Corruption

Posté par Rabah Naceri le 22 décembre 2011

     (Par Djilali Hadjadj). L’ONG de lutte contre la corruption Transparency International a rendu public hier son Indice de perceptions de la corruption (IPC) pour 2010. Cette édition 2010 montre que près des trois quarts des 178 pays composant l’indice ont un score inférieur à 5, sur une échelle allant de 10 (haut niveau d’intégrité) à 0 (haut niveau de corruption), ce qui démontre la gravité du problème.

     L’Algérie obtient de nouveau, et ce, pour la 8e année consécutive, une très mauvaise note — 2,9 sur 10, et un très mauvais classement, la 105e place sur 178 pays classés ! Non seulement, l’Algérie ne fait aucun progrès en matière de corruption, mais bien au contraire, cette stagnation s’explique par l’absence de volonté politique au plus haut niveau de l’Etat à lutter contre la corruption : les discours des pouvoirs publics ne changent rien à la donne, l’Algérie se distinguant par l’adoption ou l’annonce de décisions visant à lutter contre ce fléau, mais des décisions très insuffisantes et qui demeurent inappliquées. Cette inertie gouvernementale a davantage été révélée, jeudi dernier, le 21 octobre 2010, lorsque devant les députés, le Premier ministre n’a pas été très disert en matière de lutte contre la corruption. Il a juste rappelé l’existence de la directive présidentielle n°3 de décembre dernier relative à «l’intensification de la prévention et de la lutte contre la corruption, sans présenter les résultats de l’application de cette directive. Il a aussi évoqué les «nouvelles dispositions législatives introduites dans les lois relatives à la lutte contre la corruption», dispositions annoncées par le Conseil des ministres du 25 août dernier, mais le Premier ministre n’explique pas pourquoi à ce jour — deux mois après la tenue de cette réunion — l’Office de répression de la corruption n’a toujours pas été installé, alors que le chef de l’État avait «ordonné au gouvernement de procéder à l’installation rapide» de cet organisme. Comme il n’a rien dit sur «l’Organe central de prévention et de lutte contre la corruption » prévu par la loi du 20 février 2006 et qui n’est toujours pas opérationnel, quatre ans et huit mois plus tard. Dans son discours devant les députés, il a fait allusion au nouveau code des marchés publics mais sans donner de précision sur la non-publication, à ce jour, au Journal officiel du décret présidentiel relatif à la nouvelle réglementation sur les marchés publics, décret adopté le 11 juillet dernier, il y a trois mois et demi L’Algérie au Maghreb, dans le monde arabe et en Afrique. Dans la région du Maghreb, à l’instar des classements précédents, la Tunisie est toujours mieux classée que l’Algérie (59e place et une note de 4,3 ), et même le Maroc fait un peu mieux (85e place et une note de 3,1). Par rapport aux autres pays arabes, l’Algérie est en 11e position, derrière l’Egypte notamment (85e place), le Qatar arrivant en tête de la région et la 19e place au niveau mondial avec un score de 7,7 sur 10 ! Par rapport aux autres pays africains, l’Algérie est en 17e position, dans le même groupe que le Sénégal, le Bénin, le Gabon et l’Ethiopie !

L’Algérie dans les transactions commerciales internationales

     L’Algérie ne commerce presque pas avec les 10 pays les moins corrompus, en tête de ce classement, dont le Danemark, la Finlande, la Suède et la Norvège ! Par contre, les pays principaux clients et fournisseurs de l’Algérie n’occupent pas de bonnes positions dans le classement mondial de la corruption : Allemagne (15), Japon (17), Etats-Unis (22), France (25 ), Espagne (30), Corée du Sud (39), Turquie (56), Italie (6,7, avec la très mauvaise note de 3,9), et Chine à la 78e place avec un score de 3,5 sur 10 ! Deux parmi les plus importants pays industrialisés et faisant partie des principaux clients et fournisseurs de l’Algérie, l’Allemagne et le Japon, n’ont toujours pas ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption, – 148 pays l’ont fait –, alors que cette dernière a été adoptée en…. 2003 ! L’évaluation par Transparency International de 36 pays industrialisés signataires de la convention anti-corruption de l’OCDE interdisant les pots-de-vin aux hauts fonctionnaires étrangers révèle que 20 d’entre eux n’appliquent pas ou peu ces règles, envoyant ainsi un signal négatif concernant leur engagement à limiter les pratiques de corruption. Pour l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), le gouvernement algérien doit cesser de s’opposer à l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption ! Un rappel, de triste mémoire : le gouvernement algérien — aux côtés notamment de ses homologues égyptien et pakistanais—, avait fait échouer la réunion de Doha (3e Conférence des Nations unies contre la corruption à Doha en novembre 2009), en rejetant tout mécanisme international de surveillance de l’application de la Convention des Nations unies contre la corruption, en bloquant la participation de la société civile dans ce processus et en refusant de rendre public son rapport d’évaluation de l’application de cette convention ! De même pour l’AACC, le pouvoir algérien doit cesser de lutter contre ceux qui luttent contre la corruption — qu’ils soient agents publics, élus, journalistes ou militants de la société civile ! Face à l’étendue de la corruption en Algérie et à l’inertie du gouvernement, l’AACC considère que la mobilisation citoyenne doit s’intensifier, les dénonciations de la corruption doivent se poursuivre et la pression sur les pouvoirs publics doit prendre plus d’ampleur ! 

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Effacement de tous les repères.

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