Comment réduire sensiblement les accidents de la route ?

Posté par Rabah Naceri le 27 août 2013

 

Contribution de T. Fodil (expert en risques industriels)
Comment réduire sensiblement les accidents de la route ? dans 1. AU JOUR LE JOUR monjournal
Je voudrais à travers ce document apporter ma contribution pour prendre en charge sérieusement le problème des accidents de la route qui constituent actuellement en  Algérie l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde.Je veux résumer dans ce document la démarche que je considère indispensable pour réduire sensiblement le nombre de décès, de blessés et de pertes matérielles et financières considérables qu’engendrent les accidents de la route à la collectivité.
Tout le monde fait des constats sur ce désastre national sans apporter une solution à même de stopper l’hécatombe qui touche la population et l’État algériens.
Des responsables d’institutions à différents niveaux ont montré leurs limites à freiner ou réduire ce fléau dans le cadre des prérogatives qui leur sont dévolues.
Ces responsables, dont je ne remets pas en cause la compétence, sont malheureusement bloqués par les lourdeurs, le manque de réactivité et d’efficacité qui caractérise les structures qu’ils dirigent.
Que faire pour que chaque maillon de la chaîne de prévention joue pleinement son rôle?
Ma réflexion sera détaillée dans un fascicule dans lequel je précise les plans d’actions multiformes à mettre en œuvre pour cerner toutes les causes auxquelles il faut s’attaquer en se donnant tous les moyens humains, matériels et organisationnels indispensables.
Il est facile aux différents responsables d’affirmer sans aucune analyse sérieuse que tous les accidents sont dus aux conducteurs qui sont parfois traités de terroristes de la route pour se dédouaner de leur incapacité à faire face à ce fléau.
 
La démarche doit s’articuler donc autour des axes suivants :
- Remettre en état et aux normes les infrastructures routières.
- Revoir toute la signalisation routière existante, l’adapter aux exigences actuelles et la mettre aux normes internationales.
- Généraliser les feux tricolores à tous les carrefours et matérialiser les passages pour piétons.
- Renforcer le contrôle technique  des véhicules et réduire la périodicité pour les transports publics (bus, taxis) et les poids lourds.
- Réorganiser et moderniser les services des ponts et chaussées.
- Former et recycler les conducteurs en améliorant les méthodes, en responsabilisant et en perfectionnant les formateurs.
- Contrôler la conformité technique des pièces de rechange et encadrer les ateliers de réparation.
- Rendre obligatoire le carnet d’entretien pour tous les véhicules.
- Mettre en place une structure spécialisée pour la sensibilisation et l’information des automobilistes, des motocyclistes et des piétons.
- Renforcer les moyens de secours sanitaires (Samu, ambulances des hôpitaux, Protection civile, moyens aériens).
- Introduire la prévention routière dans le programme scolaire.
- Impliquer les cociétés d’assurances dans la prévention (financement de la prévention, contribution au budget d’une structure nationale de prévention qui sera officialisée mais indépendante).
- Réprimer les responsables d’institutions ou de structures qui ont failli à leur mission par négligence ou malversations.
- Autoriser la création d’une ou plusieurs radios par et pour les routiers pour informer, sensibiliser, inculquer le respect et la politesse entre les conducteurs.
- Inciter  et intéresser les investisseurs à la création d’espaces de repos et de détente pour les conducteurs afin de réduire l’effet de la fatigue au volant.
- Imposer par décret aux concessionnaires automobiles un cahier de charges rigoureux concernant la conformité des véhicules aux normes de sécurité internationales et exiger un service après-vente de qualité.
- Réorienter les contrôles routiers sur des aspects importants et réhabiliter le rôle du motard, notamment sur les autoroutes et les routes nationales.
- Généraliser les contrôles d’alcoolémie, prise de drogues et psychotropes.
- Identifier et corriger tous les points noirs relevés par les enquêtes de gendarmerie et de police.
- Constituer une base de données nationale sur les accidents de la route et la mettre au service des organismes concernés.
Quels sont les moyens organisationnels, humains et matériels à mettre en œuvre ? 
- Créer un Centre national  d’études, d’investigation, d’orientation  et d’action qui sera financé par prélèvement obligatoire d’un taux sur le chiffre d’affaires des sociétés d’assurances, car la réduction des accidents de la route va leur apporter des gains importants.
- Faire appel à l’expertise étrangère pour enclencher le programme national de prévention routière et de mise aux normes des infrastructures.
- Redéfinir le rôle de chaque organisme et institution dans la prévention routière, revaloriser et doter ces structures en moyens matériels et humains leur permettant de jouer efficacement leur rôle.
- Encadrer les transports en commun, poids lourds, motocycles, engins de travaux publics et agricoles par une structure spécialisée au niveau local.
- Adapter la législation actuelle à cette stratégie pour responsabiliser tous les intervenants ayant entraîné directement  ou indirectement un accident (conducteurs, responsables à tous les niveaux, concessionnaires, vendeurs de pièces de rechange, mécaniciens, piétons, entrepreneurs.)
- Créer au niveau de chaque wilaya une Direction de la signalisation routière qui sera chargée de la maintenance, la modernisation et la normalisation. 
- Créer au niveau des communes des structures de prévention et d’intervention dotées de moyens humains et matériels adéquats
- Encourager les associations de prévention routière en les dotant de ressources financières et matérielles avec la contribution des Caisses d’assurances sociales.
La réduction des accidents de la route est possible, mais elle nécessite des mesures et des décisions inscrites dans un programme national à moyen et long terme impliquant tous les acteurs.
Je suis sûr que si la volonté est affirmée, on arrivera certainement à réduire les accidents progressivement pour atteindre le niveau européen actuel dans cinq à sept années.
Je reste convaincu que le conducteur algérien n’est pas plus mauvais que les autres, et que la mobilisation à tous les niveaux, la mise en place d’une organisation de la prévention pérenne, intelligente et adaptée à la situation  donnera de très bons résultats.
J’invite toutes les personnes intéressées par cette démarche (associations, experts, institutions, médias, citoyens anonymes) à agir sans relâche pour pousser les pouvoirs publics à engager une véritable politique de prévention routière. Je termine en lançant un appel à Monsieur le Premier ministre pour organiser une séance de travail au plus haut niveau regroupant les responsables des différents secteurs pour mettre en œuvre un programme national de prévention routière.
Par T. Fodil, expert en risques industriels et consultant en gestion

Laisser un commentaire

 

Association des Copropriéta... |
I will be back |
targuist |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | ALGER RIT
| postier du 10
| Gabon, Environnement, Touri...