Bougie, port maghrébin (1067-1510) par Dominique VALERIAN

Posté par Rabah Naceri le 29 juillet 2013

  Bougie, port maghrébin (1067-1510) par Dominique VALERIAN dans 3. CULTURE & EDUCATION correspondances

 

Frontières et territoire dans le Maghreb de la fin du Moyen Age :

les marches occidentales du sultanat hafside.

Dominique VALERIAN est agrégé d’histoire, ancien membre de l’Ecole française de Rome de 1998 à 2001, maître de conférence d’histoire médiévale à l’Université Paris I Panthéon – Sorbonne et membre de l’UMR 8084 « Islam médiéval : espaces,réseaux et pratiques culturelles ».
Sa thèse soutenue à l’Université de Paris I en décembre 2000, a porté sur « Bougie, port maghrébin (1067-1510) ». Son travail actuel a pour objet les ports musulmans, principalement maghrébins, à la fin du Moyen Age et les conséquences économiques, sociales et politiques de leur insertion dans l’espace méditerranéen.

Ce travail s’attache à suivre l’émergence progressive, dans le Maghreb médiéval, d’une conscience du territoire. Par delà la distinction traditionnelle entre dâr al-Islâm et dâr al-harb, on voit en effet s’affiner, chez les géographes d’abord, une définition de régions qui s’individualisent au sein de l’espace islamique, avec un sens le plus souvent politique.
L’exemple de la région de Bougie (Bijâya), marche occidentale du territoire hafside à partir du milieu du XIIIe siècle, montre le glissement sémantique du mot thaghr, qui dans ce contexte finit par définir, chez Ibn Khaldûn notamment, une région frontière à l’intérieur du dâr al-Islâm, une province qui se distingue des autres par une autonomie périphérique accordée par le pouvoir central.

Parler de territoire ou de frontières pour le Maghreb médiéval peut sembler anachronique, tant ces concepts sont étroitement liés à la construction de l’État moderne et de la nation, deux réalités qui n’apparaissent que plus tardivement et progressivement. En principe la conscience d’appartenir à la communauté musulmane (Umma) interdit même de penser des frontières internes au monde de l’Islam. Seules sont légitimes celles, religieuses et civilisationnelles, qui séparent le Dâr al-Islâm du Dâr al-Harb, représenté principalement par le monde chrétien.

Mais la réalité politique contredit ces principes, et des pouvoirs régionaux se constituent, dès le début de la période abbasside, exerçant leur autorité sur un espace donné. Peut-on pour autant parler de territoires, bornés par des frontières ? Il faut d’emblée écarter une approche trop contemporaine, qui envisagerait une souveraineté territoriale, définie par des frontières, “contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même”. Une telle conception, dans le monde musulman comme du reste dans l’Occident chrétien, n’est pas encore élaborée. De même il ne s’agit pas de rechercher, au Moyen Age, les origines des États actuels, comme l’a tenté l’historiographie nationaliste. Pourtant, dès la fin du Moyen-Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple.

UNE CONSCIENCE DU TERRITOIRE ?

On a pu dire qu’il n’existait pas au Maghreb de conscience du territoire, car l’autorité d’un État sur le plat pays s’exerçait non sur un espace, mais sur les tribus. Les limites de cet État enfermeraient par conséquent celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus. Mais cette vision est réductrice, ne serait-ce que parce que l’autorité politique ne se résume pas à la subordination des tribus. Par ailleurs, elle repose parfois implicitement sur une conception raciale ou biologique, héritée de l’historiographie coloniale, qui veut que les Maghrébins seraient inaptes – contrairement aux Européens – à concevoir leur espace de manière « moderne », entendons par là un espace borné par des frontières identifiées. Émile-Félix Gautier est, comme souvent, le représentant le plus net, ou le plus caricatural, de cette idéologie : « Ce qu’il y a de plus particulier peut-être dans la façon dont un cerveau oriental conçoit l’histoire, c’est que sa conception de l’humanité est biologique et non pas du tout géographique. Pour l’Oriental la cellule humaine et historique est la tribu, le clan, autrement dit l’espèce biologique, parfaitement dégagée de tout substratum de pays ou de province : c’est qu’il est un nomade essentiel, et que d’ailleurs dans son évolution il n’a pas dépassé le stade du clan ». Plus loin, il insiste : « Pour nous au contraire, la cellule historique de l’humanité est le pays, la patrie territoriale, la nation inséparable de ses frontières, c’est que nous sommes héritiers de la cité antique». Ce jugement d’un géographe de la Troisième République peut paraître radical, inopérant ou désuet, mais il invite surtout à s’interroger sur l’éventuelle conscience d’un espace commun dans le Maghreb et sur son émergence dès la fin du Moyen Age.

