Bejaia:la légende de Bordj-Moussa

Posté par Rabah Naceri le 22 août 2008

 

 BGAYET:la légende de Bordj-Moussa

 

dj-Moussa

 

borjmoussa01.jpgR’djal Essabâa (ndlr: les 7 Hommes), une bien belle histoire, une légende que les siècles n’ont pu effacer, un culte encore vivace, un hymne à la bravoure ! Ils étaient sept. Sept jeunes et beaux garçons, à peine sortis de l’adolescence à se battre bravement pour leur cité perfidement attaquée, en ce funeste jour du 5 janvier 1510 par la soldatesque espagnole. Les Ibères, dans la continuité de la reconquista achevée sous le règne des  très catholique Isabelle et Ferdinand, se prirent à rêver à la conquête diverse. Et, c’est sous la houlette du grand inquisiteur, le cardinal Ximenès, que Ferdinand V finança d’abord les expéditions d’Oran et Mers El Kebir puis  celle de Béjaïa. Le 5 janvier 1510, 15 navires transportant 14 000 soldats, placés sous le commandement de Pedro de Navarro, se présentèrent en rade de Naciria tôt dans la matinée.

 Au moment où l’infanterie débarquait du côté de Sidi Aïch, les navires déversaient un déluge de feu sur la cité. Quand l’ennemi prit possession de la ville, un peu plus tard, la politique de la terre  brûlée ayant fonctionné à temps plein, il ne restait presque plus rien de la splendeur de la belle et fière Naciria. Des 21 quartiers de la villes les vainqueurs n’en épargnèrent que 3  qu’ils empressèrent de fortifier les palais rasés, les mosquées détruites, la population décimée (5 000 victimes !), voilà le résultat du coup de main espagnol. C’est au moment de la mise à sac des palais que débute la légende de nos sept héros, «R’djal Essabaâ». Forts d’un courage sans failles, ils se mirent bien témérairement à s’interposer entre les envahisseurs et les palais, notamment le Ksar Al Kawakeb, le château de l’étoile. Après avoir livré bataille, occis plusieurs ennemis, ils finirent par tomber l’un après l’autre. Ce haut fait d’armes, le peuple en fit une bien belle légende, avec son côté merveilleux, un chouiya exagéré. C’est celle  de R’djal Essabaâ ! Aujourd’hui, Bordj Moussa, cette forteresse, citadelle édifiée à l’emplacement même du palais de l’étoile entièrement rasé, accueille dans sa partie inférieure une niche où brillent en permanence des bougies. Tout passant, au fait de cet immense acte de bravoure, se doit d’allumer sept bougies et de jeter une pièce qui finit invariablement dans les poches des marmousets qui se livrent à d’interminables parties de foot, à l’ombre de l’imposante bâtisse. R’djal Essabâa, une bien belle histoire, une légende que les siècles n’ont pu effacer, un culte encore vivace, un hymne à la bravoure ! Charles Quint, empereur d’Occident, celui qui affirmait que le soleil ne se couchait jamais sur ses possessions, lors de son passage à Naciria, baptisée Bugéa, entreprit d’importantes traversées à Bordj Moussa édifié par ses compatriotes peu de temps avant, au 16e siècle. La bâtisse imposante, trapue avec des niches à canons juchées à plusieurs mètres du sol, offre une allure générale spartiate et tient plus d’un fort militaire que de «château impérial», comme l’ont surnommé ses bâtisseurs. Après la prise de Bugéa en juin 1555 par  Salah Raïs et la reddition peu glorieuse et précipitée des libérés  de De Feralta, Bordj Moussa fut restauré et servit de cantonnement aux troupes turques jusqu’à sa prise par les français, le 29 septembre 1832, placés sous le commandement du général Trezel secondé par le capitaine Lamoricière. Il prit alors le nom de Fort Barrel et abrita une partie de la garnison de l’occupant. Le Fort Barrel fut utilisé tour à tour, comme prison, centre de tortures et de machine d’exécution. C’était là en effet que se trouvait la machine à tuer, de sinistre mémoire, la guillotine ! A l’indépendance la fureur populaire s’en prit avec une rare violence à la citadelle, détruisant quasiment tout ce que la bâtisse comprenait comme murs intérieurs, bureaux, géôles, mobiliers, bref tous les symboles qui se rattachaient aux mille et une exactions de l’armée française. De même, les supplétifs locaux passèrent un sale quart d’heure subissant une bastonnade en règle. Abandonné plusieurs années durant, mais toujours bien campé sur ses solides fondations, Bordj Moussa, requinqué depuis 1989, abrite le siège du musée de Béjaïa et de circonscription archéologique éponyme. Il se murmure qu’un souterrain partant de ce fort débouchait plus loin à la Casbah et au Fort Abdelkader. Encore une précision, Bordj Moussa sert de dépôt aux toiles de l’ex-galerie Aubry, dédiée aux arts picturaux et qui a cessé d’exister par les fautes d’édiles aux idées et vues ultra courtes. Aujourd’hui, ils sont une poignée à consentir tous les sacrifices avec les moyens de bord, c’est-à-dire des vétilles. Qu’un hommage vibrant leur soit rendu! Et que les initiateurs des concerts de musique savante nationale, l’andalous, soient remerciés. Des noubas d’anthologie, dans un décor surréaliste…

Mustapha R.

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