Halte aux mensonges ! (de Abderahmane Zakad)

Posté par Rabah Naceri le 10 mai 2013

 Halte aux mensonges ! (de Abderahmane Zakad) dans 1. AU JOUR LE JOUR mensonges

J’ai été invité par la direction de la culture pour une conférence sur le Patrimoine à Béjaia le 18 mai 2013. Je m’y suis préparé et j’aurai aimé faire cette conférence aux gens de ma ville. Mais hélas, j’ai annulé cette conférence pour raisons de mensonge urbanistique à un premier ministre lors de sa visite du 27 avril 2013.

Les mises en scène que nous connaissons depuis 1962 , lors des visites officielles dans les villes, demeurent et ça n’a pas changé. La visite le 27 avril 2013 du premier ministre à Béjaia a respecté le protocole du mensonge et des visites combinées. On lui a tracé un circuit adapté et on lui a camouflé certaines aberrations d’ordre urbanistique, architecturales et patrimoniales. Béjaia qui est un cloaque boueux dans la tête et dans les murs, ville pourrie par l’argent et les affaires, où l’ignorance domine, ou les intelligences fuient, ville en décrépitude comme toutes les villes algériennes, on veut la présenter au premier ministre comme une réussite architecturale et économique, on veut la lui montrer comme une ville où il fait bon vivre alors que dans l’ancienne ville indigène et l’autre coloniale, tout le monde est dans le coma intellectuel et dans la misère philosophique n’ayant comme moyen pour survivre que la mosquée.
J’ai pris une cinquantaine de photos de la mise en scène et des photos des dégradations que l’on cache avec, comme toujours, la complicité des techniciens. Et dire qu’il y a des architectes, des ingénieurs, des intellectuels, des universitaires qui se taisent. Ils se taisent pour différentes raisons : certains ont des casseroles, on les comprend. Ils doivent être impliqués dans des « compbinazziones à l’italienne« - Certains ne veulent pas se mouiller par faiblesse de caractère – d’autres attendent que ça change avec la baraka ( et la baraka on l’attend depuis 50 ans) – certains ont vu leur salaire quadruplé ( ya bon banania !) – d’autres se disent, il va bien se passer quelque chose ( bien sûr qu’il va se passer quelque chose, il y a bien eu un tremblement de terre !)
Et voilà, c’est comme dans le « Désert des Tartares » le livre de Dino Buzati – tout le monde attend…..et la ville se dégrade et nos enfants perdent confiance devant leurs parents qui fuient ou qui mettent la tête dans le sable des ignominies..

Aussi, ci-dessous le texte que j’ai adressé à la direction de la culture de Béjaia pour annuler ma conférence en guise de protestation citoyenne.
Cordialement,
Abderrahmane Zakad

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De : Abderrahmane Zakad
À :
Envoyé le : Vendredi 10 mai 2013 10h31
Objet : Tr : invitation au mois du patrimone

Monsieur ,

C’est avec regret que je vous annonce mon désistement pour la conférence que je devais donner sous votre égide le 28 mai 2013 à la population de Béjaia. Conférence ayant pour thème :

« Le Patrimoine et la résistance nationale »
thème que j’ai préparé et que j’aurai aimé présenter à la population de Béjaia.

Les raisons de mon désistement sont :
1 – La mascarade qui a eu lieu pour recevoir le premier ministre en visite à Béjaia le 27 avril 2013.
On a peint et repeint, on a gratté les murs et on a réparé superficiellement ce qui étaient délabré depuis plus de dix ans et ce à l’occasion seulement de la visite du premier ministre.
Je vous transmets les photos, les justifications et les raisons de mon désistement :
– des réparations vite et mal faites de la place du 1er Novembre (ex place Gueydon) seulement pour la visite d’un officiel. Alors que de graves dégradations sur le Patrimoine et les bâtiments non visibles n’ont pas été réparées ( d’autres documents sont à votre disposition). (ci-joint photo)
– l’arbre qui pousse depuis plus de 10 ans sur un immeuble et que l’on a mal coupé à l’occasion de la visite d’un officiel. (ci-joint photo)
– Béjaia se dégrade d’une façon inquiétante et irréversible. La ville est inhibée par le doute et la dégradation tant dans les esprits que dans les pierres et en plus nous cultivons le mensonge. Barakat !

J’impute cette mascarade aux autorités locales du wali jusqu’à tous les chefs de service, à tous les responsables locaux, à tous les élus, qui au lieu de laisser la vérité paraître, ils la cachent, la taisent ou la transforment sans avoir soigné le mal qui s’aggrave dans la localité de Béjaia, ma ville. Comme d’habitude on a mis une cautère sur une jambe de bois. Je détiens d’autres photos de la mascarade élaborée pour tromper un premier ministre en visite. Bien sûr, le ministère de la culture n’y est pour rien, mais les autorités de la ville de Béjaia y sont pour beaucoup.

Ancien officier de l’ALN, universitaire, l’honnêteté intellectuelle et mes convictions citoyennes m’empêchent de participer aux mascarades.

