Tin-Hinan, Reine ou Roi ?

Posté par Rabah Naceri le 26 juin 2014

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Son squelette a été découvert en 1925

Tin-Hinan, une reine ou un roi ?

Reine mythique des Touareg Ahaggar, devenue figure légendaire et incontournable de l’identité berbère, Tin-Hinan n’a pas fini -encore aujourd’hui – de livrer tous ses secrets.

Tin-Hinan, Reine ou Roi ? dans 3. CULTURE & EDUCATION Tin-Hinan  (Par M.Aziri). Plus de 15 siècles après sa disparition, elle remplit son univers de fantasmes et aiguise bien des curiosités scientifiques. 82 ans après la découverte du tombeau dit de Tin-Hinan à Abalessa (73 km à l’ouest de Tamanrasset), les «doutes» sur l’identité réelle du personnage inhumé ne cessent de hanter la communauté scientifique. Des incertitudes que des chercheurs du Centre national des recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) appellent à dissiper.trans dans 3. CULTURE & EDUCATION

  De nouvelles fouilles et des tests ADN s’imposent, selon eux, pour identifier le squelette découvert en 1925. Il va sans dire qu’un tel «projet» paraît hautement risqué pour les «gardiens du temple». La légende et le mythe fondateur des Touareg survivront-ils cette fois-ci à l’implacable vérité scientifique ? Abalessa. Vendredi, 9 novembre. La caravane de préhistoriens, invités de marque du colloque international sur la préhistoire maghrébine (organisé à Tamanrasset du 4 au 9 novembre), marque sa dernière halte. Le voyage au bout de l’Askrem, entamé la veille, prend fin, non sans émotion, sur ces terres d’Abalessa, l’ancienne capitale du Hoggar, au pied d’un des plus grands monuments berbères, le tombeau «présumé» de Tin-Hinan. Le monument funéraire se dresse devant ses scrutateurs, gorgé de mystères. Quelques-uns des grands noms de la recherche préhistorique algérienne, Malika Hachid, Abdelkader Haddouche et Slimane Hachi, pour ne citer que ceux-là, font les précieux guides pour leurs collègues du Maroc, de Tunisie, de France, d’Espagne, de Belgique, d’Italie… émerveillés et insatiables. L’histoire et la mémoire des lieux, chacun y est allé de ses certitudes et de ses doutes pour la conter. Au sommet du mausolée, et devant l’assistance disposée en cercle dans une chambre mitoyenne avec celle abritant la «sépulture» de Tin-Hinan, Malika Hachid et M. Haddouche plaidaient avec force arguments la reprise des fouilles pour déterminer avec précision le sexe et l’identité du personnage inhumé dans la fameuse chambre n°1. M. Hachi, directeur du CNRPAH, objecte fermement. «Mais en quoi serait-il important de le savoir ?», fait-il mine de s’interroger. «Nous sommes ici, dit-il, dans un site archéologique qui abrite un mythe fondateur qui structure toute la société». «Il faut laisser de côté le mythe», déclare-t-il, lui «donner sa chance de survie» et ne pas se substituer à la société qui est la seule, d’après lui, à savoir s’il faut laisser vivre ou mourir la légende.

