Politique de l’espace ou espace politique ?

Posté par Rabah Naceri le 14 mai 2014

Massacre_Espace_Vert
Mauvaise gestion, vide juridique et instrumentalisation du foncier

Espaces verts et jardins exclus des villes

La déception est grande de constater au quotidien que de nombreux responsables politiques, au niveau national et local, continuent de cautionner, voire en être même à l’origine, des projets d’urbanisation rapide et sauvage des villes, ignorant en permanence les appels des citoyens pour la préservation des espaces verts, plutôt de l’espace tout court.

Ces mêmes responsables qui affirment œuvrer pour le développement de la ville et du cadre de vie de tous, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, enfants et personnes âgées. Rares sont ceux qui joignent l’acte à la parole. En témoignent, les nombreux «massacres» infligés à la nature, à l’espace, à la cité, au patrimoine architectural historique et culturel, au moral et à la santé publique. Tout cela, sous prétexte de «l’urgence» de construire des logements, avec tous les espaces d’accompagnement nécessaires,à l’exemple des établissements scolaires, les structures de santé et autres. Alger étouffe. Elle et toutes les autres grandes villes du pays.

Cheikh Ferhat, spécialiste en météorologie et en environnement, bien connu des fidèles de la Radio algérienne, dénonce cette disparition continue de l’espace vert par la faute d’une mauvaise gestion de la collectivité locale. «Il est clair que la raison première de cette grande anarchie est dans le mauvais choix des responsables. Nous n’avons pas les hommes qu’il faut aux places qu’il faut. Nous n’avons pas de conseillers de l’environnement dans nos administrations, surtout pas dans nos APC. Pourtant les compétences existent. Des ingénieurs d’État, spécialisés dans le domaine (environnement), chôment. À leurs places, on met des bureaucrates». Cheikh Ferhat rappelle que les normes concernant la superficie de l’espace vert par habitant est loin d’être respectée à Alger ou ailleurs dans les autres grandes villes du pays: «La norme est de 10 m2 par habitant. Chez nous, elle est de moins d’1 m2 par habitant. Et l’on se demande pourquoi les gens souffrent de maladies respiratoires, oculaires et aussi de stress et de dépression! Pollution aidant, en raison notamment de la forte présence des véhicules, les conséquences de cette urbanisation sauvage des villes ne pourraient être autrement». À ce sujet, l’animateur de radio rappelle l’urgence de trouver une solution au problème de transport dans les grandes villes : «des études montrent que l’essence est un produit cancérigène. Il faut réduire au maximum son utilisation et, en parallèle, encourager le développement du transport en commun (métro, tramway et téléphérique). Il faut mettre le paquet pour cela. Nous avons les compétences humaines pour la réalisation des projets allant dans ce sens, mais aussi les ressources financières.
Près de 200 milliards de dollars de réserves de change, c’est de l’argent. Il faut l’exploiter dans des projets d’utilité publique d’avenir». Sur un autre plan, le spécialiste en météorologie et en environnement juge nécessaire de déplacer certaines administrations : «il est temps de procéder à des délocalisations. Il n’est pas normal que tout soit concentré à Alger. Sincèrement, je ne vois pas l’utilité de la présence de certains ministères dans les lieux que l’on connaît…». Évoquant toujours la
nécessité d’aller vers une politique efficace de préservation des espaces verts, notre interlocuteur dira : «Les espaces verts et les jardins laissés par la France sont aussi en voie de disparition. Les autorités ou les organismes habilités font semblant de les entretenir, mais pas vraiment comme il se doit. C’est comme ces semblants de travaux engagés aux abords des routes et autoroutes. Ils mettent du gazon pour l’ornement, sans plus. Ce n’est pas cela que nous demandons. Nous voulons de vrais espaces verts, avec des bancs publics, l’ensemble bien aménagé de façon à permettre à tous de s’y sentir à l’aise, en contact avec la nature pure».
Et de poursuivre : «Par miracle, le Jardin d’essais du Hamma a été préservé, après qu’il y eut des rumeurs sincères de le récupérer et de le diviser. En revanche, la forêt de Bainem qui est aussi le poumon d’Alger est à l’abandon. Il faut la protéger. La forêt de Bainem demande un plan d’aménagement. Les pouvoirs publics doivent faire appel aux spécialistes pour sauver ce qui reste de ce qui est source d’oxygène et de bien-être pour nous tous. Je ne parle pas seulement de la forêt de Bainem, mais de toutes les parcelles de terrain où il reste encore un peu de verdure».

