L’Histoire retiendra…

Posté par Rabah Naceri le 16 janvier 2008

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Mercredi 16 janvier 2008

L’Histoire retiendra…

A l’occasion du 16e anniversaire du retour de Mohamed Boudiaf dans son pays après 28 ans d’absence, et les énormes sacrifices consentis pour l’Algérie, le devoir de mémoire m’interpelle pour témoigner en tant que frère du défunt avec lequel j’ai vécu et suivi de près son parcours militant.

Loin de moi l’idée de vanter les mérites du chahid, ses vertus, sa générosité, sa foi, sa modestie, qualités rarissimes, faut-il le dire, par les temps qui courent. Ses actes parlent pour lui. Tous ceux qui l’ont connu savent la grandeur de cet homme « dur mais juste » selon les termes de Abane Ramdane, au service de son pays, au service des autres, des humbles particulièrement. Mohamed fait partie de ces hommes désintéressés qui se sont sacrifiés pour la cause nationale. Boudiaf dédaignait le superflu, allant à l’essentiel, ne faisait pas cas, dès « qu’en dira-t-on ». Certains esprits malintentionnés lui ont attribué la paternité de certains propos, comme par exemple la célèbre phrase « On fera la révolution même avec les singes de la Chiffa. » Le défunt m’a confié un jour qu’il n’a jamais dit pareille énormité. Mohamed m’a aussi confié qu’un jour avec Didouche, traqués par la police, ils ont trouvé refuge au domicile de l’un des militants. La police les avait repérés et est venue chercher le propriétaire, absent ce jour-là. En se sauvant, ils se sont retrouvés nez à nez avec une autre patrouille qui les a interpellés. Didouche, avec un sang-froid extraordinaire, a sorti son arme. Et les deux fuyards ont pu s’échapper. Mohamed évoquant cette péripétie s’est montré fortement impressionné par tant de courage. La révolution aurait pu être retardée, sinon freinée à cause de ce fait anodin, mais déterminant. Je saisis l’occasion pour répondre à un pseudo-historien qui a « commis », cette contrevérité en écrivant que Boudiaf et Didouche déambulaient à Paris peu après le déclenchement de la lutte. C’est évidemment archifaux. Boudiaf malgré l’affection tuberculeuse, a toujours été aux côtés des militants comme ceux avec lesquels — même diminué et contre l’avis de ses médecins —, il a déchargé l’armement dans le port du Nador au Maroc. La maladie l’a contraint après à l’hospitalisation qu’il a interrompue pour rejoindre Tunis, peu avant le fameux rapt de l’avion en 1956. Sans son intégrité, sa sincérité et son amour obsessionnel pour la patrie, il n’aurait pas été désigné à la fédération de France dans les années 1950. Par ailleurs, Boudiaf n’a jamais insulté Messali, ni donné l’ordre de l’exécuter. II ne l’a pas traité de traître. II a simplement considéré que le rôle politique de Messali était fini. Dans un autre registre, Boumediène, cherchant une couverture politique dans son coup de force contre le gouvernement provisoire, a pensé à Boudiaf et ceci m’a été confirmé par l’ex-président Chadli. Boumediène, malgré les réticences de mon frère, n’a jamais désespéré de l’avoir à ses côtés. C’est pourquoi il a profité de l’occasion de leur libération en mars 1962, en s’isolant dans une voiture avec Boudiaf, sur le trajet Casa-Oujda. Bien après, mon frère m’a confié qu’il ne marcherait pas avec quelqu’un brandissant une mitraillette. « II pourrait la retourner contre moi », m’avait-il avoué. C’est ce qui s’est passé le 19 juin 1965. Le retour de Boudiaf, en janvier 1992, n’a pas été guidé par une quelconque ambition personnelle mais parce que le devoir l’appelait pour sauver un pays au bord de la guerre civile avec comme leitmotiv « L’Algérie avant tout ». Mohamed a effectué son hadj en 1987. Le hasard a voulu qu’on se rencontre aux Lieux saints. Les Saoudiens ont voulu prendre en charge le séjour de cet illustre personnage mais c’est notre représentation diplomatique qui a considéré que c’était son devoir d’assister Boudiaf qui a remercié les Saoudiens pour leur geste mais aussi pour l’aide substantielle fournie à la Révolution algérienne. Des ministres algériens en activité à l’époque avaient rendu visite à mon frère à La Mecque en ma présence et m’ont assuré de leur soutien en cas de besoin. Les circonstances ont voulu qu’après quelques mois, je les avais sollicités pour 2 passeports pour le pèlerinage, en vain… En 1992, le wali de M’sila m’a demandé de transformer le domicile de Boudiaf en musée. L’idée était bonne, on lui a livré les clefs, mais sans la moindre démarche de sa part. Son successeur ne fit pas mieux en 1996 jusqu’en 1999, lorsque j’ai adressé un courrier au wali sollicitant une audience, sans résultat. J’ai appris qu’une enveloppe de 26 millions de centimes a été dégagée pour la réhabilitation de la maison natale et que le dossier a été égaré à la wilaya. Malheureusement, la maison familiale s’est transformée en lieu de débauche. Une stèle à l’effigie de Boudiaf a été érigée à M’sila mais ne ressemblait guère au portrait du défunt, alors que le nom de Krim a été bizarrement omis sur la plaque commémorative. Que