Un territoire suppose en principe un « espace approprié, avec sentiment ou conscience de son appropriation », concept proche de ceux de patrie ou de  nation. Dans ce sens le territoire, produit affectivement, socialement, culturellement et symboliquement, entre dans la construction d’une identité collective. Cette conscience est difficile à mesurer dans le cas du Maghreb médiéval. L’analyse des nisba-s, ou noms de relations, permet cependant une première approche. Si l’on trouve de nombreuses nisba-s tribales, qui affirment un type d’appartenance lignager, les nisba-s géographiques renvoient le plus souvent à des villes, et non à des territoires plus larges et politiquement définis. Seule la nisba al-Maghribî est fréquente, mais surtout en Orient. Elle exprime la conscience d’une individualité de cette partie du monde musulman, ce que confirment les chroniques et les descriptions géographiques. Ibn Khaldûn note ainsi la différence entre le Maghreb théorique des géographes, qui se termine à la mer Rouge et inclut l’Égypte, et le Maghreb tel qu’il est pensé par ses populations, qui s’arrête à la province de Tripoli incluse : « Quant à l’opinion courante à cette époque parmi les habitants de cette région [Iqlîm], elle n’y inclut pas la région de Misr ni celle de Barqa […] Et cela correspond à ce qui était autrefois le pays [diyâr] des Berbères et leur territoire [mawâtin]».

Si les Maghrébins ont donc le sentiment d’une identité commune, renforcée peut-être par l’expérience unitaire almohade, cette conscience ne recouvre pas des espaces plus précis, correspondant aux réalités politiques de leur temps. Il semblerait que l’allégeance à une dynastie ne se traduise pas par un sentiment d’appartenance à un espace de domination politique. En ce sens, il est difficile de parler de territoire.

TERRITOIRES DONNÉS, TERRITOIRES PRODUITS : LES DIVISIONS DE L’ESPACE CHEZ LES GÉOGRAPHES

epoque-hafside dans 3. CULTURE & EDUCATIONSi les limites orientales de l’Ifrîqiya peuvent être placées assez facilement et approximativement en Tripolitaine, dans l’espace compris entre l’Égypte et l’actuelle Tunisie, les limites occidentales sont plus mouvantes et difficiles à cerner, en raison d’une compétition politique plus dure. À l’époque hafside, elles se situent dans la région de Bougie qui acquiert, de ce fait, un statut de zone-frontière.

La définition d’un espace frontalier Bougie occupe, dans l’espace maghrébin, une place assez changeante : tantôt elle fait partie de l’Ifrîqiya, tantôt elle est placée dans le Maghreb Central.
Ainsi au milieu du XIIe siècle Idrîsî, qui la situe dans la première section du 3e climat, dit qu’elle est à son époque « la ville [principale] du Maghreb central » (madînat al-Maghrib al-awsat) et la « capitale (‘ayn) du territoire des Banû Hammâd». Il la sépare de l’Ifrîqiya qui s’étend jusqu’à Tripoli à l’Est, avec Mahdia pour capitale, et distingue ainsi deux espaces qui correspondent à deux souverainetés, celles des Zirides et des Hammadides.
Au début du XIIIe siècle, Yâqût écrit, dans sa notice sur Bougie, que c’est « une ville au bord de la mer, entre l’Ifrîqiya et al-Maghrib», donc dans une zone intermédiaire. Ailleurs, lorsqu’il définit les limites occidentales de l’Ifrîqiya, dit d’abord qu’elles se trouvent à Bougie, ajoutant ensuite que certains les repoussent jusqu’à Miliana. Enfin Ibn al-Khatîb, auteur andalou du XIVe siècle et bon connaisseur de la situation politique maghrébine, définit le domaine hammadide, dont Bougie était la capitale à partir de la fin du XIe siècle, comme la “partie occidentale de l’Ifrîqiya”. Mais il emploie ce nom dans le sens qu’il a à l’époque hafside.