Rabah Naceri, un citoyen militant de la ville de Béjaïa, spécialiste dans l’aménagement du territoire, rappelle qu’en date du 9 mai dernier, des habitants d’une cité, au cœur de la ville, sont sortis dans la rue pour dire leur opposition à la récupération d’un terrain par un promoteur immobilier. Sur les banderoles, il était écrit: «Arrêtez de marchander nos espaces verts!». Un cri de détresse porteur de plusieurs messages. Notre interlocuteur rappelle que «ce terrain a déjà fait l’objet d’une tentative de construction, il y a quelques années, par un promoteur. Ce dernier a vite abandonné son projet par suite d’une réaction musclée des résidents de cette cité. Et voilà qu’aujourd’hui, la même tentative se refait pour l’érection d’une promotion immobilière». Les manifestants, décidés à protéger leur espace, dénoncent l’absence de réaction de la part des autorités qui sont censées se charger de cette mission. Ils accusent les autorités locales d’être complices dans cette «affaire de détournement» et l’Agence foncière de la wilaya de laxisme. «L’Agence foncière de wilaya est censée veiller à préserver les espaces verts urbains et à règlementer l’urbanisation des poches de terrain se trouvant dans les périmètres urbains ou ruraux», soutiennent-ils.
Allant plus dans le détail, Rabah Naceri indique que «l’espace en Algérie, quel que soit son statut (privé, public, domanial, communal, waqf…) n’a jamais bénéficié de l’attention méritée des pouvoirs publics, alors qu’il est un élément essentiel dans tout programme de développement qu’il soit local, régional ou national. Pour preuves, une grande partie des wilayas n’ont pas élaboré, à ce jour, leur plan cadastral. Cette opération technique qui est indispensable aurait permis aux responsables de chaque entité territoriale d’identifier et d’inventorier toutes les parcelles de terrain ainsi que leur nature juridique.
En possession de toutes ces données physiques, les décideurs n’auraient eu aucun mal à gérer rationnellement l’espace et de réussir, par ailleurs, leurs programmes de développement au lieu de buter sur ce fameux écueil du foncier qui les contraignent à délocaliser des projets structurants s’inscrivant dans le registre des revendications populaires (exemple: programmes de logements, infrastructures scolaires, infrastructures de la santé…)». Pour notre interlocuteur, le foncier comme bien d’autres choses essentielles dans la vie du citoyen, est utilisé comme moyen de chantage pour des fins exclusivement politiques: «L’espace est devenu un moyen instrumentalisé par certains responsables pour inscrire dans leur région natale des projets qui, souvent, ne répondent nullement aux besoins de la population de cette région. C’est ainsi, à titre d’exemple, que nous voyons certains établissements scolaires fermés pour absence d’élèves parce qu’érigés sans étude dans des sites qui ne répondent pas aux exigences du secteur de l’enseignement». Insistant encore sur la question, il dira: «Les pouvoirs publics ont préféré politiser l’espace au lieu d’élaborer une véritable politique de l’espace qui nous aurait évité l’usage anarchique de l’espace tel que nous le voyons aujourd’hui. À titre d’exemple, à Béjaïa, trois espaces verts ont été sauvés d’une « bétonisation » certaine grâce au mouvement citoyen qui a dénoncé et empêché des détournements d’espaces publics alors que les agences foncières de wilaya se sont murées dans un silence incompréhensible». Des citoyens sont aussi mis en cause, profitant des lacunes dans les textes de loi: «Conscients de ce vide juridique, certains individus n’hésitent pas à défricher des parcelles de terrain à l’orée des forêts, allant même jusqu’à provoquer des incendies graves qui ravagent des versants de montagnes entiers sans se soucier des conséquences sur l’équilibre écologique et les dégâts, dont nul ne peut évaluer l’ampleur, sur la faune et la flore. L’anarchie s’est, également, étalée aux zones urbaines qui se traduit par une incroyable déformation du paysage urbain et c’est ainsi que nous assistons de jour en jour à la disparition d’espaces verts, remplacés par d’énormes bâtisses avec des baies vitrées qui côtoient des cités anciennes qui sont l’âme de la ville».

