Réhabilitation du Calendrier agraire amaziɣ (par Djamel Mechehed)

Posté par Rabah Naceri le 8 février 2019

Calendrier agraire

Au cours de notre parcours, il nous arrive de découvrir des chercheurs, des poètes, des écrivains, des génies dans différents secteurs de la vie courante parce que la presse écrite et/ou les médias audio-visuels ont contribué à nous les faire découvrir. Il en est d’autres, discrets voire même très effacés, continuent, avec beaucoup d’humilité, leurs recherches sans trop attirer l’attention des médias.

Aujourd’hui, j’ai envie de contribuer à présenter au grand public un grand Monsieur qui a fait un fabuleux travail portant sur la réhabilitation du calendrier agraire amaziɣ. Il s’agit de notre ami Djamel Mechehed, un enfant de notre wilaya.

Comme nous le savons tous, le calendrier agraire amaziɣ est sérieusement menacé de disparition parce que très peu d’intérêt a été accordé par les pouvoirs publics à ce trésor de la culture et de la civilisation millénaire amaziɣ. C’est sur la base de ce constat que notre ami Djamel Mechehed a décidé de s’investir sur ce projet qui lui a pris près de dix (10) années de recherches en s’appuyant sur des manuscrits inédits et le riche enseignement de feu son père, at-irham rebbi.

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Je vous reprends ci-dessous le contenu intégral du document qu’il a bien voulu me transmettre et pour lequel je le remercie vivement;

Le calendrier amaziɣ

Les amaziɣ antiques avaient un calendrier agraire basé à la fois sur les changements des saisons et les différents cycles de la végétation. En effet, la connaissance du climat et sa prévision occupent une place importante chez les amaziɣ en termes de savoir-faire (l’observation astronomique, de la mesure du temps, du système d’organisation des activités agraires, de proverbes et de dictons, l’hygiène de vie, la diététique, le codage mnémonique du calendrier, etc).

L’année est divisée en quatre-saisons, et composé de 365 jours et 1 /4, la division de l’année est probablement inspirée du calendrier Alexandrin. A l’arrivée des Romains, un autre calendrier solaire, dit Julien, allait se substituer au calendrier autochtone de l’Afrique du Nord, avec la réforme julienne (par Jules César en 46 avant J.-C).
Il faut rappeler que les noms des douze mois de l’année, des deux calendriers, agraire et savant berbéro-maghrébin sont dérivés du calendrier latin : Yennayer, (Januarius), Furar (Februarius), Meyres (Martius), Yebrir (Aprilis), Mayu (Maîus), Yunyu (Junius), Yulyu (Julius), Ġuct (Augustus), Štembeṛ (September), Utubeṛ (Otober), Nunbeṛ (November), ḏuǧembeṛ (December).

Dans la tradition orale amaziɣ, notamment de Kabylie, le découpage des saisons est bien ancré dans la mémoire collective. Les cycles sont accompagnés de rites et cérémonies, divisés en saisons et sous-saisons, avec leurs noms amaziɣ, en fonction des couleurs de la végétation, du ciel et du froid.
Pour permettre de mémoriser les cycles des saisons avec précisions pour les agriculteurs, on emploie des dictons populaires, on dit par exemple des pluies de Yennayer (s’il n’y a pas de pluies au début, ça sera dans les derniers):
« Mur yewwit s imezwura ad yewwet s ineggura ». On dit des nuits froides (Lyali) : « Ur tamen lyālī ma ṣaḥant ur tamen timɣarin ma tzalant ». Traduction : ne fait confiance aux nuits froides si elles sont dégagées ni à des vielles femmes même quand elles font la prière. « Furar ma yefagh d aghrar heyim tighrar »; ( Si le mois de Furar (Février), arrive avec une sécheresse, préparez vos paniers ). C’est-à-dire s’il vient avec cette façon, cela veut dire qu’il y aura une bonne récolte.

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Mémorial du calendrier agraire Amazigh :

Sauvegarde et valorisation des savoirs et savoir-faire menacés de disparition

 

Le projet de réalisation d’un mémorial (une fresque ou une table d’orientation) que je propose aux associations et aux autorités sur le calendrier agraire amazigh dans un espace public, vise la réhabilitation de ce patrimoine culturel immatériel plusieurs fois millénaire. Il permettra de répondre à une forte demande de notre population pour sa sauvegarde et sa réhabilitation (voir par exemple les plus anciens comptes rendus de nos conférences sur le calendrier, à travers le pays depuis 2003 :

- https://www.liberte-algerie.com/lalgerie-profonde/celebration-de-yennayer-a-la-maison-de-la-culture-59819 

- https://www.depechedekabylie.com/cuture/171718-les-berberes-nutilisaient-pas-que-leur-instinct.html.

Nous avons constaté durant ces rencontres que seuls quelques agriculteurs et des personnes âgées maitrisent l’usage.  Depuis une vingtaine, voire une trentaine d’années, l’usage du calendrier agraire amazigh est de moins en moins employé et menacé de disparition, par les progrès technologiques, et le fossé qui se creuse entre nos générations. C’est au cours de ces communications et sur la base de notre constat qu’est née l’idée de composer le calendrier agraire amaziɣ.

Afin de réhabiliter ce calendrier menacé de la disparition, le mémorial a plusieurs objectifs, notamment la création d’un débat intergénérationnel, autour de ce calendrier, la transmission du savoir-faire ; la sensibilisation du public sur la nécessité de sa sauvegarde, la relance du dialogue sur la problématique de la transmission des savoir-faire intergénérationnelle à celle de la sauvegarde de la culture et des valeurs. Sa vocation est une contribution majeure à ces idées et le mémorial favorisera l’implication effective de la société civile.

Et pour créer aussi un instrument de travail aussi complet que possible, à l’usage de tous chercheurs, qui désirent approfondir leurs recherches sur le sujet.

Le calendrier agraire amaziɣ est une source d’un savoir coutumier très riche, où les fêtes sont exclusivement agraires ; et il n’est pas seulement coutumier, festif et agraire, mais il est aussi un système d’organisation sociale.

Dans notre publication (à paraître) nous avons présenté le calendrier agraire amaziɣ, avec tout ce qu’il contient, d’observation astronomique, de la mesure du temps, du système d’organisation des activités agraires, de proverbes et de dictons, l’hygiène de vie, la diététique, le codage  mnémonique du calendrier, etc. Sur la base de manuscrits inédits et de ce que mon père m’a appris à son  sujet, notamment les techniques de calcul du calendrier, hérités de son père et de son arrière-grand-père Lmuhub Ulahbib (XIXe siècle) qui a rédigé un almanach sur le calendrier agraire conservé aujourd’hui dans notre collection.

