Que cessent les campagnes mensongères !

Posté par Rabah Naceri le 25 janvier 2012

Que cessent les campagnes mensongères ! dans 1. AU JOUR LE JOUR Campagne-mensong%C3%A8re-300x38

(Inspiré de l’article de B. Amar)

Bilan-300x179 dans 4. PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT

La mascarade politique a commencé et tout le monde aura deviné les raisons de cette agitation qui apparait de plus en plus au grand jour à mesure que les échéances électorales approchent. Ces scènes se constatent à chaque fin de mandat, et bien sûr à l’approche des nouvelles investitures locales ou nationales. Les trottoirs et les rues sont balayés quotidiennement se demandant où étaient nos agents communaux durant les mois et les années écoulés. Les arbres ornementaux, qui avaient pris des formes fantasmagoriques tellement qu’ils étaient abandonnés, bénéficient des soins d’un tailleur-horticole. Nos élus locaux qui dormaient dans des bureaux assez confortables se réveillent, à contrecœur, pour tenter comme à l’accoutumée de séduire les électeurs dans l’espoir de se faire réélire. Cette attitude s’apparente à du mépris à l’égard de ceux qui ont investi toute leur confiance en eux pour une amélioration de leur quotidien. Mais les citoyens ne sont pas dupes.

De nouvelles associations naissent comme par enchantement, qui pour développer la ville ou la wilaya, qui pour s’afficher comme défenseur des Droits de l’Homme ou de la liberté d’expression, qui pour la création d’emplois pour ratisser large dans l’espace jeunesse qui reste un excellent réservoir de voix potentielles. Et j’en passe.

Mais quelle est l’analyse du citoyen sur cette mascarade qui se répète à chaque fin de mandat ?

Pour le commun des citoyens, tout candidat qui postule à un poste électif (Apc – Apw – Députation – Sénat) est menteur jusqu’à preuve du contraire. C’est par l’expérience du vécu qu’on arrive à cette réalité évidente qu’aucun être doué de bon sens ne pourrait réfuter dans sa globalité. Ainsi, avant toute échéance électorale, les personnes qui ont de l’intérêt à faire élire une marionnette commencent d’abord par tisser des réseaux au sein des électeurs pour donner de la popularité à leur protégé.
Cette précampagne populiste dure un certain temps avant l’engagement réel dans la grandiose entreprise mensongère où tout acte qui viendrait par la suite ne pourrait se faire gratuitement, mais devrait être payé en monnaie sonnante et trébuchante. Lorsque le choix du candidat est fixé, on passe à la vitesse supérieure pour le choix de l’association nouvellement créée qui sied le mieux ou le parti le plus à même de marcher dans la combine, c’est à dire la structure la plus adaptée à la situation du moment et qui accepte de jouer le jeu de ce clan mafieux faiseur d’Élus.

En pareilles circonstances, tout est adaptable à la situation du moment, et le seul objectif est l’aboutissement au résultat escompté, qui n’est autre que l’élection du candidat sur lequel on a misé gros. Commence alors de rudes négociations sur les sommes à débourser et les dividendes à encaisser, parce que dans ces milieux de la finance, on investit mille dinars pour récolter un milliard ou plus.

A cet effet, on n’hésitera pas à gratifier généreusement des personnes (très connues pour ces basses besognes !) sans scrupule pour mener une campagne électorale mensongère qui ne reflète en aucun cas le contenu des programmes des associations ou des partis dont sont issus les candidats en course. Il n’y a pas lieu de s’étonner lorsqu’un parti d’obédience socialiste parraine un candidat « trabendiste » dont les principes n’ont rien à voir avec sa ligne politique. Ici, il ne s’agit pas de militantisme et d’idéologie, mais d’affairisme par chéquier interposé et de poids politique sur l’échiquier. C’est ainsi que débute la culture du mensonge et de son entretien dans notre pauvre république où l’on n’hésite pas à instrumentaliser même la misère ou le désarroi des électeurs et de la jeunesse. En fins limiers, les candidats et leurs sponsors étudient minutieusement les attentes des électeurs pour confectionner un plan d’action presque infaillible autour duquel gravitera la campagne électorale.

Les sponsors de ces candidats potiches ne lésinent sur aucun moyen matériel ou financier pour mener à bien cette campagne dont le programme ne repose que sur des promesses alléchantes mais totalement vides qui n’engagent que leurs auteurs et ceux qui veulent bien les gober. On arrive à la situation où l’un fait un discours mensonger en faisant semblant d’être convaincant et l’autre faisant semblant d’y croire pour peu qu’il en tire un dividende immédiat.