Pour remédier, un tant soit peu à la situation, l’urgence aujourd’hui, entre autres solutions, est «d’activer l’opération cadastrale et de mettre en place une véritable politique de gestion de l’espace pour mettre fin à cette avancée anarchique du béton qui enlaidit nos cités et développe un stress généralisé au sein de notre société qui peine à s’épanouir devant ces agressions quotidiennes».
(Par Karima Mokrani. Source: http://www.latribune-dz.com/news/article.php?id_article=5621 ).

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Lettre de Ahmed ZABANA à ses parents juste avant de passer sous la guillotine…

Posté par Rabah Naceri le 7 mai 2014

AFIN QUE NUL N’OUBLIE

Zabana_guillotiné

* Cette machine de la mort a été inventée et largement utilisée par ce même pays qui se proclame, aujourd’hui, grand défenseur des droits de l’homme

La lettre du chahid Ahmed Zabana à ses parents juste avant de passer sous la guillotine, ce fut le premier Moudjahid guillotiné par la France.

« Mes chers parents, ma chère mère.
Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu’il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n’a pas de fin et la mort pour la patrie n’est qu’un devoir.

Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l’être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi. Enfin, recevez les salutations d’un fils et d’un frère qui vous a toujours aimés et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevrez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu’à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheira, Salah et Dinya et à toi mon cher frère Abdelkader ainsi qu’à tous ceux qui partageront votre peine.

Allah est Le Plus-Grand et Il est Seul à être équitable.
Votre fils et frère qui vous aime de tout son cœur H’mida »
الله يرحم الرجال

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Les Citoyens Bougiotes dénoncent le bradage des espaces verts

Posté par Rabah Naceri le 28 mars 2014

Aujourd’hui, vendredi 28 mars 2014, s’est tenu un sit-in de citoyens de la ville de Bejaia pour dénoncer un projet de construction de bâtisses d’habitation dans un espace vert portant des arbres centenaires et de surcroit dans un périmètre protégé par le décret exécutif n° 13-187 du 0- mai 2013.

Ils sont venus très nombreux pour dire NON AU BRADAGE de nos espaces verts au profit du béton destructeur. Une grande banderole portant le slogan « Na3ya guel bétonnage » était accrochée sur la clôture même mise en place pour les besoins du chantier. Les citoyens sont déterminés à poursuivre le combat jusqu’à l’annulation du permis de construire. A cet effet, une délégation s’est constituée et qui sera chargée d’entreprendre les démarches nécessaires auprès des autorités concernées et d’en informer l’assistance des suites réservées à leur protestation.

Oliviers  

Sit-In

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Une histoire d’Amour liant M’hend Kasmi au Musée de l’eau de Toudja

Posté par Rabah Naceri le 23 mars 2014

La fête de l’eau « Tamaɣra wamane » de cette année, qui est à sa cinquième édition, revêt un caractère particulier car elle se fera sans la présence de son membre fondateur M’hend KASMI. Tout le monde sait que notre ami M’hend a été ravi aux siens avec une rapidité qui a surpris tous ses amis, mais nous savons que les sentences divines se passent de tout recours.
Nous sommes convaincus, aujourd’hui, que l’âme de notre ami M’hend restera liée pour l’éternité avec la journée de l’eau et avec le musée de l’eau de Toudja ainsi que par toutes ces oeuvres et les nombreuses contributions littéraires.

Je reprends ci-dessous un article écrit de la main de Kader B. qui a paru dans le quotidien national Le Soir d’Algérie.

museetoudja La cinquième édition de La Fête de l’eau (Tamaghra waman), qui sera ouverte samedi prochain (22 mars) à Toudja, sera l’occasion de rendre hommage à M’hand Kasmi, membre fondateur du Musée de l’Eau de Toudja. Lire la suite… »

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Bejaia dans Encyclopédie Berbère.

Posté par Rabah Naceri le 21 mars 2014

Encyclopédie Berbère

Par M. Cote

Béjaïa
(Saldae, Badjaia, An Nasiriya, Bougie)

Je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi les historiens et géographes omettent souvent de citer le nom de « Bgayet » qui est le nom originel de cette célèbre cité dont le rayonnement a dépassé les frontières de la méditerranée. Par ignorance ? Je ne le crois pas. A dessein ? Quel est-il ?