Abalessa et la polémique des scientifiques

  Le débat, plutôt l’échange entre les deux chercheurs, s’enflamme. Malika Hachid répliquera du tac au tac : « C’est un travail purement scientifique. Il s’agit de reprendre des fouilles et des études anciennes, car si on suit la légende et la tradition orale, on a affaire à un mausolée abritant une femme, mais si on suit l’archéologie et l’anthropologie, on a une version qui n’est pas aussi précise. C’est pour cela qu’il faut reprendre toutes les fouilles, étudier de nouveau le squelette, envisager une reconstitution faciale, et des analyses ADN pour savoir si c’est un XX ou XY, un homme ou une femme». Face à un tel assaut, M. Hachi ironise : «Tin-Hinan, femme ou homme, mon Dieu, en quoi serait-ce important ?!» «Ah si, répond Malika Hachid. C’est important, surtout pour une femme archéologue comme moi !» Le mythe, rappelle-t-elle, était déjà à la base des recherches menées jusque-là. « On range de côté le mythe» Tin Hinane, on a un squelette et on ne sait pas à quoi il correspond. Il y a un doute. Un doute que Marie-Claude Chamla, qui a étudié le squelette, a clairement exprimé. Sur le plan purement archéologique, anthropologique, physique, il y a nécessité de reprendre les fouilles, surtout à la lumière de nouvelles études comme celle de l’architecte de l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA), Karim Arib, des gravures découvertes à la base du monument et aussi en exploitant le fonds documentaire inédit qui nous a été légué par Félix Dubois. Grand reporter et explorateur, Félix Dubois (1862-1945) était présent sur les lieux en 1903 bien avant les premières fouilles entamées en 1925 par la « mission » franco-américaine conduite par Maurice Reygasse (directeur du musée de préhistoire et d’ethnographie du Bardo) et l’Américain, le comte de Prorok. Une mission qui fera longuement sensation vu la valeur et l’importance de la découverte. Tin-Hinan, la «reine mère» des Touareg Ahaggar, venait de renaître de ses cendres. Les deux archéologues découvriront dans la chambre d’inhumation le squelette attribué par la suite à Tin Hinan. Les ossements reposaient, d’après les premières descriptions faites par Reygasse, sur les restes d’un lit en bois sculpté. Le squelette en bon état de conservation était couché sur le dos, orienté vers l’Est, les jambes et les bras légèrement fléchis et la tête coiffée de plumes d’autruche. 15 bracelets en or et en argent, des perles d’antimoine, des perles de métal, un anneau et une feuille d’or, des perles rouges, blanches et colorées, des graines de collier, deux poinçons en fer… et autres objets précieux et moins précieux ont été découverts sur et autour du squelette. Des bijoux d’inspiration sahélienne, selon Malika Hachid, et un trésor funéraire d’une valeur inestimable, pesant 7 kilos d’or. Une telle découverte ne laissa personne indifférent. Le comte de Prorok s’est arrangé, d’après Reygasse, pour obtenir discrètement de Paris les autorisations nécessaires pour transférer le squelette et les objets funéraires aux Etats-Unis. Officiellement pour les présenter dans les universités US. Des chercheurs pour Camps crieront au «vol». Sa chevauchée à l’Ouest, Tin-Hinan l’effectuera sous l’appellation «d’Eve du Sahara» que de Prorok lui choisira.

Une reine berbère à New York !

La reine berbère sillonnera en post-mortem plusieurs Etats dont celui de New York. Et ce n’est que suite aux «vives protestations» des autorités coloniales que le trésor d’Abalessa a été restitué au musée du Bardo. Le docteur Leblanc, doyen de la faculté de médecine d’Alger, était le premier, sur demande de Maurice Reygasse, à réaliser la première étude anthropométrique sur le squelette d’Abalessa. Le squelette qui mesure entre 1,70 et 1,75 m est, d’après Leblanc, celui d’une «femme de race blanche». Il se basera dans ses conclusions sur les caractères du crâne, la dimension réduite du sternum et des côtes, la forme et la dimension du bassin et l’aspect des os longs des membres. Leblanc signale aussi que les vertèbres lombaires et le sacrum présentent des lésions manifestes avec déformation sur la cinquième lombaire. Autrement dit, Tin-Hinan «boitait». En recoupant avec les «sources historiques», notamment Ibn Khaldoun, on conclura rapidement que le squelette était vraisemblablement celui de Tin Hina. D’après Ibn Khaldoun, les ancêtres des Touareg, les Berbères Houara, appelaient Tin Hinan, Tiski «la boiteuse». Le patronyme «Tin-Hinan» signifie, selon l’analyse linguistique réalisée par Dida Badi, chercheur au CNRPAH, «celle des campements». Mais tout n’est pas aussi parfait. Le «fabuleux destin» de Tin-Hinan est vite assiégé par les doutes. Après Gabriel Camps, les travaux de Marie-Claude Chamla et Danilo Grébénard ont installé définitivement la «légende» Tin-Hinan dans une intenable posture. Pour cause, le squelette est, selon eux, celui d’un homme. Mais comment expliquer dès lors la présence de la parure féminine ? Dans ses mémoires éditées en 1968 sur les Populations anciennes du Sahara et des régions limitrophes, Marie-Claude Chamla conclut que les «restes étaient ceux d’une femme à caractéristiques masculines» et ajoute que «si les objets découverts dans la tombe n’étaient pas spécifiquement féminins, nous aurions opté pour le sexe masculin» et ce d’après les «caractères du crâne et du squelette, âgés entre 40 à 50 ans, moyennement robuste», écrit-elle.