Certainement, notre travail comporte des lacunes, voir des erreurs. En revanche, pour en évaluer l’intérêt, il suffit de dire que ce travail a été réalisé sur la base de manuscrits inconnus et inédits.

Ce projet a été proposé à l’association Tadukli Ighil H’Mama de Seddouk, (des travaux ont été entamés dans le cadre des festivités de Yennayer 2019), le projet a été également proposé à la direction de la culture de Bejaia et au haut commissariat à l’amazighité HCA.

Ce travail sur le calendrier paraîtra dans le prochain numéro de la revue Etudes et documents berbères.

- MECHEHED Djamel., «  La codification mnémonique du calendrier savant- berbéro-maghrébin dans les manuscrits du Maghreb ». In : Etudes et documents Berbères. N°39-40-2018, pp 155-187.

Et une consacrée à ce calendrier (à paraître dans les prochain mois).

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Principales dates sur les droits de l’homme

Posté par Rabah Naceri le 16 novembre 2018

1679 : l’Habeas corpus (ton corps t’appartient), voté par le parlement anglais, il protège l’individu contre les arrêts arbitraires.

1776 : indépendance des États-Unis. Dans cette proclamation de l’indépendance, une première déclaration des droits de l’homme est ébauchée.

1789 : France: la Révolution française. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame dans son article premier que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits« . Les cahiers de doléances, préparés par le Tiers-Etat, appellent un plan d’éducation national destiné à toutes les classes de la société, et demandent la création d’établissements pour les enfants abandonnés et vagabonds.

1792 : France : le marquis de Condorcet (philosophe, mathématicien et homme politique français, Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de Condorcet : 1743-1794) présente un plan d’instruction publique car la pauvreté des familles les pousse davantage à faire travailler les enfants qu’à les envoyer à l’école.

1793 : France : Constitution de l’An I de la république. Une nouvelle Déclaration élargit la notion de droit à l’instruction, à l’assistance, etc… Création d’un  premier code civil qui affirme les devoirs des parents envers leurs enfants :  » surveillance et protection« .

1795 : France : La loi Lakanal (homme politique français. Joseph Lakanal : 1762-1845) institue une école pour 1000 habitants. Ainsi nait officiellement l’école laïque.

1813 : France : un décret interdit de faire descendre dans les mines les enfants moins de 10 ans.

1833 : France : La Loi Guizot (historien et homme politique français. François Guizot : 1787-1874) instaure une école supérieure pour 6000 habitants.

1841: France : Une loi défend l’embauche des enfants de moins de 8 ans dans les fabriques dont l’effectif est supérieur à 20 ouvriers.

1850 et 1867 : France : La Loi Falloux (Ministre de l’instruction publique en 1849. Alfred Frédéric comte de Falloux : 1811-1886) établit l’obligation d’ouvrir une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants. Bien que réaménagée cette loi est toujours en vigueur aujourd’hui.

1874 : France : Une loi réduit la durée de travail des femmes et des enfants. Les ateliers de manufacture ne peuvent embaucher d’enfants de moins de 12 ans. La journée de travail des enfants de 10/12 ans ne peut dépasser 6 heures et 12 heures pour les enfants de plus de 12 ans.

1882 : France : La loi Ferry (avocat, maire de Paris et homme d’Etat. Jules Ferry : 1832-1893) organise l’enseignement primaire obligatoire laïc et gratuit pour les enfants de 6 à 13 ans.

1898 : France : Une loi institue la répression des violences, des voies de fait, actes de cruauté et atteintes commis envers les enfants.

1900 : France : La durée maximum de travail des adultes et des enfants passe à 10 heures par jour.

1905 : France : Une loi autorise l’enfant qui travaille à saisir les juges de paix en ce qui concerne ses conditions de travail.

1912 : Institution des tribunaux pour enfants et création de la Société des Nations (SDN).

1913 : Création de l’association internationale pour la protection de l’enfance.

1919 : Création par la Société Des Nations, à Genève, du Comité de Protection de l’Enfance.

1923 : Madame Eglantyne Jebbs rédige une déclaration des droits de l’enfant (Children’s Charter) qui devient la charte fondamentale de l’Union Internationale de Secours de l’Enfant (UISE) dont elle est fondatrice.
La Charte, adoptée le 23 mai 1923 par le comité directeur de l’UISE, proclame en cinq points les principes de base de la protection de l’enfance. Elle sert de base à la rédaction de la déclaration de Genève.

1924 : Déclaration de Genève. Première tentative de codifier les droits fondamentaux des enfants par l’Union Internationale de Secours aux Enfants (UISE).

1936 : France : scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans.

1945 : Création des Nations Unies (ONU). Signature de la Charte des Nations Unies.

1945 : France : Ordonnance de 1945 relative à l’enfance délinquante.

1946 : Création de l’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Culturel Organisation : Organisation des Nations Unies  pour l’éducation, les sciences et la culture) et de l’UNICEF (United Nations Children’s Fund : Fond des Nations Unies pour l’Enfance).

1946 : France : Rédaction du préambule de la constitution française

1948 : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée par l’assemblée générale de l’ONU réunie à Paris.

1958 : France : Constitution française

1959 : Charte des droits de l’enfant. Texte en dix points adopté à l’unanimité par l’ONU.
En France : scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.

1966 : Deux pactes liant les pays ayant ratifié la déclaration universelle des droits de l’homme affirment la protection des enfants contre l’exploitation économique et en cas de dissolution du mariage des parents.
Une mention spéciale est faite quant à la manière de traiter les jeunes détenus. Il s’agit du pacte international relatif aux droits civils et politiques et du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

1973 : La conférence internationale du travail adopte la convention qui fixe l’âge du travail à 15 ans révolus. Elle entre en vigueur en France en 1976.

1974 : France : la majorité est abaissée à l’âge de 18 ans.

1978 : La Pologne propose aux Nations Unies un projet de convention relative aux droits des enfants. La démarche du gouvernement polonais tient compte d’une double préoccupation : la situation dramatique des enfants dans ce pays au lendemain de la seconde guerre mondiale  et la reconnaissance du Docteur Janusz Korcazck qui fut le premier, dans les années 1920, à affirmer les droits spécifiques des enfants et à réclamer pour eux, auprès de la société des Nations, une charte énonçant ces droits.