Les débuts de Bejaia

1 Ce site militaire et portuaire bien abrité des vents par le Cap Carbon fut occupé très tôt. Le port romain, qui n’avait sans doute fait qu’aménager un comptoir punique, prit le nom de Saldae, et fut érigé en colonie sous Auguste. Il souffrait cependant de sa position marginale, à l’extrémité occidentale de la Maurétanie Sétifienne.
2 Occupée par les Vandales au Ve siècle, par les Arabes en 708, la ville connut des hauts et des bas. Au Xe siècle, elle était habitée principalement par des Andalous, qui la firent bénéficier des apports hispano-mauresques.
3 Elle n’était cependant qu’un petit port de pêche lorsque la dynastie hammadite, centrée sur le bassin du Hodna, et qui cherchait un exutoire maritime, prit en main sa destinée. En 1067, An Nasir y fit entreprendre des travaux, dès l’année suivante il y emménagea et lui donna le nom de An Nasiriya. La pression croissante des Béjaïa au XIe siècle, d’après P.L. Cambuzat, 1986.

Carte  

La pression croissante des nomades dans le Hodna, en même temps que le développement des échanges commerciaux avec l’Europe, avaient ainsi amené la dynastie hammadite à transférer sa capitale, de Qalaa des Beni Hammad à Bejaia — décision symbolique du déplacement progressif du centre de gravité, de l’intérieur vers le littoral, qu’allait connaître tout le Maghreb.

La gloire d’une capitale médiévale

Bejaia fut alors capitale d’un royaume s’étendant de Tenès à Annaba. C’était le pôle de tout le Maghreb central, elle éclipsait toutes les autres cités. L’on a estimé qu’elle comptait alors 100 000 habitants. Décrite par Idrissi et plus tard par Léon l’Africain, c’était une belle cité, un grand carrefour d’échange.

« Les vaisseaux qui naviguent vers elle, les caravanes qui y descendent, importent par terre et par mer des marchandises qui se vendent bien. Ses habitants sont des commerçants aisés et, en fait d’industrie artisanale et d’artisans, il y a là ce qu’on ne trouve pas dans beaucoup de villes. Ils sont en relation avec les marchands de l’Occident, avec ceux du Sahara et avec ceux de l’Orient. Un chantier naval construit de gros bâtiments, des navires et des vaisseaux de guerre, car le bois de construction ne fait pas défaut dans ses vallées et dans ses montagnes, et la forêt produit de l’excellente résine ainsi que du goudron. On y trouve encore des mines de fer solide. Ainsi, en ce qui concerne l’industrie, tout est merveille et finesse » (Al Idrissi, Description de l’Afrique et de l’Espagne, in Golvin).

La ville était connue pour livrer des quantités importantes de cire servant à fabriquer les bougies, ce serait là l’origine du nom de ce produit. C’était aussi une base militaire pour les expéditions contre le pays des Rum (principalement la Sicile, à 3 jours de navigation).

Capitale arabe en pays kabyle, Bejaia était une ville cosmopolite, où se côtoyaient Arabes, Kabyles, Andalous, Chrétiens et Juifs. La communauté chrétienne était suffisamment nombreuse pour que le Pape Grégoire VII, y envoie, à la demande du souverain hammadite, un évêque. Le théologien et philosophe Raymond Lull y mourut en 1315, lapidé pour avoir voulu évangéliser la population musulmane.

« Il est hors de doute que la nouvelle capitale des Beni Hammad fut un extraordinaire foyer de culture. La dynastie y connaît son apogée, la ville reçoit la visite fréquente, on pourrait dire constante, de voyageurs venus de tous les points du monde musulman qui abordent et séjournent plus ou moins longtemps dans ce port accueillant, d’accès facile. Les idées s’y échangent, sans cesse alimentées par l’apport des dernières nouveautés orientales ou occidentales. La brillante culture andalouse vient se heurter à l’inspiration orientale traditionnelle, elle la renouvelle en se renouvelant elle-même au contact des sources parfois perdues de vue. La science profane trouvera également sa place à côté de la science sacrée. Bougie, au XIIe siècle, apparaît bien ainsi comme une ville fanion du Maghreb, une ville moderne qui donne le ton, une ville assez différente de Qalaa, cité berbère vivant à l’orientale »  (L. Golvin, 1957).

