Un Bougiote grimpe jusqu’au sommet de l’Everest

Posté par Rabah Naceri le 30 septembre 2014

Dendoune (Par Remi Yacine. El Watan). Journaliste atypique, il a gravi l’Everest en questionnant son identité, fait le tour du monde à vélo pour lutter contre le sida, parti à Baghdad pour servir de bouclier humain pour protéger une usine de traitement de l’eau. Nadir Dendoune ne peut se satisfaire d’une seule vie. Cette fois, il a enquêté en France et en Palestine pour décortiquer le traitement médiatique de «l’affaire Salah Hamouri», l’étudiant franco-palestinien qui a passé injustement 7 ans dans les prisons israéliennes.

-Pouvez-vous nous résumer votre parcours ? On a l’impression que vous avez vécu plusieurs vies…

Je suis né le 7 octobre 1972 à Saint-Denis (93). A 20 ans, ressentant le besoin de partir loin, je suis parti en Australie où je suis resté huit ans. En 2001, je prends mon vélo pour un tour du monde en solo (Sydney-Paris) en partenariat avec la Croix-Rouge australienne pour «faire plus de bruit contre le sida». En 2003, en pleine deuxième guerre du Golfe, je vais à Baghdad pour protéger une usine de traitement de l’eau (l’idée était d’empêcher, par notre présence, les Américains et leurs alliés de bombarder les sites civils). De cette expérience, naîtra mon premier livre Journal de guerre d’un pacifiste.

L’année suivante, j’ai repris des études de journalisme. Ce qui m’a valu par la suite de travailler au Parisien, à M6 ou à France 3. Actuellement, je collabore avec plusieurs médias, dont Le Courrier de l’Atlas, Jeune Afrique et L’Humanité. En 2007, mon deuxième livre, Lettre ouverte à un fils d’immigré, paraît. Un livre adressé à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, pour lui dire tout le bien qu’«un métèque de banlieue» comme moi peut penser de sa politique. En 2008, sans aucune expérience en montagne, je pars gravir l’Everest. Un périple de deux mois où j’ai failli plusieurs fois abandonner, mais j’ai tenu bon. Un hommage à la banlieue mais aussi à l’Algérie (ndlr, une première pour un Maghrébin), le pays de mes parents, les deux êtres les plus courageux que je connaisse.

-Quel est votre rapport avec l’Algérie ?

Comme beaucoup de fils d’immigrés, je venais au «bled» en vacances. Nous sommes originaires d’un petit village de Kabylie, dans les environs de Béjaïa. Gamin, il n’y avait pas d’eau, pas d’électricité, alors les vacances au bled, on ne peut pas dire que c’était le paradis. J’ai énormément voyagé par la suite, alors il m’était difficile par la suite de venir en Algérie. Aujourd’hui, j’y vais tous les ans. Un besoin viscéral de me ressourcer. Je loue souvent une voiture et je me balade un peu partout. L’Algérie est fantastique.

-Pourquoi ce documentaire sur Salah Hamouri ?

Quand Salah Hamouri était en prison (2005-2011), je me suis intéressé à son cas, contrairement à la très grande majorité de mes collègues. Je me souviens de nombreuses discussions que j’avais avec eux, à propos du «cas Hamouri». Il y avait de la gêne, un malaise à évoquer le sort de ce Franco-Palestinien, détenu dans une prison israélienne, surtout de la part de confrères franco-maghrébins… Une peur aussi de se faire taxer d’antisémite. Je me suis penché sur son cas et il me semblait évident que Salah Hamouri était incarcéré arbitrairement.

-Vous dites qu’il y a deux poids, deux mesures à propos de la question israélo-palestinienne. Avez-vous des exemples ?

Des exemples de deux poids, deux mesures ? Il suffit de voir la dernière couverture médiatique à propos de la dernière opération militaire israélienne sur Ghaza où les journalistes mettaient sur un même plan d’égalité le Hamas et l’armée israélienne. Les Palestiniens vivent sous occupation militaire depuis 1967 et selon le droit international, ils ont le droit de résister, peu importe si on éprouve ou pas de la sympathie pour le Hamas. Pendant l’apartheid en Afrique du Sud, demandait-on aux Blancs et aux Noirs de faire la paix ? C’est affolant de voir que mes confrères sont encore dans la «symétrie» quand ils parlent de la question israélo-palestinienne. Ou bien, nous avons affaire à de l’ignorance, ou bien… Et là, on touche au cœur du documentaire que je tente de finir.

-Vous êtes un réalisateur-producteur indépendant. Comment allez-vous financer ce film documentaire ?

Afin de rester totalement libre, j’ai décidé de lancer un appel à dons sur le fameux site de crowdfunding : Kiss kiss bank bank  (http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/l-affaire-salah-hamouri ).  De plus en plus de gens font ça. Alors, j’ai dit pourquoi pas ? J’ai tenté de trouver un producteur mais encore une fois, le sujet que j’aborde dans le film est un sujet «casse-gueule». En Suisse, en Belgique ou en Angleterre, la parole est beaucoup plus libre.

-Croyez-vous que votre film sera un jour diffusé sur une chaîne de télé ?

Oui, pourquoi pas ? Arte, Public Sénat ou France 5 passent de très beaux documentaires, qui abordent notamment la question palestinienne. S’il n’y a pas de diffusion télé, il y a d’autres moyens pour que le film soit vu. Sur internet, par exemple…

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