Vous avez dit syndicalisme ?

Posté par Rabah Naceri le 2 mai 2009

Sale temps pour les syndicalistes !

(Par Mourad Slimani). Un peu partout dans le monde, les travailleurs cette année ont manifesté ce besoin nécessaire de renouer avec les valeurs fondamentales du syndicalisme à l’aune des conséquences déjà désastreuses de la crise financière internationale. Il est jusqu’à des gouvernements, pourtant acquis par tradition aux doctes principes du capitalisme, qui ont, sous la pression de la crise, assumé le doute quant à l’efficience du modèle économique et social en cours et opéré des correctifs douloureux pour amortir les effets de la récession et son lot de drames sociaux. Le patriotisme économique, l’interventionnisme, et autres modes de régulation que l’on croyait apanage exclusif des gouvernements de gauche, sont ainsi désormais admis comme parades non hérétiques par les plus grands ténors du capitalisme mondial. Autant de bouleversements qui étaient inimaginables aux États-Unis ou en France, par exemple, il y a à peine quelques années.

L’Algérie, dont les gouvernants continuent à assurer de l’immunité contre la crise économique planétaire, ne semble pas du tout concernée par le débat. Au-delà de la dépendance accrue à l’égard des hydrocarbures et la stagnation qui touche tous les autres secteurs économiques, le monde du travail est de plus en plus déstructuré et le pouvoir d’achat de l’Algérien continue à chuter et à laminer durablement des pans entiers de la société. Cette réalité ne semble pas trop remuer l’UGTA qui, depuis plusieurs années, fonctionne à la façon d’un secrétariat d’Etat rattaché au ministère du Travail. L’organisation de Sidi Saïd, qui a depuis longtemps abandonné le terrain des luttes au nom de « l’intérêt suprême du pays », attendra donc de voir les seuils de réévaluations préconisés par le gouvernement pour les entériner. Sur le terrain, pourtant, dans les usines, les écoles, les administrations… la colère couve au sein même des rangs de la centrale.

Des pressions sont régulièrement signalées sur les cadres syndicaux de base lorsque ceux-ci font montre d’une verve militante qui ne cadre pas avec la démarche amène de la hiérarchie. Les obstacles dressés devant l’essor du syndicalisme autonome parviennent jusqu’à présent, moyennant notamment la justice, à contenir son action aux marges non décisives des troubles socioprofessionnels circonscrits dans l’espace et dans le temps. L’objectif étant de justifier encore, par la logique fallacieuse du nombre, le monopole de l’UGTA sur la représentativité, voire la légalité, et de faire durer le statu quo. Sans la remise en cause de ce monopole, donc de la logique politique qui le sous-tend et l’entretient, il est sans doute illusoire de croire à une quelconque relance du syndicalisme dans le pays. Tout un programme qui ne concerne pas seulement les syndicalistes, mais tous les militants pour la démocratie et l’État de droit.

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