Commencent les grandes manœuvres de séduction

Pour faire avaler ses couleuvres, il arbore sa générosité par le paiement de tournées générales dans les cafés, et la distribution de billets de banque aux jeunes chômeurs du quartier qui prennent volontairement en charge l’affichage de ses portraits, en plus de faire circuler son nom de bouche à oreille. Pour la circonstance, il n’hésite pas à venir en aide par les moyens de ses sponsors à quelques nécessiteux pour montrer sa bonne hypocrite foi. Le candidat ambitieux marquera sa présence à tous les enterrements qui auront lieu dans sa circonscription électorale, sans oublier d’honorer de sa présence toutes les fêtes de mariage ou de circoncision.
Enfin, il est tout le temps présent là où il y a le plus grand nombre d’électeurs à vaincre par le mensonge à défaut de convaincre par la loyauté. Il ne laisse aucune opportunité lui échapper pour atteindre son objectif macabre. Il fait la bise à toute personne qu’il croise, sans omettre de provoquer des discussions amicales dans l’espoir de trouver un lien de parenté ou une quelconque connaissance commune avec son interlocuteur. Avant de se séparer de n’importe lequel des électeurs, bien sûr qu’il n’omettra jamais le mot d’ordre «Thalla kho» (je compte sur toi frère !), tout en prenant soin de rappeler à cet électeur qu’il a devant lui le meilleur des candidats qui mérite la confiance du peuple et que c’est une grâce divine s’il est sur la liste, car c’est par lui que le salut viendrait bientôt. S’il n’a jamais mis les pieds auparavant dans un stade, il trouvera toujours un moyen par personne interposée pour devenir le plus fervent supporter des équipes locale et nationale de football pour se montrer au public sportif, grand pourvoyeur de voix. Que dire de la mosquée, si ce n’est le lieu le plus approprié de rassemblement pour l’adoration de Dieu, mais ce lieu de prière n’échappera pas lui non plus à l’élu audacieux. Vêtu pour la circonstance d’un « qamis » d’une extrême blancheur, d’une chéchia venue directement du pays du wahabisme, d’un chapelet à faire rougir de complexe le plus fervent des imams, etc…le candidat passionné à être élu expose  outrageusement sa piété pendant toute la durée de la campagne électorale pour rallier à sa cause le plus grand nombre de fidèles habitués à ce lieu d’adoration.

Certains candidats qui excellent dans le zèle vont jusqu’à solliciter l’imam à faire des «dourous» en leur faveur, et parfois ils n’hésitent même pas à demander catégoriquement des séances de «roquia» pour éloigner les sortilèges maléfiques et le mauvais œil des envieux.

Dès la clôture du scrutin, et après l’annonce officielle des résultats, les sponsors du nouvel élu se paient une vraie «waada» où tout le monde mange à satiété, mais dès le lendemain, une muraille infranchissable sera dressée autour du protégé pour l’éloigner une fois pour toute des électeurs qui l’ont mandaté. Ainsi, et une fois sur le trône pour l’entame de son mandat, l’élu qui se réclamait bienfaiteur malgré lui se retrouvera –avec sa volonté bien-sûr – pieds et mains liés devant ses promoteurs. Il sera confronté alors aux dures épreuves du nouveau règlement intérieur dont il avait cure auparavant. Il s’apercevra, par la suite, que les vautours qui l’ont placé sur le trône ne lui ont fait en réalité qu’un cadeau empoisonné qui chamboulera toute sa vie ultérieure. Se retrouvant malgré lui entre le marteau et l’enclume, l’élu bienfaiteur mettra de côté sa conscience et entamera une éclipse qui l’éloignera vite de son carcan habituel. En l’espace de quelques temps, il se fera noyer volontairement dans l’ambiance nauséabonde des salons feutrés en endossant sans regret l’habit qui sied le mieux au nouvel environnement.

La tentation est la mère de tous les vices, et les privilèges font tourner les têtes ! Obnubilé par le nouveau mode de vie, l’élu mandaté par les électeurs atteindra le nirvana lorsque, sereinement, il accepte de renier jusqu’à sa personnalité et ses origines, faisant en sorte qu’il n’a jamais existé dans un passé si proche. N’ayant plus de visage capable de regarder ses électeurs en face, et dépourvu d’alternative pour bien faire, il fait durer autant qu’il pourra son éclipse, qui est en quelque sorte la seule issue salvatrice qui lui permettrait de savourer jusqu’à l’ivresse  les jouissances de ce monde. Peut-être qu’il réussira matériellement, mais dans son for intérieur, il ne sera jamais en paix avec lui-même dès le premier rhume de l’hiver.

C’est de cette manière qu’on entre dans le monde des démons où le retour en arrière est pratiquement impossible. C’est aussi comme cela que la crise de confiance entre la population et les élus s’aggrave et éloigne de plus en plus nos jeunes de la chose politique et de son isolement de la vie quotidienne et de leur avenir.

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