L’Hocine el Warthilani (contribution de Boualem Bouahmed)

Posté par Rabah Naceri le 10 septembre 2011

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La quête du spirituel

          Sur les traces des Mouhadithines qui sillonnaient aux premiers siècles de l’hégire tout l’orient à la recherche de hadiths attribués au prophète, Lhocine El Wartilani fait partie de ces ulémas musulmans kabyles qui ont consacré leur vie à errer à travers le monde à la quête du savoir.

          Né en 1713 à Ath Warthilane et issu d’une famille pieuse, il a reçu sa première formation  dans les différentes zaouïas de la Kabylie, avant d’entamer ses pérégrinations  à travers le monde musulman pour enrichir  ses connaissances. Tunisie, Libye, Egypte, Syrie … El Wartilani se rend dans plusieurs pays musulmans  et s’initie auprès  des grands ulémas de l’époque à la Voie soufie. Il devient même l’un des maîtres de cette Voie religieuse  et reçoit l’autorisation d’initier les novices et de transmettre son enseignement. Ses voyages qui le mènent un peu partout, en plus de lui ouvrir les yeux sur les  us et coutumes des autres peuples musulmans, lui font découvrir surtout, les querelles dogmatiques qui déchirent les docteurs de la Foi. Entre les Ahl es Sunna Wa Al djamâa, les Chiites, les Soufis, les Moutazilites…tout propos, toute attitude peuvent devenir cause de graves frictions. Ainsi, un peu à cause des désagréments des voyages, un peu à cause de l’intolérance religieuse qu’il avait vue, El Wartilani  juge que « finalement il n’est bien que chez lui », dans sa Kabylie natale  où le soufisme qui n’est pas vu comme une hérésie, est vécu librement.

          Bejaïa, ville qui fascine et qui rayonne de mille feux dans cette époque trouble, est  devenue sa destination préférée. Il y passe notamment  les mois sacrés de jeûne, à cause de la ferveur religieuse qui y règne. Les querelles qui opposèrent les docteurs de l’islam en orient, suivies souvent de persécutions ne parviennent que discrètement à Bejaïa qui a ouvert grandement ses bras au soufisme. Se défendant d’être un innovateur et se  présentant comme un digne continuateur des Sohabas, il affirme que  « La vérité (Al Haqîqa) est le cœur (lubb) de la loi (al-sharî’a)  et autre chose n’est que innovations blâmables (wa ghayru dhâlika min al-bid’a) ». On y trouve dans son œuvre majeure La  Rihla, beaucoup d’éclairage sur l’islam et sur la pratique du soufisme, un soufisme qu’il veut au service de la société : « Saches que la sainteté la plus noble et la plus élevée est celle qui prend en charge les soucis et les préoccupations des musulmans. Elle est intégrée dans l’héritage prophétique sur terre, dans la défense de la religion, la sauvegarde de la Voie, la maîtrise du savoir et du travail » note-t-il dans son livre.

          Fruit de ses multiples pérégrinations, La Rihla est un essai où se côtoie la géographie, l’ethnologie et la religion. Dense, riche en observations et en analyses cette  œuvre  a été pour le colonisateur français un document de référence pour la compréhension de la société algérienne.  Al wartilani  a aussi été un excellent commentateur de plusieurs textes de son époque, il a  notamment  commenté  la  célèbre « El Wadhifa » de Sidi Yahia El Aidli. Il  meurt en 1779, en laissant à la postérité l’image d’un  ibn Batouta kabyle qui a livré d’intéressants  témoignages sur son époque.

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