Squelette d’homme, parure de femme

Presque à la même période, un autre chercheur, Grébénard en l’occurrence, avance une thèse moins « indulgente » pour le mythe. Dans son article consacré à l’étude du mobilier funéraire, il écrit ceci : «(…) Le mausolée renferme un personnage certainement de sexe masculin, dont l’inhumation est à la fois datée par le Carbone 14 et par une empreinte de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin le Grand, émise entre 308 et 324 après J.-C». Il va plus loin dans son interprétation du «mythe fondateur» des Touareg. Pour lui, la «légende de Tin Hinan est une création récente, 200 à 300 ans, conjoncturelle, créée par les Touareg Kel Rela pour des raisons d’ordre politique, afin de conserver le pouvoir et leur suprématie sur tous les Kel Ahaggar. Elle est donc totalement étrangère au tombeau et au personnage qu’il contenait». Cependant, il n’y a pas que le sexe du personnage qui donne encore des migraines aux scientifiques. Le monument d’Abalessa renferme d’autres troublants mystères. Le site, «mal fouillé», selon les archéologues algériens, peut encore révéler — si les recherches reprennent — de précieuses indications pour comprendre aussi bien l’histoire et la servitude initiale du monument. A ce sujet, note Malika Hachid, les archéologues ont avancé deux hypothèses.

Part de légende, part de vérité

Il s’agit pour la première d’une « sépulture qui a reçu le squelette du personnage dit de Tin-Hinan puisqu’on ne sait pas qui sait».

La deuxième, le «monument a d’abord été un fortin», une sorte de petite «tighremet» qui abritait l’Aghlid local (roi) (qui) à sa mort y a été inhumé, transformant l’endroit en un mausolée. L’étude de Aribi, explique-t-elle, rend les choses plus claires. Les plans développés par l’architecte font ressortir qu’il y a d’abord eu une petite forteresse liée à un habitat de plaine où on venait se réfugier dès qu’il y avait une menace. Pour savoir par qui le site a été sacralisé, «une question d’anthropologie culturelle», il faudrait, selon Malika Hachid, reprendre les fouilles. Les reprendre à la base… du monument, propose-t-elle, où «rien n’a été déplacé». «C’est là, fait-elle rappeler, que je suis tombé sur la gravure du cavalier, du chameau et des deux inscriptions libyques. Une gravure datant du IIIe siècle». Une découverte «importante» car elle vieillit d’un coup le site d’un siècle, alors que la datation radiométrique de la lampe romaine et de la tunique en cuire rouge qui recouvrait le squelette le situait entre le IVe et Ve siècles de l’ère chrétienne. A peine cet exposé des motifs terminé, le préhistorien M. Haddouche (ex-DG du Bardo et de l’OPNA) vole au secours de sa collègue au CNRPAH, en mettant en avant le «problème d’ordre chronologique» que posent les 14 chouchets — monuments funéraires — découvertes autour du tombeau d’Abalessa. Leur datation doit être revue, selon lui. «Si les chouchets, explique-t-il, étaient implantées sur le versant du fortin, cela cause un problème d’ordre chronologique, car le fortin a été construit avant. De nouvelles fouilles nous permettront de savoir si celles-ci avaient été islamisées». Ce qui renvoie à une toute autre époque le règne de Tin Hinan. Les enjeux historiques prennent tout leur sens. Les enjeux politiques aussi. La réaction épidermique de Slimane Hachi, directeur du CNRPAH, aux propositions des deux chercheurs en dit long sur le « souci » qu’a l’establishment à préserver le mythe, même au détriment de la dérangeante vérité scientifique, reléguée au second plan. «On ne joue pas avec la mémoire», commentait Slimane Hachi. La «mémoire», c’est d’abord celle des tribus touareg de l’Ahaggar, descendants de Tin-Hinan et de Takama, qu’il incombe de protéger contre les « pourfendeurs » de mythes. La légende n’en est pas moins belle pour autant. Le père de Foucault — qui recueillera au début du siècle les récits des Touareg de l’Ahaggar — rapportait la légende sublimée de Tin-Hinan. C’est celle d’une femme venue avec sa servante Takama de sa lointaine contrée du Tafilalt, sud du Maroc, soumettre les Isabaten, la population autochtone qui vivait dans l’Atakor, et fonder son royaume sur la voie des caravanes. Autrement, on n’en sait que peu de choses sur elle, sur son vécu ou son règne. Peut-être faudrait-il juste se satisfaire du souvenir exalté d’une femme qui du désert en a fait une légende.