1979 : Année internationale de l’enfance. Mise en chantier de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant à l’initiative de la mission permanente de la république populaire de Pologne. Cette mission est présidée par le polonais Adam Lopatka

1983 : Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) se regroupent pour contribuer aux travaux du groupe de travail de l’ONU. Un secrétariat permanent est installé à Genève, assuré par Défense des Enfants Internationale (DEI).

1989 : Adoption à l’ONU de la Convention Internationale des droits de l’enfant. Elle comporte 54 articles. Son préambule insiste sur la nécessité d’accorder une protection spéciale à l’enfant.

1990 : Premier sommet mondial pour l’enfance au siège de l’ONU (en présence de 71 chefs d’Etats et de gouvernements et de 88 représentants d’autres pays). Il y est adoptée une déclaration mondiale en faveur de la survie, de la protection et du développement de l’enfant.

1990 : Déclaration Mondiale sur l’Éducation pour tous à Jomtiem (Thaïlande) par 155 pays représentés.

1995 : Le parlement français décide de faire du 20 novembre la « Journée nationale de défense et de promotion des droits de l’enfants ».

1999 : 10ème anniversaire de la Convention Internationale relative aux droits de l’enfant.

2000 : La journée nationale de défense des droits de l’enfant devient journée européenne puis journée internationale.

2003 : le 12 juin est déclaré « Journée mondiale contre le travail des enfants » par l’ONU.

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La légende de « Rdjal sb3a » (les 7 hommes). Par Mr Karim Younès

Posté par Rabah Naceri le 23 mars 2018

Bordj Moussa

LA LÉGENDE DES REDJAL SEBAA (LES SEPT HOMMES).

Les femmes continuent à ce jour de déposer des cierges en leur souvenir, notamment dans les niches percées dans les murs d’enceinte des anciens forts espagnols.

Un mystère entoure cette légende, elle tourne autour de sept jeunes hommes qui se sont portés volontaires pour escalader le mur du fort impérial espagnol, actuel Bordj Moussa, siège du pouvoir de l’occupant espagnol.

Après plusieurs assauts, sans résultat, on se demanda, si un jour, les Musulmans ne devraient pas l’abandonner aux Chrétiens. Il en fut de même pour les deux autres forts Abdelkader et de la Kasbah, où se terraient les garnisons espagnoles, empêchées par les habitants de la ville et des alentours, d’en sortir, sans risque de perdre la vie.

Les trois forts étaient reliés par des tunnels qui leur permettaient de communiquer et d’échanger vivres et munitions lorsque l’un deux arrivait à se ravitailler (par la mer notamment à partir du fort Abdelkader). Les canons ennemis empêchaient toute approche sans faire de nombreuses victimes.

L’objectif de ces sept hommes, des volontaires, était d’ouvrir de l’intérieur les grandes portes afin de permettre aux résistants bougiotes de prendre d’assaut la garnison. Enfermées dans leurs casernements, les garnisons espagnoles tiraient au canon du haut des tours massives et au fusil par d’innombrables meurtrières.

Le premier des sept volontaires, Moussa, près d’arriver au sommet de la muraille, un garde donna l’alerte. Il fut transpercé en plusieurs endroits. Cela ne découragea point les six autres qui continuèrent à escalader la muraille à l’aide d’échelles sommaires.

Des tirs nourris eurent raison des braves qui s’écrasèrent au sol l’un après l’autre sous le regard horrifié de centaines de volontaires bougiotes qui voulaient se débarrasser de l’ennemi.

Dans un élan de bravoure décuplé par la rage de vaincre et suivant l’exemple des sept volontaires, les Bougiotes, dont beaucoup portaient des armes blanches, fondirent sur le fort impérial (actuel Bordj Moussa), défoncèrent les grandes portes massives, le prirent d’assaut et massacrèrent les occupants.

Depuis, en souvenir de ces braves, on allume des cierges qu’on dépose au bas du fort, dans des niches creusées dans le mur.

Les sept hommes y seraient enterrés. Le fort porte encore le nom du premier assaillant, Moussa.

 

Karim Younes
« De la Numidie à l’Algérie, Grandeurs et Ruptures », Casbah Editions, 2011

 

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Mise en garde au mouvement associatif.

Posté par Rabah Naceri le 1 octobre 2017

Les Algériens s’apprêtent à vivre une échéance électorale dans les jours à venir dont beaucoup semblent indifférents, comme pour les législatives du 4 mai, mais que d’autres argumentent comme quoi les locales sont différentes parce qu’elles permettront aux « heureux ou malheureux » élus d’être « proches » des citoyens. Faire des commentaires ou des analyses sur ces choix n’est guère mon intention en écrivant ce texte.

Ma démarche, concernant ces prochaines échéances électorales et au risque de surprendre certains, consiste à attirer l’attention des militants du mouvement associatif et plus particulièrement ceux qui sont soucieux et jaloux de leur autonomie de fonctionnement et de leur indépendance des forces de manipulation qui infestent les espaces publics. Beaucoup comprendront que mes allusions sont orientées vers certaines formations politiques et certains candidats indépendants qui ne reculent devant rien pour manipuler des associations à caractère social, culturel, religieux, environnemental, etc.

A mesure que se rapproche l’échéance, des techniques – des plus simples aux plus diaboliques – sont mises en marche pour séduire des militants d’associations, surtout celles qui sont les plus visibles et les plus crédibles, en leur promettant monts et merveilles, en les soudoyant avec de l’argent liquide, en leur promettant de postes de travail après les élections, des logements, etc.

En attendant donc le lancement officiel de la campagne électorale, certains candidats organisent des visites ou bien se mêlent à des actions citoyennes pour se laisser prendre en photos avec des militants engagés et crédibles et d’encourager la publication de ces photos sur tous les réseaux sociaux afin de faire passer le message vers l’électorat.

Nous ne sommes pas naïfs, non plus, pour constater que certains candidats n’hésitent pas à utiliser les moyens de l’Etat, au vu et au su des autorités locales et de tous, pour gagner la sympathie des électeurs  pour se faire élire ou pour faire oublier le bilan catastrophique de leur mandat et de glaner un autre mandat même si cela risque de nous mener vers le pire.

Certains me reprocheront de mettre en garde les militants du mouvement associatif sur les tentatives de certains « politiciens » alors que je suis moi-même membre fondateur d’un nouveau parti politique. C’est exact. Seulement, avant de m’engager dans le combat politique, j’ai fait mon long apprentissage dans le mouvement associatif qui m’a forgé dans l’action citoyenne d’intérêt général et surtout d’évoluer dans un milieu pluriel dans le respect des uns et des autres où j’ai également appris à discerner les choses incompatibles tout en étant complémentaires.

