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La vérité sur la statue de la discorde

Posté par Rabah Naceri le 29 janvier 2016

Statue_Bgayet

Une petite polémique, reprise par les réseaux sociaux, a cours ces jours-ci à Bgayet suite à une information donnée par le journal électronique local, Bejaia-Infos. Cette information traite de la démolition prochaine d’une statue se trouvant au niveau de la Plaine (Lekhmiss), soit à la fin de l’avenue Benboulaid et au commencement de l’avenue Moulay Nacer.

Les commentaires de certains citoyens, hostiles à tout changement, avancent que cette statue fait partie de la mémoire Bougiote et que sa démolition est qualifiée d’atteinte aux symboles de la ville. Certains autres ont accueilli avec joie cette décision de démolition car elle ne représentait rien du tout pour la ville de Bgayet.

Histoire de cette statue

Aux premières années de l’érection de Bgayet au statut de wilaya, le wali de l’époque, Cherif Meziane, a demandé au sculpteur Zizi, natif de la wilaya, de confectionner en urgence trois œuvres sculpturales pour le chef-lieu de wilaya. C’est ainsi que trois statues ont été réalisées dans des délais très courts dont l’une a été fixée au carrefour du 19 mai 81 (cité Nacéria), la seconde à la place Medjahed et la troisième au carrefour de l’avenue Benboulaid (celle qui est appelée à être démolie).

La statue du carrefour du 19 mai 81 a été démolie pour construire un superbe jet d’eau qui a embelli la rue de la Liberté et le carrefour Nacéria. Celle de la place Medjahed a également suivi pour céder la place à la construction de locaux et d’une vespasienne qui sont, malheureusement, tous fermés dont personne ne connait les raisons sauf pour les décideurs qui ne veulent rien dire.

Rares sont les sculpteurs, et tout autre artiste, qui accepteraient de réaliser des œuvres dans la précipitation et sans inspiration. Sans prétendre prendre la défense de notre sculpteur mais c’est ce qui est arrivé à Monsieur Zizi. Et pour l’anecdote, il parait que la wilaya de Bgayet n’a pas honoré les honoraires de cet artiste à ce jour.

Concernant toujours cette statue, j’ai écrit, il n’y a pas longtemps, un article dans ce même blog en disant que cette horrible masse de béton ne représentait rien du tout de l’histoire millénaire de celle qui fut jadis la capitale hammadite et le centre de rayonnement culturel et scientifique de toute la méditerranée.
Je reste convaincu que si l’on organisait une pétition pour sa démolition au niveau de la wilaya de Bgayet, le premier à la signer est le sculpteur lui-même et moi en deuxième position car cette horreur semble signifier que notre ville n’a commencé à exister que depuis la guerre de libération nationale et que nous sommes en manque d’artistes; de sculpteurs, d’architectes, etc…

Et pourtant, notre wilaya recèle des sculpteurs de renommée mondiale dont Abdeslam GRAÏNE, réalisateur du buste de Abderahmane Bouguermouh et celui de Mouloud Mammeri, pour ne citer que celui-ci.

De mon point de vue, il serait intéressant de lancer un appel d’offre nationale pour l’étude d’aménagement de cette placette qui marque le premier point d’accueil de tout visiteur dans cette capitale. Il est impératif que l’œuvre qui sera retenue soit porteuse de toute la charge symbolique de la grande histoire millénaire de cette ville, du rôle qu’elle a joué pour les sciences, les mathématiques et des grands débats religieux qui eurent lieu durant le règne du prince Moulay Nacer.

Je conclus donc en disant à mes frères et soeurs de Bgayet que nous n’avons pas le droit de tomber dans le piège ridicule de la stagnation et de la médiocrité que certains cherchent à tout prix à nous y enfermer pour toujours.

Bgayet pour tous et tous pour Bgayet.

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L’histoire de Yennayer (par Karim Younès)

Posté par Rabah Naceri le 10 janvier 2016

Yennayer

YENNAYER 2016/2966 :

une date, un symbole, une tradition, une histoire, une identité, une fête, un repère, une mémoire

Le 12 du mois de janvier nous célébrerons, d’est en ouest, du nord au sud comme le firent nos aïeux, Yennayer. Ce sera le 2966ème anniversaire de la fondation par Chechnaq 1er prince de la tribu berbère (ou libyque comme l’énonce les grecs) des Mechaouech, originaire des régions du nord de l’Afrique, de la XXII dynastie pharaonique d’origine numide(ou libyque).

Menés par leur prince, les numides s’installent victorieux, au bout d’une énième bataille, dans les vastes territoires de l’Egypte qu’ils unifient puis s’élancent dans la conquête de tout le Proche-Orient. Ils envahissent la Palestine, libèrent Jérusalem en l’an -950, s’emparent des trésors du temple de Salomon et fondèrent la XXIIème dynastie pharaonique, portent leur prince Chechnaq sur le trône qui règnera 21 ans.

C’est une réalité historique évoquée dans les écrits bibliques où Chechnaq apparait sous le nom de Shishak …. Je retiens cette explication, nonobstant les autres hypothèses greffées autour de la question de cet anniversaire, qui sont, certainement, intéressantes à étudier …

Cette date sera décrétée l’an zéro du calendrier numide connu sous le vocable de Yennayer dont l’historique lexicale le fait correspondre au mot latin de l’époque romaine « maitre du monde » au plan militaire, politique et linguistique, Ianiarus, Janvier comme le seront Abril à (avril), Sutambar à September (septembre) ou Dujember à Décembre (décembre) etc…

« Yennayer prend, toute sa dimension dans la relation qui l’unit au travail de la terre, le cycle des saisons, célébrés par des rites et coutumes qui témoignent d’une communion étroite entre les éléments naturels, le monde des morts et des vivants, que l’on qualifierait aujourd’hui de fusionnelle » écrit Laakri Chérifi, enseignante et chercheuse.