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La wilaya de Bgayet victime de la démagogie du pouvoir. Barakat !

Posté par Rabah Naceri le 13 juin 2014

Bgayet_Pleure

On a souvent dénoncé les lenteurs administratives, souvent entretenues par ceux qui sont censés les combattre, et les blocages conscients de nombreux projets inscrits dans les programmes de développement de notre wilaya. Mais, il s’en trouve toujours des zélés pour nous traiter d’agitateurs et de semeurs de troubles comme si, eux, étaient les dépositaires de la conscience du pays et surtout de notre région qui, pourtant, ne cesse d’être marginalisée par les pouvoirs publics et ce, depuis des lustres.

Pour montrer le bien fondé de toutes les critiques objectives et vous prendre à témoin, nous allons remettre sur l’autel de la critique certains projets récemment inscrits et largement médiatisés.

1. Plan de circulation et feux tricolores

L’Assemblée Populaire Communale de Bgayet a rendu publique l’affectation d’une enveloppe conséquente pour la mise en place d’un véritable plan de circulation et la mise en place de feux tricolores aux nombreux carrefours de la ville et plus particulièrement ceux qui se présentent quotidiennement comme de véritables points noirs. La somme de 6 milliards de centimes est accordée à cet effet pour ce projet. Mais, hélas ! Rien n’est fait pour le moment à part quelques modifications tout à fait secondaires apportées au plan de circulation. A ce jour, point de plan de circulation digne de notre ville et point de feux tricolores alors que la saison estivale est officiellement lancée avec toutes les contraintes qu’elle provoquera.

A ce bricolage du plan de circulation s’ajoute l’absence de signalisation verticale et horizontale à telle enseigne qu’il est très difficile à un visiteur de rouler sans se tromper de voie ou de direction ou à un piéton de traverser la route en toute sécurité faute de passages protégés.

2. Téléphérique de Gouraya

Au mois de février de cette année 2014, la presse et la radio Soummam ont rapporté que le projet de réalisation du téléphérique de Gouraya a été confié à un groupement Algéro-français pour un montant de 360 milliards de centimes. Cette nouvelle annoncée par le wali a été bien accueillie par la population Bougiote même si celle-ci affiche un grand scepticisme à l’égard des responsables de cette wilaya car tout le monde a compris que la campagne électorale pour les présidentielles avait commencé prématurément pour le pouvoir. Nous sommes en juin 2014, point de téléphérique !

3. Le tramway de Bgayet

A croire ce qui a été rapporté par la presse, l’étude de faisabilité du tramway de Bgayet aurait dû être lancée au plus tard le 20 février 2014. L’étude aurait été confiée à un bureau d’étude espagnol « Sener » pour un montant de 39,28 millions de Dinars. Cette étude, selon les termes du contrat, devrait être finalisée dans un délai de 5 mois avec possibilité d’extension de la ligne jusqu’à Oued-Ghir (commune distante de 10 kms du chef-lieu de wilaya).

A ce jour, point de tracé et point de tramway.

4. Le complexe pétrochimique

Le projet complexe pétrochimique d’El-Kseur a failli être délocalisé, d’abord, vers une commune proche des limites de notre wilaya avec le risque d’une délocalisation vers une autre wilaya comme ce fut le cas de la raffinerie en 2003. Cette dérive a été mise à jour par le premier ministre qui a révélé, selon une correspondance du wali de Bgayet, l’absence d’assiette de terrain susceptible de recevoir l’implantation de ce projet.
Cette annonce a fait l’effet d’une bombe, et les citoyens, relayé par un député FFS, ont vite réagi en investissant les médias et les réseaux sociaux. Ce qui a suscité une réaction des pouvoirs publics en envoyant le PDG de Sonatrach qui a confirmé devant les membres de l’Apw que le projet est officiellement retenu. Il s’en est suivi la visite du ministre des travaux publics qui a, à son tour,rassuré la population locale de l’implantation officielle du projet.

Il faut quand même avouer que, si la population n’a pas réagi et menacé d’investir la rue, ce complexe pétrochimique aurait suivi celui de la raffinerie inscrite dans l’exercice de 2003.

