La corruption, un mal profond qui ronge le pays

Posté par Rabah Naceri le 18 janvier 2010

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Les scandales financiers se multiplient…

(Par TSA). L’opération mains propres se poursuit en Algérie. Après Sonatrach, dont le PDG a été placé mercredi dernier sous contrôle judiciaire et plusieurs de ses hauts cadres inculpés dans des affaires de malversations présumées, c’est au tour de Sonelgaz, le deuxième grand groupe du secteur de l’énergie, d’être visée par une enquête des services de sécurité.

Selon nos informations, une information judiciaire a été ouverte pour déterminer les responsabilités de hauts cadres de Sonelgaz dans l’attribution de contrats dans le domaine des canalisations. En fait, c’est l’enquête sur Sonatrach qui a mis les services de sécurité sur la piste de Sonelgaz. Les mêmes entrepreneurs privés mis en cause dans l’enquête sur le volet canalisations de Sonatrach ont également remporté des contrats avec Sonelgaz. Pour rappel, le vice-président de Sonatrach en charge des transports par canalisations a été placé sous mandat de dépôt la semaine dernière. Jusqu’ici, aucune inculpation n’a été prononcée contre des dirigeants de Sonelgaz.

… mais la chaîne est encore très longue !

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Djillali Hadjadj,

président de l’association algérienne de lutte contre la corruption:

« Il faut revoir le code des marchés publics » 

Des affaires de corruption sont révélées publiquement ces derniers temps. Comment expliquez vous ce déballage ?

Djillali Hadjadj: Ce n’est pas une surprise. On est malheureusement très loin du compte. Il ne faut pas être grand enquêteur pour révéler ce genre d’affaires. Il reste que cette médiatisation des dossiers appartient à une opération de lutte intestine et de règlement de comptes au sein du pouvoir. Il est vrai que pour une fois, cela monte à un haut niveau. Obtenir la décapitation de Sonatrach est un élément préoccupant en ce sens qu’en terme de communication, le pouvoir a mal agit. Au niveau international, il y a des signes d’inquiétude. La Sonatrach est une grande compagnie. Elle est troisième ou quatrième exportatrice de gaz au monde. Si ces règlements de comptes continuent, on risque d’avoir de nouveaux scandales.

A qui profite la décapitation de la Sonatrach ?

Elle va profiter à ceux qui veulent mettre en difficulté le chef de l’Etat. Les dirigeants de Sonatrach et du ministère de l’Energie sont des hommes du chef de l’Etat. Le PDG de Sonatrach comme la plupart des responsables des entreprises publiques n’ont pas une grande marge de manoeuvre. Ils s’agit de “dirigeants” aux ordres. A mon avis, l’affaire n’ira pas loin. Et la mise sous contrôle judiciaire -ce qui peut paraître paradoxal- permet de protéger l’ex-PDG de Sonatrach. C’est simple : on n’ira pas vers un procès. Il n’y aura pas un procès Sonatrach. Le pouvoir n’est pas prêt à aller vers une transparence à ce niveau là. Le pouvoir ne veut pas avoir une seconde affaire Khalifa sur les bras. Il n’existe aucune volonté politique de lutter contre la corruption

La révélation en elle-même ne va-t-elle pas amener le pouvoir à organiser un procès pour soigner les apparences ?

Même pas. On fera traîner les procédures. Eventuellement, il y a aura quelques lampistes qui payeront. Mais, encore une fois, le pouvoir en place est grandement responsable de la gestion de la commande publique. Ce même pouvoir a érigé en règle le gré à gré alors que dans tout code respectable de marché public, le gré à gré doit être une exception. Le Conseil des ministres a autorisé de grandes opérations de gré à gré. Le ministre des Ressources en eau a critiqué les entreprises françaises qui gèrent les eaux de Constantine et d’Alger (Marseillaise des Eaux et Suez, ndlr) alors que ces entreprises ont obtenu le contrat de la gestion déléguée au gré à gré après décision en Conseil des ministres. Tout le monde et à tous les niveaux, sous prétexte de l’urgence, préfère les marchés de gré à gré. Officiellement, Sonatrach n’obéit pas au code de marché public mais à un code qui est plus sévère. Malgré cela, la pratique du gré à gré s’est généralisé en ce son sein.

Et que faut-il faire pour limiter le recours au gré à gré ?

Il faut revoir complètement le code de marché public. Le texte actuel est trop permissif. Malheureusement, les articles qui concernent le gré à gré en font une règle. Plus grave encore : dans ce même code, revu une troisième fois en octobre 2008, des dispositions donnent un pouvoir discrétionnaire aux ministres et aux walis, leur permettant d’aller à l’encontre des décisions prises par les commissions d’attribution des marchés. Les hauts fonctionnaires abusent de ce pouvoir discrétionnaire sous prétexte de livrer dans les délais les chantiers. Il existe de bons instruments internationaux mais qui ne valent que par leur application. Celle-ci est insuffisante en Algérie. L’Algérie a été parmi les premiers pays à ratifier la Convention de l’ONU sur la lutte contre la corruption mais la transposition en droit interne a donné lieu à une législation très en deçà de la Convention elle même. Le processus de déclaration de patrimoine est pratiquement en panne. L’agence gouvernementale anti-corruption, crée par la loi du 20 février 2006, n’a toujours pas été mise en place. Et le chef de l’Etat nous annonce en octobre 2009, l’installation d’une commission nationale ad-hoc pour revoir la législation anti-corruption. Une commission qui n’a toujours pas vu le jour.

(Interview réalisée par Merouane Mokdad)

Une Réponse à “La corruption, un mal profond qui ronge le pays”

  1. kADER dit :

    il ya trop de voleurs pour esperé les éliminer rapidement.mais il fo commencer et tant pis pour la casse.on ne eut pas faire une omeltte sans casser des oeufs (de poule, de dinde ou de canrds).il fo sauvé l’algerie et ces enfants

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