Le dernier fou rire de 2008

Posté par Rabah Naceri le 27 décembre 2008

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Les Youyous d’une Algérie

qui va à la tente.

(Par Kamal Daoud). L’image semble avoir fait le tour du pays: les youyous d’une ancienne présentatrice de l’ENTV, aujourd’hui élue d’une des deux chambres parlementaires, pour soutenir le 3e mandat de l’actuel président. En réaction, une partie du peuple a commenté, une autre s’est tenue le ventre à force de s’esclaffer, une tierce s’est sentie tellement gênée qu’elle a souhaité l’inexistence mdr.gifexistentielle. Pourquoi? Parce que c’était hilarant: il ne nous restait que les youyous pour clore les prochains résultats électoraux. L’essentiel n’est, cependant, pas dans le spectacle mais dans son sens: comme dit par un fin observateur, il y a des choses, des habits, des boutons de chemise, des institutions qui ne nous siéent guère. C’est trop tôt pour nous. On ne peut pas passer de la décolonisation à l’institution rien qu’en mâchant: il y faut une histoire, des élites, des philosophes phosphorescents et une longue tradition. Et puisque cela nous manque, il y a chez nous des tas de mécaniques qui ressemblent à des tourne-disques exportés en masse vers des tribus encore au stade chamanique et de la cueillette. A l’exemple des urnes, des sénats, des collèges électoraux ou des gestions par suffrages universels.

 Il y a des moments où il faut qu’un peuple soit honnête envers lui-même: au lieu de copier les autres et s’y sentir forcé comme avec le port des chaussures avant l’invention du javelot, il faut se contenter de ce qui est vrai et commode: un Etat composé d’un Dey, de quelques officiers et d’une populace éparpillée en tribus. Dans notre cas, tout ce qui vient en plus de ce schéma sonne faux, est ridicule, en plus, et apparaît artificiel comme un gilet au-dessus d’une djellaba. Pourquoi gaspiller son temps avec la mode du suffrage universel là où l’institution de la Moubayâa par le Youyou est une tradition encore insurmontable? Pourquoi parler de pluralisme là où tout un peuple sait que les élections sont monogames? A quoi sert d’avoir un Sénat et une chambre basse pour faire croire qu’on représente le peuple là où le concept du Caïd accommode tout le monde? D’ailleurs, à quoi bon avoir un Constitution chez des peuples où il suffit à la mariée de garder le silence pour exprimer son consentement?

A la fin, et pour rependre le raccourci magnifique de Nietzsche, c’est l’étonnement qui est étonnant. L’élue du peuple a résumé en youyous tout ce que vient d’écrire le chroniqueur en haut. Autrefois comme aujourd’hui, c’est ainsi que l’on saluait le mort héroïque, le nouveau marié, la circoncision, l’enterrement, la Fat’ha et le retour de l’enfant prodige. Pourquoi pas un 3e mandat? Le Youyou était à sa place. Ce sont les deux chambres, les dix ans de pluralisme, la démocratisation et le reste des artifices qui étaient de trop.

On n’en a pas besoin: les hommes applaudissent, les femmes font fuser des youyous. Tout le reste, nous aurions dû le renvoyer avec les Français napoléoniens, dès l’Indépendance et ne garder que les routes, les ponts, les robinets et la certitude qu’il ne faut plus jamais se faire coloniser aussi longuement.

2 Réponses à “Le dernier fou rire de 2008”

  1. Da Rabah dit :

    Comme l’a dit Nietzsche : »c’est l’étonnement qui est étonnant ».Le pouvoir folklorique a encore de beaux jours devant lui avec des députés élus sur mesure et des sénateurs sélectionnés rigoureusement selon un moule préconçu qui ne demandent qu’à se mettre en carpette pour plaire aux Chefs.
    Plus rien ne nous étonne cher monsieur devant une situation où la médiocrité règne en maîtresse absolue.Attendons un miracle de Dieu.

  2. Une militante dit :

    a nos institutions il ne manque que la derbouka et la dance du ventre.il faut jamais présenté une rose à un ane,il va la mangé

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