5. L’usine de textile Algéro-turque

L’usine de textile algéro-turque peine à être relancée à cause des lenteurs administratives et des entraves bancaires. Les 2 usines de textile algéro-turques, dont l’une est programmée à Bgayet et la seconde à Ighil Izane, qui devaient entrer en production en septembre 2013 ne sont toujours pas opérationnelles. Les 2 parties s’étaient même engagées à ce que les 1ers produits soient disponibles sur le marché algérien dès le mois de decembre 2013.

A ce jour, point d’usine algéro-turque !

Nous limiterons nos rappels à ces 5 projets alors qu’il en reste beaucoup d’autres que nous citerons pêle-mêle :

- La pénétrante qui s’éternise
- La restauration de l’ancien tribunal qui s’effrite de jour en jour

- L’échangeur des « Quatre-Chemins » qui ressemble à un gigantesque « dos d’âne » dont les quatre autres ponts sont suspendus.
- Le dédoublement de la voie ferrée Bgayet – Tazmalt pour la mise en place d’une navette qui réduira la pression sur les cités universitaires, et réduira, un tant soit peu, le trafic routier sur ce tronçon de route.
- Un palais de la culture digne de la grandeur de cette capitale Hammadite
- Un palais des expositions qui devait voir le jour en 2001
- Un vrai siège de wilaya pour soustraire la wilaya de son état de SDF
- Etc…

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Lettre de Zohra DRIF au directeur de cabinet de la présidence de la République

Posté par Rabah Naceri le 11 juin 2014

Zohra Drif

Monsieur le directeur de cabinet de la présidence de la République

1- Je vous remercie de m’avoir comptée parmi les personnalités nationales que vous avez invitées aux consultations initiées à l’occasion de la prochaine (encore une !) révision constitutionnelle.

2- Cela m’honore et m’oblige bien évidemment mais dans le même temps accable mes frêles épaules de vieille combattante de la glorieuse Zone autonome d’Alger dont, je dois l’avouer, je ne suis toujours pas revenue.

3- Étant parfaitement consciente et lucide sur le fait que je ne suis l’élue ni de Dieu ni des hommes, je sais que seuls I’immense Révolution du 1er Novembre 1954 et la chance inouie que j’ai eue d’y prendre part, mais surtout le redoutable privilège d’y avoir côtoyé les meilleurs d’entre nous d’alors et d’aujourd’hui, font de moi une “personnalité nationale” que l’on consulte en 2014.

4- Vous comprendrez dès lors que je ne me sens tenue que par la fidélité et la loyauté à mon pays, aux idéaux de notre combat libérateur et à la République algérienne démocratique et populaire telle qu’il en a enfanté, ainsi qu’à ses concepteurs, ses initiateurs et ses martyrs que je porte en moi comme une dette que nulle génération n’arrivera jamais à honorer vis-à-vis de cette terre sacrée. Votre génération peut, cependant, tout faire pour, à défaut d’honorer la dette, ne jamais trahir ce pourquoi elle a été contractée.

5- En lisant et relisant les documents que vous avez eu l’amabilité de m’envoyer, je n’ai cessé de me demander ce qu’en aurait pensé le grand Ben M’hidi que j’ai eu la chance de côtoyer et sous la direction duquel j’ai eu I’immense privilège de travailler jusqu’à son lâche assassinat par l’ennemi français. C’est donc avec la sincérité de mon coeur et la fidélité à la rigueur morale hors du commun de Ben M’hidi ainsi qu’à son sacrifice, que je me dois de vous dire la vérité : en dehors de quelques dispositions qui n’ont aucunement lieu d’être dans une Constitution (elles relèvent d’une simple loi), le document que vous m’avez fait parvenir n’apporte absolument rien ou presque.

6- Absolument rien, car outre le fait que les amendements ne constituent que la énième trituration d’un texte qui devrait accéder à l’intouchabilité du sacré — ce qui confère à cette révision constitutionnelle le statut de énième sacrilège — les changements proposés ne font que rendre criardes des concentrations de pouvoirs présidentiels qui étaient déjà largement exorbitants. Quant à I’essentiel, rien ne change.