Je n’apprends rien à personne que la force et le mérite du mouvement associatif autonome et indépendant résident dans sa capacité à identifier les vrais problèmes qui empoisonnent le quotidien des citoyens, de les prioriser et de les accompagner de vraies solutions qu’il soumettra aux autorités compétentes.
Le second mérite du mouvement associatif se caractérise par sa capacité d’adaptation à toutes les tendances politiques des institutions élues dont le point commun à tous les élus est la satisfaction des besoins de leurs concitoyens. Autrement dit, la couleur politique dominante d’une institution élue peut changer d’un mandat à un autre. Mais les objectifs et le combat d’une association restent les mêmes.

En quelques mots, je recommande, sincèrement, aux militants du mouvement associatif d’éviter à tout prix de se laisser embrigader par des candidats d’un parti politique ou des candidats indépendants qui entameraient leur crédibilité devant les citoyens. Une association est créée pour survivre à ses fondateurs et d’être au service de leurs adhérents en les formant dans une pédagogie citoyenne et responsable.

Les membres d’une association, quel que soit le caractère de celle-ci, sont toutefois libres de s’exposer avec des candidats aux élections, de leur accorder leur sympathie ou leur soutien et/ou même de leur faire campagne. Cela n’engagera que leur personne sans mettre en péril leur association ou porter atteinte à son intégrité morale et collective.

Telle est ma position sur cette question qui semble resurgir à chaque échéance électorale et qui s’achève souvent par des disparitions d’associations ou d’organisations citoyennes tout en alimentant la méfiance dans l’esprit des citoyens à l’égard des partis politiques et des associations (exception faite des associations satellites qui, elles, sont créées en moins de 48 heures pour exécuter une feuille de route déjà établie quitte à mentir à tout le monde).

M. Rabah NACERI

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Deux superbes canons découverts à Bgayet

Posté par Rabah Naceri le 18 février 2017

Où sont-ils ?

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Nous apprenons que deux superbes canons ont été découverts lors des travaux d’extension du port de Bgayet. Certains disent qu’ils ont été découverts le 15 février 2017, et d’autres disent qu’ils ont été, au contraire, découverts depuis près de deux années. Selon les déclarations de certains, ces canons dateraient du XVIIIè siècle, c’est à dire de l’époque ottomane.

Beaucoup de citoyens s’interrogent pourquoi la presse écrite locale ou nationale ou la télévision n’ont pas soufflé mot à l’exception du réseau social facebook où un internaute a publié deux photos, que je reprends ci-dessous, mais sans donner d’autres précisions sur le lieu où seraient gardés ces deux canons.

L’inquiétude, sur le devenir de ces pièces d’artillerie turque ou autre, s’élargit au fur et à mesure que les citoyens bougiotes apprennent la nouvelle de cette découverte. Certains craignent même que ces pièces finissent dans une décharge de ferrailles destinée à la refonte.

Il est donc attendu que les responsables concernés se manifestent et rassurent les habitants de la ville et du pays par des communications claires et précises sur le devenir de ces canons.

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Rapatriement des restes mortuaires de Moudjahidine conservés en France

Posté par Rabah Naceri le 10 juin 2016

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C’est le chercheur en histoire, Ali Farid Belkadi, qui avait révélé en 2011 l’histoire de ces crânes de résistants algériens retrouvés à Paris

Les crânes de 36 résistants algériens sont «bien conservés» à Paris, selon l’APS. Encore une étrange dépêche qui se range du côté du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris dans la polémique soulevée par la séquestration des crânes de 36 Chouhada de la résistance algérienne.

L’APS, qui est allée interviewer le directeur du MNHN, prétend que la pétition en ligne, initiée par une association algérienne, n’a pu collecter que 1600 signatures. Pire encore, la dépêche en question reprend les propos du directeur quand il rejette «en bloc l’argument que les restes sont mal conservés», en prétendant qu’ils «sont conservés dans des boîtes neutres, qui sont d’ailleurs chères, pour éviter toute détérioration».

En réalité, il s’agit de boîtes de chaussures qui sont, apparemment, plus chères que les crânes d’illustres combattants de la résistance, à l’image de Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif Boubaghla, Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaâtchas (région de Biskra en 1849), Moussa El Derkaoui et Si Mokhtar Ben Kouider Al Titraoui, ainsi que Aïssa El Hamadi, qui fut le lieutenant du Cherif Boubaghla et Mohamed Ben Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader.

Il est à rappeler que c’est le chercheur en histoire Ali Farid Belkadi qui avait révélé en 2011 que les restes mortuaires d’Algériens, ayant résisté à la colonisation française au XIXe siècle, avaient été retrouvés au MNHN de Paris. Spécialiste de l’histoire antique et de l’épigraphie libyque et phénicienne, qui s’intéresse également à la période coloniale, M. Belkadi avait précisé que certains fragments de corps étaient conservés au MNHN de Paris, depuis 1880, date à laquelle ils sont entrés dans la collection «ethnique» du musée. Visiblement rien n’a été encore fait depuis 2011 pour récupérer les restes de nos illustres résistants.

R. N.

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Un autre article, sur le même thème est paru, aujourd’hui vendredi 10 juin 2016, dans le quotidien national « El Watan Week-End » que je reprends intégralement ci-dessous.

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Rapatriement des restes mortuaires de moudjahidine conservés en France (par Leïla Beratto)

     Mardi, le Musée de l’homme de Paris a annoncé être favorable à la restitution «des crânes des Algériens, conservés dans le musée». Le directeur des collections au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) de Paris, Michel Guiraud, a souligné qu’il n’y a «aucun obstacle» juridique pour leur restitution. Ces restes sont «nommés» (identifiés), donc «nous considérons forcément qu’ils peuvent sortir du patrimoine et nous attendons seulement des décisions politiques», a-t-il précisé, en ajoutant que les «demandes doivent venir par voie diplomatique».

     Dès 2011, les responsables du musée avaient déclaré qu’ils attendaient d’être saisis par voie diplomatique. Les 36 crânes, des dons provenant de médecins militaires à l’époque de la colonisation, sont conservés dans des boîtes de carton appropriées entreposés dans une armoire métallique fermée hermétiquement.

     Une pétition avait demandé leur rapatriement. Les restes, des crânes secs pour la plupart, appartiennent à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif «Boubaghla», Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaâtchas (région de Biskra en 1849), Moussa El Derkaoui et Si Mokhtar Ben Kouider Al Titraoui.

