Le populisme. Jusqu’à quand ?

Posté par Rabah Naceri le 18 février 2009

Le populisme

(Par Omar Berbiche). Le pouvoir compte les électeurs du prochain scrutin présidentiel qui se prépare dans des conditions où la participation n’a jamais été une aussi grande source d’inquiétude pour lui. Il vient d’engranger – c’est sa conviction – de nouveaux cortèges de votants potentiels : plus de 20 000 travailleurs dont les salaires viennent d’être débloqués et qui se verront verser leurs arriérés sur décision pressante du président Bouteflika.

Simple question : pourquoi cette revendication dont on reconnaît aujourd’hui la légitimité avait-elle été ignorée et déboutée par les gouvernements successifs et par l’UGTA qui n’avait jamais fait de ce dossier ses choux gras ? La tenue de l’élection présidentielle en avril prochain et la confirmation de la candidature de Bouteflika qui a besoin d’un climat social apaisé ne sont certainement pas étrangers à ce geste qui revêt une connotation politique évidente. Mais pour un conflit social qui trouve un dénouement heureux et dont il faut toujours se réjouir pour les travailleurs qui recouvrent leurs droits et leur dû dans ces moments difficiles, au-delà des calculs et des manipulations qui pourraient se cacher derrière, combien d’injustices non réparées, de contentieux et de revendications sociales qui attendent une hypothétique solution ?

Des revendications portées sur la place publique dans un climat tendu avec des grèves sans fin qui touchent de nombreux secteurs d’activité, à l’instar de la grogne des enseignants qui a battu tous les records de longévité dans les annales des conflits de travail. Durant cette période qui nous sépare du scrutin d’avril prochain, il faudra s’attendre, de la part du pouvoir, à la multiplication de ce genre de gestes qui flairent bon l’électoralisme. Les initiatives fleurissent d’ailleurs partout. Comme par un coup de baguette magique, les collectivités locales se réveillent de leur longue léthargie et s’activent à refectionner routes, trottoirs et éclairage public. Des citoyens des quartiers de la capitale, et c’est certainement le cas d’autres villes du pays, découvrent ainsi avec mi-étonnement, mi-émerveillement le bitume ainsi que tous les autres services publics qui leur faisaient cruellement défaut après avoir pataugé des années durant dans la gadoue, vécu dans l’obscurité et l’insécurité, dans l’ignorance et le mépris des autorités locales. Les opérations de relogement vont reprendre de plus belle sous l’œil avisé et complice de la caméra de l’ENTV qui ne se privera pas de recueillir les témoignages sincères mais néanmoins inspirés où les pensées et les prières pour Bouteflika prennent un sens politique singulier dans la perspective du prochain scrutin. Exit aussi dans l’intervalle du scrutin de toutes les mesures impopulaires : licenciement des travailleurs, démolition des constructions illicites… La mariée se doit d’être plus belle que nature. Aucun grain de sable ne doit venir perturber la machine électorale et démobiliser l’électorat. La distribution des enveloppes financières aux wilayas par laquelle s’était singularisée la pré-campagne électorale de l’élection présidentielle de 2004 et qui avait soulevé de vives critiques sur la régularité de cette opération financière non budgétisée dans la loi de finances cède la place, cette fois-ci, à des actions plus discrètes et plus ciblées. A l’image de l’acquisition par l’ENTV des droits de retransmission des matches de la prochaine Coupe du monde que l’on a tenu à présenter comme une initiative personnelle du président de la République.

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