C’est chez Ibn Khaldûn que la place de la ville dans l’espace politique maghrébin est le mieux définie. Á la fois historien, homme d’État et théoricien du pouvoir, ce dernier fut au milieu du XIVe siècle chambellan de Bougie, à une époque où l’appartenance de la ville à l’espace politique hafside est contestée. Cette expérience politique n’est sans doute pas étrangère à son appréhension des divisions de l’espace maghrébin. Lorsqu’il utilise le concept de frontière, c’est alors dans un sens clairement politique de frontière d’un État. Il assigne en effet à Bougie le rôle de place-frontière de l’espace hafside. Le mot le plus souvent utilisé par Ibn Khaldûn pour désigner cette région est thaghr, plus rarement employé dans sa forme plurielle de thughûr. Il lui arrive exceptionnellement de choisir le mot plus neutre de nâhiya (région) occidentale du domaine hafside, mais associé à la notion de frontière : lorsqu’il parle des projets de reconquêtes occidentales du sultan Abû ‘Asîda (1295-1309), il écrit qu’il “conçut l’espoir d’une expédition dans la région occidentale et de la restitution de ses marches par l’émir Abû Zakariya” (“haddatha nafsahu bi-ghazw al-nâhiya al-gharbiyya wa irtijâ‘ thughûri-hâ min yad al-amîr Abî Zakariyâ’”). On peut trouver çà et là d’autres expressions désignant la frontière comme atrâf ou tukhûm. Mais le terme le plus utilisé reste celui de thaghr. Ainsi lorsqu’il parle d’Abû Zakariyâ’, qui s’est rendu indépendant à Bougie en 1285, il écrit qu’il gouvernait alors “la ville de Bougie et la marche occidentale de l’Ifrîqiya (Bijâya wa al-thaghr al-gharbî min Ifrîqiya)“.
Plus tard, à propos du fils et successeur d’Abû Zakariyâ’, l’émir Abû l-Baqâ’ Khâlid, il dit qu’il “était maître de la frontière occidentale de l’Ifrîqiya (Sâhib al-thaghr al-gharbî min Ifrîqiya)” depuis les derniers jours du sultan Abû ‘Asîda. Ce terme de thaghr, utilisé dans ce contexte, peut surprendre. Chez la plupart des auteurs arabes il désigne la frontière qui sépare les pays d’Islam et le monde non-musulman, tout particulièrement chrétien, ce que l’Andalou Ibn Khaldûn ne pouvait ignorer. Il lui retire donc ici toute signification religieuse. Cette frontière n’a pas plus le sens de limite ethnique, économique, linguistique, elle ne sépare pas deux types de civilisations, ni deux genres de vie, mais est purement politique et militaire. En revanche le mot conserve l’idée de zone-frontière, de marches ne pouvant se réduire à une ligne nette qui marquerait le passage d’une souveraineté à une autre. Bougie est donc la capitale d’une province frontière dont les confins occidentaux dessinent les limites du territoire hafside.

La pratique de la frontière

Cette représentation n’est pas seulement l’élaboration d’un théoricien exceptionnel de l’État. Elle reflète la réalité de la pratique politique et du rapport du pouvoir à son espace, en particulier dans ses marges. Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière est la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. La nécessité de répondre promptement aux menaces ainsi que les difficultés de communication induisent une forme d’autonomie périphérique par rapport à la capitale. Si les premiers souverains hafsides maintiennent un contrôle direct sur cette région, dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (« ‘aqada la-hu ‘alâ Bijâya wa a‘mâli-hâ, wa anfadha-hu ilayhâ amîran mustaqillan »), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Le haut personnel politique et le commandement militaire peuvent alors échapper au pouvoir central, et l’on voit se développer un sentiment d’attachement de la population de la ville à ces émirs, qui souvent deviennent héréditaires. Cette tendance se confirme, une fois passée la crise mérinide du milieu du XIVe siècle et lorsque, vers 1370, le sultan de Tunis nomme à Bougie son fils aîné. Il lui cède son autorité sur les impôts et sur l’armée, lui donne « le commandement absolu [de sa ville et de sa province] et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté». Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la Muqaddima dans lequel Ibn Khaldûn explique que « toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières », où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie. Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge.

La définition de cet espace par Ibn Khaldûn repose en partie sur un héritage historique, puisqu’elle s’appuie sur l’ancien territoire hammadide, qui correspond aussi, globalement, à celui de la province almohade de Bougie. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : « il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région (‘aqada li-ibni-hi ‘alâ thaghr Bijâya qâ‘idat mulk Banî Hammâd, wa ja‘ala ilay-hi al-nazar fî sâ’ir a‘mâlihâ) ». Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la bay‘a prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la khutba prononcée en son nom.

