Bgayet. Le désordre urbain s’accentue

Posté par Rabah Naceri le 3 décembre 2010

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Cela fait bien longtemps que je voulais écrire quelque chose sur les constructions anarchiques dans notre wilaya et plus particuièrement au chef-lieu, Bgayet. Cette cité qui a brillé de mille feux durant le règne du prince Moulay Nacer, durant l’époque Hammadite, jusqu’à en faire de Bgayet un centre de rayonnement culturel et scientifique en étendant son influence sur tout le bassin méditerranéen. Autant, on relevait de la rigueur, de l’ordre et de la discpline dans cette cité jusqu’après l’indépendance mais autant nous assistons, aujourd’hui, en spectateurs impuissants à un désordre général défigurant la beauté de cette ville. Avant les nouvelles constructions se réalisaient selon les normes fixées par les règles urbanistiques et on relevait l’accroissement du tissu urbain d’une manière harmonieuse et agréable à la vue.

Qu’en est-il aujourd’hui de l’urbanisation de Bgayet ?

Depuis quelques années, on assiste à une urbanisation sauvage, anarchique et désordonnée (on a envie d’utiliser tous les adjectifs possibles) comme on en a jamais vue par le passé. C’est à croire que toutes les lois régissant ce secteur ont été mises au frais et que la voie est libre pour toute personne désirant construire pour peu que les moyens financiers soient disponibles.

ighiouazzoug.jpgQui n’a pas remarqué l’érection de dizaines de coopératives dans les lits de rivières, des bâtisses de 4 ou 5 étages pousser sur des remblais, des poches de terrain réservées aux espaces verts disparaître sous des masses de béton sans que cela ne soulève la moindre réaction des services concernés ? Le cas le plus spectaculaire est la tentative de construction d’une coopérative de neuf logements grand standing à vingt centimètres du mur de clôture du Lycée El-Hammadia. Cette catastrophe a été évitée in-extrêmis grâce à l’intervention musclée de l’association des parents d’élèves soutenue par le personnel éducatif et les lycéens eux-mêmes.

On me dira peut-être que ces cas de dépassements sont choses courantes et les services techniques peuvent, à eux seuls, arrêter ces cas que nous pouvons qualifier de cas isolés. Mais … malheureusement, une « tumeur urbaine » continue de se développer en défigurant le beau visage de la ville et qui risque à terme de détruire totalement la belle ville de Bgayet. Cette tumeur, vous l’avez bien deviné, c’est « la ville d’Ighil Ouaazzoug ». Elle ne cesse de s’agrandir en occupant l’un des meilleurs sites de Bgayet et actuellement, les constructions ont débordé sur la commune limitrophe, Oued -Ghir. Aucne de ces constructions ne s’est réalisée légalement et en respect aux règles urbanistiques. Elle se présente comme une immense ville où des milliers de maisons se collent les unes aux autres sans laisser le moindre espace pour les accès ou pour les espaces verts. Ce grand bidonville en dur ne cesse de s’accroitre et commence à tirer vers un autre lieu qui risque dans des temps très courts de sombrer dans le même désordre, c’est la zone rurale Imezayène.

« Abrid wamane » menacé d’ensevellissement

routedeleautoudja.jpgCette absence de l’Etat a encouragé l’arrivée de clients potentiels venus de partout acquérir un lot de terrain dans cette belle ville qui ne cesse de séduire ses visiteurs qui, eux, ne se soucient guère de sa beauté pourvu qu’ils construisent une belle maison qu’ils occuperont occasionnellement l’été ou qu’ils revendront plus tard à prix d’or. Cette frénésie touche actuellement cette belle région, encore vierge aujourd’hui, en menaçant sérieusement des vestiges historiques que représente « la route de l’eau » ou bien « Abrid wamane » qui est le tracé de l’eau de Toudja qui est acheminée vers la ville de Bgayet.

Pendant que des chercheurs, des anthropologues et des scientifiques se dévouent pour mettre en valeur et sortir de l’oubli ces vestiges de valeur inestimable, d’autres, n’ayant que le gain facile comme obsession, réalisent des constructions qui feront disparaitre tous ces témoins historiques qui font la grandeur de la ville. Ces « bâtisseurs des temps modernes » sont encouragés aussi par les propriétaires terriens qui leur facilitent la tâche pourvu que le prix du mètre carré proposé soit alléchant. Le risque est gros car un bar-restaurant existe déjà sur les lieux, ce qui va sûrement entrainer d’autres « structures d’accompagnement » et on viendra nous parler après de « rahma et harma ».

Il serait souhaitable que les associations existantes dans ces zones rurales réagissent pour ralentir cette hémorragie en attendant que les autorités compétentes prennent les mesures qui s’imposent et sauver ce qui reste à sauver.

Une Réponse à “Bgayet. Le désordre urbain s’accentue”

  1. Anonyme dit :

    vous avez juste survolé le sujet Mr Naceri. D’habitude vous détaillez davantage, mais on a compris le fond du problème

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