La ville était enfermée dans un rempart et située sur un petit promontoire dominant la baie. L’eau provenait de Toudja (dans les montagnes à l’ouest) par un aqueduc. Le ravitaillement se faisait à partir de la petite mais riche plaine agricole locale, au confluent de l’oued El Kebir (la Soummam actuelle) et de l’oued Seghir. A proximité était exploitée la mine de fer de Timezrit.

Les siècles obscurs de Bejaia

Au XIVe siècle, la ville fut le siège d’une principauté hafside, qui commerçait activement avec les États chrétiens. En 1509, les Espagnols prirent la ville, pour en faire un comptoir ; la prospérité commerciale se maintint grâce aux relations avec Pise et Gènes. Charles Quint en fit sa résidence en 1541.

Mais en 1555, elle fut prise par le Dey d’Alger, passa sous pouvoir turc, et fut progressivement éclipsée par l’Alger turque, d’autant que le découpage de l’Algérie turque en 3 beyliks plaça pendant 3 siècles Bejaia en position marginale.

En 1833, lors de son occupation par l’armée française commandée par Trézel, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même : elle comptait 265 maisons, soit 2 000 habitants environ.

La colonisation aménagea le port existant, construisit un avant-port et un bassin ; la ville retrouva progressivement son rôle de débouché des Kabylies. Lors de l’insurrection de 1871, elle fut attaquée (en vain) par les tribus kabyles voisines. Devenue sous-préfecture, elle éclata hors de ses remparts, et s’étendit peu à peu sur les pentes.

Béjaïa et son site : la ville, la zone industrielle et la chaîne des Babors (photo M. Côte).

Ville de Bgayet

En 1954, elle comptait 30 000 habitants, parmi lesquels 6 200 relevaient de la communauté européenne.

Cependant, une des dernières décisions du pouvoir colonial allait être importante pour la ville : celle, prise en 1960, de faire déboucher à Bejaia l’oléoduc amenant sur le littoral le pétrole saharien, à travers les gorges du Ksob et les Portes de Fer. Bejaia devenait l’exutoire (longtemps unique) de ce pétrole, et du même coup un port pétrolier important.

Bejaia actuelle ou la difficulté à s’assurer un hinterland

La ville doit son existence et sa fortune à un site portuaire remarquable : site de baie en faucille, protégée de la houle et des vents du large (nord-ouest) par l’avancée du Cap Carbon ; un bon site portuaire dans une des plus belles baies du littoral maghrébin, dominée par les hautes montagnes des Babor*.

Second avantage, ce site se trouve au débouché d’une vallée large et longue, la Soummam, qui constitue un véritable couloir en direction du sud-ouest.

Et cependant, depuis l’époque où la ville a été capitale, un divorce s’est instauré entre Bejaia et sa région.

A l’échelle macro-régionale, Bejaia tourne le dos à sa région… qui le lui rend bien. Sa position à l’extrémité de la Soummam la place à la limite entre Grande et Petite Kabylie. Mais chacun des deux massifs montagneux s’enferme en lui-même, se cherche des capitales intérieures (Tizi-Ouzou, Akbou, Kherrata), se détourne de la mer et des activités maritimes — donc de Bejaia. Celle-ci fait un peu figure d’étrangère en ce pays. Son faible enracinement local se traduit par l’aire restreinte des tombées rurales sur la ville : elles proviennent de 4 ou 5 communes seulement.

A l’échelle micro-régionale, le problème est autre. Bejaia est le débouché tout indiqué pour l’Algérie médiane située entre Alger et Skikda : exutoire des Hautes plaines, port d’approvisionnement de 2 millions d’habitants. Mais les liaisons avec ce débouché sont fort délicates :

- au sud-ouest, la vallée de la Soummam constitue un beau couloir, mais qui s’infléchit vers l’ouest, ouvre seulement sur le bassin des Beni Slimane, lui-même déjà desservi par Alger plus proche ;

- au sud-est, les liaisons sur Sétif et les Hautes plaines ne peuvent se faire qu’à travers les gorges très escarpées de Kherrata (oued Agrioun). Une route y a été ouverte par le génie militaire à la fin du XIXe siècle. Elle vient d’être doublée par un tunnel routier de 7 km ; mais elle s’est refusée à la voie ferrée ;

- une troisième voie peut être trouvée au centre, en empruntant la Soummam sur une partie, puis les Portes de Fer et la longue montée vers Bordj-Bou-Arreridj. C’est celle qu’empruntent la voie ferrée et la route nationale, au prix d’un long détour.Aussi, malgré ces efforts, une partie des échanges échappent-ils à Bejaia, sur ses ailes ouest et est. Les contraintes topographiques maintiennent leurs droits.