     C’est un ouvrage de Farid Belkadi, historien, publié en 2011, qui a rappelé l’existence de ces restes mortuaires. «On peut espérer que nos décideurs feront en sorte de rapatrier ces restes», estime Fouad Soufi, anthropologue et ancien conservateur aux Archives nationales. Il souligne cependant que l’existence de ces restes est connue depuis des années, mais on y a pas accordé une grande importance. «Au XIVe siècle, le retour d’une tête était un acte de paix, car en Afrique du Nord, on n’enterre pas un corps incomplet», explique notre interlocuteur. ■

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L’anecdote. Un haut responsable algérien aurait répondu à l’historien : »et si on rapatriait ces crânes, où va-t-on les mettre ? Je pense qu’il est préférable de les laisser dans ce Musée car ils sont mieux conservés ».

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L’histoire de Yennayer (par Karim Younès)

Posté par Rabah Naceri le 10 janvier 2016

Yennayer

YENNAYER 2016/2966 :

une date, un symbole, une tradition, une histoire, une identité, une fête, un repère, une mémoire

Le 12 du mois de janvier nous célébrerons, d’est en ouest, du nord au sud comme le firent nos aïeux, Yennayer. Ce sera le 2966ème anniversaire de la fondation par Chechnaq 1er prince de la tribu berbère (ou libyque comme l’énonce les grecs) des Mechaouech, originaire des régions du nord de l’Afrique, de la XXII dynastie pharaonique d’origine numide(ou libyque).

Menés par leur prince, les numides s’installent victorieux, au bout d’une énième bataille, dans les vastes territoires de l’Egypte qu’ils unifient puis s’élancent dans la conquête de tout le Proche-Orient. Ils envahissent la Palestine, libèrent Jérusalem en l’an -950, s’emparent des trésors du temple de Salomon et fondèrent la XXIIème dynastie pharaonique, portent leur prince Chechnaq sur le trône qui règnera 21 ans.

C’est une réalité historique évoquée dans les écrits bibliques où Chechnaq apparait sous le nom de Shishak …. Je retiens cette explication, nonobstant les autres hypothèses greffées autour de la question de cet anniversaire, qui sont, certainement, intéressantes à étudier …

Cette date sera décrétée l’an zéro du calendrier numide connu sous le vocable de Yennayer dont l’historique lexicale le fait correspondre au mot latin de l’époque romaine « maitre du monde » au plan militaire, politique et linguistique, Ianiarus, Janvier comme le seront Abril à (avril), Sutambar à September (septembre) ou Dujember à Décembre (décembre) etc…

« Yennayer prend, toute sa dimension dans la relation qui l’unit au travail de la terre, le cycle des saisons, célébrés par des rites et coutumes qui témoignent d’une communion étroite entre les éléments naturels, le monde des morts et des vivants, que l’on qualifierait aujourd’hui de fusionnelle » écrit Laakri Chérifi, enseignante et chercheuse.

C’est donc une fête « populaire, familiale, à connotation agraire, traditionnellement célébrée à travers le Grand Maghreb » note Abdelkader Dehbi.,(in lequotidienalgerie.org › Culture du 5 janvier 2014).

Les réjouissances qui durent depuis cette date marquent l’importance de ces évènements, la fierté et le sommet de la puissance numides. Elles immortalisent nos heures de gloire, notre grande place dans la civilisation appelée Égyptienne, dont nous avons largement contribué à la fondation et à la consolidation.

Yennayer fait partie de notre passé, et c’est le passé qui a enfanté le présent, comme une mère qui met au monde ses enfants. Renier ce passé revient à renier sa mère.

Le repas préparé pour cette célèbre fête, (Amenzu Yennayer dans certaines régions, Ras el 3am dans d’autres), est différent d’une région à une autre. Le couscous, en Kabylie surtout, à la sauce rouge généralement agrémenté de viande de la bête sacrifiée (asfel), de la volaille, mélangée parfois à la viande séchée (achedluh ou aqedidh).

A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou des crêpes (achedhlouh, tighrifine, achebbadh).

A Constantine c’est la Trida tadjine et poulet fermier (ou fettat) qui est privilégié.

A Oran et tout l’ouest du pays c’est le cherchem, un plat à base de blé dur, de fèves, de pois chiche et autres légumes secs qui est de tradition. D’autres plats sont préférés dans le grand Mahgreb qui symbolisent l’abondance alimentaire.

A Beni-Snouss, la fête de Yennayer se distingue par l’organisation du carnaval d’Ayrad, (le lion) qui a des origines lointaines dans l’histoire de cette région située au sud-ouest de la wilaya de Tlemcen. « Ce carnaval, qui constitue une fête populaire séculaire des Beni-Snouss, comporte des rituels aussi nombreux que mythiques. Ses origines sont tirées de l’histoire ancienne, du temps des guerres et des batailles que se livraient les autochtones, les Romains, les Numides et les Pharaons ». (Lire La verveine fanée, de l’anthropologue Saridj Mohamed)

Je vous le souhaite à vous, qui me lisez, à tout le peuple algérien et à tous les peuples, qui, en connaissance ou par tradition, célèbrent le Nouvel An amazigh, bonne fête, Assegass Amegaz.

P.S : Sur la photo : Le village berbère de Beni Senouss dans la wilaya de Tlemcen (Algérie)

Karim Younes

Photo de Karim Younes.

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«ILS ONT TOUT FAIT POUR EFFACER LES TRACES DU CONGRÈS DE LA SOUMMAM»

Posté par Rabah Naceri le 21 août 2015

MUSÉE D’IFRI OUZELLAGUEN

«ILS ONT TOUT FAIT POUR EFFACER LES TRACES DU CONGRÈS»

Maison du Congrès Ifri

Dans le hall d’une des salles d’exposition du musée du Congrès de la Soummam, un vieil homme, assis sur une chaise, explique à une visiteuse la carte du découpage en six Wilayas du territoire de l’Algérie, à la veille du déclenchement de la guerre de Libération, en 1954.

Agsous Mohand Arab était lieutenant dans les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), dans le service sanitaire. A quelques jours de la 59e commémoration du 20 Août 1956, date à laquelle s’est tenu le Congrès de la Soummam, cet homme de plus de 90 ans est venu faire enregistrer son témoignage sur ce qu’il a vécu durant la lutte armée contre le colonialisme français. D’une voix usée, presque étouffée, il dit : «Le musée se dégrade d’année en année. Ceux qui ont gouverné le pays depuis 1962 ont tout fait pour effacer les traces du Congrès de la Soummam qui a joué un grand rôle dans la consolidation de la cohésion entre les chefs ayant pris part à cette rencontre à travers la Plateforme de la Soummam.»