7- Ou presque, car il faut bien reconnaître que l’article 81 bis est plus qu’une nouveauté, c’est une monstruosité au sens anatomique du terme. Cet article représente non seulement une violation de toute une part de la Constitution dont il fera partie (comme une maladie auto-immune), mais il est surtout une négation de la volonté populaire en permettant le détournement illégal d’un mandat électif intuitu personae au suffrage universel. Il est vrai que jusqu’ici on nous avait habitués à faire adopter une Constitution pour très vite la violer ou la triturer au besoin. C’est bien la première fois qu’il est proposé au peuple algérien un article (l’article 81 bis) par lequel il abdiquerait sa volonté ou pire, par lequel le mandat qu’il donne à un Président élu et responsable devant lui, est détourné vers une personne non élue et non responsable devant lui. Mais alors, pourquoi élire un Président au suffrage universel ? Et pourquoi se doter d’une Constitution ?

8- C’est ainsi que j’en arrive à la question cruciale de savoir quelles sont les garanties pour qu’après 52 ans d’accession à l’Indépendance, notre pays se dote enfin d’une Constitution qui ne sera pas violée par ceux-là mêmes qui seront chargés de la respecter, j’ai eu beau chercher dans vos documents ces fameuses garanties, mais force est de constater qu’il n’y en a nulle trace. Cela m’amène à penser hélas que cette révision constitutionnelle, pas plus que la précédente, ne répondra aux problèmes politiques et institutionnels qui se posent à notre pays. C’est dommage et j’en suis la première meurtrie.
C’est pourquoi je me permets d’adjoindre à cette modeste contribution cette autre, tout aussi modeste, que j’ai eu à remettre à l’occasion des consultations menées en juin 2011. En 2014 comme en 2011, je vous parle avec sincérité et honnêteté, mue par ce que je crois bon pour mon pays et seulement par cette conviction.

ALGER, LE 5 JUIN 2014
Mme Zohra DRIF-BITAT
Combattante de la guerre de libération nationale. Zone autonome d’Alger

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Déclaration des Droits de l’Enfant (texte intégral)

Posté par Rabah Naceri le 8 juin 2014

Déclaration des Droits de l’Enfant

20 Novembre 1959 (texte intégral)

Préambule

Considérant que, dans la Charte, les peuples des Nations unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme et dans la dignité et la valeur de la personne humaine, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande,

Considérant que, dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, les Nations unies ont proclamé que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés qui y sont énoncés, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation,

Considérant que l’enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance,

Considérant que la nécessité de cette protection spéciale a été énoncée dans la Déclaration de Genève de 1924 sur les droits de l’enfant et reconnue dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ainsi que dans les statuts des institutions spécialisées et des organisations internationales qui se consacrent au bien-être de l’enfance,

Considérant que l’humanité se doit de donner à l’enfant le meilleur d’elle-même,

L’Assemblée générale

Proclame la présente Déclaration des droits de l’enfant afin qu’il ait une enfance heureuse et bénéficie, dans son intérêt comme dans l’intérêt de la société, des droits et libertés qui y sont énoncés; elle invite les parents, les hommes et les femmes à titre individuel, ainsi que les organisations bénévoles, les autorités locales et les gouvernements nationaux a reconnaître ces droits et à s’efforcer d’en assurer le respect au moyen de mesures législatives et autres adoptées progressivement en application des principes suivants :

Principe premier :

L’enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la présente Déclaration. Ces droits doivent être reconnus à tous les enfants sans exception aucune, et sans distinction ou discrimination fondées sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l es opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur toute autre situation, que celle-ci s’applique à l’enfant lui-même ou à sa famille.

Principe 2 :

L’enfant doit bénéficier d’une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités par l’effet de la loi et par d’autres moyens, afin d’être en mesure de se développer d’une façon saine et normale sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité. Dans l’adoption de lois à cette fin, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération déterminante.

Principe 3 :

L’enfant a droit, dès sa naissance, à un nom et à une nationalité.

Principe 4 :

L’enfant doit bénéficier de la sécurité sociale, il doit pouvoir grandir et se développer d’une façon saine; à cette fin, une aide et une protection spéciales doivent lui être assurées ainsi qu’à sa mère, notamment des soins prénatals et postnatals adéquats. L’enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux adéquats.

Principe 5 :

L’enfant physiquement, mentalement ou socialement désavantagé doit recevoir le traitement, l’éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation.

