loin d’imaginer l’existence d’un tel appareil volant.

Nous remarquons le nombre de navires de guerre mis engagés pour livrer bataille aux Hammadites qui, eux, ont préféré développer les sciences, les mathémathiques, la sociologie, la poésie, etc… au lieu de fabriquer des navires de guerre et des armes de défense pour repousser d’éventuelles attaques comme celle des Espagnols. Mais comme les Hammadites n’avaient pas le tempérament violent et enclins à l’agression, ils se sont laissé surprendre par cette attaque surprise et d’une rare violence dont il ne restait aux citadins hammadites que la fuite vers des villages plus cléments de l’intérieur.

Ce que je voudrai surtout faire ressortir de l’observation de cette gravure, c’est l’existence d’une cité urbaine moderne avec ses palais, ses édifices publics, ses ateliers d’artisanat, etc… et non de huttes ou de cavernes où les habitants de cette région vivraient comme à l’époque de la pierre taillée comme ont voulu nous convaincre certains esprits colonisateurs qui ont cru nous avoir apporté la culture et la civilisation.

Les historiens ont rapporté que les Espagnols ont tout tout rasé sur leurs passages jusqu’à la destruction par le feu d’une gigantesque bibliothèque qui contenait plus de dix milles ouvrages que venaient consulter tous les scientifiques du bassin méditerranéen et même d’ailleurs. N’y a-t-il pas lieu de demander réparation aux Espagnols pour les destructions sauvages qu’ils avaient causées à cette belle cité, qui était un centre de rayonnement culturel et scientifique, ainsi qu’à d’autres cités algériennes certainement ?

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Hommage à Cheikh Mahmoud Bouzouzou

Posté par Rabah Naceri le 9 novembre 2010

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http://rabahnaceri.unblog.fr/?s=Bouzouzou

               Un vibrant hommage a été rendu au regretté Cheikh Mahmoud Bouzouzou en présence des membres de sa famille et de nombreuses autres personnes dont certaines sont venues de Suisse.

               Cette manifestation a été organisée par le groupe Scout éponyme.De nombreux orateurs ont évoqué le parcours du cheikh, originaire de la ville, tels que le fils du défunt qui a tenu à mettre en exergue toutes les valeurs nobles véhiculées par le message de son père. Bouzouzou est né en 1918 à Béjaïa où il a effectué ses études primaires et secondaires. Son père voulait le destiner à la magistrature, à l’instar de son grand-père.Ainsi, il l’envoya à Constantine où il intégra la medersa de la ville. Là, il fit la connaissance de cheikh Benbadis. Il assistait à ses conférences à djamaâ El Akhdar. Il se déplaça ensuite à Alger où il compléta sa formation à la medersa d’Alger où il obtint le diplôme supérieur. Il enseigna à Dellys, Koléa et Miliana. Imbu qu’il était des valeurs nationalistes et religieuses, il créa des groupes scouts. Il entama sa carrière journalistique à El Baçair. Il fut désigné comme morchid général des scouts musulmans algériens à la fin des années quarante, puis président de cette association. En 1950, sous l’égide du MTLD, il crée le journal El Manar.

               Il fut arrêté dès les premiers jours de novembre 1954. «Fervent militant nationaliste, Mahmoud était un véritable orateur, un homme de foi et de science, qui avait le verbe facile», témoigne Réda Bestandji qui l’avait côtoyé pendant des années. «Il était méticuleux dans ses articles. Il nous avait laissé une brochure sur la vie du Prophète et avait à son actif de nombreuses publications. C’était un penseur accompli dont les disciples, aujourd’hui, sont très fiers», estime un membre de sa famille. Mahmoud est décédé le 27 septembre 2007 à Genève où il vivait depuis l’indépendance en officiant en qualité d’imam dans la mosquée de la ville, où les autorités locales lui vouaient une grande estime. Bouzouzou a été inhumé dans l’ancien cimetière de la ville de Béjaïa.