Effacer les traces du Congrès ?

Tout porte à le croire, à en juger de l’état des lieux et le peu d’intérêt que portent les pouvoirs publics à ce haut lieu d’histoire. Ce 20 août 2015, des milliers de personnes effectueront leur «pèlerinage » pour visiter cette petite maison de pierre et de terre, nichée au flanc de la montagne, dans le village d’Ifri, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Béjaïa, où s’est tenu l’important Congrès qui a changé l’architecture et la trajectoire de la Révolution algérienne.

En 2014, le musée avait reçu pas moins de 18 000 visiteurs, indique un employé. Les visiteurs découvrent une maisonnette qui se détériore. Les murs lézardés, l’usure du temps et l’érosion sont perceptibles sur les gradins et les stèles commémoratives installées par les associations. Face à l’insouciance des décideurs, le site se perd. Les dalles en marbre qui couvrent les escaliers menant vers la petite maison de trois pièces qui a vu défiler les congressistes sont défoncées.
Les bancs installés en guise de gradins face à la scène où les associations communales organisent des galas, à l’occasion, sont détériorés et les structures métalliques complètement rouillées.
«Nous avons écrit à l’APC, aux services de la wilaya et à la direction du Musée régional de Tizi Ouzou, dont dépend ce site, mais nous n’avons reçu aucune réponse à ce jour», déclare Rachid Yaddaden, directeur du musée, en accueillant des invités. Et d’ajouter : «En l’absence d’effectif, nous essayons, avec les agents de l’APC de garder les lieux propres et préserver ce qui existe en matière de documents et pièces historiques.» Les deux blocs qui constituent les salles d’exposition et de conférences ne paient pas de mine. Derrière ces murs décrépis, la direction du musée n’offre pas grand-chose aux visiteurs. Le fond documentaire et le nombre de pièces historiques sont insignifiants, ne reflétant pas l’envergure et l’importance du Congrès et le valeureux passé de cette région qui a donné 1500 chouhada. Depuis la dernière visite dans ce site, rien n’a changé. La salle de projection de 150 places est toujours hors service. Moisissures, infiltrations d’eau, chaises détruites… son état est lamentable. La dernière opération d’entretien engagée ici date de 2006, selon le directeur.

A 8 km du village historique d’Ifri, à Ighzer Amokrane, chef-lieu de la commune d’Ouzellaguen, le maire nous reçoit dans son bureau et s’explique : «Le site a bénéficié d’une enveloppe financière de 30 millions de dinars pour les besoins de son aménagement, ce qui suffit. Il y a deux ans, l’ancien wali a chargé le directeur de la culture de réaliser les travaux d’aménagement, mais il se trouve que ce dernier a engagé une autre étude qui a conduit la nécessité de modifier l’intitulé du projet. Deux ans plus tard, l’intitulé de l’opération n’est pas encore modifié.» Et de regretter que l’APC «n’ait pas les moyens et n’est pas habilitée pour inscrire une opération en PCD afin de maintenir un tant soit peu les structures du musée en bon état». Autant d’insuffisances dont souffre le site, comme le manque du personnel, l’inexistence d’une ligne téléphonique… Ahcen Sadki, secrétaire général de l’Organisation locale des enfants de chouhada, nous confie : «Afin de faciliter la gestion de ce musée, nous avons demandé à ce qu’il soit mis sous la tutelle directe du ministère des Moudjahidine à la place du Musée régional de Tizi Ouzou, qui ne paye même pas les factures d’électricité du site. Cette option permettrait à la direction du musée d’avoir une source permanente de financement qui servirait à l’entretien du site.» Mais, prévient-il, «il ne faut pas attendre grand-chose de ce régime ; nous devons nous prendre en charge pour sauvegarder ce patrimoine historique».

Pour le lieutenant Agsous, «il sera difficile avec cet Etat de changer. Nous avons tenté de revenir aux fondements de la  Plateforme de la Soummam et lutter contre ceux qui ont confisqué la Révolution, mais c’était trop tard».

Nordine Douici

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Origine du nom « Bougie »

Posté par Rabah Naceri le 4 mai 2015

Bougie_Ma_Ville

Le mot « bougie » n’est apparu dans la langue française qu’au XIVe siècle, tiré de Bugaya transcription en arabe du mot Kabyle Bgayet, nom d’une ville maritime d’Algérie en Kabylie (actuellement Béjaia) qui fournissait une grande quantité de cire pour la fabrication des chandelles.

Au plan terminologique l’appellation « bougie » est réservée à un instrument fait exclusivement de cire d’abeille. Les bougies, naturellement de couleur jaunâtre, peuvent aussi être blanches si la cire qui les constitue a été blanchie par une exposition au soleil de plusieurs jours, voire semaines. Les bougies blanches ont un coût encore plus élevé que celui des jaunes, et elles sont presque exclusivement utilisées dans les palais royaux. Le mot « chandelle » est donc réservé aux instruments faits de suif.

Dès le XIVe siècle en France, il existait une corporation des chandeliers-ciriers-huiliers rangée sous la bannière de Saint-Nicolas. Les principales opérations du métier consistaient à clarifier le suif et la cire, à couper et à ajuster les mèches de deux fils de coton et d’un fil de chanvre, à les attacher par rangées à une baguette, à les plonger et à les replonger, jusqu’à ce qu’elles aient acquis la grosseur et le poids convenable, dans le vase qui contient le suif ou la cire en fusion. Cette corporation était très réglementée pour éviter les falsifications : il était notamment interdit de mêler la vieille cire avec la nouvelle, le suif de mouton avec le suif de vache, et de mettre, aux mèches, plus d’étoupe que de coton.

La noblesse et le clergé s’éclairaient avec des cierges en cire d’abeille et laissaient au peuple français l’éclairage au suif. Le cierge de cire conserve les avantages de la chandelle et en élimine les défauts. Mais son prix (sous Louis XIV le coût d’une bougie équivalait au salaire journalier d’un ouvrier spécialisé soit environ 2,5 Livres) en limite la diffusion aux plus hautes sphères de la société et notamment de la Royauté.

La bougie comme telle fut développée au milieu du XIXe siècle et se distingue de la chandelle par sa matière première et par l’utilisation de mèches de coton tressé. Le tressage permet à la mèche de se courber et de se consumer : inutile alors de la moucher. La misérable chandelle commence alors à disparaître.

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Tin-Hinan, Reine ou Roi ?