Bejaia et ses activités

Elles sont essentiellement de deux ordres : portuaires et industrielles. Depuis longtemps port de pêche, et petit port commercial, Bejaia a vu son activité bénéficier d’une grande impulsion lorsque la pose de l’oléoduc d’Hassi Messaoud en a fait l’exutoire du pétrole saharien. A l’entrée de la ville, le visiteur est accueilli par les énormes cuves à pétrole, reliées par conduite au port pétrolier, construit un peu à l’écart de la ville. Rejointe et dépassée aujourd’hui par Arzew et Skikda, Bejaia demeure néanmoins le 3e port du pays en volume, avec 9 à 10 millions de tonnes de trafic par an, dont 2 millions aux entrées (marchandises générales) et 8 millions aux sorties (hydrocarbures).

Fait notable, l’activité industrielle, fort active aujourd’hui, n’est guère née de ce trafic pétrolier, et guère plus des échanges avec l’arrière pays. Elle est avant tout le fait des pouvoirs publics, qui ont voulu créer un pôle d’emploi en cette région montagneuse et très peuplée. Il existait une base d’industries anciennes, de statut privé ; l’essentiel est une création de l’État algérien, à partir des années 1970. Il comporte une quinzaine d’unités, les plus remarquables étant une unité de jute, une fabrique de grues, une unité de confection, une usine de corps gras… Au total, Bejaia compte 8 000 emplois industriels, en majorité dans le textile.

Cette double activité de la ville a été confortée par le statut de chef-lieu de wilaya, la présence des équipements afférents, et les services gérant ou desservant toute la wilaya. Il a ainsi fallu tout le poids de l’État pour affermir le rôle de cette ville dans l’économie et le territoire national. Elle compte aujourd’hui 115 000 habitants.

Bejaia et son urbanisation

Adossée au Djebel Gouraya, comme Annaba au massif de l’Edough, face à une baie de toute beauté, la ville connaît cependant quelques problèmes dans son extension spatiale. Le site initial, coincé entre montagne et mer, était exigu. La petite plaine au sud, celle de l’oued Seghir, avait vocation agricole, et apparaissait trop humide pour être urbanisée. Aussi l’extension à l’époque coloniale s’est-elle faite en deux sens : vers le sud pour le port, vers l’ouest pour la ville, qui est demeurée sur les bas-versants du Djebel Gouraya. Mais les besoins de la ville récente ont été d’une autre ampleur, car en 40 ans elle a vu sa population et sa superficie multipliées par 4. Cette urbanisation s’est faite :
- par extension du tissu urbain sur les contreforts du Djebel Gouraya, en continuité avec la ville coloniale, mais égrenée sur les collines toujours plus loin vers l’ouest ;
- par implantation d’une vaste zone industrielle au centre de la plaine, au prix du drainage des terrains humides de l’oued Seghir, et du déménagement de l’ancien aérodrome. Elle compte une quinzaine d’unités aux grands bâtiments, modernes et propres, sans compter de nombreux dépôts et petites unités ;
- par le développement tout récent de la zone d’urbanisation d’Ihaddaden, sur le versant de collines au sud.

Béjaïa et ses difficiles liaisons avec l’arrière-pays.

Coexistent là des cités d’immeubles étatiques, et des quartiers en auto-construction qui s’aventurent toujours plus loin sur les pentes. Symétrique de celle du nord par rapport à l’axe de l’oued Seghir et de la zone industrielle, c’est là un véritable Bejaia 2 qui a surgi et est en train de se structurer.
Le site urbain est aujourd’hui quasiment rempli. Si la ville veut pousser plus loin au sud, elle devra déplacer ses cuves à pétrole, recouper le méandre de l’oued Soummam, et bétonner les agrumeraies qui la séparent de l’aéroport…

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Encyclopédie Berbere

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Bgayet. La fondation « Assaka » est née

Posté par Rabah Naceri le 23 février 2014

Assaka

Le monde de la culture grossit avec l’arrivée d’un nouveau venu, la fondation « Assaka » (Le gué). C’est à Djebla, dans la commune de Beni Ksila, le 14 février passé, que l’association a vu le jour.