Au-delà de Bougie cependant, la définition du territoire frontalier n’est pas aisée. Le réseau de villes est en effet relativement faible à l’ouest : mises à part Alger et Dellys sur la côte, il n’y a guère de villes à l’intérieur pour défendre ce territoire, Ashîr et la Qal‘a des Banû Hammâd ayant été depuis longtemps abandonnées. On ne trouve pas en particulier ce dense réseau de forteresses qui marque, en Péninsule ibérique, les zones faisant face aux chrétiens.La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace. Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu fait allégeance. Ce rapport des tribus au territoire d’un État peut être analysé à travers le cas des Zughba, installés dans le Maghreb central jusqu’au début du XIIIe siècle. Leur région se trouve, après la chute des Almohades, revendiquée aussi bien par les Hafsides que par les Abdelwadides. Toutefois dans les deux cas, elle est excentrée par rapport aux centres politiques, d’où une certaine fragilité de leurs allégeances qui se traduit par le passage d’une souveraineté à l’autre et des périodes d’autonomie totale. Lorsque les Zughba reconnaissent l’autorité des Hafsides, ceux-ci les utilisent dans leur lutte contre les voisins de Tlemcen. En échange, ils se voient attribuer en iqtâ‘ une région, le Hamza (autour de l’actuelle Bouira), petite plaine intérieure fertile qui surtout commande la vallée de l’oued Eddous, c’est-à dire l’entrée de la percée menant à la Soummam et à Bougie. Lorsqu’il rapporte cette concession faite par les Hafsides, Ibn Khaldûn définit le Hamza comme “faisant partie du territoire de Bougie (min awtân Bijâya) et touchant aux régions occupées par les Riyâh [à l’est] et les Athbaj [à l’ouest]“. L’espace concédé est défini ici par rapport aux territoires des tribus voisines, les Riyâh à l’est, qui relèvent de l’autorité hafside, et les Athbaj à l’ouest, qui reconnaissent celle des Abdelwadides. On peut supposer que, dans le détail, les contours de cet espace résultent d’accords, éventuellement tacites, entre les tribus voisines. L’iqtâ‘, qui désigne en principe une concession purement fiscale, prend ici une autre dimension en l’absence de gouverneur représentant de l’autorité souveraine. Il devient concession d’un pouvoir politique qui s’exerce localement, au nom des Hafsides, sur les populations sédentaires et les tribus moins puissantes. Autrement dit, les Zughba sont chargés de garder la principale voie d’accès au territoire hafside, face à celui d’une autre tribu qui relève du pouvoir abdelwadide. L’allégeance des Zughba se traduit donc par le déplacement de la tribu et son installation à l’intérieur du territoire hafside et par la concession, sous forme d’iqtâ‘, d’un espace tribal frontière à défendre. Le lien reste ténu cependant, toujours susceptible d’être rompu.

La dévolution des impôts à la tribu ne permet pas notamment cette affirmation périodique de la souveraineté du sultan, à l’occasion de la mahalla, bien connue pour l’époque moderne. Ainsi en l’absence, d’une part, d’un réseau urbain et de fortifications qui matérialisent la frontière, d’autre part, de représentant du pouvoir et d’une administration dans les zones frontières, les tribus assurent la défense de l’entrée du territoire, et les limites de leurs terres de parcours définissent celles du territoire du souverain auquel elles font allégeance, marquant en définitive la frontière comme le feraient ailleurs des villes ou un réseau de forteresses.

CONCLUSION

Si l’on ne peut encore, à l’époque médiévale, déceler la conscience, par la population, d’appartenir à un territoire, on voit en revanche s’affirmer vers la fin de la période, à travers le discours comme à travers la pratique politique, une revendication par l’Etat d’un territoire qu’il entend contrôler. La définition et la délimitation de ce dernier restent encore sommaires, imprécises et mouvantes, en raison de la faiblesse du réseau urbain, d’un marquage de l’espace encore très incomplet et d’une présence limitée du pouvoir dans les zones de marches. L’unité de ce territoire ne tient alors qu’à la reconnaissance de la souveraineté d’une dynastie, donc à un rapport de forces nécessairement changeant. Surtout, elle ne se manifeste pas par la conscience d’un espace commun, ce qui contribue à sa fragilité. Mais les principes, qui se précisent à l’époque moderne et contemporaine, sont déjà posés.

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