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Quand Eugène Daumas raconte la Kabylie. Les traditions ancestrales revisitées

Posté par Rabah Naceri le 30 octobre 2010

Quand Eugène Daumas raconte la Kabylie

Les traditions ancestrales revisitées

          (Par Youcef Zirem). La Kabylie est cette belle région d’Algérie qui fait rêver, qui accueille tous ceux qui veulent se retrouver avec eux-mêmes, faire un voyage dans le temps et l’espace. Ses montagnes, Ses plaines, situées juste devant la mer Méditerranée ont de tout temps exercé une énorme fascination. Le général Eugène Daumas n’a pas échappé à cette attraction quand au 19ème siècle, il parcourt ce pays des hommes libres. « La Kabylie, traditions ancestrales »* est un texte qui arrive à restituer un tant soit peu l’ambiance d’une certaine époque.

          Bien sûr, la Kabylie d’aujourd’hui n’est guère comparable à celle de cette période mais il est bon de voir comment les jours et les hommes ont métamorphosé cette région. L’auteur de ce livre revient sur les différentes fractions kabyles, il essaie également de donner quelques aperçus historiques, plus ou moins réussis. « Nos excursions nous ont fait reconnaitre près d’Akbou des ruines sans importance, et à Toudja, les restes d’un aqueduc romain, quinze ou seize pilastres supportant le conduit qui amenait les eaux de la montagne à Bougie. En somme, ces vestiges de l’occupation romaine semblent moins répandus en Kabylie que dans aucune portion du littoral ; on n’y reconnait point d’ailleurs l’assiette, l’étendue, la magnificence monumentale qui caractérisent de puissantes cités. N’est-il pas permis d’en conclure que la conquête de ce pays fut toujours une œuvre incomplète, même à l’époque des conquérants du monde ? », se demande Eugène Daumas.

          Le général français parle de Bougie comme étant la capitale naturelle de la Kabylie ; même si quand cette ville est occupée par les Espagnols, la Haute Kabylie se désintéresse du sort de cette cité. Le militaire français rappelle également que les Turcs n’exercèrent jamais d’autorité durable en Kabylie. « Le Kabyle travaille énormément et en toute saison ; la paresse est une honte à ses yeux », affirme Eugène Daumas qui constate la proximité et l’amour des Kabyles de la nature.

         « Politiquement parlant, la Kabylie est une espèce de Suisse sauvage. Elle se compose de tribus indépendantes les unes des autres, du moins en droit, se gouvernant elles-mêmes, comme des cantons, comme des états distincts, et dont la fédération n’a pas même de caractère permanent, ni de gouvernement central », constate le général français qui tente de comprendre les codes de cette société qui lui semble tout à fait cohérente. « Les Kabyles, seuls parmi les nations musulmanes, possèdent des codes à eux, dont les prescriptions ne dérivent ni du Coran, ni des commentaires sacrés, mais d’usages antérieurs qui se sont maintenus à travers les siècles », fait-il remarquer. Comme toute la littérature colonialiste, le général français compare le Kabyle à l’Arabe à qui il trouve plein de défauts : la politique de diviser pour mieux régner était à ce moment-là bien en vigueur.

*La Kabylie, traditions ancestrales, éditions Lumières libres, 104 pages, 360 DA.

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Les manuscrits de Cheikh Lmuhub Ulahbib (contribution de Boualem Bouahmed)

Posté par Rabah Naceri le 4 octobre 2010

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Un trésor intellectuel  à  vulgariser

               Les manuscrits de Lmuhub Ulahbib, communément appelés par les spécialistes berbères, Afniq n cccix Lmuhub, ne sont à ce jour connus que de quelques scientifiques et chercheurs berbéristes. Riches, étonnamment variés, ces manuscrits écrits et collectionnés au milieu du 19e siècle, par un érudit de la basse Kabylie, Cheikh Lmuhub Ulahbib, est l’une des bibliothèques privées les plus importantes en son époque de tout le Maghreb. Constituée au départ de quelques mille ouvrages, il ne reste aujourd’hui, de cette précieuse bibliothèque que 570 ouvrages dont seulement 250 sont complets, sauvés in extrémis par les héritiers du Cheikh.