(Par R. Oussada). Elle est principalement à inscrire à l’actif de l’anthropologue Ali Sayad, secrétaire général du Centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et ethnographiques (CRAPE), disciple et collaborateur de Mouloud Mammeri. Un projet vieux d’une dizaine d’années, fait remarquer le concerné. Si le siège est installé à Beni Ksila, ce n’est pas pour autant qu’on ne s’arroge pas d’ores et déjà une envergure nationale. L’assemblée constitutive a réuni une cinquantaine de membres fondateurs venus, confie-t-on, de 16 wilayas. La fondation se définit une orientation autant versée dans le travail de mémoire que le développement, l’encouragement et la diffusion dans les domaines des sciences humaines, sociales et architecturales.

Le premier apport documentaire est un don provenant de la propre bibliothèque d’Ali Sayad. Un lot de 10 000 ouvrages, est-il mentionné dans le rapport ayant sanctionné la réunion de Djebla. Ces publications, est-il précisé, s’intéressent à l’histoire de l’Afrique du Nord, y compris le Sahara, dans les sciences humaines, sociales et juridiques. Comme pour rendre la politesse à ses hôtes, la fondation engage un premier chantier. Un appui à l’association Tajmaât n’Djebla, qui est de donner une âme aux 140 maisons que cette dernière a restaurées, et cela en décidant d’y loger les lecteurs de la bibliothèque de la fondation.

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Bgayet. Découverte du trésor de la Rampe des Oliviers

Posté par Rabah Naceri le 21 février 2014

Une coupure de presse d’un journal « l’Echo de Bougie« , datant du 31 décembre 1905, m’a été gracieusement offerte par notre ami Djamal Mechehed, membre de l’association GEHIMAB que préside notre ami Professeur Djamil AISSANI.
Cette coupure de presse parle de la découverte, un 10 décembre 1905, d’un trésor au niveau de la Rampe des Oliviers lors des travaux de terrassement pour la construction de la maison Gotuso. Ce trésor était constitué de 329 pièces d’or et deux « ikhelkhalènes » (bracelets en Français).

Le temps matériel ne me permet pas aujourd’hui de reprendre le contenu intégral de l’article écrit sous la plume de Gaston MARGUET, l’engagement est toutefois pris de le diffuser dans les délais les plus proches et dans ce même blog.
Je reprends une capture d’image de ce journal.

Echo de Bougie

Source: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5591576v

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Négligence, incompténce ou carrément sabotage ? Une infrastructure sportive à l’arrêt…

Posté par Rabah Naceri le 2 février 2014

De passage ce matin devant le Lycée El-Hammadia, qui est le plus grand établissement du secondaire de la wilaya, fréquenté par plus de 2300 élèves, j’ai remarqué une bâtisse inachevée à l’intérieur dont les travaux ne semblent pas vouloir reprendre.
Renseignements pris, il s’est agi d’une salle de sport fermée et moderne qui devait servir aux activités sportives par temps pluvieux au grand bonheur des jeunes lycéens.

Panneau_2

 

Comme on le voit sur le panneau, cette infrastructure semble avoir bénéficié d’une grande recherche architecturale dont l’esthétique s’associe harmonieusement à l’efficacité et à la rationalité.

 

 

 

Panneau

  Comme nous pouvons le voir sur le panneau affiché, le chantier a été lancé le 09 mai 2010 et il devait être achevé dans 12 mois sauf la charpente métallique et le revêtement de la salle. Or, nous constatons que même les travaux prévus dans le marché ne sont pas achevés sans compter la charpente et le revêtement.

Nous sommes en 2014, cette infrastructure semble devenir une ruine avant d’avoir servi. Je n’ai trouvé personne pour m’éclairer sur cet arrêt des travaux et quelles sont les suites réservées à cette infrastructure sportive tant désirée par les professeurs de sport t par les élèves.

 

Cette infrastructure sportive devait, selon toute logique, être livrée au plus tard courant mai 2011, or nous sommes en février 2014 et les travaux prévus par les clauses du marché conclu ne sont toujours pas achevés sans compter les lots comprenant la charpente et le revêtement de la salle qui ne sont même pas lancés pour, soi-disant, appel d’offres infructueux.