faut-il penser de toute cette mascarade ? A. B.A l’occasion du 16e anniversaire du retour de Mohamed Boudiaf dans son pays après 28 ans d’absence, et les énormes sacrifices consentis pour l’Algérie, le devoir de mémoire m’interpelle pour témoigner en tant que frère du défunt avec lequel j’ai vécu et suivi de près son parcours militant. Loin de moi l’idée de vanter les mérites du chahid, ses vertus, sa générosité, sa foi, sa modestie, qualités rarissimes, faut-il le dire, par les temps qui courent. Ses actes parlent pour lui. Tous ceux qui l’ont connu savent la grandeur de cet homme « dur mais juste » selon les termes de Abane Ramdane, au service de son pays, au service des autres, des humbles particulièrement. Mohamed fait partie de ces hommes désintéressés qui se sont sacrifiés pour la cause nationale. Boudiaf dédaignait le superflu, allant à l’essentiel, ne faisait pas cas, dès « qu’en dira-t-on ». Certains esprits malintentionnés lui ont attribué la paternité de certains propos, comme par exemple la célèbre phrase « On fera la révolution même avec les singes de la Chiffa. » Le défunt m’a confié un jour qu’il n’a jamais dit pareille énormité. Mohamed m’a aussi confié qu’un jour avec Didouche, traqués par la police, ils ont trouvé refuge au domicile de l’un des militants. La police les avait repérés et est venue chercher le propriétaire, absent ce jour-là. En se sauvant, ils se sont retrouvés nez à nez avec une autre patrouille qui les a interpellés. Didouche, avec un sang-froid extraordinaire, a sorti son arme. Et les deux fuyards ont pu s’échapper. Mohamed évoquant cette péripétie s’est montré fortement impressionné par tant de courage. La révolution aurait pu être retardée, sinon freinée à cause de ce fait anodin, mais déterminant. Je saisis l’occasion pour répondre à un pseudo-historien qui a « commis », cette contrevérité en écrivant que Boudiaf et Didouche déambulaient à Paris peu après le déclenchement de la lutte. C’est évidemment archifaux. Boudiaf malgré l’affection tuberculeuse, a toujours été aux côtés des militants comme ceux avec lesquels — même diminué et contre l’avis de ses médecins —, il a déchargé l’armement dans le port du Nador au Maroc. La maladie l’a contraint après à l’hospitalisation qu’il a interrompue pour rejoindre Tunis, peu avant le fameux rapt de l’avion en 1956. Sans son intégrité, sa sincérité et son amour obsessionnel pour la patrie, il n’aurait pas été désigné à la fédération de France dans les années 1950. Par ailleurs, Boudiaf n’a jamais insulté Messali, ni donné l’ordre de l’exécuter. Il ne l’a pas traité de traître. II a simplement considéré que le rôle politique de Messali était fini. Dans un autre registre, Boumediène, cherchant une couverture politique dans son coup de force contre le gouvernement provisoire, a pensé à Boudiaf et ceci m’a été confirmé par l’ex-président Chadli. Boumediène, malgré les réticences de mon frère, n’a jamais désespéré de l’avoir à ses côtés. C’est pourquoi il a profité de l’occasion de leur libération en mars 1962, en s’isolant dans une voiture avec Boudiaf, sur le trajet Casa-Oujda. Bien après, mon frère m’a confié qu’il ne marcherait pas avec quelqu’un brandissant une mitraillette. « II pourrait la retourner contre moi », m’avait-il avoué. C’est ce qui s’est passé le 19 juin 1965. Le retour de Boudiaf, en janvier 1992, n’a pas été guidé par une quelconque ambition personnelle mais parce que le devoir l’appelait pour sauver un pays au bord de la guerre civile avec comme leitmotiv « L’Algérie avant tout ». Mohamed a effectué son hadj en 1987. Le hasard a voulu qu’on se rencontre aux Lieux saints. Les Saoudiens ont voulu prendre en charge le séjour de cet illustre personnage mais c’est notre représentation diplomatique qui a considéré que c’était son devoir d’assister Boudiaf qui a remercié les Saoudiens pour leur geste mais aussi pour l’aide substantielle fournie à la Révolution algérienne. Des ministres algériens en activité à l’époque avaient rendu visite à mon frère à La Mecque en ma présence et m’ont assuré de leur soutien en cas de besoin. Les circonstances ont voulu qu’après quelques mois, je les avais sollicités pour 2 passeports pour le pèlerinage, en vain… En 1992, le wali de M’sila m’a demandé de transformer le domicile de Boudiaf en musée. L’idée était bonne, on lui a livré les clefs, mais sans la moindre démarche de sa part. Son successeur ne fit pas mieux en 1996 jusqu’en 1999, lorsque j’ai adressé un courrier au wali sollicitant une audience, sans résultat. J’ai appris qu’une enveloppe de 26 millions de centimes a été dégagée pour la réhabilitation de la maison natale et que le dossier a été égaré à la wilaya. Malheureusement, la maison familiale s’est transformée en lieu de débauche. Une stèle à l’effigie de Boudiaf a été érigée à M’sila mais ne ressemblait guère au portrait du défunt, alors que le nom de Krim a été bizarrement omis sur la plaque commémorative. Que faut-il penser de toute cette mascarade ?

 

A. B.

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