Posté par Rabah Naceri le 26 juin 2014

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Son squelette a été découvert en 1925

Tin-Hinan, une reine ou un roi ?

Reine mythique des Touareg Ahaggar, devenue figure légendaire et incontournable de l’identité berbère, Tin-Hinan n’a pas fini -encore aujourd’hui – de livrer tous ses secrets.

Tin-Hinan, Reine ou Roi ? dans 3. CULTURE & EDUCATION Tin-Hinan  (Par M.Aziri). Plus de 15 siècles après sa disparition, elle remplit son univers de fantasmes et aiguise bien des curiosités scientifiques. 82 ans après la découverte du tombeau dit de Tin-Hinan à Abalessa (73 km à l’ouest de Tamanrasset), les «doutes» sur l’identité réelle du personnage inhumé ne cessent de hanter la communauté scientifique. Des incertitudes que des chercheurs du Centre national des recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) appellent à dissiper.trans dans 3. CULTURE & EDUCATION

  De nouvelles fouilles et des tests ADN s’imposent, selon eux, pour identifier le squelette découvert en 1925. Il va sans dire qu’un tel «projet» paraît hautement risqué pour les «gardiens du temple». La légende et le mythe fondateur des Touareg survivront-ils cette fois-ci à l’implacable vérité scientifique ? Abalessa. Vendredi, 9 novembre. La caravane de préhistoriens, invités de marque du colloque international sur la préhistoire maghrébine (organisé à Tamanrasset du 4 au 9 novembre), marque sa dernière halte. Le voyage au bout de l’Askrem, entamé la veille, prend fin, non sans émotion, sur ces terres d’Abalessa, l’ancienne capitale du Hoggar, au pied d’un des plus grands monuments berbères, le tombeau «présumé» de Tin-Hinan. Le monument funéraire se dresse devant ses scrutateurs, gorgé de mystères. Quelques-uns des grands noms de la recherche préhistorique algérienne, Malika Hachid, Abdelkader Haddouche et Slimane Hachi, pour ne citer que ceux-là, font les précieux guides pour leurs collègues du Maroc, de Tunisie, de France, d’Espagne, de Belgique, d’Italie… émerveillés et insatiables. L’histoire et la mémoire des lieux, chacun y est allé de ses certitudes et de ses doutes pour la conter. Au sommet du mausolée, et devant l’assistance disposée en cercle dans une chambre mitoyenne avec celle abritant la «sépulture» de Tin-Hinan, Malika Hachid et M. Haddouche plaidaient avec force arguments la reprise des fouilles pour déterminer avec précision le sexe et l’identité du personnage inhumé dans la fameuse chambre n°1. M. Hachi, directeur du CNRPAH, objecte fermement. «Mais en quoi serait-il important de le savoir ?», fait-il mine de s’interroger. «Nous sommes ici, dit-il, dans un site archéologique qui abrite un mythe fondateur qui structure toute la société». «Il faut laisser de côté le mythe», déclare-t-il, lui «donner sa chance de survie» et ne pas se substituer à la société qui est la seule, d’après lui, à savoir s’il faut laisser vivre ou mourir la légende.

Abalessa et la polémique des scientifiques

  Le débat, plutôt l’échange entre les deux chercheurs, s’enflamme. Malika Hachid répliquera du tac au tac : « C’est un travail purement scientifique. Il s’agit de reprendre des fouilles et des études anciennes, car si on suit la légende et la tradition orale, on a affaire à un mausolée abritant une femme, mais si on suit l’archéologie et l’anthropologie, on a une version qui n’est pas aussi précise. C’est pour cela qu’il faut reprendre toutes les fouilles, étudier de nouveau le squelette, envisager une reconstitution faciale, et des analyses ADN pour savoir si c’est un XX ou XY, un homme ou une femme». Face à un tel assaut, M. Hachi ironise : «Tin-Hinan, femme ou homme, mon Dieu, en quoi serait-ce important ?!» «Ah si, répond Malika Hachid. C’est important, surtout pour une femme archéologue comme moi !» Le mythe, rappelle-t-elle, était déjà à la base des recherches menées jusque-là. « On range de côté le mythe» Tin Hinane, on a un squelette et on ne sait pas à quoi il correspond. Il y a un doute. Un doute que Marie-Claude Chamla, qui a étudié le squelette, a clairement exprimé. Sur le plan purement archéologique, anthropologique, physique, il y a nécessité de reprendre les fouilles, surtout à la lumière de nouvelles études comme celle de l’architecte de l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), Karim Arib, des gravures découvertes à la base du monument et aussi en exploitant le fonds documentaire inédit qui nous a été légué par Félix Dubois. Grand reporter et explorateur, Félix Dubois (1862-1945) était présent sur les lieux en 1903 bien avant les premières fouilles entamées en 1925 par la « mission » franco-américaine conduite par Maurice Reygasse (directeur du musée de préhistoire et d’ethnographie du Bardo) et l’Américain, le comte de Prorok. Une mission qui fera longuement sensation vu la valeur et l’importance de la découverte. Tin-Hinan, la «reine mère» des Touareg Ahaggar, venait de renaître de ses cendres. Les deux archéologues découvriront dans la chambre d’inhumation le squelette attribué par la suite à Tin Hinan. Les ossements reposaient, d’après les premières descriptions faites par Reygasse, sur les restes d’un lit en bois sculpté. Le squelette en bon état de conservation était couché sur le dos, orienté vers l’Est, les jambes et les bras légèrement fléchis et la tête coiffée de plumes d’autruche. 15 bracelets en or et en argent, des perles d’antimoine, des perles de métal, un anneau et une feuille d’or, des perles rouges, blanches et colorées, des graines de collier, deux poinçons en fer… et autres objets précieux et moins précieux ont été découverts sur et autour du squelette. Des bijoux d’inspiration sahélienne, selon Malika Hachid, et un trésor funéraire d’une valeur inestimable, pesant 7 kilos d’or. Une telle découverte ne laissa personne indifférent. Le comte de Prorok s’est arrangé, d’après Reygasse, pour obtenir discrètement de Paris les autorisations nécessaires pour transférer le squelette et les objets funéraires aux Etats-Unis. Officiellement pour les présenter dans les universités US. Des chercheurs pour Camps crieront au «vol». Sa chevauchée à l’Ouest, Tin-Hinan l’effectuera sous l’appellation «d’Eve du Sahara» que de Prorok lui choisira.

Une reine berbère à New York !

