Les souffrances silencieuses des zones rurales

Posté par Rabah Naceri le 26 septembre 2009

Le gaz de ville tarde à se généraliser dans les zones montagneuses 

compgaz.jpg (Par M.C Zirem). Au pays du pétrole et du gaz, beaucoup d’Algériens peinent à trouver une bonbonne de butane. Les montagnards de la wilaya de Bgayet font partie de ces « oubliés » pour lesquels le gaz de ville est toujours un luxe inaccessible. Les habitants des régions montagneuses de la wilaya de Bgayet à l’instar de Beni Djlil, Chemini, Adekar,Tifra et Akfadou ont du mal à se procurer la bonbonne de gaz butane. Si dans la ville de Bgayet et la majorité des centres urbains que compte la wilaya, les citoyens ont le gaz de ville chez eux, les bourgades enclavées du littoral et de la vallée de la Soummam n’ont pas encore bénéficié de ce « prestige ». Ainsi, le simple geste de préparer un repas dans la cuisine ou de se chauffer durant les saisons froides, devient un véritable casse-tête qui s’ajoute à tant de choses qui manquent à nos « collines oubliées». Certains habitants de la région d’Ath Mansour, se déplacent péniblement à pied ou sur le dos d’un âne ou de mulet pour se procurer la fameuse bonbonne. Hiver comme été, les choses demeurent inchangeables. Parfois, de jeunes adolescents font l’insoutenable effort physique pour acheminer l’indispensable bouteille. Lors des intempéries et des fortes chutes de neige, le gaz de butane se fait rare. Beaucoup de revendeurs du liquide combustible ne se gênent pas pour dire aux citoyens que seuls les clients abonnés peuvent avoir leur bonbonne. Dans de telles circonstances, les villageois font un trajet de plus de 20 kilomètres afin d’avoir « l’inaccessible » énergie dans l’une des villes limitrophes. Si les conditions météorologiques ne permettent pas le déplacement à bord d’un véhicule, les citoyens sont contraints d’avoir recours à une autre énergie : se chauffer avec du bois. L’année passée, nombre de villageois sont restés sans gaz de butane durant plus d’une semaine à cause des intempéries. « Nous vivons dans des conditions lamentables. Nous sommes privés des moindres commodités d’une vie digne. Personnellement, je me déplace, à pied, sur un chemin de deux kilomètres pour acheter une bonbonne de gaz qui coûte entre 250 et 300 DA. L’Algérie est un pays producteur de pétrole et de gaz, mais ses enfants n’ont pas encore accès à ce luxe qui fait le bonheur des ménages. C’est vraiment inconcevable. Chaque fois qu’un élu vient à la tête de l’A.P.C, il nous promet de nous ramener le gaz de ville. Cependant, l’ordre établi est inamovible. Nos maires nous bourrent la tête avec leurs promesses mais sur le terrain rien n’est pas palpable. J’espère qu’un jour les choses vont changer positivement », nous dit Da Mohand Amezine, un vieux villageois de la commune d’Adekar, située à 25 kilomètres de la ville d’El-Kseur. Une petite virée dans les petits patelins de la wilaya de Bgayet nous laisse palper une amère réalité. Nos villages sont enclavés et souffrent d’une privation multidimensionnelle. La bonbonne de gaz n’est que l’arbre qui cache la forêt. Peut-être qu’il est temps que les pouvoirs publics se penchent sur cet aspect des choses. C’est bien de prendre en charge les populations des villes, mais même les habitants des bourgades les plus reculées méritent elles aussi de vivre dignement

2 Réponses à “Les souffrances silencieuses des zones rurales”

  1. Akli dit :

    Merci d’avoir repris cet article Mr Naceri. On soufre beaucoup et l’Etat nous a oublié ainsi que nos élus

  2. MohandAmeziane dit :

    Bonjour messieurs Zirem et Naceri,
    Bonjour aux lecteurs de ce blog,

    Nos zones rurales, particulièrement de Kabylie souffrent non pas seulement du manque de gaz de ville, mais bien d’autres maux plus profonds.
    Nos zones rurales manquent de bien de choses, à commencer par l’emploi, le loisir et un minimum de confort.
    Pourtant un arsenal de textes retraçant le programme gouvernemental pour la fixation des populations rurales, evitant ainsi l’exode vers les villes asphyxiées,nous fait rêver. Les programmes de proximité de developpement rural integré – P.P.D.R.I – donnent l’air d’une bague magique pour venir à bout de cet isolement des populations rurales et de la disparité flagrante dans la distribution des richesses, créant ainsi un desequilibre bien accentué entre la ville et la montagne. Mais force est helas de constater que ce desequilibre est bien plus accentué, voire indecent entre REGION et region d’Algerie, pourtant UNE et INDIVISIBLE.
    Ceci est verifiable sur les sites algeriens entretenus par le Ministère de l’agriculture, traitant des PPDRI, où l’on constate deux poids et deux mesures : des regions ayant bénéficié en cagnotte lourde de plusieurs milliards de dinars et région où les PPDRI initiés et animés bénévolement par des citoyens de bonne volonté attendent dans les tiroirs leur sort.
    La réalisation de ces PPDRI bien ficelés ayant reçu l’aval du comité technique, est un minimum que nos pouvoirs publics pour garder un tant soit peu de credibilité auprès du citoyen lambda.
    Nos montagnes meritent pourtant bien plus.
    Le montagnard n’est pas un assisté. Il a toujours travaillé rudement et durement pour vivre dignement. Ces PPDRI ne sont pas des programmes d’assistanat, mais des moyens destinés à stabiliser les populations locales. Le montagnard sait que la ville est faite pour les citadins. A chacun sa parcelle et nos villes et villages seront bien entretenus comme les vaches seront bien gardées.
    Ceci est un appel à nos responsables de la Wilaya, de l’Agriculture et des forêts.
    Un montagnard qui aime sa montagne.

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