Que fait Monsieur le D.L.E.P (Directeur du Logement et des Equipements Publics) en sa qualité de maitre de l’ouvrage ? Pourquoi ne donne-t-il plus suite aux projets dont il est censé suivre et finaliser ?

Que font le Proviseur du Lycée et le Directeur de l’Education puisqu’ils sont les bénéficiaires de ce projet qui est implanté dans un espace scolaire ?

Que fait Monsieur le wali, avec toute l’autorité que lui confère les lois de la république, dont la mission première est le développement de la wilaya, surtout s’agissant du secteur sensible qu’est celui de l’éducation ?

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Camera  Camera

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L’ancien tribunal se meurt !!!!

Posté par Rabah Naceri le 26 janvier 2014

Tribunal de Bejaia

Tribunal

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Colloque sur Mohand Cherif SAHLI

Posté par Rabah Naceri le 22 janvier 2014

Titre Sahli

L’association GEHIMAB (Groupe d’Etudes sur l’HIstoire des MAthématiques à Bougie Médiévale) amorce la phase finale du projet de préparation du colloque sur Mohand Cherif SAHLI qui coïncide avec le vingt cinquième anniversaire de sa mort.

Le 04 juillet 1989 disparaissait l’un des théoriciens du nationalisme algérien. Les textes-hommages publiés à l’époque (Abdelhamid Mehri, Abderrahmane Chibane, Ahmed Taleb Ibrahimi, Mouloud Kassim,…) avaient souligné sa contribution. Bien que philosophe de formation, il devint historien par patriotisme, en privilégiant les époques charnières (antiquité, médiévale, XIXe siècle) et les hommes représentatifs de l’indépendance de son Pays (Youghourta, Ibn Tumert, l’Emir Abdelkader et, en projet, les acteurs de l’insurrection de 1871). Son oeuvre clarifie « la réalité et la pérennité d’une patrie algérienne avec ses légions de héros et de martyrs ». A cet effet, il réalise une analyse critique des thèses de certains historiens occidentaux. Cette analyse dépasse d’ailleurs le cadre de l’Algérie pour englober « toute l’Afrique colonisée, martyrisée ».
M.C. Sahli est probablement le moins connu des historiens de notre Pays. A l’aube du 25e anniversaire de sa mort, le colloque, programmé les jeudi 15 et vendredi 16 Mai 2014 sur les terres de ses ancêtres, a également pour ambition de cerner l’action et la production des intellectuels de la région de Sidi Aïch qui lui sont contemporains.

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Qui est Mohand Cherif Sahli ?

Mohamed Cherif Sahli est né à Tasga, commune de Souk ou Fella, dans la tribu des Ath Waghlis (Vallée de la Soummam). Il débute sa scolarité primaire à Sidi Aïch et secondaire au Lycée Bugeaud (aujourd’hui, Emir Abdelkader) d’Alger. Il poursuit ses études à l’Université de la Sorbonne (Paris), où il obtient une licence de philosophie et une agrégation. Instituteur à Toudja, il va par la suite enseigner la philosophie dans plusieurs lycées parisiens (de 1930 à 1939, puis après 1950). C’est l’époque où il rencontre Mostefa Lacheraf. Il s’engage dans la lutte pour la cause nationale. Il devient journaliste, critique et fondateur-éditeur de journaux: El Oumma, El Ifriqiya, El Hayat et Résistance Algérienne,
En 1947, il finalise « Le message de Youghourta“ et « l’Emir Abdelkader, le Chevalier de la Foi“. En 1955, il devient membre de la commission presse de la Fédération FLN de France, chargée par Abane Ramdane de « travailler“ l’opinion française. De 1957 à 1962, il est nommé représentant permanent du FLN, puis Ambassadeur du GPRA dans les Pays Scandinaves. Au lendemain de l’indépendance, il occupe les fonctions de Directeur des Archives, puis ambassadeur de la RADP en Chine, Corée du Nord, Vietnam, puis en Tchécoslovaquie (1971 – 1978). Admis à prendre sa retraite en 1978, M.C. Sahli est décédé le 04 juillet 1989. Il est enterré au Carré des Martyrs d’El Alia.
Le Colloque. Comité

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