La reine berbère sillonnera en post-mortem plusieurs Etats dont celui de New York. Et ce n’est que suite aux «vives protestations» des autorités coloniales que le trésor d’Abalessa a été restitué au musée du Bardo. Le docteur Leblanc, doyen de la faculté de médecine d’Alger, était le premier, sur demande de Maurice Reygasse, à réaliser la première étude anthropométrique sur le squelette d’Abalessa. Le squelette qui mesure entre 1,70 et 1,75 m est, d’après Leblanc, celui d’une «femme de race blanche». Il se basera dans ses conclusions sur les caractères du crâne, la dimension réduite du sternum et des côtes, la forme et la dimension du bassin et l’aspect des os longs des membres. Leblanc signale aussi que les vertèbres lombaires et le sacrum présentent des lésions manifestes avec déformation sur la cinquième lombaire. Autrement dit, Tin-Hinan «boitait». En recoupant avec les «sources historiques», notamment Ibn Khaldoun, on conclura rapidement que le squelette était vraisemblablement celui de Tin Hina. D’après Ibn Khaldoun, les ancêtres des Touareg, les Berbères Houara, appelaient Tin Hinan, Tiski «la boiteuse». Le patronyme «Tin-Hinan» signifie, selon l’analyse linguistique réalisée par Dida Badi, chercheur au CNRPAH, «celle des campements». Mais tout n’est pas aussi parfait. Le «fabuleux destin» de Tin-Hinan est vite assiégé par les doutes. Après Gabriel Camps, les travaux de Marie-Claude Chamla et Danilo Grébénard ont installé définitivement la «légende» Tin-Hinan dans une intenable posture. Pour cause, le squelette est, selon eux, celui d’un homme. Mais comment expliquer dès lors la présence de la parure féminine ? Dans ses mémoires éditées en 1968 sur les Populations anciennes du Sahara et des régions limitrophes, Marie-Claude Chamla conclut que les «restes étaient ceux d’une femme à caractéristiques masculines» et ajoute que «si les objets découverts dans la tombe n’étaient pas spécifiquement féminins, nous aurions opté pour le sexe masculin» et ce d’après les «caractères du crâne et du squelette, âgés entre 40 à 50 ans, moyennement robuste», écrit-elle.

Squelette d’homme, parure de femme

Presque à la même période, un autre chercheur, Grébénard en l’occurrence, avance une thèse moins « indulgente » pour le mythe. Dans son article consacré à l’étude du mobilier funéraire, il écrit ceci : «(…) Le mausolée renferme un personnage certainement de sexe masculin, dont l’inhumation est à la fois datée par le Carbone 14 et par une empreinte de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin le Grand, émise entre 308 et 324 après J.-C». Il va plus loin dans son interprétation du «mythe fondateur» des Touareg. Pour lui, la «légende de Tin Hinan est une création récente, 200 à 300 ans, conjoncturelle, créée par les Touareg Kel Rela pour des raisons d’ordre politique, afin de conserver le pouvoir et leur suprématie sur tous les Kel Ahaggar. Elle est donc totalement étrangère au tombeau et au personnage qu’il contenait». Cependant, il n’y a pas que le sexe du personnage qui donne encore des migraines aux scientifiques. Le monument d’Abalessa renferme d’autres troublants mystères. Le site, «mal fouillé», selon les archéologues algériens, peut encore révéler — si les recherches reprennent — de précieuses indications pour comprendre aussi bien l’histoire et la servitude initiale du monument. A ce sujet, note Malika Hachid, les archéologues ont avancé deux hypothèses.

Part de légende, part de vérité

Il s’agit pour la première d’une « sépulture qui a reçu le squelette du personnage dit de Tin-Hinan puisqu’on ne sait pas qui sait».

La deuxième, le «monument a d’abord été un fortin», une sorte de petite «tighremet» qui abritait l’Aghlid local (roi) (qui) à sa mort y a été inhumé, transformant l’endroit en un mausolée. L’étude de Aribi, explique-t-elle, rend les choses plus claires. Les plans développés par l’architecte font ressortir qu’il y a d’abord eu une petite forteresse liée à un habitat de plaine où on venait se réfugier dès qu’il y avait une menace. Pour savoir par qui le site a été sacralisé, «une question d’anthropologie culturelle», il faudrait, selon Malika Hachid, reprendre les fouilles. Les reprendre à la base… du monument, propose-t-elle, où «rien n’a été déplacé». «C’est là, fait-elle rappeler, que je suis tombé sur la gravure du cavalier, du chameau et des deux inscriptions libyques. Une gravure datant du IIIe siècle». Une découverte «importante» car elle vieillit d’un coup le site d’un siècle, alors que la datation radiométrique de la lampe romaine et de la tunique en cuire rouge qui recouvrait le squelette le situait entre le IVe et Ve siècles de l’ère chrétienne. A peine cet exposé des motifs terminé, le préhistorien M. Haddouche (ex-DG du Bardo et de l’OPNA) vole au secours de sa collègue au CNRPAH, en mettant en avant le «problème d’ordre chronologique» que posent les 14 chouchets — monuments funéraires — découvertes autour du tombeau d’Abalessa. Leur datation doit être revue, selon lui. «Si les chouchets, explique-t-il, étaient implantées sur le versant du fortin, cela cause un problème d’ordre chronologique, car le fortin a été construit avant. De nouvelles fouilles nous permettront de savoir si celles-ci avaient été islamisées». Ce qui renvoie à une toute autre époque le règne de Tin Hinan. Les enjeux historiques prennent tout leur sens. Les enjeux politiques aussi. La réaction épidermique de Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, aux propositions des deux chercheurs en dit long sur le « souci » qu’a l’establishment à préserver le mythe, même au détriment de la dérangeante vérité scientifique, reléguée au second plan. «On ne joue pas avec la mémoire», commentait Slimane Hachi. La «mémoire», c’est d’abord celle des tribus touareg de l’Ahaggar, descendants de Tin-Hinan et de Takama, qu’il incombe de protéger contre les « pourfendeurs » de mythes. La légende n’en est pas moins belle pour autant. Le père de Foucault — qui recueillera au début du siècle les récits des Touareg de l’Ahaggar — rapportait la légende sublimée de Tin-Hinan. C’est celle d’une femme venue avec sa servante Takama de sa lointaine contrée du Tafilalt, sud du Maroc, soumettre les Isabaten, la population autochtone qui vivait dans l’Atakor, et fonder son royaume sur la voie des caravanes. Autrement, on n’en sait que peu de choses sur elle, sur son vécu ou son règne. Peut-être faudrait-il juste se satisfaire du souvenir exalté d’une femme qui du désert en a fait une légende.

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