Avenir du passé (par M’hand Kasmi)

Posté par Rabah Naceri le 28 novembre 2008

Chronique radiophonique

Alger chaîne 3

L’Avenir du passé

Présentée par M’hand Kasmi

A l’occasion de la Journée Mondiale des Droits des Enfants

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Pour celles et ceux d’entre vous, qui m’honoraient jusqu’au mois de Ramadhan dernier, de leur amicale compagnie sur les escarpés « chemins de mémoire » de mes maquis radiophoniques nocturnes, c’est dans la fraicheur de la rosée matinale des débuts de week-end, entre chien et loup, qu’ils auront à partir d’aujourd’hui, à supporter mon affectueuse impertinence, dans une nouvelle chronique intitulée, « l’avenir du passé ». Par la grâce d’une nouvelle grille d’hiver qui a décidé de révéler à ciel ouvert, ce que « jour doit à la nuit », nous aurons de nouveau, la renouvelée complicité de nous retrouver chaque jeudi, à la même heure, pour nous livrer ensemble à un bien périlleux mais combien savoureux exercice: tenter en une demi-poignée de minutes, de donner de l’avenir au passé. Pour la première chronique et  à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’enfant, je vous propose une revivifiante et nostalgique déconnexion, une re-naissance dans la magique planète de tous les possibles : Redevenir enfants…tout simplement!

C’est le 20 novembre 1989, il y a de cela 19 ans, presque jour pour jour, que fut adoptée la Convention espoir.gifinternationale des droits de l’enfant. Elle a été signée et ratifiée par 191 pays, à l’exception de deux d’entre eux: la Somalie et les Etats-Unis. Vous aurez peut-être compris pourquoi! Dans le premier pays, les enfants, avec zéro droit, habitent entre les taudis de leurs éternelles  poches de misère et d’insondables sentiers de guerres, ne conduisant nulle part, ailleurs qu’à l’enfer sur terre. Dans le second, empire des Bush père et fils et néanmoins patrie de Walt Disney, les enfants sont virtuellement proclamés rois, sans jamais avoir pourtant la moindre chance de trôner ou même de régner un jour, hors des territoires magnifiés des bandes dessinées ou robotisés des jeux vidéos. Les premiers, défendent avec leurs faméliques et stériles silhouettes décharnées et leurs vraies armes, les fausses causes de leurs chefs de guerre. Les seconds, obèses de goinfreries planétaires, sont les otages de dirigeants pervers, insatiables pyromanes, qui continuent d’attiser les vents de tous les enfers du monde, en soutien à des causes… perdues d’avance.

 Des brasiers dont sont extraites les intarissables « buches » du douillet coin de feu de la nouvelle « baraque » d’Obama, appelée  Maison Blanche, du temps où l’Amérique broyait du noir. Avec la bourrasque actuelle qui souffle depuis le début de l’automne sur toutes les faces de la planète, confirmant  avec une fatalité qui se vérifie chaque jour son statut de village, tout un chacun mesure combien est dérisoire et usurpée, cette fausse quiétude et vraie arrogance des tuteurs d’un monde, à l’unipolarité anachronique, décalée  et… criminelle.

Un espoir pourtant aujourd’hui : Obama. Son père est né dans l’une des innombrables cornes de l’Afrique, juste derrière la Somalie. Sa sveltesse est celle d’un américain pas comme les autres, au « bas…mot », celle d’un somalien ou d’un éthiopien nourri à sa faim. Pour une fois le rêve est permis! Se réalisera t il? Dans une société où l’individualisme féroce et la raison d’Etat du plus fort, sèment tous les jours désolation et mort, les enfants, premières victimes des jeux malsains de leurs ainés, continuent pourtant de nous administrer chaque jour qui se lève, une prodigieuse leçon d’optimisme et de vie.

Pour les adultes que nous sommes, cultiver jalousement en nous, l’état permanent de cette enfance, demeure en définitive le plus efficace des antidotes, le meilleur viatique contre les désordres et les dégâts directs et collatéraux de l’accélération générale de l’histoire… du temps qui passe. Enfant, on croit en tout et à tout. Quand on joue, on ressuscite aussi vite que l’on meurt. Barbouillés de sons, d’images et de rires, nos ébats recouvrent tous les bruissements  du monde, tous les bruits de bottes. Il suffit de passer près d’une cour d’école algérienne à l’heure de la récréation, pour s’en convaincre. Des clameurs à faire pâlir d’envie les bruyants essaims d’étourneaux, en quête d’hypothétiques hospitalités nocturnes dans ce qui reste de jardins dans nos villes, à l’heure du soleil couchant …

Etre adulte, c’est ne plus rêver! C’est regarder les enfants jouer au ballon, dans ces mêmes jardins, le jour venu, sans éprouver l’envie irrépressible d’entrer dans la joyeuse mêlée. Les enfants de chez nous et d’ailleurs, rêvent tous, très sérieusement, de devenir des Zidane au pied magique, au coup de boule réparateur de l’honneur égratigné de la tribu, alors que l’adulte d’ailleurs et surtout d’ici, est souvent hors sujet, hors époque… hors champ, comme on dit aujourd’hui et souvent même hors des sentiers de  l’honneur!….

L’enfance, c’est un duvet de lumière contre tous les coups de soleil du trou d’ozone, aujourd’hui encore seulement incommodant, demain trou béant aux dégâts  décapants. C’est surtout un fil à plomb dressé à la verticale des nouveaux et anciens  escarpements de la vie, avec filet protecteur. Finalement, on n’a qu’un chez soi permanent: son enfance, dernier retranchement et refuge secret de l’illusion poétique du monde. Enfant vous l’habitez, adulte, elle vous rattrape, pour vous habiter, à vie !

Etre un adulte bien dans sa peau, je crois que c’est aujourd’hui, ne jamais oublier que l’on a été un enfant, même mal léché par sa mère ou peu gâté par le Père Noel tardivement arrivé de sa lointaine Laponie, via TPS ou hotbird. Alors! Chantons l’enfance convoquée, l’espace d’une célébration mondiale annoncée.

Bonne fête à toutes celles et ceux d’entre vous, adultes, qui s’habilleront aujourd’hui de peaux et d’âmes candides et gouailleuses d’enfants, pour amortir un tantinet soit peu le stress quotidien des embouteillages sans queue ni tête de nos villes et négocier les pièges meurtriers de nos routes.

Bonne fête et bonne chance à tous les enfants de la planète bleue, ceux en tous cas qui réussiront à franchir par effraction, le temps d’une journée ravie à leurs vigilantes sentinelles, nos dérisoires frontières adultes, pour négocier un seul et unique droit, le plus cher d’entre tous: vivre moins tourmentés que les enfants de toutes les Somalies, Harlem, Soweto, Ghaza et Congos du monde…

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