Principe 6 :

L’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d’amour et de compréhension. Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la responsabilité de ses parents et, en tout état de cause, dans une atmosphère d’affection et de sécurité morale et matérielle; l’enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, être séparé de sa mère. La société et les pouvoirs publics ont le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou de ceux qui n’ont pas de moyens d’existence suffisants. Il est souhaitable que soient accordées aux familles nombreuses des allocations de l’État ou autres pour l’entretien des enfants.

Principe 7 :

L’enfant a droit à une éducation qui doit être gratuite et obligatoire au moins aux niveaux élémentaires. Il doit bénéficier d’une éducation qui contribue à sa culture générale et lui permette, dans des conditions d’égalité de chances, de développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités morales et sociales, et de devenir un membre utile de la société.

L’intérêt supérieur de l’enfant doit être le guide de ceux qui ont la responsabilité de son éducation et de son orientation; cette responsabilité incombe en priorité à ses parents.

L’enfant doit avoir toutes possibilités de se livrer à des jeux et à des activités récréatives, qui doivent être orientés vers les fins visées par l’éducation; la société et les pouvoirs publics doivent s’efforcer de favoriser la jouissance de ce droit.

Principe 8 :

L’enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours.

Principe 9 :

L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation, il ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque forme que ce soit.

L’enfant ne doit pas être admis à l’emploi avant d’avoir atteint un âge minimum approprié; il ne doit en aucun cas être astreint ou autorisé à prendre une occupation ou un emploi qui nuise à sa santé ou à son éducation, ou qui entrave son développement physique, mental ou moral.

Principe 10 :

L’enfant doit être protégé contre les pratiques qui peuvent pousser à la discrimination raciale, à la discrimination religieuse ou à toute autre forme de discrimination. Il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d’amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu’il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables.

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Comment est-ce possible ?

Posté par Rabah Naceri le 7 juin 2014

J’aurais imaginé que n’importe quelle absurdité pourrait arriver dans cette Cité, jadis Capitale Hammadite,  sauf celle-ci : une pétition contre l’érection d’une bibliothèque communale.

Pour éclairer les lecteurs ou les visiteurs du blog, je vous relate cette histoire insolite que le commun des mortels n’aurait jamais imaginé que cela arriverait dans cette ville qui a été élevée au rang de capitale des Hammadites. Cette ville des sciences, de la culture qui a abrité des rencontres de savants de la méditerranée et de bien d’autres contrées éloignées, cette ville qui, dans ses moments de gloire, a mis à la disposition de ses citoyens une bibliothèque contenant plus de 10 000 ouvrages, des manuscrits authentiques sur les recherches en mathématiques, sur l’astronomie, sur les sciences médicales, sur les sciences en théologie, etc…

Un terrain, situé sur la rue Ahcène DEHAS, relevant du patrimoine foncier communal, abandonné et transformé en décharge publique, a été affecté à la construction d’une bibliothèque communale par délibération de l’Assemblée Populaire Communale de Bgayet. Le wali, accompagné du premier magistrat de la commune et d’une délégation d’élus communaux ont procédé à la pose de la première pierre pour la réalisation de cette infrastructure culturelle il y a de cela une vingtaine de jours, c’est à dire vers le début mai 2014.

Il faut rajouter aussi que ce terrain est à une dizaine de mètres d’une sûreté urbaine (1er arrondissement), à une centaine de mètres du siège de la mairie, à une cinquantaine de mètres de la Direction des Travaux Publics, qui est également à cheval entre la rue du Vieillard et la rue Ahcène Dehas.

Le côté insolite de cette histoire est qu’un groupe de jeunes, se disant résidents de ce quartier et « défenseurs d’espace vert », ont osé lancé une pétition pour faire annuler ce projet de construction d’une bibliothèque. Ces défenseurs de l’environnement d’un autre autre âge obéissent sûrement à d’autres objectifs et aux orientations de quelques manipulateurs agissant dans l’ombre pour réduire la réputation légendaire de cette ville pour la Culture et le Savoir, et, du coup, détourner ce terrain pour la construction d’une promotion immobilière sachant que le prix du mètre carré dans cette zone est excessivement élevé.

Pour éclairer nos amis, j’ai pris soin de prendre quelques clichés de « cet espace vert » en présence de Mr Boubeker Amrani, correspondant du quotidien « La Cité », qui a rédigé de sa plume un article paru ce matin, samedi 07 juin 2014. Jugez par vous-mêmes la beauté de cet espace.

Espace_1   Espace_2  Première pierre

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