2 – Je trouve là également l’occasion de protester contre les autorités de la ville de Béjaia, du wali jusqu’au dernier planton, pour avoir accepté d’ériger le buste d’un certain Gomez Texeira d’origine Portugaise sur une place légendaire de ma ville et qui s’appelle la Place Patrice Lumumba qu’on veut effacer.
Je ne connais pas Mr. Gomez Texeira, je ne le sens pas, il n’est pas de chez moi et il n’a rien fait pour mon pays à part dormir dans un hôtel durant 10 ans. En plus il a été président d’un des pays colonisateurs, le Portugal, en décimant les populations d’Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Sao-Tomé sans compter les conquêtes d’Amériques du sud du XV et XVIè siècle. Je n’ai rien contre le Portugal ni contre les portugais, j’aime le fado et la saudade mais la réalité historique est là.
J’aurai voulu voir un monument érigé à la mémoire de cheikh Ahaddad, de Mekki Pacha (chahid), des 13 jeunes chouhadas, âgés de 18 ans, fusillés en mars 1956 à Taâssat sur les hauteurs de Béjaia, d’Abdelhafid Ihaddaden assassiné le 11 juillet 1961 ou de Mekbel Said ( assassiné en 1994) ou encore Malika Gaid et des milliers d’autres chahid et chahidas. En plus, par pudeur dans notre éducation politique et civilisationnelle, il n’est pas dans nos traditions d’ériger des stèles personnifiées. Il n’y a de héros que le peuple. Les chouhadas n’ont pas demandé à avoir une statue mais seulement que le pays soit libéré, ce qu’ils ont eu le mérite de faire, et que les principes et les idéaux tels qu’inscrits dans la déclaration de Novembre soient respectés. Ce qui n’est pas le cas avec le buste de Texeira Gomez en plein centre d’une ville parmi les villes les plus réputées du pays.

J’ai bonne confiance en la population de Béjaia dont je fais partie, qui saura se ressaisir pour mettre de l’ordre dans son histoire, son Patrimoine, son Identité et faire apparaître la vérité.
Je détiens des documents qui justifient ma prise de position citoyenne.

Par ailleurs, je vous informe que j’ai reçu une invitation signé Benahmed Djamel pour la Direction de la Culture de la wilaya de Béjaia.
Quelle est la fonction de Mr. XXXXX ? Est-il vraiment de la direction de la Culture puisque l’expéditeur est xxxx ? Est-ce XXXXXX qui m’invite ou est-ce la Direction de la Culture de Béjaia ? Eclairez-moi.

Cordialement,
Abderrahmane Zakad – Urbaniste/Romancier

Une Réponse à “Halte aux mensonges ! (de Abderahmane Zakad)”

  1. Maadi reda dit :

    Il indubitablement juste ce que vous décrivez. Béjaia capital médiéval du Maghreb dans son histoire, ville chargée de culture et d’histoire, symbole de la résistance face au joug colonial a cessée d’exister depuis fort longtemps hélas. Mais que faire ? Avec une population amorphe et qui préfèrent les discutions de salon, la médisance et la tartufferie au lieu de la mobilisation et de l’effort de conscience en vue de bousculer les habitudes, de redonner a cette cité millénaire son histoire d’antan. Chez nous tous le monde veut être chef, mais personne ne veut donner de son temps pour l’intérêt général y compris les autorités locales dans la démission est plus qu’une lapalissade. Alors que se passe t – il a Béjaia ? Ou se situe concrètement la problématique ? Existe t – il des militant capable et en dehors d’une tutelle idéologique de porter la confrontation politique en vue d’activer et de réactiver la volonté politique et les aspirations d’une population qui méritent de hisser la flamme du développement et de rehausser le prestige historique de cette cité berceau de la résistance depuis l’antiquité à l’indépendance. S’agit – il de votre désistement à ce colloque et ce, indépendamment de vos arguments justement étayés. Nous vous donne pas le droit à la démission. Le combat s’inscrit dans la durée et votre présence aurait été l’instant fatidique d’asseoir la confrontation dans le champ publique et dans un cadre démocratique. La résistance, non loin de vous donner des leçons, elle doit être portée sans outrecuidance et doit aussi s’inscrire comme le prolongement cohérent de la lutte de nos aînés. Il existe en effet une élites, des militants et des universitaires à même capable de relever les défis et suffisamment compétent pour apporter des solutions effectives et tangibles qui se posent pas seulement à Béjaia, mais également au niveau national. Les lois permettent l’organisation de l’opinion, il suffirait tout simplement un éveil des consciences par le biais de la tenue récurrente de colloque portant sur des sujets d’ordre sociale, économique et politique. La déconcentration n’est – elle pas le mal actuelle du pays, ne faut – il pas porter la décentralisation à son paroxysme pour mieux inclure l’intelligence dans sa participation s’agit – il de la gestion locale en particulier ….ne pas aussi faire dans la critique politique et oublier les réalisations effectives tant dans le domaine des libertés publiques, sociales et politique. Il revient à la majorité de porter l’Algérie de demain. Juste un point de vue.

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