               Menacée de destruction totale par  l’incendie provoqué par l’armée coloniale en 1957, cette bibliothèque laissée à l’usure du temps, ne doit son existence qu’aux efforts d’un héritier qui, depuis 1985, date du rassemblement des pièces dispersées de cette collection, dépoussière, arrange, catalogue, analyse…pour redonner vie à ces documents inestimables. Ainsi, n’aurait été l’archiviste et codicologue Mechehed Djamel-Eddine, héritier et responsable actuel de cette bibliothèque et l’association GEHIMAB (Groupe d’Etudes sur l‘Histoire des Mathématiques à Bougie Médiévale), le nom de Lmuhub Ulahbib et sa collection seraient certainement  totalement tombés  pour toujours dans l’oubli. Acheminée à Bgayet, en 1994, grâce au concours de l’association GEHIMAB, cette collection qui est mise actuellement à la disposition de tous les spécialistes, reste malheureusement inconnue du large public.

               Pluridisciplinaires, les ouvrages qui composent cette bibliothèque touchent  quasiment à toutes les disciplines scientifiques et littéraires : histoire et biobibliographie, sciences du calcul, algèbre et géométrie, science des héritages, astronomie, astrologie, Fiqh (jurisprudence, droit), médecine et science de la nature, disciplines linguistiques, littérature et poésie, philosophie, ettassaouf (mysticisme), el-mantiq (la logique), hadith (traditions du prophète), tefsir (commentaires du Coran)… On y a répertorié  quelques vingt trois disciplines, sans compter les nombreuses copies du Coran et d’autres ouvrages d’importance mineure  touchant aux sciences occultes, aux calendriers, à la correspondance, aux actes notariaux…etc. Les manuscrits de cette collection, écrits en arabe et en berbère touchant à tous les aspects du savoir montre la boulimie scientifique du Cheikh et son esprit encyclopédique.

               Les documentalistes qui se sont intéressés jusque-là à cette bibliothèque pensent que les manuscrits de langue berbère et de mathématiques sont de loin les plus importants. Djamil Aissani et Djamel Eddine Mechehed par leurs travaux codicologiques et de catalogage ont permis de faire un peu de lumière sur cette bibliothèque précieuse qui mérite une vulgarisation plus large car ces manuscrits intéressent autant le chercheur que le simple lecteur.

               Fenêtre permettant de faire une incursion intellectuelle dans la vie des siècles passés, de découvrir les travaux d’érudition notamment de la Kabylie, les manuscrits de Lmuhub Ulahbib doivent impérativement être édités graduellement  pour les « démocratiser ». Le Cheikh lui-même en a fait une de ses exigences : « Mes ouvrages (…) rédigés, copiés ou achetés (…) doivent servir à  ceux qui possèdent des connaissances et à ceux qui recherchent le savoir, et  j’interdis tout ajout ou rature », note-t-il de sa propre main.

Biographie du Cheikh Lmuhub Ulahbib

               Ulahbib Mohamed Lmuhub ben Lbachir ben Tayeb ben Ali ben Ahmed ben Zarruk dit, cheikh Lmuhub Ulahbib, est né en 1822 au village Tala Uzrar du douar Beni Wartilane, en Basse Kabylie. D’origine maraboutique, sa famille,  comme  le note le savant El wartilani dans son récit, la « Rihla », comptait plusieurs lettrés. La zaouïa de Cheikh Ahhedad, la zaouïa de Takaât (Seddouk) et la zaouïa d’Isahnounen, ont été les prestigieuses écoles de l’époque où le jeune Lmuhub a passé toute sa jeunesse et a acquis son savoir.

               Ses études terminées, et ayant acquis le titre de Cheikh, il retourne à son village natal pour exercer le métier de Muphti et s’adonner à sa passion favorite : l’écriture et la collection de livres. Esprit encyclopédique, il écrit plusieurs ouvrages touchant à divers domaines du savoir : fiqh, commentaires du Coran, contes, poésie, astronomie, mathématiques, médecine traditionnelle…aidé par son père, il entame l’œuvre monumentale de sa vie : la constitution de la plus grande et la plus riche collection familiale de livres du pays en son époque. Devenu une  personnalité  régionale importante, consultée par tout le monde, il sera considéré par la France coloniale comme élément dangereux. Emprisonné et placé sous résidence surveillé lors de la révolte de 1871, il continue à produire, à correspondre avec les personnalités de son temps, à conseiller les siens et à collectionner des manuscrits. Il meurt en laissant à la postérité, une œuvre que des scientifiques occidentaux qualifient de « précieuse » et « d’excessivement rare ».

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