C’est donc une fête « populaire, familiale, à connotation agraire, traditionnellement célébrée à travers le Grand Maghreb » note Abdelkader Dehbi.,(in lequotidienalgerie.org › Culture du 5 janvier 2014).

Les réjouissances qui durent depuis cette date marquent l’importance de ces évènements, la fierté et le sommet de la puissance numides. Elles immortalisent nos heures de gloire, notre grande place dans la civilisation appelée Égyptienne, dont nous avons largement contribué à la fondation et à la consolidation.

Yennayer fait partie de notre passé, et c’est le passé qui a enfanté le présent, comme une mère qui met au monde ses enfants. Renier ce passé revient à renier sa mère.

Le repas préparé pour cette célèbre fête, (Amenzu Yennayer dans certaines régions, Ras el 3am dans d’autres), est différent d’une région à une autre. Le couscous, en Kabylie surtout, à la sauce rouge généralement agrémenté de viande de la bête sacrifiée (asfel), de la volaille, mélangée parfois à la viande séchée (achedluh ou aqedidh).

A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou des crêpes (achedhlouh, tighrifine, achebbadh).

A Constantine c’est la Trida tadjine et poulet fermier (ou fettat) qui est privilégié.

A Oran et tout l’ouest du pays c’est le cherchem, un plat à base de blé dur, de fèves, de pois chiche et autres légumes secs qui est de tradition. D’autres plats sont préférés dans le grand Mahgreb qui symbolisent l’abondance alimentaire.

A Beni-Snouss, la fête de Yennayer se distingue par l’organisation du carnaval d’Ayrad, (le lion) qui a des origines lointaines dans l’histoire de cette région située au sud-ouest de la wilaya de Tlemcen. « Ce carnaval, qui constitue une fête populaire séculaire des Beni-Snouss, comporte des rituels aussi nombreux que mythiques. Ses origines sont tirées de l’histoire ancienne, du temps des guerres et des batailles que se livraient les autochtones, les Romains, les Numides et les Pharaons ». (Lire La verveine fanée, de l’anthropologue Saridj Mohamed)

Je vous le souhaite à vous, qui me lisez, à tout le peuple algérien et à tous les peuples, qui, en connaissance ou par tradition, célèbrent le Nouvel An amazigh, bonne fête, Assegass Amegaz.

P.S : Sur la photo : Le village berbère de Beni Senouss dans la wilaya de Tlemcen (Algérie)

Karim Younes

Photo de Karim Younes.

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Le Campus « Abudaw » fait sa toilette.

Posté par Rabah Naceri le 10 janvier 2016

La nouvelle année 2016 semble bien commencer pour l’université de Bgayet, plus précisément au campus d’Abudaw. Comme chacun a dû le voir, ce campus a pris une pente douce vers la clochardisation caractérisée par une prolifération de baraques de fortune qui font fonction de boutiques d’alimentation générale, de Kms, de librairie, etc…au grand mépris des règles urbanistiques et de l’esthétique.
Le reproche ne peut pas être orienté contre les jeunes exploitants de ces pseudo-boutiques qui ne cherchent qu’à gagner leur vie proprement et honnêtement pour subvenir aux besoins de leurs familles. Le reproche est plutôt adressé aux élus locaux et à l’administration qui délivrent des autorisations, quand bien même précaires et révocables, à tout bout de champs sans aucune étude ou respect de l’esthétique. Par conséquent, les jeunes étudiants se trouvent contraints de traverser d’abord un bidonville-bazar avant de rejoindre leur amphi.

Au grand bonheur des citoyens révoltés par cette décadence consciente, le wali de la wilaya de Bejaia a ordonné la démolition de toutes ces baraques qui enlaidissent les entrées Nord et Sud du campus universitaire d’Abudaw et qui portent une grave atteinte à la noblesse de ce haut lieu du savoir.

La démolition a été exécutée en présence des forces de l’ordre pour parer à toute éventualité. Bien heureusement, l’opération s’est déroulée convenablement malgré quelques tentatives de perturbations.
Lorsque j’ai appris la bonne nouvelle, à mon retour à Bgayet, je n’ai pu résister d’aller constater de visu et de prendre quelques clichés comme à l’accoutumée. Ouf !!! La belle façade d’entrée est visible de la route et on redécouvre enfin les belles fresques créées par des artistes locaux. Celle-ci était, pendant des années, cachée par les tas de ferrailles et de planches déclassées bizarrement assemblées pour en faire des semblant de boutiques.

Nous ne pouvons pas ne pas rendre hommage à la décision prise par le wali pour réhabiliter l’entrée de ce centre universitaire fréquenté par plus de vingt cinq milles étudiants, toutes filières confondues. Il est vrai que l’on ne félicite pas un responsable qui accomplit normalement ses missions qui lui sont assignées, mais lorsqu’on voit de nombreux élus locaux qui versent dans le populisme ridicule en attribuant des autorisations d’exploitation commerciale, des responsables de wilaya, de hauts fonctionnaires du gouvernement, etc…qui ont rendu visite à ce centre universitaire ou qui sont passés devant et sans rien dire ni rien faire, alors nous nous arrogeons le droit et le privilège d’adresser nos sincères encouragements à celui qui a su restaurer l’ordre et la discipline.

Je vais arrêter là mon écrit pour réduire la torture que je vous impose pour me lire jusqu’au bout. J’insère ci-dessous une photo que j’ai combinée pour montrer la situation d’avant la démolition et celle d’après.

Avant-Après

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